Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ici :

  • : Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique
  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
  • Contact

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
I-love-reading
livres et lagaffe

Recherche

B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 16:12

George-Oppen

 

D’ETRE EN MULTITUDE (1968)

(traduction Yves di Manno)

(Of Being Numerous)  

---------------

George Oppen 1908-1984, un des pères du fugace courant "objectiviste", victime longtemps du maccarthysme, dut s'exiler au Mexique ; après 25 ans de silence , il se remit à écrire... Et nous livra ce splendide "Of Being Numerous", long poème atypique qui allait influencer quantités de jeunes poètes, il eut le prix Pulitzer pour cette oeuvre... En voici un extrait :

 

 

 

27

 

Difficile à présent de parler poésie ----

 

concernant ceux qui ont admis l’étendue du choix ou ceux qui ont vécu la vie à laquelle leur naissance les destinait ---. Ce n’est pas véritablement une affaire de profondeur, mais d’un autre ordre d’expérience. On doit pouvoir dire ce qui se passe dans une vie, quels choix se sont offerts, ce que représente le monde à nos yeux, ce qui advient en temps voulu, quelle pensée imprègne le cours d’une vie et par conséquent ce qu’est l’art, et l’isolement des choses concrètes

 

Je voudrais parler des pièces et de leurs perspectives, des sous-sols et des murs grossiers portant encore la marque du coffrage, les vieilles traces du bois dans le béton, toute la solitude que nous savons ---

 

et des sols balayés. Quelqu’un, un ouvrier supportant, éprouvant cette dénomination précise comme une paternité honteuse a balayé ce sol solitaire, ce sol profondément caché --- toute la solitude que nous savons.

 

Il ne faut pas croire que l’on ait tant de fils à sa disposition,

Et c’est parfois l’unicité qu’il faut voir ;

Là est le niveau de l’art

Il existe d’autres niveaux

Mais pas d’autre niveau pour l’art


Partager cet article

Repost0
3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 10:10

La sclère trop blanche de ces yeux trop bleus

 comme un océan de mousse

 cela donne un regard de folle ou inadapté

 

sur le sable nos pieds siliceux

ce serait un mois d’adolescence dans les plages verdoyantes

 

toujours perdu de ces corps-là

Perdu sans ma solitude même comme un squelette dans son cercueil

Le reflets des lunes dans de longs cheveux les courbes de la mer bleue apprivoisant mon regard et moi toujours en retard ne comprenant rien

Je n’ai pas osé

Je crois que je finirai ainsi sans rien comprendre, à nouveau sans rien comprendre

 

Ton être amassé comme un coquillage et j’entendrai la mer mugir au violent de ton sexe

Tu es loin, si loin

Je te vois comme un tableau d’une peinture que j’aime mais ne comprends pas

Une brise légère soulève tes pas tu es bulle au-dessus de moi

 

Je ne comprends pas cette solitude innée

Qui fait de moi-même irrité

Comme un mauvais mensonge dans un monde secondaire

vivant semble-t-il et cependant si loin de toute vie

 

elle

Partager cet article

Repost0
22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 19:56

Forêts Touraine

instinct
instinct tel animal

tout près herbu visage de ce faune
qui boitait dans les herbes hautes
j'ai vu le faune saigner et son air attristé, bougueur,
Pan est parti clopinant et maugréant, le monde est trop moderne pour lui,
ne croit plus aux miracles, aux fées
j'avais l'instinct pourtant de comprendre ces petites gens-là
mais non
l'envers (l'enfer) du décor est tel
qu'il reste dans la poésie de la neige que de la neige
rien d'autre (seul et inutilement seul)
les rêves sont donc à refaire , regagner du terrain sur les plages oubliées
refaire le grain, les courbes, les déviants, les extrèmes
et puis tout recommencera au Printemps
c'est ce que j'ai dit à mon ami aux pieds de bouc :

