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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 10:41

henri-michaux à l'âge de 12 ans H. Michaux découvre les dictionnaires, il écrit :

 

" Découverte du dictionnaire, des mots qui n'appartiennent pas encore à des phrases, pas encore à des phraseurs, des mots et en quantité, et dont on pourra se servir soi-même à sa façon."

 

(lu dans l'excellente autobiographie d'Henri Michaux : " Henri Michaux, la poésie comme destin ", par Robert Bréchon, éditions aden, 2005)

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 18:28

son bas rein
d’or sa peau en bas
peau du bas dort
blancs ses bas
en haute lisière
en or en jarretière
en creux divan
mouvant

    J’étais l’orant
à l’orée
     mon adorée
cuivré de sexe oral salant
ton orage roux orangeade
ton bas rein en orgue
sexe en pétale d’oronge
    et Fleur d’orne
orchestre ordonné
en orgeat discret
en voile orné ôté

    J’étais l’orbe
circulant en ton bas rein
et tes replis repolis sans fin
mille enfin
en répits de tes lombes ombrées
rein de reine
mes rênes, mon Noël, mes fêtes
mes lèvres rémora à tes lèvres
la remue
salin saline salant
mes salves

    J’étais l’orant
enfouissant

masculin – féminin
moussant à la langue
ton bas rein tangue  

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:10

baignoire

 


   La veille j’avais pris un bon bain chaud, dans ma baignoire blanche ; bien allongé les pieds en hauteur, au sec, les bulles de savon venaient se suicider sur ma barbe naissante en jouant un air de Vivaldi. J’observais avec attention les veines bleues de mes pieds qui dessinaient comme des arborescences de fleuve, ma circulation sanguine semblait de bon aloi.

   Bon je reprenais mes respirations : compter cinq en inspirant, dix en expirant ; me détendre : deviendrais-je ainsi un meilleur amant avec moins de stress et davantage de contrôle ? Je méditais fermant les yeux et me récitant mon mentra composé de deux syllabes, que je ne peux nommer ici, car je l’ai enfoui il y a longtemps tel une graine et j’attends que l’arbre monte. Et l’arbre ne pouvait s’étoffer qu’en plein silence.

   Je pensais aussi au bon kilogramme de bactéries que nous possédons dans nos intestins, les théories actuelles donnaient à ce kilogramme une importance primordiale. Si notre organisme est constitué environ de 10.000 milliards de cellules, notre flore intestinale repésente 10 fois plus : 100.000 milliards de bactéries ; ces bactéries nous protègent et nous font vivre. Tout part de l’intestin dit-on et si on étalait celui-ci : il représenterait entre 1 et 2 terrains de tennis ; bref c’est là que se fait toute l’immunité, là bien plus qu’ailleurs.

   En vidant l’eau je scrutais avec attention le sens d’écoulement dans la bonde, tantôt sens horaire, tantôt sens anti- horaire. C’était mon pari de la journée. Un de mes nombreux poils morts (ou du moins qui avait chuté, vivait-il encore ?) se dirigeait à toute vitesse tel une barque vers la bonde cyclopéenne comme vers une cascade ; j’eus juste le temps de vérifier le sens anti-horaire. A ce niveau-là, peu importait la rotation de la Terre. Les forces de Coriolis, à cette échelle, sont très faibles (0.0001 m/s2, ai-je lu) et donc, le sens du tourbillon aléatoire ; l’effet “patineuse” est supérieur et le moment cinétique initial fondamental (tenir compte aussi des aspérités ou autres effets de ma baignoire blanche). Peu importait l’hémisphère.

   Je n’oubliais pas non plus que c'est le sol de la Terre, et nous avec, qui tournons, de l’ordre de 107.460 kilomètres à l'heure, soit grosso modo, 30 kilomètres par seconde. Cela peut donner le tournis, ou pas.

   J’imaginais aussi si j’avais les poignets sectionnés, l’eau et le sang se mélangeant, l’eau chaude empêchant la coagulation, pouvoir ainsi peut-être mieux percevoir la vidange de ma baignoire et le célèbre effet patineuse. Le temps de saignement variant entre 2 et 5 minutes selon la méthode de calcul, il fallait que je détermine bien mon coup. Ma baignoire de 96 litres s’est remplie en 8 minutes, j’ai mesuré qu’elle se vidait ensuite en 12 minutes. Donc bien calculer le moment de la tentative de suicide !

