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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:04

ici ce jour il vente
de façon grisâtre comme les mauvais mots des mauvaises sentes

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:34

Sur-mon-il

« De penser à toi ne me donne pas le droit de penser pour toi. »

 

 

   « Sur mon « il » » : sous ce titre énigmatique se cache le premier roman de mon ami Serge Cazenave-Sarkis. Un sous-titre : « Vilenies ordinaires ».

   Un roman en deux parties bien distinctes ; la première « vilenies ordinaires » raconte l’histoire de « Phil », médecin pédiatre de son état, mais de son métier il n’en sera pas question ; on assiste plutôt à un assemblage et un visionnement d’une série de portraits (parfois très courts) de gens d’un même lieu, sans doute village. On apprend plein de prénoms du tenancier de bar Marc, à Séraphin un clown blanc qui aurait disparu, Dominique dont on apprend juste qu’il pèse 95 Kg, de Betty dont on apprend juste qu’elle vient de se suicider ; Cicéron (un chien), Arlette, Noël, Pierrot, Paulin, sont juste esquissés. On parle un peu plus de Bernard, dont on apprend « a priori » qu’il est simple d’esprit ou du moins « différent ». Bref du monde au village, de la fraternité, des amitiés, des échanges incessants féconds ou non… Des images - peut-être - de fraternité ?

   Cette première partie pourrait se résumer à de très courtes saynètes et de nombreux aphorismes et  flamboiements de personnages. Il y a de l’humour, beaucoup comme souvent dans les autres nouvelles de cet auteur. Une poétique non sérieuse : « le poète prend l’eau par les pieds, il faut sans cesse écoper et cracher. »

   Des fulgurances comme : « Ne vivons-nous pas toujours dans la chute ? » / ou « Comment dire que sur cette planète qui est toute petite, qui est même de plus en plus petite, nous sommes tous insulaires ? ».

Il y a un petit côté Dumayet, pour le côté fouillis de personnages et ambiance de village surréaliste ; un petit côté Jacques Brou pour les aphorismes philosophiques… Un genre bon enfant, amical, railleur, plaisantin...

 

   La seconde partie « Les composants » est bien plus inquiétante : c’est l’écriture de Bernard qui même s’il a besoin de quelqu’un du service social sait très bien « écrire », une sorte de journal assez inquiétant et singulier ; on y apprend plein de choses mais trop révéler serait néfaste… Il est quand même question de souffrance et de vengeance. Bernard est suicidaire et cherche un sens à sa vie, la coprophagie serait une solution ? La coprophagie ou carrément la… On retrouve d’ailleurs dans la chute assez vertigineuse de ce roman un thème déjà utilisé dans une nouvelle du même auteur. Ou plutôt dans un cadavre exquis écrit à plusieurs mains (dont la mienne) : allez faire un tour du côté des éditions abat-jour sur le net (revue l'Ampoule) ...

Bonne lecture !

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 13:49

Theatreetchansons-Aix

Photographie © jean-paul Bataille

 

 

Vu l'ami Jacques samedi et dimanche derniers dans ce petit lieu minuscule (70 places) où nous nous sommes entassés dans la bonne humeur et la ferveur ; tous assez vieillissants (allons disons le)(une bonne moyenne serait 55-60 ans) ; la chaleur des amis des amis, la fraternité de ceux qui aiment cette chanson si particulière, si singulière, si généreuse...

C'est le seul endroit où sans chichi, sans souci , je vois des personnes "âgées", accepter de s'asseoir par terre, les coussins sont jetés du haut par quelques compères comme Philippe Forcioli dimanche soir (il y a deux-trois ans c'était François Morel). Il y a de la jeunesse dans tout ce public là. 

28 ans aussi que l'ami Laurent Desmurs accompagne Jacques (1984 leur première collaboration !) de ses doigts agiles, encore un grognard de plus.Pour le reste vous savez - si vous venez ici régulièrement - toute l'affection que je porte à cette chanson là et c'est peu dire. Voici un texte de Bertin qui vient à propos...

