Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique
On jurera que tes grands yeux parjures craignent quelque chose
Ta
pudeur lancera démentis et aveux
J’y
croirai comme qui l’enlève croit la rose
D’un
vase ou sur ta lèvre un rire et tes cheveux
Une radio enfouie dans le salon immense un jazz morose
Très
digne et une fumée de blonde fine y jouera un peu
Comme en sourdine son parfum dans l’odeur du cuir nous compose
Le
vain décor que pour le désir on se veut
Bien sûr tu tricheras et plus en t’approchant parmi les palmes
Et
sous les pales de l’hélice pulsant l’air tu sentiras
En
toi et par tes fluides habits et pâles
Gonfler les cuivres ou fondre bien des soleils calmes
Puis comme les effluves du mal sont des lianes ou des feuilles
Fervente tu t’accroupiras savamment parmi des dentelles
Pour
les cueillir mais animal aussi et comme humaine
Et
de la lenteur qu’on s’enivre et je te veuille
Nous serons un après-midi d’été doux comme un col de cygne
La
pénombre factice avec le store en osier on fera
Propice et ce mot sourire à l’intérieur nous fera
Et
nous nous aimerons et changeant comme au bal des cygnes
Tandis qu’ailleurs tout près les gens dans la cohue des villes
Iront chacun pour soi surtout ne sachant pas
Et
nous frôlant et cette déraison tranquille
Nous aimerons par jeu nous donner comme deux beaux voleurs
Chanson de ce merveilleux disque de 1984 avec pour une fois beaucoup de musiciens : Didier Levallet, Siegfried Kessler et 9 autres musiciens ! Les années 80 furent aussi un tournant pour la chanson "à texte" : disparition des vinyles, disparition de 90% des disquaires, les producteurs bouffés par les distributeurs, disparition des "circuits parallèles" "grâce" à un "Langisme" très contre-productif et très "anti-social", cette chanson là allait disparaitre dans les années 90 au profit d'un show-biz très "industrie culturelle". Disparition de ce que Bertin appelait "l'éducation populaire" : MJC et autres ...
Disparition des rubriques "chansons" dans les journaux, les radios qui oublient la chanson à texte, les lois de l'audimat souveraines, disparition du "Chant du monde"...
Ce n'est pas de l'amertume, juste de la tristesse ...
quelle sensualité quelle douceur et en même temps
des images taillées pile poil
c'est très beau
ces deux vers, rien qu'eux:
Pour les cueillir mais animal aussi et comme humaine
Et de la lenteur qu’on s’enivre et je te veuille
oui, je suis bien d'accord, Lang a fait beaucoup de mal à la culture et à la poésie, et ce qu'il a permis pour la musique est quasiment du même ordre que ces journées des arbres, des mères de familles et des caddies... (c'était la minute anti Lang de Blois)
d'une extrême douceur derrière les volets , dans le jeu des rayons d'un soleil d'automne,
cette belle tranquillité de l'amour.
buena semana (!) marco:)
idem à toi dans les brumes
d'automne aux feuilles rouges sang
qu'étonnent encore des soleils couchant
entre les seins d'un faune clair
des yeux de braise divin, c'est l'automne dit doucement
la fille fleur
elle embaume en clair des signaux de parfum
l'automne vient comme la main que l'enfant prend et donne
C'est bien les vraies, les bonnes chansons à texte, ça manque cruellement en ce moment.
Bonne journée. claude
pour soi loin du monde, à offrir à une après midi tranquille
je ne connaissais pas ce poète, chanteur?
bref de jolis découvertes chez toi
bonne journée
@+