   Il parait que tous nos tuyaux : artères, veines, artérioles, veinules, capillaires mis bout-à-bout représentent 97.000 kilomètres ; imaginez la vie et les voyages d’un globule rouge ou blanc, ou d’un plaquette, ça c’est de l’aventure ! Courte ceci dit : 120 jours pour les globules rouges, 7 pour les blancs. Mais quand même ! Les parcours doivent être ahurissants ! Ainsi que les ralentissements dans les capillaires (permettant de mieux observer le paysage) ou l’inverse le boum cardiaque comme une fusée à Disneyland.

   D’ailleurs ceci me fait penser à l’un de mes films fétiches lorsque j’étais enfant (j’avais 9-10 ans) : “Le voyage fantastique” qu’Asimov, plus tard, adapta en roman. Cette balade, jadis, en sous-marin dans le corps humain fut un choc pour moi et allait déterminer le choix de mon métier et même de mes spécialisations (et puis Raquel Welsh en costume de sous-marinière...et puis il y avait un traître ; c’est toujours bien les traîtres, l’histoire est – de suite – plus vraisemblable). Le corps humain, quelle machine fabuleuse !

   Bon ça y est : il n’y a plus d’eau dans la baignoire, juste mon gros corps lourd et chaud qui fume, 80 kilogrammes de chair humaine. Une dernière petite douche sera nécessaire pour enlever tout ce savon dans mes cheveux et ma peau. Et me donner l’illusion d’être propre. Et donc repartir pour un tour de manège. Et pouvoir plaire aux filles qui aiment que les hommes soient propres.

   Ensuite je voyagerais à nouveau dans mes rêves inquiétants. 

 

VoyageFantastique

voyage-fantastique-03-g

film-le-voyage-fantastique13

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 07:33


    …en parcourant l’excellent livre d’Isabelle Alfandary (voix américaines, Belin, 2002) sur E.E. Cummings, ce peintre et poète majeur, si énigmatique, très « difficile d’accès » (- soyons franc -) (Quand un éditeur lui demandera en 1926 de rédiger une introduction censée aider les lecteurs à comprendre les particularités de son style, il intitulera cela « deux et deux font cinq », ce qui n’améliorera pas les choses.)… ;-)

 

« La poésie ne signifie ni n’insignifie rien, elle EST. »


Isabelle Alfandary = « S’il pleut tant dans les poèmes d’E.E. Cummings, c’est que la pluie, dans sa chute imperceptible, figure un contact invisible mais réel. Métonymie du sens du toucher, la pluie est sensation : silencieuse, elle affecte les êtres sur lesquels elle s’abat sans heurt ni violence. La pluie nous touche sans en avoir l’air.

    je comprends en vrille

Ce que toucher

veut dire


(i spirally understand /// What /// touching means.) E.E. Cummings, Complete Poems 1904-1962.


L’expérience de la pluie, redoutée par les hommes, mais non par les enfants, révèle ce que toucher veut dire. Le toucher communique littéralement le sens. Le sens du toucher est porteur d’un sens qui peut à peine se dire, d’un sens proprement obscène, et bouleversant.
La sensation est source de connaissance. Dans le poème, ce n’est pas tant l’intellection de l’exprimé qui ouvre la voie au sens mais bien plutôt la sensibilité à l’imprimé. On ne touche pas plus un poème fait d’encre et de papier, surface plane et sans relief, qu’on ne touche la pluie. La pluie et le poème n’en sont pas moins réels. Ce que l’on ne peut pas toucher du doigt ne nous touche pas moins. »


    Personne, pas même la pluie, n’a de si petites mains (*)

(Nobody, not even the rain, has such small hands) E.E. Cummings, Complete Poems 1904-1962.