tu verras
la terre est plus forte, tu retrouveras tes tabacs et tes rhums,
tes fées et sylves, dryades
tes diamants et pierreries
tes sacrifices et tes vins rouges
tes amantes et ton désir de vivre
tes manteaux de lierre et tes taxis de lézards
les veines bleutées de ce granit
les cieux couchants après le rhume
et les visages , les visages de ceux que tu aimes : animaux souterrains, insectes gris, abeilles et guêpes jaunes, ces rainettes vertes, cloportes incertains, rossignol rouge, lucane armurier, églantine malicieuse
et les pustules des amis crapauds
le port altier du cerf qui s'arrête et te fixe
les ornières de bonne boue dans les grandes forêts de feuillus
où les hautes fougères font des cachettes pour toi enfant retourné
ce pays des bois, des feuilles saumâtres, des ventres de lièvre, des glands que tu ronges
le beau pelage du renard roux en boule qui t'attend
et puis le peuple du haut, en haut qui sillonnent les hautes branches
et gazouille chacun à sa façon

dans ces grandes allées du bois de Chinon,
sur un large chablis récent
l'enfant détourne son arme ; l'ennemi est là juste derrière lui
il se retourne brutalement et tire, un bruit immense rompt la forêt
l'indien tombe face au sol, son arc pourtant armé, son carquois coloré
rassuré l'enfant remet dans son étui son canon scié à la Joss Randall
de la fumée violette s'échappe du canon en plastique

et puis c'est l'heure du goûter dit une voix familière
alors faune et flore et minéral sont là attendant des miettes de patisserie

tout est infime et petit
mais bien là pour communiquer à l'enfant
le grand esprit de la forêt
les traces au sol à la fois perpétuelles et égarées, certaines et passagères

derrière ce tas de bois, de buches bien taillées
Pan scrute avec avidité les débris des gateaux qui sculpte le sol de feuilles
Quand les grandes personnes seront parties, il viendra partager ce repas avec son ami l'enfant
son esprit est là, retenu dans la fumure des végétaux pourris
dans l'humus gras et sale, il y a toute une vie d'enfer qui se prépare, qui s'active
ça grouille et pour qui veut l'entendre, il l'entend ce bruit des dents et des ventouses
mille milliard de mâchoires préparant le Printemps

Partager cet article

Repost0
13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 17:28

homme et plage

 

Je tente d’écrire

N’est-ce pas

Je serais menteur : je dirais par nécessité

Non, ici c’est plutôt par dilettantisme

Le manque de temps toujours pour se dire « écrivain »

Le talent aussi

Le talent peut se travailler, non le temps qui passe, qui fuit, et le vieillissement accort  (ou non ?)

Ecrire sur quoi ? est la seconde question, le style viendra ensuite

Ici les lilas sont en floraison, je pourrais écrire sur le lilas, rose, ici

Ou de ces teintes qui varient en fonction de l’âge de la fleur : de très violet à rose pâle, magenta presque, améthyste, lie-de-vin, parme, mauve ;  quatre pétales pour un long tube et ses grappes, nid de recherche et de repos pour maints insectes ; je n’aime pas le lilas blanc, son blanc est triste, particulièrement lorsqu’il fane ; alors que le lilas violet ou bleu possède un camaïeu étonnant qui fouille le regard, amplifie les vues ; et bien sûr que dire de ce parfum si enivrant, si gracieux, si douceâtre ; on rêve la courbe gracieuse d’une nuque, vide de cheveux

On peut écrire aussi sur les corps féminins, sur le spleen et sur les spectacles naturels ; ensuite on peut écrire sur soi-même, souvent pour s’apitoyer ; enfin on peut tout simplement – et n’est ce pas mieux ? – ne pas écrire « du tout » ; et ainsi vivre mieux sans doute ; que voulait J. Joyces en écrivant Ulysse ou Finnegans Wake ? Que voulait dire Rimbaud avec son bateau ivre, et Michaux et ses textes indolemment superbes ?

