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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
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Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

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" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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"Le sens trop précis
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" Je ne suis pas moi ni un autre

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qui s’étend de moi vers l’autre. "
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 15:38

« Incapable de croire en quoi que ce soit, ou pratiquement ; déçu par avance de la politique ; spectateur oisif de la course collective à l’argent ; étranger aux bénéfices de la procréation ; incapable de m’enthousiasmer pour quelque vocation professionnelle irréalisable ; inutile pour le travail en général ; incrédule devant toute option religieuse ; trop timide ou incompétent pour une vie sexuelle enthousiaste ; dépourvu de toutes ces choses, il ne me resta d’autre solution que de marcher. » S.Chejfec

 

mes deux mondes - Chejfec

 

Difficile d’écrire sur « ce » livre, après une lecture éprouvante

où le lecteur que je suis termina abasourdi, anéanti presque :

enfin un roman sur l’absence au monde ou sur son hyperprésence (ce qui revient au même), la marche vu quasiment comme thérapie l’auteur part dans des digressions ahurissantes et compose avec ses yeux des paysages puissants : un roman sur la présence de l’homme au monde dans tout ce qu’elle a d’énigmatique et de singulier...

la marche pour « se perdre » ou « se trouver »… car il s’agit bien de « contemplation » (d’ailleurs le mot est utilisé lors de sa « rencontre » avec des tortues et des carpes), contemplation du monde telle une interface entre l’esprit intelligent et le monde autour qui n’a cesse d’envoyer des signes et des messages. Bref une « contemplation réciproque » que Chejfec semble interpréter comme une « réalité ». Roman profondément existentiel, proche d’un intellectualisme forcené, voire démesuré ? Chaque observation, le reflet d’un gravier, l’irrégularité d’un chemin de terre, la perfection de l’alignement de cygnes-pédalos, est commentée et analysée : on part loin dans les délires de l’âme humaine « analysante ». la marche comme exutoire et comme analyse. Monde intérieur de l’écrivain plein d’inquiétude et de questionnements se reflétant dans le monde qu’on voudrait dire « réel » ; ce sont ces reflets miroitants dont il est question dans ce livre d’une densité absolue. Sens paranoïaque de l'être observé et observant (= orgueil et/ou la suffisance des être vivants), ressentir la quintessence de l’instant présent tout en indolence récurrente...

La lecture du coup en est éprouvante, et quant à moi je l’ai parcouru par petites lampées comme un alcool trop fort ou trop amer.Un Borges plus "moderne". 

Enrique Vilas-Matas écrivait déjà :

« Mes deux mondes, c’est l’histoire d’un écrivain en visite dans une ville du Brésil. Parcourant un parc emblématique, il voit dans cet espace à la dérive des signes de sa propre incomplétude, la preuve cosmique que « de même que nous ne choisissons pas le moment de notre naissance, nous ignorons les mondes changeants  que nous allons habiter. » Cette longue promenade, menée par une prose aux phrases parfois ahurissantes,  nous ramène aux souvenirs d’auteurs remarquables comme Sebald, Saer et Aira. Puis nous réalisons que Chejfec ne ressemble à personne, qu’il a choisi son propre chemin, insolite et unique. Il semble appartenir à cette race d’écrivains apparue il y a bien longtemps, au temps où Proust méprisait une littérature réduite à un défilé cinématographiques des choses. »

Sans nul doute : le meilleur livre (du moins le mieux écrit) que j’ai lu ces derniers temps ; en outre ce face à face entre les soucis d’un homme qui a du mal à se définir à travers son espace-temps et les reflets du monde réel cherchant à lui répondre sont au cœur de mon propre mal de vivre, de mes propres questionnements, de mes propres inquiétudes, des recherches de mes diverses altérités ; bref Chejfec un vrai frère humain…

La force aussi de ce livre écrit en petits paragraphes est que vous pouvez l'ouvrir à n'importe quelle page, lire un petit paragraphe et prendre du plaisir dans votre lecture, donc à tout moment tellement c'est dense !

Si la littérature ne doit pas être divertissement, sinon autant regarder la télé (dixit Chloé Delaume), alors ce livre est de la grande littérature !

Vous trouverez sur le net quantité de critiques et d'analyses toutes intéressantes sur ce livre fort énigmatique...