Pour les Aixois : Claude Semal (prix Jacques Douai 2012) dans 15 jours...

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Hymne


vous étiez réunis ; je vous sentais dans l’ombre
les yeux sur moi comme ceux de mille félins
amicaux, attentifs et vous étiez chacun 
plus que lui-même – ensemble plus que votre nombre ! 

vous étiez réunis ; toutes vos solitudes
prêtes à s’enflammer à l’inverse brasier 
dans l’imper gris qui brûle bien je vous voyais 
à l’arrêt d’autobus, fiévreux de lassitude 

et vous me parliez néanmoins dans le silence
vous parliez haut, vous survoliez les continents 
vous courriez loin dans les vallées tristes du temps 
sur les falaises des océans d’espérance 

vous étiez réunis dans le noir, seuls peut-être
chacun si seul, mais vos passés formant faisceaux 
on avait pour un soir repeint l’ancien vaisseau 
vous étiez beaux et généreux comme des êtres

toutes vos vies faisaient, décoré de drapeaux 
un mail, avec des fleurs aux fenêtres des âmes 
si je brûle, que ce soit comme une oriflamme
au moins, puisqu’on meurt, que ce soit comme un flambeau

je sais les vies sans joie, la patience trop longue 
les maisons sans amour et les cours sans soleil
le chagrin dérivant dans les nuits sans sommeil 
la folie qui raye la vitre comme un ongle

tout ce que vous n’osez pas dire, qui vous pèse
la foi qui n’a nulle issue, le désir d’amour 
je sais cela. or vous étiez comme la braise
qui chante et fait ce parfum d’orchestre du four

et toi tu étais morte et toi tu étais loin
le passé est un mur, l’avenir est sans porte 
oui mais il y a comme un chant sacré qui nous porte
et nous chantons l’homme inutile et l’espoir vain

et nous chantions, oh nous chantions, comme un seul homme
puisqu’il faut vivre, au mal opposons la beauté 
et s’il faut pleurer, ah que ce soit au moins comme
des hommes, dans le noir pleurant d’humanité 

je suis ce chant ! je suis toute vos voix qui montent 
cette rumeur de foule en marche au loin gonflant 
dans les sentiers de la montagne s’arrachant 
ce cavalier avec son trésor dans les fontes 

où allez-vous ? vers quelle illusion de destin ?
hommes naïfs, redescendez voyons sur terre 
on nous raillait, on nous conseillait de nous taire
et cesser de bouger nos ailes ainsi pour rien

ce soir-là, vous et moi étions l’hymne du monde
en nous ce qui vibre, ce qui vit, c’est le chant 
la révolte nous meut, l’amour lui seul nous fonde ! 
mais ce feu qui nous porte ensemble, c’est le chant 

ce soir-là, vous et moi fûmes l’hymne du monde
en nous ce qui vibre, ce qui vit, c’est le chant
oui, la révolte nous meut. oui, l’amour nous fonde
mais ce feu qui nous porte ensemble, ce feu qui nous porte
c’est le chant !

© Jacques Bertin
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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 21:21

    d'andré Breton : une belle union libre "sur-réaliste" comme on aimerait en voir plus souvent ;-)
poème publié un an avant "les vases communicants", un de ses livres théoriques les plus fondamentaux.