Il faut devenir écrivain d’un coup de fendoir, ou non ; pas d’issue « intermédiaire » ; noir ou blanc, pas de gris

Or je nage depuis la quasi fin de mon enfance dans un gris terne, homogène, un gris sans talent, un état d’âme blanc comme le lilas blanc ; j’aurais voulu être un artiste, et cette possibilité s’évapore lentement ; alors on peut se « rabattre » sur les mots, la grammaire, les phrases…

Et moi dans mon félibrige : juste quelques insectes ou fleurs, quelques animaux colorés, quelques reflets naturels sur des eaux, des feuilles mortes, des galets bien polis ; et dans les fenestrons des vies quelques coups d’éclats en serpette comme des éclairs amis ;

Je dévisage mon monde en retrait et avec dureté : ce chef-d’œuvre inventé qu’il n’y a qu’à biffer d’un trait ;

Dans mon antre, mon abri, j’écris, je suis en dehors de vous, je suis « à côté » où j’ai débruti nos clairières communes ; j’ai ligoté des fagots de nos marais, des espaces de fange limoneuse pour essayer de « vous » « décrire », ou d’expliquer mon monde intérieur

Je suis « réservé » comme un invité

Un invité de vos mondes, mal à l’aise, légèrement ; en retrait encore une fois ; alors j’ai cherché les phrases et les grammaires pour vous partager, vous inclure, faire de vous-mêmes une partie de moi-même ; initier un large puzzle, bref vous aimer

Les mots m’ont-ils servi ? desservi ?

J’ai voulu le poème pour l’immédiateté et pour la fascination des images

Sans doute les proses auraient été mieux, davantage prendre son temps, délibérer davantage

Mais j’aime écrire court, rédiger court et j’aime laisser la part de mystère

Le monde, la vie sont des mystères ; ton corps aussi inconnu de tant de portes ; je suis sûr que l’écriture ne pourra rien, de même que d’autres arts pour résoudre ces parts d’ombre

 

Suis-je une esquisse d’homme et mes mots des mots esquissés ? Suis-je réel dans un monde réel ?

Je vous écris là, en sourdine, attendant vos sourires et vos acquiescements, non vos acquittements voulais-je écrire. 

 

homme et plage

Partager cet article

Repost0
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 13:39

oiseaux

graines

chat

chat4

chat2

chat3

Partager cet article

Repost0
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 20:12

Lilas

Chez moi, les 3-4 lilas sont en fleurs, c'est merveille pour les naseaux, mais les fleurs invitent quantité de colocataires, en voici deux assez exceptionnels surtout le premier :

Sphinx-colibri3

Sphinx-colibri2

on parle de "queue de carpe"

Sphinx-colibri

Sphinx-colibri4

Ce magnifique papillon est assez rare à voir, car il vole très vite : c'est un des plus rapides, pas loin de 50 Km/h s'il le souhaite, son vol est stationnaire comme un "colibri", et il déroule sa trompe pour aller butiner le coeur des fleurs (nectar uniquement). Il y a plusieurs variétés de sphinx en France, certains sont devenus "diurnes", c'est ainsi qu'il est aisé de les voir ; ils sont attirés par les fleurs violettes comme la scabieuse, le lilas ou l'arbre à papillons...

Les miens sont je pense, des Sphinx bombyliformes, (Hemaris tityus ou Sphinx bourdon) à cause de la couleur noire du bord des ailes et non des sphinx moro ou des sphinx gazé, les deux autres espèces qu'on peut voir la journée...

à noter : le N° 86 de la Hulotte consacré à ces Sphinx-colibri (excellent comme d'habitude) / "La Hulotte" : le journal le plus lu dans les terriers !...

---------------------

Et ça , c'est quoi ? Un bourdon ? Il va très vite aussi...

Bombyle2

Bombyle5

Et non c'est une mouche !!! Et oui un Diptère, très rapide, mais qui fait souvent du sur-place...Il a une trompe bien droite et sacrément longue !

Bombyle3

Bombyle4

et là au repos sur une légumineuse; on distingue bien les colorations rondes et noires sur les ailes de l'espèce "bicolore" (Bombylius discolor) - et sa trompe est jaune de nectar et de pollen

Bombyle

--------------------------

ces deux insectes sont bien beaux et surprenants dans leur vol, mais mes lilas sont aussi couverts d'abeilles, d'araignées, et de divers papillons... et aussi cette cétoine très poilue (Tropinota hirta) :

cétoine-poilu2

cétoine-poilues

la même en train de décoller, ras le bol de cet objectif photo !

cétoine poilue

------------------------

plein d'un petit monde vivant et actif

abeille

araignée

papillons2

papillons3

papillons4

Partager cet article

Repost0
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 08:24

Gu-ChengCe qui m'a le plus tôt rendu sensible à la poésie ? Une goutte de pluie.