(*) : poème lu par l’excellent acteur Michael Caine dans un de mes films préférés de Woody Allen “Hannah et ses soeurs”. (oscar du meilleur scénario original en 1986) Comédie douce amère avec des relents de Bergman et où les rôles féminins sont extraordinaires : Mia Farrow, Barbara Horshey et Dianne Wiest... Michael Caine - en amoureux des poèmes de E.E. Cummings - est adorable. Woody Allen en hypochondriaque puissance 100 est divin. Ce film est un pur bijou et on y récite du E.E. Cummings.


un dernier pour la route :

je veux bien que la vie
ne vaille de mourir, si
(et quand) les roses se plaignent
que leurs beautés sont vaines

mais peut l'espèce humaine
juger toute mauvaise graine
une rose, les roses (j'en suis
sûr) aussitôt sourient
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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 09:13

"Il n'y a guère que l'insatisfaction qui puisse nous satisfaire."

 

Roland Jaccard

 

jaccard

 

    J'ai toujours aimé les livres de Roland Jaccard ; en outre je pense que je pourrais aimé l'homme (et le jalousais), il représente en effet ce que parfois - ou dira-t-on ? très souvent - j'aurais souhaité être si j'avais eu quelque talent littéraire, ou quelque talent tout court dans la vie, et surtout quelque volonté  : nihiliste, aimant les jeunes filles, parlant du suicide, lettré, voyageur, cultivé, ayant cotoyé maintes personnalités brillantes et intellectuelles, refusant la famille et son oisiveté, solitaire, intelligent - bref toutes ces choses qu'à 17 ans on choisira de faire et que la vie doucettement mais de manière insolente nous déroute vers des chemins plus classiques, moins "excessifs". Bref qui n'est pas rentré dans le rang ? Bien peu, finalement.


    Bref chaque livre de cet auteur me réjouit ; ce dernier ne déroge pas à la règle, écrit à 70 ans, l'auteur parle à nouveau des rencontres de sa vie : mélange de divines créatures (jeunes très souvent, asiatiques par préférence)(aimer Louise Brokks et les Lolita d'abri-bus, dit-il), de lectures importantes et d'hommes "écrivants" (la vie de l'écrivain semble souvent intéressé autant l'auteur que la nature de ses ouvrages), de rencontres amicales pour discuter de la mort, du suicide, des milieux littéraires parisiens ou vaudois, et bien sûr de jeunes filles ou femmes, qui -jeunes- attendent "tout" de la vie.

Il y a toujours au cours de la lecture des livres de Jaccard un mélange d'inutilité et d'importance ; futilité et gravité, bref une étrange complémentarité.

 

En outre dans ce dernier opus, Jaccard parle - comme par hasard - des écrivains que j'aime : Haruki Murakami*, Henri Miller, Yi Sang, Natsume Sôseki, Cioran*, Topor, Henri Roorda*, Richard Brautigan* etc etc

On a l'impression qu'il connait tous ces auteurs personnellement comme cette apparition dans une librairie parisienne de Yi Sang, malade, proche de la mort et dont Jaccard trouve la peau bien pâle et qui finalement s'installera chez lui.

 

Comme l'écrit un des amis de l'auteur : "L'art de suggérer ce qu'il y a à la fois d'anodin et de grave dans la frivolité, la superficialité, bref la substance de toute vie. En paraphasant Nietzsche : ça devient profond à force d'être superficiel."

 

Il y a chez cet auteur - qui conçoit la littérature comme des fragments d'une grande confession, un profond pessimiste du monde, mais le bonheur d'une libido active, mais le bonheur dans l'art des livres : celui de les écrire, mais aussi de les lire!

 

Nihiliste, grand cynique, Jaccard ne laisse jamais indifférent.

 

Dans la vie recherche-t-on le bonheur ? Si oui, quel chemin idéal emprunter ? Celui d'une culture solitaire et de "petits" plaisirs "égoïstes" ? Ou celui de rentrer dans le rang : famille, travail, patrie ? Existent-ils des voies parallèles qui exploiteraient un peu des deux ?

 

Chaque livre de Roland Jaccard est un petit aparté vers le monde intraverti de soi-même, les difficultés de vivre bien sûr (de l'inconvénient d'être né) mais c'est chaque fois pour le lecteur engourdi, endormi par sa propre vie, un réel bonheur...

 

(*) voir sur ce blog.