L’union libre



Ma femme à la chevelure de feu de bois
Aux pensées d’éclairs de chaleur
A la taille de sablier
Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre
Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquets d’étoiles de dernière grandeur
Aux dents d’empreinte de souris blanche sur la terre blanche
A la langue d’ambre  et de verre frottés
Ma femme à la langue d’hostie poignardée
A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux
A la langue de pierre incroyable
Ma femme aux cils de bâton d’écriture d’enfant
Aux sourcils de bord de nid d’hirondelle
Ma femme aux tempes d’ardoise de toit de serre
Et de buée aux vitres
Ma femme aux épaules de champagne
Et de fontaine à têtes de dauphins sous la glace
M femme aux poignets d’allumette
Ma femme aux doigts de hasard et d’as de cœur
Aux doigts de foin coupé
Ma femme aux aisselles de martre et de fênes
De nuit  de la Saint Jean
De troène et de nids de scalares
Aux bras d’écume de mer et d’écluse
Et de mélange du blé et du moulin
Ma femme aux jambes de fusée
Aux mouvements d’horlogerie et de désespoir
Ma femme aux mollets de moelle de sureau
Ma femme aux pieds d’initiales
Aux pieds de trousseaux de clefs aux pieds de calfats qui boivent
Ma femme au cou d’orge imperlé
Ma femme à la gorge de val d’or
De rendez-vous dans le lit même du torrent
Aux sens de nuit
Ma femme aux seins de taupinière marine
Ma femme aux seins de creuset du rubis
Aux seins de spectre de la rose sous la rosée
Ma femme au ventre de dépliement d’éventail des jours
Au ventre de griffe géante
Ma femme au dos d’oiseau qui fuit vertical  
Au dos de vif argent

Au dos de lumière
A la nuque de pierre roulée et de craie mouillée
Et de chute d’un verre dans lequel on vient de boire
Ma femme aux hanches de nacelle
Aux hanches de lustre et de pennes de flèche
Et de tiges de plumes de paon blanc  De balance insensible
Ma femme aux fesses de grès et d’amiante
Ma femme aux fesses de dos de cygne
Ma femme aux fesses de printemps
Au sexe de glaïeul
Ma femme au sexe de placer et d’ornithorynque
Ma femme au sexe d’algue et de bonbons anciens
Ma femme au sexe de miroir
Ma femme aux yeux pleins de larmes
Aux yeux de panoplie violette et d’aiguille aimantée
Ma femme aux yeux de savane
Ma femme aux yeux d’eau pour boire en prison
Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache
Aux yeux de niveau d’eau de niveau d’air de terre et de feu

André Breton , 1931 .
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Published by the very famous french peterpan - dans mes poètes et poèmes préférés
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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 16:14

du grec nostos : le retour et algos : la douleur

 

pourquoi pratiquons-nous le "retour à la douleur" ? 

Nostalgie

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 09:10



J’ai

Dans l’oubli de mon ventre
Mon garde-manger
Pris un rêve de toi
Où coloriés de cils
Les hanches blancheurs laiteuses
Comme des cygnes arc en ciel
Peint

J’ai
Où filent les fusées
Les nuageux nuages
En paquets de ouate
et Coton blanc délavé
Puis arc en ciel sur fond azuré
Lavé

J’ai
De ces noirceurs
ces suies où suintait l’ennui
ces gris ces glauques gris
en couches affalées et durcies
enfin éclairés arc en ciel
en resplendissement
Laqué


j’ai
de toi
préféré le gris accéléré,
les jambes qui tracassent,
les fêlures du temps de vivre

dans tes tissus tes lins tes feuilles
tes strates cutanées tressées
ta natte aux reins finissante
puis au ciel de toi, en labours et sentes
tes pays obligatoires
et tes frontières du verbe aimer


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Published by the very famous french peterpan - dans féminins "poèmes"
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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 21:57


             Et alors j’aurais marché jusqu’à perdre haleine, jusqu’à plus soif
Odeur de thym / romarin aux baskets trempées
L’air qui fouette
L’eau qui prend
Etre rapide, marcher vite, fouler au sol
Ne penser à rien surtout pas à elles et leur somme d’insatisfactions
Donc progresser
Il y aurait peut-être une idée qui se dessinerait dans la fouaille de l’air
Un air de romantisme, comme dirait l’autre une histoire d’amour ( ?)
Mais aussi simplement
Une idée de l’autre, ou un air de branchage, un coup de vent dans les voiles
Larguez les amarres, larguez tout l’inutile, on ne se gardera que soi
L’ancre n’existe plus
Le fond est trop profond
L’attache est rompue
Peut-on ainsi passer si facilement de l’une à l’autre
Ou changer de vie, changer de vie ?
Je n’ai qu’une vie, un cœur rouge, un muscle qui se contracte, je n’ai prise, ou fermant les yeux le faire ralentir, écouter le pouls lisse , le pouls il file ;
Ainsi se baladant le temps s’effiloche, quelque part mine de rien : ça passe, et secondes puis minutes ;