 Sur le chemin que j'empruntais pour aller à l'école se trouvait un pin stupa qui restait de glace chaque fois que je passais devant lui.

 Un jour, après la pluie sans doute, le monde était frais et pur. Le pin stupa se mit soudain à étinceler, couvert de gouttes de pluie brillantes accrochées aux branches et aux aiguilles ; je m'oubliais moi-même. Je vis que chaque goutte d'eau renfermait d'innombrables arcs-en-ciel en mouvement, un magnifique ciel bleu ; dans chacune le monde et moi-même.

 J'apprenais qu'une minuscule goutte de pluie peut contenir l'univers, et tout purifier. Ce monde qui brillait dans une goutte de pluie se révélait plus pur, plus beau que celui dont nous dépendons pour vivre. 

 La poésie, c'est une goutte de pluie scintillante sur l'arbre de l'idéal.

Gu Cheng

(traduction du chinois par Annie Curien, 1981. in Europe, juin 1987, n°698/699)

Partager cet article

Repost0
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 09:47

« Je pense qu’il faut mettre au point une technique qui permette de vivre et d’être satisfait de sa vie. Il faut vraiment faire un effort pour apprendre à ne pas se faire tout le temps du mauvais sang. Les gens que j’admire le plus sont ceux qui prennent la vie comme une bonne blague. Je n’y arrive pas. Je n’ai pas assez d’humour pour un tel tour de passe-passe. »

Ingmar Bergman

(en lisant le très démoralisant : scènes de la vie conjugale)

 ingmar bergman

Partager cet article

Repost0
15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 11:31

chiens-féraux

 

  Quatrième de couverture : 
1980, Nord du Chili, sous la dictature de Pinochet. Les terres arides du désert d'Atacama ne sont ensemencées que par les fosses communes du régime. Rocio, ancienne étudiante en médecine, a suivi son mari, Carlos, lieutenant de police, affecté à la réserve de Huara où il n'y a rien à faire et trop à méditer. Carlos consigne son ennui, ses doutes et ses inquiétudes concernant l'état psychologique de sa femme. Car Rocio, elle, n'est pas seule. A la différence des autres "Blancs", elle voit les villageois andins qui fuient leur présence comme une malédiction ; elle voit les chiens retournés à l'état sauvage rôder, craintifs et affamés, autour de la déliquescence morale des oppresseurs ; et surtout elle entend ces voix d'enfants qui l'habitent, comme le remords de son ventre infécond, comme le cri vengeur d'un peuple et d'un lieu martyrisés.


"Chiens féraux", le premier roman de Felipe Becerra Calderon, a reçu au Chili le prestigieux prix Roberto Bolano en 2006. 


 Dans ce roman surréaliste et polyphonique, Calderon explore les effets de la folie et de la solitude sur deux êtres ordinaires qui ont la particularité d'appartenir au camp des bourreaux. Il nous offre un texte dense, où la langue se fait schizophrène pour chanter la contagion du mal.

 

---------------------------

 

«On ne peut pas continuer comme ça, maman, on ne peut pas. Il fait si froid, ici, dans l'ombre, dans ce tourbillon noir. Et ce sifflement persistant, comme une douleur, maman chérie. Laisse-nous leur raconter ton histoire, laisse-nous nous délivrer de tout ce fardeau, s'il te plaît, on ne fera de mal à personne. On ne peut pas continuer comme ça. Les amis veulent connaître ton histoire. Leur confier ce qui t'est arrivé ne te fera aucun tort. Et nous, on sera soulagés. Tu vas voir, maman chérie, on ne pleurera plus, on ne va plus te griffer, la nuit, on ne cognera plus sur ta tête pour que tu t'ouvres de part en part. Tu vas voir, on sera bien sages. Allez. Laisse-nous leur raconter ta vie,… »

 

C'est ainsi que commence ce chef d'oeuvre, écrit par un jeune homme de 19-20 ans...