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 20:05

Mettez-vous dans l’amour Louis-Scutenaire

 

Les jambes nues très haut

La grandeur folie des yeux

Au fond de la gorge ce peu de voix

Pour des bas noirs bon gré mal gré

Les bras nus jusqu’au milieu des épaules nues et les aisselles nues

Au bord des seins

Entrave d’ivoire de la robe pour le corps plus haut et plus bas que les hanches et les hanches nues

La jupe

A peine la courbe des genoux ou les genoux droits

Pliés pour unir la plénitude des jambes aux cuisses élargies

Au palais la fraîcheur des cuisses et leur forme

La saveur

L’odeur

Les gouttes de la pluie sur le manteau et sur les cheveux

Les cheveux

Les rides aux commissures d’une lèvre ont détruit le regret

La courbe du sexe de la femme définie par le maillot noir très juste

Les souliers à l’extrême découpé

La perfection de la jupe au-delà des chaussettes blanches roulées

La jupe

Et les jambes nues très haut

 

Ce sont les serrures du bruit que les yeux viennent fermer

 

Louis Scutenaire

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 19:43

 

Marilyn-livre-poèmes

(très beau livre, très intéressant et une très belle préface d'Antonio Tabucchi)

 

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UN EXTRAIT des dons d'écriture de Marilyn :

 

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Papier à en-tête du Waldorf-Astoria (premier feuillet) 1955

(traduction Tiphaine Samoyault)

 

Arbres tristes et doux – je vous souhaite – le repos mais vous devez rester sur vos gardes.

 

C’était quoi maintenant – il y a un instant – qui était important et maintenant a fui – comme le mouvement rapide d’un instant passé – peut-être  que je me souviendrai parce que ça faisait comme si ça allait devenir mien.

 

Tant et tant de lumières dans les ténèbres transformant les immeubles en squelette et la vie dans les rues.

A quoi pensais-je hier dans les rues ? ça semble si loin, si ancien et la lune si pleine et sombre. C’est mieux qu’on m’ait dit quand j’étais enfant ce qu’elle était sinon je ne pourrais pas la comprendre maintenant.

Bruits d’impatience des chauffeurs de taxi toujours conduisant qui ils doivent conduire – rues chaudes, poussiéreuses, verglacées pour pouvoir manger et peut-être épargner pour les vacances, pendant lesquelles ils conduisent leurs femmes à travers tout le pays pour visiter leurs familles à elles. Ensuite le fleuve – la partie faite de pepsi cola – le parc – dieu soit loué pour le parc.

Mais je ne cherche pas à voir ces choses

Je cherche mon amant.

C’est bien qu’on m’ait dit ce qu’était la lune quand j’étais enfant.

 

Le fleuve silencieux s’agite et remue dès que quelque chose passe dessus, le vent, la pluie, les gros bateaux. J’adore le fleuve – jamais affecté par quoi que ce soit.

C’est calme maintenant et le silence est seul exceptés le grondement de tonnerre des choses inconnues et au loin des coups de tambour très présents, et sauf des cris perçants et le murmure des choses, et les bruits aigus et soudain étouffés en gémissements au-delà de la tristesse – terreur au-delà de la peur. Le cri des choses, vague et trop jeune pour être connu.

Les sanglots de la vie même.

 

Tu dois souffrir – de la perte de ton or sombre quand ta couverture de feuilles déjà mortes te quitte

Fort et nu tu dois être – vivant quand tu regardes la mort droit devant penché sous le vent

 

Et porter la souffrance et la joie du nouveau dans tes membres.

 

Solitude – sois calme. 

 

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marilyn

 

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Un hommage de ma part

Pour les 50 ans de la mort de cette femme malheureuse

et dépressive

(et bougrement humaine)

que j'ai toujours follement aimé / 

A celle qui cherchait avec douleur à être « a true actress »

A celle qui n’a jamais connu son père, qui a vu sa grand-mère et sa mère sombrer dans la folie

Qui ne sera quasiment jamais avec sa mère, élevée par d’autres et sera mise en orphelinat dès l’âge de 9 ans -

(épousa dès 16 ans un homme pour quitter l'orphelinat)

Qui fit de nombreuses fausse couches et ne tomba jamais sur l’homme honnête, celui qui aurait pu être un père pour elle, un amant, un mari, un père pour ses enfants

(sauf sans doute le second mari Di Maggio qui fut celui qui la sortit de l’unité psychiatrique après 5 jours infernaux et aussi le seul à son enterrement)

 

L’image sexuelle qu’elle donnait était pour elle le seul moyen « d’exister », sa quête identitaire ; exister c’est autre chose, n’est-ce pas ? Obligée de jouer un rôle dans sa vie de tous les jours alors qu’elle ne souhaitait que du bonheur simple, obligée de mettre son corps en avant alors que son âme écrivait des plaintes poétiques

 

Lee Strasberg, professeur de théâtre, fut le premier à imaginer une autre carrière pour Marilyn, puis Paula sa femme s’y mit aussi (sans doute avec des idées maladroites derrière : ils furent d’ailleurs les héritiers de Marilyn) : faire tomber les masques, rechercher et trouver enfin une famille