 

ma vie et autres trahisons

Ma vie et autres trahisons, Grasset, Roland Jaccard, 2013

 

Site-Roland-Jaccard

Site et blog de Roland Jaccard cliquez ci-dessus

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 10:42

Ah ! l’ami Ferré, on y reviendra ! Ne serait-ce que pour parler de quelques chansons uniques, comme « la vie d’artiste » ou « ni dieu, ni maître » et puis tant d’autres …Personne ne pourra remplacer cet artiste exceptionnel, écrivain et poète de talent, musicien génial, interprète d’exception !

 
    On commencera par « la mémoire et la mer » - d’ailleurs repris par son fils Mathieu comme titre de ses éditions - , quoi dire sur ce chef d’œuvre de la chanson française ? Que c’est la plus belle « chanson » poétique jamais écrite et interprétée, qu’écoutée 1000 fois, on garde encore la chair de poule, on écoute encore comme si du neuf allait surgir ! Il y a tout dans cette chanson, la mélancolie, l’énigmatique, l’inspiration rare d’un moment rare, le transcendantal, la verve, le lyrisme. Les interprétations de Lavilliers, de Ribeiro ou de Léotard sont plutôt réussies – et ce n’est pas simple de chanter Ferré, mais je préfère encore l’original…

    « Un jour je te dirai pourquoi j’écris. La poésie s’arrange toujours ; il suffit d’être là, truelle en main et sueur suintant au soir, devant la soupe, comme un maçon… » Léo Ferré (préface du testament phonographe, 1980.)

 

-------------------------------------------------------
La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi le chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle

Léo Ferré, La mémoire et la mer.©


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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 14:26

superherosBon on rigole bien en lisant le livre d'Andrew Kaufman : Tous les amis de Tom sont des super héros... Il y a Super-Influenceuse, Super ma moto fait du super du bruit, Super mon ombre m'a quitté etc...

 

" Personne, pas un animal, rien n'avait traversé cette étendue, à part le vent. Tom ouvrit la portière de Super-Perfectionniste. Debout, ensemble, ils avaient regardé le champ de neige.

"Est-ce que vous pouvez mettre de l'ordre dans ces flocons-là ? lui demanda-t-il.

- Ils sont déjà rangés à la perfection", répondit-elle.

Et c'est à ce moment précis que Tom était tombé amoureux."

 

Bon ce n'est pas de la "grande" littérature, mais c'est très amusant à lire, plein de drôlerie et d'élégance. Et bien sûr cela parle encore des affres de l'amour... Andrew Kaufman est auteur, réalisateur de courts métrages et producteur de radio.

 

Tom a un super problème : Super-Perfectionniste ne le voit pas (tout cela à cause de Super-Hypno, le jaloux) ; une pirouette finale remettra de l'ordre dans cette situation chaotique...

 

Le problème des super héros c'est qu'ils sont aussi des être humains pathétiques, faibles, amoureux : des êtres humains plus-que-normaux...

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 19:04

philippe-leotard-copie-1.JPG

 

Mon "je" éteint l'autre.

 

Je le vois à sa mire,

quand il me regarde

le louche quand il cerne

et

je suis sa voix,

ne la hait pas ;

je dis son cours à ma valeur,

le paie de mon timbre

tout au son de mon interne action,

quand

les mots sont ceux qu'il veut d'autre

quand

il est près de céder à leur procession

vers l'inavouable,

l'horrible blancheur des plages de l'enfer


Je suis sa vocation

n'ai d'intelligence que de lui, 

le juge à ses blessures

et ne l'aime qu'à sa place

 

même avisé 

j'ai l'oeil à la lunette

quand je le vois se regarder "montré"

et

sans me démettre je l'élève

je l'épaule, je m'en joue

et

je le tire du côté d'ombre de la cible.

 

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 08:49

 

3ième diction ; bonne écoute :-)

mais-toi.mp3 mais-toi.mp3


Mais Toi, quand viendras-tu ?
Un jour, étendant Ta main
Sur le quartier où j’habite,
Au moment mûr où je désespère vraiment ;
Dans une seconde de tonnerre,
M’arrachant avec terreur et souveraineté
De mon corps et du corps croûteux
De mes pensées-images, ridicule univers ;
Lâchant en moi ton épouvantable sonde,
L’effroyable fraiseuse de Ta présence,
Elevant en un instant sur ma diarrhée
Ta droite et insurmontable cathédrale ;
Me projetant non comme homme
Mais comme obus dans la voie verticale,
TU VIENDRAS .