ou comment les chiens féraux (c'est à dire les bourreaux chiliens, ces hommes civilisés redevenus sauvages ; mais pourquoi pas non plus les victimes, elles aussi rendues au rang animal...) arrivent à perturber deux "honnêtes" personnes "civilisées" (mais qui sont du côté "paisible" du mal : une femme intelligente Rocio, traumatisée jadis par une histoire de têtes coupées à l'Université de médecine où elle était étudiante, et qui entend des voix d’enfants ; remords de tous ces silences face aux monstruosités de la junte militaire et son mari Carlos qui seul dans son désert chilien attend lui aussi le boomerang de ces propres cauchemars :

de la magie des indiens indigènes qui ne connaissent pas même le drapeau du Chili et ne participent pas à la fête nationale qu'organise Carlos pour se "réconcilier", aux techniques d'hypnose utilisées pour la torture, aux enfants que cette femme stérile (elle tombera enceinte à le fin du livre mais cela est présenté plus comme une mort que comme une naissance) n'aura jamais et qui viennent l'inquiéter par leurs babillages incessants , aux peurs de l'officier de police qui ne comprend plus rien à ce nuage noir qui se déforme et vient vers lui – en qui à la fin il reconnaîtra un enfant tenant un chien menaçant en laisse / un très sombre roman hypnotique, schizophrène, écrit avec une ardeur et une violence rares / on passe du court au début au long des derniers chapitres : il faut se laisser porter par les derniers paragraphes totalement surréalistes lorsque tous les morts momifiés, enterrés vivants et les chiens féraux et les cristaux des rêves et les étoiles et les remords forment un mélange poétique où le lecteur avide de sensations fortes aimera à se perdre...

frenchpeterpan

------------------------

 

Féral, ce mot quelque peu inusité,  signifie revenu à l’état sauvage pour un animal domestique. Chiens féraux, Bagual en sa traduction hispanique, est le premier roman du chilien Felippe Becerra Calderon. Des chiens qui peuplent un horizon désertique du Chili dans lequel  Carlos et sa femme Rocio vivent. Mais sont ils vraiment  aussi réels que l’ombre de la culpabilité?

Rocio est intelligente, ancienne étudiante en médecine traumatisée, Rocio est en couple avec Carlos, policier envoyé dans cette province désertique du Chili, un village où tout n’est que poussière.  Rocio et Carlos tourbillonnent dans leur histoire, celle de leur pays, sans que rien ne se passe pour les entrainer d’un bord ou de l’autre. Vont-ils ensemble sombrer dans la folie que leurs hallucinations respectives sous-entendent ? C’est la voix d’abord de leurs enfants à venir qui va nous conter cette descente dans l’indicible.  C’est la voix de ce futur qui sera débarrassé de la dictature de Pinochet mais qui a cette sensation de vivre dans l’ombre du secret, dans les pas de l’horreur, dans ses racines que l’on ne peut raconter. C’est la voix de l’enfance de ceux qui sont nés du côté des bourreaux.

Ce roman qui fut prix Bolano  n’est pas une narration simple. Les voix s’entrechoquent : d’abord celle des enfants futurs, puis celle de Carlos qui écrit l’ennui, l’apathie sur son carnet, puis toutes celles qui existent dans la tête des protagonistes. Il n’y a pas vraiment de péripéties, juste la suggestion des actes, ceux qui ont entrainé dans le silence les charniers de Pinochet. C’est donc un roman politique sur la barbarie, la folie.  Un roman qui entre réalisme fantasque et folie permet à Calderon d’imposer un style digne de ses grands anciens ( Bolano, Arias … ). Un roman en forme d’interrogation : peut on s’isoler au point de ne pas voir les dangers de la meute ? doit on s y inclure pour survivre ? doit on devenir un chien féral pour être épargné ou est on un chien féral pour être un bourreau ? Dans une construction de voix aussi labyrinthiques que fantastiques, Calderon crée un rythme hypnotique qui nous emmène jusqu’aux confins de l’esprit avec cette volonté de «  laver les corps », ce désir de rédemption chevillé à la mémoire.