On me dirait : à quoi penses-tu ? Mais si je pense, c’est en désordre, c’est inorganisé c’est l’anarchie des paroles et des idées ; des mots qui s’entrechoquent, des cuisses et des sexes différents qui s’ouvrent, pruneaux mûrs très goûteux, juteux, acidité femelle. Idées de littérature, de romanciers, de poètes, de finitude.
Ou ?

 
Ou se reposer là sous ce chêne, y chercher le feu, la main sur l’écorce ressentir la vie, se ressourcer ? et puis non, marcher, marcher c’est encore mieux, chaque pas fait oublier le reste, les yeux scrutent le sol, l’esprit fait marcher. Les pas succèdent aux pas.
Donc définir sa vie, il y a ceux qui voyagent, ceux qui bricolent leur maison, et pour les autres ? ceux qui cherchent dans l’ovale de deux lèvres tout l’or du monde, ceux qui s’en éloignent. Ceux qui dans les livres cherchent des réponses et ceux qui n’y trouvent que questions ?
Mal à la tête, ce vin était trop fort, Gigondas et ses cailloux chauffés comme silex et ses vignes brunes rousses, le pampre lui-même roux.
Donc marcher, je vais faire ce grand tour, ceindre mon univers, rechercher la faille, les lézardes puissantes, le temps a creusé.
Donc elle me dit : alors ?


Oui alors, c’est une bonne question, mais à dire vrai je ne donne pas de réponse, je suis déjà trop épuisé par trop de nourriture et trop d’attentisme ; ou trop de fébrilité, l’inorganisation de mon monde et de ses annexes. Parfois je m’imagine soldat, un gros trou dans le front et bien sûr : je dors. Le refuge dans le sommeil, quelle bonne idée, et puis les endorphines marchent mieux, les synapses lancent désespérées leurs petits bras salvateurs, très souvent le vide cérébral est là rageant, brûlant, avec une impression de rien du tout.
Il y a un effet mécanique dans la marche, presque robotique qui doit plaire aux vrais marcheurs, utiliser le corps mais pas le cerveau. Il doit y avoir un effet mécanique dans la baise : utiliser le corps, mais pas le cerveau, tout juste l’utilisation raisonnée de quelques muscles, savoir les maîtriser essentiellement. Enfin le cerveau reprendrait le dessus peut-être au moment ultime, lèvres de feux, sperme bouillant. Encore une histoire d’endorphines ? mensonge suprême !

Les nuages, oui regarder les nuages, les beaux nuages, là aussi retourner en enfance, dans les champs enfantins où les nuages étaient amis ; maintenant ils ont pris des noms latins pour nous satisfaire, car l’homme adulte a la brutale obligation de la classification ; moi-même, bien piètre coléoptériste et naturaliste, j’avais commencé à classifier, à parler latin, cherchais-je déjà à me rassurer ? maintenant je n’apprends plus les noms, même ceux des gens je les oublie, j’essaye plutôt la mémoire des traits, du regard ou du grain de la peau. Je me suis fait des amis ainsi, j’en ai perdu d’autres ; certains sourient, d’autres sont perdus. De toute façon je ne suis plus un jeune adulte, je suis un adulte déjà vieillissant. Et j’aime l’enveloppe des arbres, le grain de ce chêne par exemple, surpris de découvrir des glands géants sur ce minuscule arbre ratatiné en pleine garrigue.