Tu viendras, si tu existes,
Appâté par mon gâchis,
Mon odieuse autonomie ;
Sortant de l’Ether, de n’importe où, de dessous
    Mon moi bouleversé peut-être ;
Jetant mon allumette dans Ta démesure,
Et adieu, Michaux.

Ou bien, quoi ?
Jamais ? non ?
Dis ; Gros lot, où veux-tu donc tomber ?


Henri Michaux, LOINTAIN INTERIEUR, 1938



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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 18:09

" Si j'ai jamais voulu changer le monde, celui-ci m'a fait comprendre qu'il ne souhaitait pas  être changé. Je me contenterai donc de me batttre pour que le monde ne me change pas. "

Jacques Bertin

Jacques-Bertin

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 17:34



    Que dire de « L’écume des jours » de Boris Vian, ce grand chef d’œuvre de la littérature ?

    Bien sûr le « plus poignant des romans d’amour contemporains » (dixit Raymond Queneau) est célèbre, mais ce texte ne peut pas se réduire à cela. Et Vian n’est définitivement pas un écrivain « accessoire », lui qui fut malheureusement considéré si longtemps comme un simple « amuseur » !
Pourtant publié en 1947, ce livre ne reçoit qu’indifférence, Vian, très déçu râle : « j’ai essayé de raconter aux gens des histoires qu’ils n’avaient jamais lues. Connerie pure, double connerie : ils n’aiment que ce qu’ils connaissent déjà… » Dès 1948, Gallimard cesse de diffuser l’œuvre et annule le contrat de Vian. Repris par Pauvert en 1963, l’œuvre complète de Vian reçoit alors un accueil grandiose, dommage l’auteur est mort depuis 4 ans.

« L’histoire est entièrement vraie, puisque je l’ai imaginée d’un bout à l’autre. »



    Alors je ne vais pas faire une critique littéraire de ce livre, j’en suis incapable. Mais je veux simplement dire l’épouvantable sensation de liberté et d’audace et d'invention et d'imagination poétique que l’on ressent aux diverses lectures de ce livre atypique et innovant :

    - la langue/le langage : est bien sûr le rivage le plus évident de ce livre, quelle liberté prise avec les mots ! Quelle jouissance de lire « enfin » les délires d’une langue française travaillée, essorée magnifiquement. Et les trouvailles lexicales qui fusent tout le long de ce livre ! Un langage univers disait-on, le lexique propre à Vian assurément. Une langue à la fois proche et éloignée des dadaïstes et des surréalistes. Une richesse inouïe dans l’emploi des jeux de mots, des mélanges des temps, des anglicismes, des mots inventés à foison, (un humour démesuré aussi) ; par exemple la sentinelle se mit au quant-à-soi (au lieu de garde-à-vous), la fontanelle du carreau laissait passer l’air, c’est jubilatoire. Bien sûr des trouvailles linguistiques, des jeux de mots, des mots ou expressions inventés, il y en a plusieurs à chaque page. (comme ce délicieux Sauternes phosphorescent).

    - la structure du roman est très particulière : absence de profils psychologiques des personnages : ils n’ont ni passé, ni futur ; une description succincte à l’instant « t », ainsi Colin est décrit comme « un grand bébé de 22 ans » qui a suffisamment d’argent pour ne pas travailler. C’est tout. On n’en saura guère plus. Idem plus ou moins pour les autres personnages (Chloé a les cheveux bruns et les yeux bleus, c’est tout, aussi.). 6 personnages « interchangeables » riches de leur jeunesse et d’une adolescence d’esprit, c’est à dire une grande insouciance. Tout est vu « immédiatement ». Ils sont distants du monde...