Chronique rédigée par Abeline 

texte volé ICI

 

Coup de coeur de la FNAC :
Merveilleux... Une révélation littéraire et une écriture au dela de la modernité... Un huis clos intense dans un Chili de sable.Solitude, hallucinations, voix intimes... Un livre qui brasse les univers profonds de la fragilité de l'esprit."

Magazine ARTPRESS n° septembre 2011 (Olivier Renault)
"L'ensemble est d'un baroque onirique, mâtiné de science-fiction, mêlant les registres d'écriture. Un roman sonore : tout bruisse, tinte, chuchote, chante, crie. L'ouïe est la clé. "Car ma génération n'a pas vécu la dictature, elle l'a seulement entendue. (...) Nous sommes entrés par ouï-dire dans cette histoire", précise l'auteur dans sa préface. Troublant écho sonore de l'horreur. On en sort en méditant."

Partager cet article

Repost0
14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:37

    Ami d’Eluard et de Tzara, l’écrivain hongrois Gyula Illyès - auteur entre autres de la « Vie de Sándor Petöfi » - fut aussi un immense poète très présent à l’histoire, enraciné dans son peuple et ses misères.



A travers les ruelles souillées



En courant, j’atteignis la porte,
Sur mon front et sur ma poitrine,
Les perçant de gouttes alertes,
La terreur soudain s’installa.
J’inspectai le ciel et le rauque
Aboiement des armes, tout comme
Le pas pressé de mes comparses,
Martelait mon cœur. Des étoiles
Brillaient bien au-dessus de moi.

Temps lointains, temps d’après l’orage
Largement enrichis d’ozone,
Vous dont je crois à la venue,
Gardez-nous en votre mémoire
Hommes et filles d’un bonheur
Futur, nous qui nous faufilions
A travers les ruelles souillées,
Dans la dispersion et la crainte,
Tendant une main hésitante
Pleine d’amour à la recherche
D’un chaleureux embrasement
Pour qu’en naissent vos âmes fortes.

Partager cet article

Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 20:26

carottes

 

Au bout d’un moment, à force de se chercher soi-même, on tend vers l’isolement et l’égarement…

Et l’ « autre » est perçu comme secondaire ou accessoire ; voire un étranger, un maladroit, un incapable, un gêneur, ou encore un "mal nécessaire"…

A force de développement personnel, on en oublie l’autre,

A la fin ne restera de soi qu’un petit noyau malsain, très dur et incassable ; certes on se connaîtra mieux (quoique…), mais on aura oublier (mis partiellement de côté) tous les autres,

Se "connaître mieux" : sincèrement : à quoi bon ?

Tournons nous définitivement vers les autres ou plutôt vers l’autre qui est pluriel et multitude d’étoiles, de blasons,

Je suis contre les livres de développement personnel : n’en achetez pas !

Tournez vous vers les autres et vous vous connaîtrez mieux

Et vous vivrez mieux

Certes, non, l’enfer n’est pas les autres ; l’enfer c’est soi-même,

 

solidarité

Partager cet article

Repost0
4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 06:58

baudelaire   



    Même si je préfère Rimbaud, Mallarmé ou Verlaine, force est de reconnaître que Baudelaire est aussi un très grand ; Claudel disait qu'il était "le plus grand poète du XIXième siècle.", et Rimbaud : "Le premier Voyant, roi des poètes, un vrai Dieu.".  Il est certain qu'il fut le premier des poètes dits "modernes" et a façonné une oeuvre prodigieusement originale ; il y a chez Baudelaire un mélange étonnant de classicisme et d'imagination qui le rend unique.
   
    Voici un poème que j'aimais beaucoup jadis du grand poète de la lumière noire. Il peut faire penser au tableau "Aspasie" de Delacroix (vers 1824-1826), tableau que le peintre garda précieusement chez lui, dans son atelier, et n'exposa jamais. Delacroix très sensible aux charmes de ses modèles, eut très vraisemblablement cette femme noire comme maitresse. C'était aussi le commencement de portraits de femmes "de couleur". Cette toile est sans doute une des toutes premières.
   
En peignant Aspasie, « Delacroix bouleverse la notion de l’idéal féminin alors que la beauté sombre est à l’époque un thème uniquement littéraire ». Hugh Honour.