 

Avec Arthur Miller, l’ « intellectuel», elle crut enfin y voir une marque de reconnaissance, autre chose, mais A.M. la trahit comme tous les autres, y compris Montand, y compris J.F. Kennedy pour lequel elle ne fut sans doute qu’une starlette de plus à son palmarès…

 

Son dernier film « Misfits » est cependant un chef d’œuvre (pourtant il sera mal accueilli par la critique), dernier film aussi pour Clark Gable mort quelques mois après (on lui reprocha véhémentement de l’avoir « fatigué ») ; scénario sans doute trop intimiste car écrit par A. Miller, le personnage de Roselyne dans le film EST celui de Marilyn : une femme triste et désoeuvrée, aux réactions parfois incohérentes, en perpétuelle quête identitaire…

 

A bout de souffle elle se réfugiera dans l’alcool, les drogues - somnifères et amphétamines - et la psychanalyse ; Ralph Greenson y pratiqua des labours intensifs sans résultats probants (il abandonnera la psychanalyse d’ailleurs après la mort de l’actrice)

 

Seule ! (et oui cela parait incroyable) dans  sa maison vide, très dénudée, elle sombre encore plus dans l'alcoolisme et la dépression ; ivre aux Golden Globe où elle reçoit une récompense, tous ses amis s’éloignent d’elle ; les gens de la Fox aussi qui payaient royalement Elisabeth Taylor et d’autres, alors que Marilyn avait un cachet de misère…

 

Le jour de sa mort accidentelle (vraisemblablement), bien sans doute que les idées suicidaires aient toujours été présentes, Ralph Greenson ne la sent pas bien et demande à une gouvernante de rester avec elle, mais cette dernière est comme tout le monde : inattentive…

 

Marilyn, la dépressive, la paumée, la malheureuse, celle qui rêvait de bonheur simple et de jouer de vrais rôles d’actrice, meurt à 36 ans dans son lit, seule encore ivre et droguée, abrutie…

et abandonnée de tous

je t'embrasse Marilyn et te prends la main...

 

marilyn-monroe--le-mythe-en-images

 

 

 

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 19:04

Le-livre-Suarès

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 15:11

 hommage à Jean Giraud alias Moebius, 

 

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- Qui c’était ce beau zigoto aux yeux bleus qui vient de sortir ?

- C’était un employé des IBT.

- On a un problème ?

- Non, il est juste venu me changer le nid anti-suicide, le nôtre n’était plus aux normes.

Si la caméra reculait, nous apprécierions la vue d’un type d’immeuble d’architecture très moderne de plusieurs Km2 avec des couleurs vives et gaies. Le ciel de ce XXIIième siècle serait zébré de nuages mous et orageux, indolents, quelque peu orange. Beaucoup de « brouillards » et peu de vraie lumière solaire. Très peu de ciel bleu, les jours d’hiver parfois lorsque les vents se déchaînent.

Toujours autant de dépressifs ?

Oui, c’est ce qu’ils disent, c’est le problème N°1 maintenant, bien devant les techno-cancers et les myopathies modernes. Et la Grande Fatigue.

Tu savais que ce mot « dépression » vient du latin depressio « enfoncement ». Je trouve que ce terme d’enfoncement va bien avec leur sédentarité. Tous ces gens qui ne bougent plus devant leur écran, même avec les masseurs automates, même avec les piqures rajeunissantes et auto-stimulantes. C’est normal de déprimer, faut pas dépasser 5 sur l’échelle de Moissonnier, c’est tout… Mais tu es en sueur ?

Oui c’est ma combinaison latex-go qui était mal réglée, c’est de ma faute, il fait assez chaud dehors finalement.

Moi, j’aime bien te voir en sueur, tes seins ressortent davantage, tes perles d’eau au coin des lèvres sont charmantes, de même que ta petite mèche mouillée, là…

Hum, j’ai déjà vu tôt ce matin que je te faisais de l’effet…

(rires) Oui, ce sont mes érections nocturnes et matinales, je dois être moi aussi déréglé, je fais des rêves étranges très sexués, du coup ça me réveille comme des hallucinations et la nuit et les matins ; puis je sens ton corps comme un fruit défendu, excuse moi… (rires)

Ca va, ça va… Ton sexe me convient « parfaitement », tu le sais bien (sourires)…

Si la caméra reculait légèrement, nous découvririons une élégante silhouette féminine vêtue d’une couche de latex jaune citron jusqu’au cou, seul un triangle orangé épouse le sexe pubien, on devine deux beaux seins et leurs mamelons. Les yeux sont bleus et les cheveux longs d’un blond vénitien. L’homme est habillé pareillement en orange, un étui pénien de taille consistante dérange un peu l’harmonie de l’ensemble, il est porté sur le côté, horizontalement. Il a la peau mate, les yeux noirs et les cheveux courts et bruns. Les deux corps sont splendides, jeunes et très musclés ; ils sont dirons-nous « motivants » et pleins d’ « élan vital ». Pas de « dépression » à l’horizon, semble-t-il.