Bon à vrai dire, il faut donc décider ce que sera sa vie, voilà une tâche bien ardue et peu commode, donnant beaucoup à regretter, la maladie du remords, le vieillissement prématuré, les artères qui s’encrassent.
Je me rappelle donc de ma jeunesse, mon adolescence, le bon cul de S., mon premier dans la chambre du bas très claire, avec la lumière qu’il fallait, en biais. Son sourire était fameux ; elle est maintenant mariée à G. un ami lycéen de jadis, le monde est petit ; les gens ont tant de mal à se rencontrer. Le monde m’a toujours semblé n’être qu’un astre de solitude désespérée, une boule noire, les communications coupées. Heureux qu’il y ait eu le sexe pour se rapprocher, s’emboîter, s’approcher, devenir timide.


Les études, un métier qui s’impose et puis voilà : ma vie résumée en quelques phrases maladroites ; maintenant je cherche cette insuffisance centrale de l’âme dont tout le monde parle. Je ne me reposerais qu’après l’avoir pressentie.
Ca y est encore : le vide revient ; j’hésite sur la direction à prendre, après tout je suis censé vous narrer une histoire, un roman, un récit, juste des phrases, un baptême de l’écriture.
Ou écrire ou reprendre la marche, pourquoi suis-je si seul sur ce chemin, cette garrigue remplie d’exhalaisons ; bon, de toute façon ne pas rester là contre ce chêne, je ne suis pas un druide gaulois cherchant le feu, mais bien un papillon perdu tournoyant en vain, refusant sa bien trop courte vie. Donc je repars, la pluie est fine, aiguail clair, le soleil est là, j’aime ces mélanges de lumière et d’eau : un photographe ou un peintre auraient su quoi en faire, moi simplement je les traverse dans ma marche, démarche ébrieuse. J’essaye de me redresser, épaules en arrière, nuque relevée, mais la vie moderne m’a tellement plié en deux que j’ai beaucoup de mal à me remettre droit, c’est pourtant la meilleure façon de voir loin. Etrange sentiment là, sous cette lumière mordorée, au pied de la Sainte Victoire, garrigue enchantée, pieds enfoncés, cheveux trempés j’ai eu presque le sentiment d’exister. Mais par rapport à quoi ? à qui ? ce n’est pas la nausée que je ressens, mais une impression d’irréalité, comme si j’étais l’acteur d’un film, jeune homme prometteur ; or je sais qu’il n’en est rien, ce n'est pas moi qui toucherais aux starlettes dévêtues et rieuses, insouciantes. Je sais déjà que je tourne en rond, fais du surplace même si on me voit m'agiter beaucoup. Agitation des condamnés, des solitaires, des dépressifs. Revient sur mes pas, vers mon passé.


Ou, le silence et l'immobilisme ; il fait si bon ce silence, rester sans trembler là dans la lumière et ne chercher rien, rien du tout ; simplement prendre conscience des secondes qui s'égrainent. La dérision pourrait être mon arme ultime ; c'est une arme qui déplait aux autres ; mais moi je suis démuni, simple nabab orgueilleux d'amitié et en recherche de désespoir ; mystique sans mysticisme, amoureux seulement de la pluie tombante car chaque gouttelette éjacule en moi sa force terrestre, bouillonnante ; sa gravité seulement et moi ma morosité taciturne.


Se taire donc et avancer, oh! Belle montagne! Belle couleur! Zoom arrière et l'immensité apparaît. Juste, manque la mer.


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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 17:54

Longtemps, enfant, puis adolescent, j'avais ce poème en tête dû à la superbe diction d'un Philippe Clay au meilleur de sa forme...

Adulte , ce poème revenait de temps en temps en litanie dans ma tête ; on s'évade tous, un jour ou l'autre d'une prison singulière...

c'est avec plaisir que je le mets enfin ici, avec la belle diction de P. Clay / cliquez sur la vignette / 

 Boris vian - philippe Clay

Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l'odeur des arbres
Il respirait de tout son corps
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter

Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme.
Juste le temps de vivre.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 20:58



Dino Campana était un poète
qu’aimait particulièrement Raymond Carver.
Les chants orphiques sont parus en Août 1914.