" Ainsi ce tableau exprime l’idée chère au Romantisme de vouloir se perdre dans l’étranger : l’idée du rêve, de voyages exotiques à travers une nouvelle image de la féminité, abandonnée aux charmes de la sensualité. Delacroix : voici le Portrait d’Aspasie, cette jeune mûlatresse, lippue, sauvage, sensuelle, fut la maîtresse du peintre : c’est sans doute un des premiers vrais portraits d’une femme de couleur (1824). " Musée Fabre, Montpellier.


--------------------------------------------------------------------------



LES BIJOUX


La très chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient plus câlin que les anges du Mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe ;

- Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !


 

Aspasie, Delacroix"Aspasie", Delacroix, vers 1824, Musée Fabre, Montpellier

Partager cet article

Repost0
2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 15:56

la terre

au sol

au sol la terre chaude vérifiée de mes doigts

 

vérifiée de mes doigts la terre présente

argile et glaise, colle

 

la terre me tient droit

Partager cet article

Repost0
1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 10:16

o hara-frank

 

Du café instantané avec de la crème un peu aigre

dedans, et un coup de fil à l'au-delà

qui semble toujours aussi lointain.

"Ah papa, je veux rester ivre des jours et des jours"

de la poésie d'un nouvel ami

ma vie tenue précairement entre les mains

voyantes des autres, leurs et mes impossibilités.

Est-ce cela l'amour, maintenant que le premier amour

est enfin mort, alors qu'il n'y avait nulle impossibilité ?

 

Frank O'Hara : poèmes déjeuner

 

lunch poems

 

poèmes déjeuner

Partager cet article

Repost0
29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 17:02

    « L’arrangement » (1967) d’Elia Kazan est un sacré livre ! De ce livre-là Nicolas Bouvier disait « qu’il avait mis une semaine pour s’en remettre », était-il donc possible de vivre autre chose, de changer, de vivre une autre vie ? Notre vie entière ne serait-elle qu’une simple imposture ?

40 ans après, ce livre n’a rien perdu de sa force.




« Il a fallu que sa voiture se déporte et se jette contre un camion pour qu'Eddy Anderson, meurtri mais indemne, prenne le temps de s'interroger sur sa façon de vivre. Cet accident n'a-t-il pas été, au fond, une tentative de suicide ? Mais quelles raisons aurait-il de se tuer ? Aucune apparemment, puisqu'il est nanti d'une belle situation (dans une agence de publicité), marié à une femme charmante (Florence) et possesseur d'une maison avec piscine et pelouse (dans le quartier chic de Los Angeles). A ce bilan officiel de prospérité s'ajoutent les conquêtes sur lesquelles Florence a le bon goût de fermer les yeux.

En somme, un arrangement agréable dont soudain Eddy ne parvient plus à se contenter. Est-ce parce qu'il a dû rompre avec Gwen qui est si bien son type ou parce que ces masques l'étouffent ? Dans un sursaut d'énergie, il décide de repartir à zéro sans épouse ni fortune ni emploi, mais aussi sans masque et sans contrainte. Cela n'a rien de facile et c'est ce qui fait de cette histoire nourrie de réalité une œuvre forte et fascinante qui a connu un immense succès aux Etats-Unis.

En 1969 Elia Kazan réalise un film à partir de son livre Avec Kirk Douglas , Faye Dunaway , Deborah Kerr , Richard Boone. »


Tout va bien donc dans la vie d’Eddie Anderson, publicitaire de renom, jusqu’au jour où « une main invisible » tourne le volant de son cabriolet de sport qui vient s’encastrer sous un camion. Suite à cet accident Eddie change et profondément. Changer de vie ? est-ce possible ? Quitter femme officielle et fortune ? repartir de zéro ? Au début la vie est simple : idéale, non ? un métier stable et beaucoup d’argent, une épouse « parfaite », une maîtresse idéale, une belle pelouse, une grande piscine, trois voitures etc.