Tu lui as demandé ce qu’il voulait comme préparation nutritive pour midi ?

Non, il m’a mis en stand-by depuis minuit hier soir, là tu vois à 00h00 et 0 seconde

Hum, c’est un moyen de bloquer les alarmes ça, l’horaire est trop précis ; j’aime pas ça…

Tu crois ?

Oui ! Sonne, on va voir…

…/…

Rien ! Allons-y !

Tu crois ? On n’a pas l’autorisation ?

Non, non, y’a un problème… Rentrons dans sa chambureau…

…/…

Si la caméra reculerait, nous découvririons l’homme et la femme – visiblement des domestiques – cherchant à ouvrir une très large porte ; finalement, en branchant son poignet à une plaque de céramique blanche, l’homme réussit à faire glisser la porte et c’est alors une lumière jaune qui jaillit d’un coup pour éclairer progressivement la grande pièce dans une belle teinte naturelle.

Un homme qu’on qualifierait d’obèse, voire de super-obèse est avachi sur un coussin sustenteur qui lui sert soit de lit, soit de large fauteuil ; là la position bloquée est celle d’un large fauteuil, divers câbles de couleurs variées sont reliés à l’homme, certains derrière la boite crânienne, d’autres aux bras et aux jambes ; un peu de bave sort des lèvres de l’homme qui a les yeux ouverts et le regard fixe. Il semble mort. Divers écrans d’ordinateurs l’entourent en un halo incandescent ; d’autres machines se mettent en route suite à l’éclairage de la pièce. Des écrans surgissant du vide apparaissent un peu partout, des images de films, d’actualités, des musiques se mettent en route. Des sortes de téléphone sonnent en sourdine ou clignotent. Un ordinateur de poche est posé sur le ventre de l’homme obèse, c’est avec lui que ce dernier a réussi à couper toutes les alarmes anti-suicides. A lui seul, il avait pu imiter la chaleur, la respiration, l’humidité d’une personne de 180 kilogrammes.

Notre maître était un génie de l’informatique, n’est-ce-pas ?

Je croyais qu’il était sous sérotonine en permanence ? Comment c’est possible ?

Oui, mais nous on va être débranché ; ou pire on va nous séparer, nous attribuer à d’autres… Je vais te perdre.

…/…

Mon amie, viens un moment, nous allons « faire l’amour » comme ils disent une dernière fois avant que les sécuriteurs arrivent ; tu veux ?

La jeune femme jaune pleurait légèrement, de fausses larmes parfaites s’écoulaient doucement pour mouiller ses joues.

Oui, mon ami, volontiers ; mais, définitivement, je n’aime pas la mort des humains… Mais j’ai peur maintenant de te perdre à tout jamais, mets les orgasmes et plaisirs au maximum, il faut que je me souvienne de toi…

Les deux robots se prirent la main et se dirigèrent lentement et sérieusement vers leur local domestique. Les pièces s’éclairaient à leur passage. Les murs lancèrent un peu de musique. 

 

Moebius

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 09:50

  Roberto Juarroz est un grand de la poésie sud-américaine. Décédé en 1995, tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’un poète d’exception.
Toute sa vie il a publié des recueils de poésie avec le même nom « Poésie verticale », de même les petits poèmes ne portent pas de titre, juste des numéros. C’est une œuvre unique et singulière.
La verticalité est d’abord une chute, chute des corps nous dit Roger Munier.

J’ai manqué tout ou presque tout/ sauf le centre
. Nous dit le poète argentin.



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D’abord,
Peindre des portraits sans modèle.

Ensuite,
Peindre des autoportraits sans modèle.

Peut-être qu’alors on pourra
Peindre le néant sur modèle.  (VI, 79)

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la solitude m’appelle par tous les noms
sauf par le mien.

la solitude m’appelle aussi parfois par ton nom.

Mais il est d’autres fois
Où la solitude m’appelle par son propre nom.