La baie vitrée

Le soir fumeux d’été
De la haute baie vitrée verse des lueurs dans l’ombre
Et dans le cœur me laisse une brûlure scellée.
Mais qui a (sur la terrasse sur le fleuve s’allume une lampe) qui a
A la petite Madone du Pont qui c’est qui c’est qui a allumé la
Lampe ? – y’a
Dans la chambre une odeur de putridité : y’a
Dans la chambre une plaie rouge languissante.
Les étoiles sont des boutons de nacre et le soir se vêt de velours :
Et tremble le soir fat : il est fat le soir et il tremble mais y’a
Dans le cœur du soir y’a,
Toujours une plaie rouge languissante.

 

L’invetriata

La sera fumosa d’estate
Dall’alta invetriata mesce chiarori nell’ombra
E mi lascia nel cuore un sugello ardente.
Ma chi ha (sul terrazzo sul fiume si accende una lampada) chi ha
A la Madonnina del Ponte chi è chi è che ha acceso la lampada ?
-c’è
Nella stanza un odor di putredine : c’è
Nella stanza una piaga rossa languente.
Le stelle sono bottoni di madreperla e la sera e tremola ma c’è
Nel cuore della sera c’è,
Sempre una piaga rossa languente.




«  Urgence de contenus jaillis en éclairs dans la nuit irréfrénable ; énergique volonté et volupté de nomade, de tramp, qui connaissait Whitman et Rimbaud et vivait sa poésie comme acte indifférencié de nature à la fois esthétique et volontariste, morale ; song of himself, saison en enfer. » « Sa poésie est une poésie en fuite, qui se défait toujours au moment de conclure. »

Eugenio Montale
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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 12:27

VIVe 2013

bonne année à tous !

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= C’EST UN PEU MOI EN CE MOMENT

NEANMOINS CAMARADES DES MOTS

 

JE VOUS SOUHAITE UN EXCELLENT

2013

 

NE PERDEZ SURTOUT PAS COMME MOI

VOTRE (VOS) CAPACITE(S) à Créer

A vous étonner des choses du vivant

 

Et des artistes 

 

Détachez vous de vous mêmes

pour mieux flotter

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j'accompagne 2013 de diverses photos ci dessus et ci dessous toutes importantes pour moi

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143802523

154505 385099884863650 100000909266003 1157523 1296990530 n

185042 4155177351861 1330804369 n

304492 490027714352636 498179919 n

315609 301267776550157 473628280 n

3627 150616785075864 852873479 n

411104 10151136037187484 848513626 o

550621 3721149021424 253094279 n

61033 348026818628124 1270116812 n

Capture d’écran 2011-09-08 à 20.09.09

Capture d’écran 2011-12-25 à 19.08.39

jouer

lire

peindre

yves et marc

ATT1121110

Capture d’écran 2011-11-29 à 21.27.40

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Capture d’écran 2011-12-06 à 21.00.41

 

 

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 19:24

« Ah ! autrui ! le besoin d’autrui ! un homme ne peut se dépecer lui-même jusqu’au bout. Pour le dernier sang il est bon qu’il ait quelqu’ami pour l’aider. »

Henri Michaux in "qui je fus"

henri-michaux

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 14:40


Qu’il est bon ainsi de longer ce fleuve aux dents immenses
froisser les ronces et les herbes, les fleurs, colonies d’insectes vrombissent
Quelques pêcheurs moitié hommes moitié eau
en rondeur leur corps penche vers le point central du fleuve

    Une petite sente va gaiement d’un point à l’autre de la source à d’autres mers brille même la nuit d’idées déposées
L’homme brouillon alors qui résonne par ses pas
Prend pour ami ces lieux secrets, il les chante de ses yeux
Il bourdonne
Il aimerait lui-même butiner et voler au creux des vagues et dans l’intime des pétales déclarer sa flamme à ce papillon là