    - un mélange de surréalisme et d’anarchisme (les masses ont tort et les individus toujours raison) et d’existentialisme (Jean-Sol Partre), une dérision du christianisme, une approche très distanciée de la mort, une recherche de l’amour et d’un érotisme « naturel », le jazz omniprésent, une critique du travail industriel (un petit côté « temps modernes »), une petite dose d’antimilitarisme, la maladie enfin (nénuphar dans le poumon droit)

" L’écume des jours s’inscrit dans l’effort long, sourd, quasi clandestin d’une de ses traditions pour transférer à la prose narrative les procédés de la fonction poétique. " Michel Gauthier-Darley

----------------------------

Bref un livre insolent, puissant, inventif à l'excès, sans équivalent, il est inouï que ce livre fut ignoré à ce point à sa parution, il a fallu attendre la génération de Mai 1968 pour le découvrir à sa juste valeur. Un bijou à relire régulièrement pour se dire : oui la grande littérature existe bien ...

affiche du film de Charles Belmont, je n'ai jamais vu ce film, je me demande ce que cela donne, ça doit être très difficile...
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 15:13

Si je dis

Calme calme la mer accourt

Si je dis la grand vigne au fond du jardin

Où les pampres le matin où la brume offre l’océan à mes yeux

Aux galets que le soleil a brûlé hier

Et les raisins difficiles ne voulant pas mûrir

Quand le soleil pêle le soir aux peaux de femmes

La poésie de toi, inconnue : cette lisière entre l’âme et le corps

 

Si je dis

L’enfer au fond de moi court

Comme une lame dévastatrice étouffante

Si je dis de moi les cohortes et les armées de tristes

Clowns et pantins ayant perdu leur jeunesse

Marionnettes de silence et d’âme ne voulant pas mourir

Quand la lune ronde éclaire la pleine nuit

Dans des théâtres factices où l’on jouerait des scènes

De mensonges remplis de lumières

 

Si je dis

De toi, la parure que prend ta vie

Comme un souffle chimérique d’amour

Une arrière-pensée pleine de désir

Comme le désoeuvrement de la vie fauchée trop tôt

Dans le fatras de sa jeunesse ; tu aurais appris

De moi mes lagunes médiocres, lacunes centrales

Restent les postures fragiles des ferveurs anciennes

Les non-dits responsables de tant d’assèchement

 

Si je dis

Qu’enfin au bout de tant de dépeuplement

De tant de pupes qui n’ont pas voulu éclore

De ces plissements de mes âmes comme de mauvais nylons

Comme de mauvaises joies, une pluie continue

Lutter encore, lutter encore contre le mauvais jour

Les méchantes nuits où l’on m’a éloigné de toi

Où la mort a voulu m’épuiser, me vider

Comme ce coquillage seul ici et qui veut encore faire croire

Qu’il peut nous donner le son nourricier de la mer

 

vigne

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 14:50

Allo ?

(Une voix de femme dit :)

Jupe, robe, pantalon ?

(Je réponds rapidement sans sourciller)

Jupe ou robe

Jambes nues ? Collant ? Bas Dim up ? Jarretelle ?

Comme tu veux, mais habillées, oui habillées tes jambes

Chaussures ?

Escarpins, mais pas trop hauts ou ce que tu veux…

Le haut ?

Corsage, pull léger, tee-shirt… comme tu veux…

Maquillage ?

Pas trop. Juste esquissé, à peine visible…

Rouge à lèvres ?

Oui de la couleur naturelle de tes lèvres…

Cheveux, coiffure ?

Naturelle, floue

Parfum ?

Oui, mais discret.

Bijoux ?

Juste ce qu’il faut, pas de bracelets.

Où ?

A ce restaurant chic, rue Mignet, où je t’avais croisé pour la première fois.

Quand ?

Ce soir, à 20 heures.

Tu me diras un poème, à nouveau ?

J’essaierai

Tu seras plus gai que l’autre fois ?

J’essaierai

Et moi, comment ?

Féminine et joyeuse, insouciante, décontractée, naturelle…

../..

Amoureuse ? dis-je

../..

C’est con la Saint Valentin, je dis.

Tu trouves ?

Oui, c’est con ; cette histoire de cadeau ; cette histoire d’amour censée renaître de ses cendres ? Phoenix suprême ?

La vie peut être simple, tu sais, sans cadeau, sans amour vain ; juste toi et moi, pour une soirée. Je mettrai ma petite robe noire, des Dim up noirs opaques, mes créoles en or, et puis c’est tout… OK ? Et puis –puisque tu le veux – je me ferai « féminine », je minauderai, c’est bien ça ?

../.. (sourire)

Tu dis rien ?

Ça me va, dis-je.

Bon, je raccroche ?

Et moi ? Je dois être comment ?