Peut-être un jour
Pourrai-je appeler la solitude par mon nom.
Sûrement, alors,
Il lui faudra me répondre.  (VI, 82)

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 19:51


        Georges Courteline ( C'est en 1881 que Georges Moinaux décide de prendre un pseudonyme. Son choix se porte sur 'Courteline', nom du moineau dans 'Le roman de Renard') est tourangeau, comme moi (bref : un bon gars, :-)). Personnage très en avance sur son temps : fainéant et moitié anarchiste, son père peinait pour lui trouver une place dont il n’était pas renvoyé rapidement.
    Il l’obligea alors à « en prendre pour 5 ans », c’est-à-dire à s’engager dans l’armée. Il lui faudra 14 mois à jouer les fous pour être enfin réformé ! (une sacrée réussite à l’époque !). Son père le fit alors entrer au ministère des Cultes, il trouva le stratagème de payer un collègue à lui pour faire son travail et ce durant 14 ans !
    Un jour, par hasard, on lui demande de boucher un petit trou dans un journal, il ressort une petite saynète qu’il avait rédigée à l’armée : son succès est fait ! Devant tant d’humour et d’invention, tout le monde en redemande ! Bon vivant, grand farceur, il se moquait fort bien du monde petit-bourgeois auquel il n’a jamais voulu appartenir. Quand il eut des petits enfants, il était interdit de dire « Grand-père », mais « Tonton, mon vieux ! ».

        Courteline devient célèbre et les journalistes ne cessent de chercher à l’interviewer, ce qui l’ennuie prodigieusement.  Il fait alors rédiger cet avis :


CABINET DE GEORGES COURTELINE
CENTRALISATION DES INTERVIEWS


Monsieur et cher Confrère,
En réponse à votre lettre du… par laquelle vous voulez bien me demander mon avis à propos de…
J’ai l’honneur de vous informer que je m’en fous complètement.
Dans l’espoir que la présente vous trouvera de même, je vous prie d’agréer, Monsieur et cher Confrère, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.

Pour M. Georges Courteline
Le centralisateur général



    Un extrait de ses pensées et maximes :

- S’il fallait tolérer aux autres tout ce qu’on se permet à soi-même, la vie ne serait plus tenable !
- L’alcool tue lentement. Nous, on s’en fout, on n’est pas pressés !
- Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet.
- Il y a deux sortes de mariage, le mariage blanc et le mariage multicolore. Ce dernier est ainsi appelé parce que chacun des deux conjoints en voit de toutes les couleurs.
- Les femmes sont tellement menteuses qu’on ne peut même pas croire le contraire de ce qu’elles disent.

- Il ne faut jamais gifler un sourd. Il perd la moitié du plaisir. Il sent la gifle mais il ne l'entend pas.

Mieux vaut boire trop de bon vin qu'un petit peu de mauvais.
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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:06
    premiers nylons


Petit garçon, j'accompagnais souvent ma mère pour aller au centre ville y faire des courses. Une large avenue coupait la cité sur des kilomètres, les coureurs de Bordeaux Paris passaient par là chaque année le dimanche matin et toujours je me disais que cette très longue ligne droite devait être pour eux fort démoralisante, même en étant abrités par ces petites motos si pittoresques qui n'existent plus maintenant. Je me rappelle encore ces gros bonhommes tournant nonchalamment leurs jambes sur leur vélo à moteur, protégeant du vent les frêles athlètes qui les suivaient. C'était un temps où les champions sportifs étaient un peu fous et pleins d'orgueil.

    Pour moi c'était bien long l'arrivée en centre ville et de nombreux magasins et boutiques bordaient l'avenue principale. Il y avait le "paradis des enfants", où régulièrement j'achetais un ou deux coureurs cyclistes afin de compléter ma collection. Pas très loin du "paradis des enfants" en face, à l'angle d'une petite placette avec église se trouvait un magasin de chaussettes, bas et collants. Dans la vitrine, de nombreuses jambes de femmes étaient là amputées, isolées ou par deux avec le bassin. Enfant, ces morceaux de corps me traumatisaient. Souvent les jambes étaient à l'envers, le pied tendu en l'air. Sur chacune de ces fines jambes était enfilé un bas, noir ou blanc, soie ou nylon, résille rarement, plutôt des motifs simples ; les collants couleur chair étaient fréquents. Enfant, ces jambes-là m'attiraient déjà bien plus que les photos de sous-vêtements féminins que je pouvais voir dans quelques magazines et je passais régulièrement devant cette boutique jetant un coup d'œil un peu coupable, puis traversant, ravi, l'avenue vers le "paradis des enfants".
    Un jour ma mère entra dans cette boutique avec moi pour acheter des collants classiques couleur chair ; je ne crois pas avoir vu ma mère en mettre d'autres. J'étais là intimidé car dans le magasin, c'était encore mieux : des affiches et photos aux murs et d'autres jambes décoraient l'intérieur. Cela me troublait beaucoup. Ma mère hésitait entre telle ou telle couleur que je trouvais quant à moi très proches, couleur chamois, chair ou saumon, de ces teintes si communes. Nous étions là quand soudain le vendeur - un homme - fit quelque chose dont je me souviens encore aujourd'hui. Subitement il entra sa main dans un collant, écarta les doigts et fit jouer les mailles, tour à tour, il ouvrait puis fermait sa main pour enfin montrer son poing fermé, sa peau recouverte du textile puis se dirigeant vers une fenêtre montrant ainsi la teinte du collant à la lumière du jour. Enfin ma mère se décida et acheta deux paires de collants de la même couleur.