    Le chemin est doux et parfumé d’effluves magiques
Eau croupie qui pose, eaux filantes à reflets mercure
Toute chose est vivante protégée nourrie par le fleuve
Le fleuve donne à manger les îlots encerclés, comme un parent
riche de mille précautions

    De grands oiseaux hésitent d’un point à l’autre par grappes incertaines
Changeant de cap à tout va et sans prévenir
Par grandes bouffées d’oxygène et de pâleur lunaire, l’homme aussi
Revient parfois sur ses pas, parfois par inquiétude
Parfois par contentement
S’immobilise souvent dans la tiédeur du vent qui amènera la pluie
Tièdes bourrasques enrichissantes et nourrissantes
Un lait du ciel ni amer qui remplit le fleuve encore et de nouveau

Je n’ai rien d’autre à dire, dit l’homme
Affalé de son corps vers les eaux grises
Si ce n’est voir le fond de ces bancs de sable
Y chercher l’emplacement d’un tombeau
Gisant sous-marin sous ces mètres qui filent
J’y serai en grand repos, en toute fin
Espérer peut être là dans le mouvement final
Ces fameux espoirs que certains nous dictent alors que l’on sait (et tous) que la mort au mufle chaud est là derrière, dans ton dos, on y sent cette haleine chaude, humide, animale, précise
Le fleuve est le lieu unique où dissocier ses atomes
Vers un arc-en-ciel naturel
Vers cette nature unique puissamment vivante
D’eaux et d’air, de terre mouillée, prête à enfanter
Où sans cesse la vie renait chaque seconde tant de coups à donner

Un grand silence, le lieu fourmille de vie en tout sens
  prends ma main, je mouille ta nuque et un baiser
Dans la fouaille de l’été, nous nous sommes encore rencontrés
Touchant par nos peaux nos moments d’éternité

La couleur couchante du ciel donne des traits uniques
Au grand paysage unique semblant dire

et unir les mondes

"Bec du Cher" en fin de journée
Le Cher (à gauche) se jette dans la Loire
la petite plage ferait une tombe idéale

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Published by frenchpeterpan - dans Loires
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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 01:50

   Ce qui fit le dégel, le déluge c’est mon sang s’abattant abrupt pour une cascade soudaine lorsque j’appris ta mort ; ce fut comme si on me coupait les bras ; comme si on m’asphyxiait un sac en plastique enfoncé profondément ; je ressentis à plein corps une chute, un ravin ou un précipice inconnu ; c’est ton visage qui vint d’un coup, où perlaient au milieu deux yeux coquins, puis ton sourire, enfin tes lèvres bleues, tes lèvres peintes.
Et donc ta voix et ton timbre de rossignol, dans cet univers grisâtre tu bleuissais comme une étoile vive, ton visage unique était mon meilleur amer à moi…

   Je me réveillais ce matin gris, mauvais rêve. J’appris que tu n’étais pas morte puisque personne ne vint me l’annoncer. Du coup je me risquais à aller chez toi. Une bonne heure à pied, mais mes godillots sont solides. En ce mois de janvier, le romarin et les genêts étaient déjà en fleurs. J’arrivais, ton chien m’entendit, mais n’aboya pas, je me cachais derrière cette belle haie d’un vert d’hiver taché cependant de quelques baies rouges. Je fis ma respiration plus lente. Tu sortis, tu montas sur une chaise pour distribuer dans les mangeoires des graines aux oiseaux, tu étiras ainsi ton corps, fusiforme soudainement et bien féminin. La neige devait tomber le lendemain, tu étais prévoyante. Je me fis voyeur de ce tout petit instant de nos toutes petites vies de rien du tout. Mais j’étais là à te regarder et tu l’ignorais, je marquais un point. Puis tu rentras et la cheminée se mit à cracher une fumée qui sentait bon les résineux pas assez secs. Je refis le chemin inverse sachant que je devais aller te voir tout à l’heure. Les mauvais rêves sont étranges et on les dit parfois prémonitoires, mais tout en toi respirait la vie, la vie même que j’ai si souvent écarté, refusé, éloigné de moi comme s’il s’agissait d’une tare. Une tare ancienne. Mais tu le savais, cette histoire sordide ou triste, c’était une histoire d’enfance, encore une. De ces histoires d’enfance qu’on traîne toute sa vie et dont on veut parfois faire un roman. De ces histoires qu’on avait bien oubliées et qui brusquement, on ne sait pourquoi, ressurgissent à la cinquantaine, avec ce cortège de non-dit et de souffrance d'enfant. Avec des pics, des griffes, des clous encore parce que faire mal c’est l’idée de ces histoires d’enfance.