Jeune, beau, riche, fringuant, volontaire, astucieux, bien habillé, décontracté mais bien habillé, plein d’humour : bref comme d’habitude… Non je plaisante. Attentif, voilà ! Toi, tu dois être attentif ! Il y a tant d’hommes qui ne le sont plus ! Bref, tu fais « attention », tu me regardes ! Tu m’admires ! N’est-ce pas ? Tu me parles en étant a-t-t-e-n-t-i-f …

Je t’ai toujours aimée, tu le sais !

L’amour c’est un flux et un reflux, tu le sais, n’est-ce pas ? Profites-en quand c’est le ressac qui vient  vers toi.

 

…/…

 

Le sans-domicile-fixe se relève avec difficulté, ses yeux peinent maintenant à voir la gracile silhouette d’une jeune femme habillée d’une robe noire et qui s’éloigne vivement. Il ne distingue bientôt plus qu’un halo d’une noire luminosité. Depuis tout à l’heure Jean la regardait. Elle lui rappelait sa femme, décédée il y a cinq ou six ans. C’était la mort de sa femme, si brutale, si soudaine qui avait tout précipité : l’alcoolisme, le licenciement, le chômage puis la rue. L’abandon de sa famille et tout le reste. Il cherchait à mourir, lui aussi, maintenant, mais seul et ignoré de tous ; c’est ainsi qu’il le voulait. Il venait à la vue de cette jeune femme tout juste de se remémorer les conversations téléphoniques qu’ils avaient jadis lors de moments difficiles ; ils se réinventaient alors une jeunesse dans des rituels de complicité amoureuse.

Jean ne distinguait plus maintenant la silhouette frêle, il avait perdu ses lunettes, ou volé peu importe. Malheureusement. Il prit son sac-à-dos élimé, et divers plastiques remplis à craquer et se dirigea vers les chambres d’accueil pour la nuit. Le froid venait de tomber vite et son ventre avait faim.

 

Il eut envie de pleurer. Mais eut un sourire aussi, le visage charmeur de sa femme en tête.

 

bas-multiples

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 12:01
chez une amie, en mars, un vieux cerisier s'enorgueille d'un tapis de centaines de violettes à son pied, il frime le bougre, et subitement n'est plus tout-à-fait cerisier
violettes4
je garde moi aussi un souvenir émerveillé d'un tel tapis de fleurs
c'est l'enluminure de l'arbre, sa signature de début de printemps
enfant je me souviens d'un sous bois vers Savonnières, près de Tours, où c'était un océan de cyclamens sauvages bleus violets et blancs
ces lieux sont magiques lorsque de telles couleurs  surgissent dans le vert
de tous les jours
violettes2
le temps passe .../...

violettes3
je rêvais de maitresse habile de sa bouche, de ses doigts et amoureuse de son corps et de sa féminité, de victoires aux jeux de société auxquels je joue quotidiennement, d'un élan vital
qui briserait les monotonies des vies
d'être moins inactif,  d'être plus actif, de voir ma femme plus heureuse
moins résignée,
de découvrir d'autres passions, d'être encore plus cultivé dans mes passions actuelles : la poésie, la littérature, la vie, les jeux, les jolis filles et les belles femmes, l'écriture,
la diction, la chanson "à texte", la peinture et les arts,
les corps nus que nous ne découvrons pas assez
brutalement étourdis de tant d'habitudes,
les belles phrases qui ne viennent pas
mon inaptitude à parler à Bertin lorsque que je le vois et que je l'attends ; notre timidité bilatérale
l'incapacité du mot juste devant venir
les impuissances encore une fois à aimer
je rêvais de suicides théâtraux pour montrer aux autres que j'existais
toujours pas, je ne comprends pas la mort qui enserre mal
je rêve de soleil vif sur la neige blanche comme aujourd'hui chez moi
sur le coteau abattu, couché dans sa lumière
bref nous manquons tous d'amour et d'amitié
pourquoi tant de distances
et le temps passe : rouleau compresseur sur les violettes et les cyclamens et sur ceux qu'on a aimés et sur l'enfance à jamais éloignée
les routes de Touraine et les hauteurs à gravir
mon inaptitude à vivre again et again
cette histoire en cul de sac en cercle vicieux
ce petit sexe qui peine tant et qui a tant vieilli
cette soif de posséder et qui ne sert à rien
(qu'à transmettre ? oui, mais les autres s'en foutent)
ces envies de tout, ces envies de rien
les corps de 17 ans dans les mémoires fanées
les blondes, les brunes, les rousses qui m'ont hanté
l'eau foncée des Loire poissonnières
les grands et hauts houblons des branchages dans l'eau
les inondations jadis quand la Loire s'amusait
enfin les couacs de mes insuccès
dans les accouplements mêlés
parmi nos sexes de cotons
et le cuivre des peaux, des sables
les dysfonctions des coeurs sensibles
en chorale grand-messe des grands mondes
magasin de mon âme
remplis d'étagères
en mauvais mica
et toutes vides
de mots et de boîtes qui ne viennent pas
ami, amie, amis, amies
je vous offre ce bouquet de moi
et d'émoi
violettes
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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:07