    Aujourd'hui bien longtemps après j'ai encore en moi le souvenir brutal de cette main d'homme pénétrant ce collant, comme une main voleuse ou violeuse caressant la peau de ma mère. Depuis cette histoire, je garde une émotion particulière lorsque j'observe dans les vitrines des jambes féminines gainées, les bas et collants aujourd'hui sont encore plus attirants que ceux d'autrefois ; de même je profite de mes errances dans les rues pour jeter un coup d'œil rapide mais intéressé sur toutes ces jeunes femmes marchant en robe, ou en jupe, robes courtes ou minijupes et qui ont habillé leurs jambes. Toutes textures et toutes couleurs m'intéressent. J'entends presque le bruit de l'acrylique : une espèce de crissement très particulier que je trouve très sensuel et attirant. Ce bruit aussi très singulier que fait une main d'homme caressant et re-caressant des jambes habillées, quel plaisir de passer ses doigts sur ce tissu synthétique, passer juste le haut des doigts comme en effleurant, sentir les ongles qui crochent, les mailles élastiques, c'est pour moi un délice. Et ce fut bien à mon adolescence mes premiers plaisirs érotiques. Et la découverte réelle d'un autre sexe, très différent du mien, ma véritable altérité.

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 21:35

"Et pendant qu'il la regarde, il lui fait un enfant d'âme."

Henri Michaux

Henri-Michaux

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 10:41

en ce jour anniversaire du décès de Léo

(19 ans déjà !)

cette chanson qui marquera à tout jamais mon adolescence et me fit aimer 

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12ans, 12 ans, j'avais 12 ans, dieu que c'est dur !

bises Léo !

 

 

 

ferre-leo

C'EST EXTRA

Une robe de cuir comme un fuseau
Qui aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matelot
Une fille qui tangue un air anglais
C'est extra

Un Moody Blues qui chante la nuit
Comme un satin de blanc marié
Et dans le port de cette nuit
Une fille qui tangue et vient mouiller
C'est extra, c'est extra, c'est extra, c'est extra

Des cheveux qui tombent comme le soir
Et d'la musique en bas des reins
Ce jazz qui jazze dans le noir
Et ce mal qui nous fait du bien
C'est extra.

Des mains qui jouent de l'arc-en-ciel
Sur la guitare de la vie
Et puis ces cris qui montent au ciel
Comme une cigarette qui prie
C'est extra, c'est extra, c'est extra, c'est extra

Ces bas qui tiennent haut perchés
Comme les cordes d'un violon
Et cette chair que vient troubler
L'archet qui coule ma chanson
C'est extra.

Et sous le voile à peine clos
Cette touffe de noir Jésus
Qui ruisselle dans son berceau
Comme un nageur qu'on n'attend plus
C'est extra, c'est extra, c'est extra, c'est extra

Une robe de cuir comme un oubli
Qui aurait du chien sans l'faire exprès
Et dedans comme un matin gris
Une fille qui tangue et qui se tait
C'est extra

Les Moody Blues qui s'en balancent
Cet ampli qui n'veut plus rien dire
Et dans la musique du silence
Une fille qui tangue et vient mourir
C'est extra, c'est extra, c'est extra, c'est extra


 

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 20:13

La chambre seule

 

En hommage à Cesare Pavese

Tunnels inorganiques dans tes cuisses organiques reliés entre eux par d’étranges tamanoirs léchant eux-mêmes tes sucs miellés comme des fourmis blanches

au bout d’un temps l’extase comme un bus strident vissé aux oreilles ; l’architecture elle-même de tes cuisses trouées fait office de galeries pour quelques taupes affamées ; tu es leur mère et tes fourmis blanches grêlées sur tes pâles jambes sont comme des gouttes de sperme.

C’est ainsi que le temps s’écoulait dans les regards de nos égouts communs. Alors devant cette fantasmagorie animalière, les désirs brûlaient comme des bombes incendiaires /

A l’hôtel IRIS aux marches si usées, je montais vers les cieux (en tournant autour de l’axe majeur) (comme des baleines bleues neigeant les nuages disait le poète) de cette chambre abandonnée ; parfois tes cuisses trouées et parfumées ou teintées de soie, de nylon ou très blanches, laine ou peau simple. Parfois la solitude seule ; l’un ou l’autre. Jamais de surprises, d’émotions autres.