   Peu importe, je suis une grande personne maintenant. N’est ce pas ?

   Au retour, je fis ce détour pour voir la grande ville là en bas, on entendait quelque bruit. Puis je rentrais. J’essayais de me faire beau pour tout à l’heure, je rentrais mon ventre, lissais mes joues, coupais mes sourcils qui partent dans tous les sens, puis me parfumais. Je mis même ma vieille chemise de grand père. Là encore un souvenir de notre adolescence. Puis je me dis que la vie était sereine ainsi, que ton corps était rouge de désirs de femme, que ton chien était fidèle. Il pouvait neiger je m’en foutais. Je marcherais.

   Je me souvenais de notre dernière soirée ensemble, nous étions allés écouter chanter l’ami Jacques Bertin. La petite salle était remplie d’une petite centaine de personnes. Un comédien connu, François Morel, était là tout près de toi, j’appris peu après que lui aussi écrivait des petites chansons. Quand Jacques chante, il se fait un silence unique, chacun retient sa toux avec force pour que les mots du chanteur ou du poète ne soient pas amputés. De sa masse assise sur la chaise se dégage une force incroyable, incalculable, presque impensable. Il me chante moi, et mon enfance ; il chante ma mémoire, ma vie près de la Loire, mes amours disparus. Il chante tout à fait mon monde « à moi ». C’est ainsi, mais il ne le sait pas, qu’il est devenu mon grand frère.

   Effectivement, il neige déjà.
Je bois mon café doucement, tout à l’heure j’irai voir ton nombril rigolo briller sous mes doigts facétieux. J'essaierai de te caresser au mieux, car je te veux du bien.
Il neige beaucoup, et alors, le bruit que fait mon pas dans la neige est un bruit de ravissement. Et ton corps à venir une extase. Que j'imagine, que je fétichise, que j'idéalise. Le plaisir des femmes est pour nous choses inconnues. 


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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 07:24

 

 

Ariettes oubliées

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville.
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre est sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s'écœure .
Quoi ! nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon cœur a tant de peineverlaine

(je n'ai pas dit la troisième strophe que j'aime beaucoup moins... Que le grand Verlaine me pardonne !)

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5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 10:26

 

 

Mon avion en flammes mon château inondé de vin du Rhin
mon ghetto d’iris noir mon oreille de cristal
mon rocher dévalant la falaise pour écraser le garde champêtre
mon escargot d’opale
 mon moustique d’air
mon édredon de paradisiers
 ma chevelure d’écume noire
mon tombeau éclaté ma pluie de sauterelles rouges
mon île volante mon raisin de turquoise
ma collision d’autos folles et prudentes ma plate-bande sauvage
mon pistil de pissenlit projeté dans mon œil
mon oignon de tulipe dans le cerveau
ma gazelle égarée dans un cinéma des boulevards
ma cassette de soleil mon fruit de volcan
mon rire d’étang caché où vont se noyer les prophètes distraits
mon inondation de cassis mon papillon de morille
ma cascade bleue comme une lame de fond qui fait le printemps
mon revolver de corail dont la bouche m’attire comme l’œil d’un puits
scintillant
glacé comme le miroir où tu contemples la fuite des oiseaux mouches de ton regard
perdu dans une exposition de blanc encadrée de momies
je t’aime

 

Benjamin Peret

benjamin-peret(in "Je sublime", 1936)

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