   

  
    Pierre Barouh, né à Paris en 1934, sait tout faire. Ancien journaliste sportif et grand sportif lui-même, il découvre la musique brésilienne et sympathise avec Baden Powell. Puis il est assistant réalisateur, acteur, auteur de chansons. En 1966 il devient célèbre en tant qu’acteur et auteur de la bande originale d’ « un homme et une femme » de Claude Lelouch. Il profite de se succès pour créer son propre label Saravah et édite certains auteurs compositeurs interprètes peu connus à l’époque : Jacques Higelin, Areski, Brigitte Fontaine, Pierre Akendengué, David Mac Neil et certains autres… Un groupe d’amis est né. Et Saravah, une sacrée marque de qualité. Il s’occupe de théâtre aussi et crée l’opéra « le Kabaret de la chance ». Il vit maintenant entre le Japon et la France.

    Un petit mot ici sur le Barouh auteur et interprète de chansons. Son premier disque date de 1966 et son dernier de 2007. Il compose régulièrement à l’abri des modes et des télévisions. Je possède beaucoup de ses disques et les aime ; c’est une chanson de qualité, agréable à écouter, sans histoire, j’écoute régulièrement « le Kabaret de la dernière chance » quand j’ai le moral dans les baskets et ça fonctionne très bien.
    Mais je voudrais signaler un disque que j’aime particulièrement, il s’agit de « ça va ça vient », il date de 1971 et c’est avec ce disque que j’ai découvert le Barouh « chanteur ». Une idée des musiciens d’abord : Jacques Higelin au piano, accordéon, banjo ; Areski aux percussions ; et plein d’autres ; les photos du disque sont de David Mac Neil ; cet album est magique, hors temps.
Les compositeurs : Jérôme Savary, Pierre Barouh, Francis Lai, David Mac Neil,…





    Une chanson a ma grande préférence, d’abord pour le texte, mais aussi pour l’interprétation quasi nonchalante de Barouh, l’accordéon lancinant d’Higelin au fond et la grande tristesse de tout l’ensemble ; la chanson s’appelle : « le courage d’aimer », musique de Francis Lai.


    La réédition en CD nous offre deux chansons supplémentaires.


Non, je n'ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l'écho de mon « je t'aime »
Non, je n'ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J'ai trop mimé ces gestes qu'il faut sublimer
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer

Toi qui m'offres aujourd'hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude dans mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l'aime bien l'amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J'ai peur qu'il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer

Pourtant si tu voulais, si tu prenais patience
Avec toi je pourrais retrouver l'insouciance
Cette manie que j'ai de conjuguer l'amour
Se tournant à nouveau au futur de mes jours
Alors me reviendraient du fond de mon enfance
Les élans, les frissons des amours sans défense
Sans lesquels il m'est impossible d'espérer
Retrouver à jamais le courage d'aimer.


    Dans le film de Lelouch, la chanson a été retravaillée , la voici : (je préfère l'original, bien sûr)


La fleur d’amour est bien fanée
Mon cœur va-t-il me pardonner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

Non, je n’ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l’écho de mon je t’aime
Non, je n’ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J’ai trop mimé ces gestes qu’il faut sublimer
je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

Toi qui m’offres aujourd’hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude en mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l’aime bien l’amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J’ai peur qu’il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

À tout ce que tu es, je demande indulgence
Avec toi j’avais cru retrouver l’insouciance
Il est un rêve en moi que je dois condamner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
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