Je perdais dans l’isolement un certain désir d’être et la fascination d’en finir régurgitait régulièrement de ma bouche acidifiée.

La chambre solitude celle de Turin ou d’ailleurs. C’est celle où l’homme se referme de l’utérus ultime, celui de la fin ou du refus de naître. La mort viendrait, elle aurait tes yeux ? Non, elle ne vient pas, c’est à moi (à lui) d’y venir, de se « déloger » ; c’est toi qui y vas ; enfin toi et nul autre. Ensuite il faut se décider, on se dit que si l’autre nous est enlevée, alors la ménagerie des corps – plumes, écailles, peau simple – ne perdureront plus. Si le spectacle s’en va, que les cuivres se taisent, clowns assoiffés de malheur ; reste la chambre seule, celle que Van Gogh peigna pour y mourir ensuite dans des draps froids, moites, poisseux vides d’animaux étincelants.
Turin ou ailleurs

Ici c’est Turin

La chambre seule bat en pulsant oreillettes et ventricules donnant la vie à qui veut accepter sa survie. Sinon comment vivre dans si peu d’âme ?

« Je suis seul à tous points de vue » disait l’autre poète

et la solitude devint un objet

ou un lieu

exemple :

cette chambre

seule

de Turin

 

Cesare Pavese

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 10:50


Ce visage ?
Qu’en diriez-vous ?
On me dit (le propriétaire) que c’est un visage de 23 ans pile.
On me dit en outre que ce visage rayonnant donnera naissance dès le lendemain à un enfant bien rond, un nourrisson tout rond.
Vous y croyez, vous ?
D’abord : les fées enfantent-elles ?
Ce n’est pas clair.
Personnellement, je n’ai encore jamais vu de fée en cloque avec cambrure et gros ventre. Je le regrette ceci dit.
Les avis divergent donc.

23 ans. On nous dit 23 ans.
Ah ah ah, je ris !
Cette belle donzelle est tout juste enfantine et donc aux mœurs dissolues, car accoucher à 17 ans, voilà bien le problème pour le tout alentour …

Bon arrêtons le senso latu.
Et revenons à ce visage-là senso strictu.
Bon : perfection de l’ove, de l’ovale. Des yeux étranges trop grands ou au contraire à la bonne taille. Et un teint étonnant, ricanant et rayonnant, émotionnant et fascinant, bref tout en ‘nant’.
Il y a du ‘vrai’ dans ce visage. Pour un peu, on aimerait la gent humaine. On lui ferait confiance.
Mais il y a bien pire : ce visage semble heureux. Aucune suffisance des femmes engrossées dont parle l’ami Jacques. Non au contraire, la joie. Même pas d’inquiétude. Et pourtant et si l’accoucheur était un crapaud ? hein, hein, madame la Fée ?

    Il semble y avoir une complicité avec le photographe. Elle le regarde en souriant nettement. Un paparazzi ? heureux de voir enfin une fée accoucher ? Un étranger, un maladroit ? quelqu’un d’aimé peut-être …le crapaud accoucheur ? Un mari ému, magicien, sans doute.

    La photographie est là et même publiée sur le net avec plein d’ellipses et de mélismes. J’utilise le mot ‘mélisme’ que le visage utilise, comme ça je vais savoir peut-être enfin ce qu’il veut dire, mais bon ça sonne bien et puis c’est musical. Une histoire de rythme, de musique, bref que du bon.
    Donc le plus surprenant : ce visage est heureux. Moi, j'ai plus l'habitude dans mon monde de noirceur.
    A la réflexion, il me fait penser au visage d’une rainette. De ces rainettes qu’on embrasse et qui se transforment en demoiselles accortes.
Anecdote : canicule ici depuis un moment, zéro pluie depuis des semaines. Hier, fort orage, une petite partie de la journée. Le soir je ferme la maison tranquillement, dans un petit couloir, un jouet d’enfant au sol, une grenouille ; la maison étant attaquée régulièrement par deux êtres jeunes vivants à 4 pattes et mâchoires solides pour tout dévorer et casser, je me penche pour ramasser le jouet. Arghh ! il saute en l’air et me provoque une sacrée trouille. Je l’attrape : une belle rainette verte, bien luisante. Mais d’où vient-elle ? Où est-elle née ? Jadis mon vieux professeur de biologie – un être d’un autre temps – disait de beaucoup de choses cellulaires qu’elles apparaissaient « de novo ». J’aime beaucoup cette expression. Donc voilà une rainette « de novo ». Délicatement elle ira dehors avec les hérissons et les crapauds.

    Mais je m’égare encore.

    Non finalement, ce visage est un visage de voyelles, un visage rimbaldien. On changerait les lettres et les couleurs, tout lui irait bien. Ah ! Si j’avais été visagiste, j’aurais pu travailler cette matière-là. C’est un visage découvert, à visage découvert. Il pourrait nous emmener dans des vortex liquides et azurés ? on y découvrirait des silices inconnues bleues ou rouges. Des tourbillons frais.
Mais moi, mon visage vultueux à moi est épouvantable dans la glace. Et puis je n’ai jamais accouché, mais ça c’est une autre histoire…
    Bon continuons : lèvres avec pulpe, volubiles sûrement.
Joues et polissage : un nombre élevé sans doute de Volt au cm2.
C’est une bouche à faire la vole, le grand chelem, à tout gagner.
Salive surette et douce. Je ferai du surf, même ventru, oui du surf ventru, sur ces lèvres-là. Porto et liqueur de melon en sus en rouge à lèvre. Pour agrémenter.
D’ailleurs avez-vous goûté ces nouveaux chewing-gums melon-intérieur mûre ? et bien c’est ça. Enfin j’imagine, je n’ai jamais embrassé encore de fées, juste quelques rainettes, qui ne furent finalement et malheureusement que des rainettes (et encore « de novo »).
Donc je vais remiser par-derrière moi ce visage-là dans la pinacothèque de mes visages préférés. Ce visage très pimpant et calorifère.

Difficile de donner un âge aux fées. Elles vieillissent si doucement avec étrangeté.

Un reste fugitif : sourire des yeux, sourire des lèvres.

Un sourire délicieux en demi-soupir.

Un enfant est donc né dans ce sourire. Un enfant-fée ? « de novo » ? Il est des crapaudières idéales, mais ça - pour une fois - je le savais déjà.

petit délire sur la photographie de l'amie Viviane quand elle était fort jeune. :-)
allez lire ses délicieux textes : voyages en poésie.


 

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:30

« L’échec a même cessé d’être une éventualité littéraire pour devenir synonyme de la littérature en général. »

Sergio Chejfec

 

sergio-chejfec

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 11:35


J’étais dans ces pays argentés l’autiste
Celui qui ne voyait l’étrange étrave de tes cuisses
Ni syntaxes ni conjugaisons ni puissantes rimes
Juste en restait l’amertume de mal comprendre

Ces blanches collines, blanches vallées
Et ces seins que je voulais ensoleillés

J’étais dans ces pays d’argent le bègue
Celui à qui la parole manquait de mots, au rêve fatigué
Où les peaux en haleine en fumées en sueurs
Mal décrivaient ces blanches vallées, collines dépoétisées

Je fuyais tel le petit enfant inquiet
Ton grand corps vertical prêt à enfanter
Attendant que je grandisse
Tes glyphes et symboles à déchiffrer

J’étais l’archéologue éreinté de trop chercher
A travers ta peau nue les films cachés
A verse où la pluie sombre battait

(Le fleuve apaisait le soir où le soleil mouillait
Dans la mer infinie son manteau d’éternité)

J’étais le fossoyeur dans ces pays d’argent
Où je creusais la tombe de cet amour sans cesse renouvelé
Comme un tissu déchiré fatigué
Laissant passer de ton sexe sa lumière étonnée

J’étais dans l’eau jusqu’au cou
Puis la boue, mouvante, dangereuse, erronée
J’étais à ce monde l’éternel insatisfait, cynique
De n’y rien comprendre à tout jamais

J’étais l’analyste dans ces pays argentés,
j’ouvrais grand ton crâne
Dans des labyrinthes colorés de fantasmes
Belle femme, bonne épouse
Fatale femme de l’autre côté
Et cette jouissance qui nous fut enlevée

J’étais la barque remontant ce flux
A la tiédeur du soleil tombé
Et mon bâton poussant les sables éloignait doutes et passé

Un jour j’arrêterai
A ma mort sans doute, avant peut-être
De compliquer ton corps et le mien
De la grande confiance naîtra autre chose que l’amour
Un sentiment différent
Un liant humain comme lien pour ce couple
Des émotions autres raisonnables et sensées
Dans la grande verrière du monde où les dômes éclairés
Nous irons smasher la vie se désembourbant hardiment

(Le fleuve apaisait le soir où le soleil mouillait
Dans la mer infinie son manteau d’éternité)



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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 10:08

Cet Enlisement intériorisé

Est l’échec de mon autocritique

 

est devenu un « autre » nom


une définition idéale : ce serait 20% de moi-même

et pourtant , n'est-ce-pas : « quelqu’un est ici »

 

donc : 

serait-ce un problème d’enracinement ? 

un juste milieu entre moi et moi

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