Mais est-ce là l’imposture ? « changer de vie » pour s’aimer à nouveau soi-même ? A 44 ans c’est le moment ou jamais. Gwen, sa maîtresse « rajeunissante » ne lui dit-elle pas : « Vous auriez pu être ce que vous auriez pu être ? » et aussi : (en vert : extraits du livre)
« Si tu veux la vérité, Eddie, je crois que tu ne peux pas t’arracher à ton existence ; tu es trop enfoncé. »

    « Laissez-moi vous présenter les choses une dernière fois, dans les termes les plus simples. Personne ne peut vivre absolument comme il le désire. Nous payons tous quelque chose, en temps perdu et en dégout de soi-même, pour payer le loyer et l’épicerie. C’est un compromis que nous faisons avec la société, qui en elle-même n’est qu’un compromis, vous comprenez ? en somme, voilà ce qui se passe : je renonce à une portion de mon âme, vous me donnez du pain. Nous tous, à un degré ou à un autre, feignons d’aimer ce que nous détestons. En général, nous le faisons pendant si longtemps que nous oublions que nous le détestons. Mais en dépit de tout, c’est une civilisation comme les autres . Non ? Dites-moi. »

    En pleine crise existentielle, Eddie rejoint subitement cette frontière entre réalité et imaginaire, entre raison et folie. Kazan nous dit :
« je suppose que c’est un des plaisirs de la vie. Cette frontière mouvante.

Une frontière entre quoi et quoi ?
Entre le rêve et la réalité, la raison et la folie. Le territoire qui les sépare est très étroit et mouvant. »


    Eddie oscille entre deux personnes, la conventionnelle pleine d’esbroufe et de faux et la vraie. La vraie mettra à la fin du livre le feu à la maison de son enfance, là où sa mère a souffert, là où son père échoua.
« j’étais de nouveau amoureux de la vie » dira-t-il ensuite.

    Il repartira de zéro avec cette Gwen qui lui donnait tant de force ; mais en fin de compte aura-t-il réussi ? Tous ces sacrifices auront été vains ? cette recherche de son moi profond, cette volonté de s’aimer davantage et mieux, d’être plus respectable ? Force est de voir que les dernières lignes du roman donnent plutôt une impression à nouveau d’échec : (il possède avec Gwen et l’oncle de celle-ci un petit magasin) :


« En fait, sans l’avoir voulu, j’étais devenu un bon citoyen, conscient et organisé. …/…
Dans l’ensemble, nous n’avons pas une vie aventureuse et ça m’inquiète un peu ; par exemple, le fait que pour tout le monde je sois un homme de confiance. Je ne sais pas trop si c’est une bonne chose. Je continue à me considérer comme un rebelle. Mais Gwen elle-même pense que je suis…eh bien un bourgeois. …/…
Ai-je réalisé mes ambitions ? Quelles ambitions ? J’ai du mal à me les rappeler. J’espère que c’est parce que je suis satisfait de la vie. Je continue d’écrire tous les matins. Mais je me demande par exemple où est passé mon désir de quitter le pays ? …/…
Cependant il m’arrive de m’inquiéter. Est-ce donc pour aboutir à ça que j’ai vécu tout ce drame, tout ce renoncement…pour cette vie et ces travaux quotidiens et faciles, pour cette petite aisance au jour le jour ? »

    Ce livre est bien sûr fortement autobiographique, quand il parle de son père et de sa difficulté à « s’intégrer » en tant qu’immigrant grec. Il y parle bien sûr de ses frustrations familiales, de ses fantasmes sexuels. Mais on ressent surtout une profonde sincérité dans cette histoire. On sent aussi bien sûr le désarroi et le remords de Kazan. Sa culpabilité, son conflit intérieur :

    " En 1952, Elia Kazan témoigne devant la Commission des activités anti-américaines, livre les noms de collègues communistes et fait un serment d'allégeance patriotique. Les traces de cette trahison marqueront désormais son oeuvre, tout en lui donnant une ambiguïté, une complexité qu'elle ne possédait pas jusque-là, celle d'un homme à la recherche de lui-même et de ses racines, explorant ses doutes et ses conflits intérieurs._
" L'Arrangement est une réflexion fiévreuse sur les compromissions de la vie, l'ambiguïté de la réussite, où l'autobiographie se masque à peine. " Jean-Loup Passek



    Le film est réellement excellent avec un Kirk Douglas (initialement Marlon Brendo devait jouer le rôle) très inspiré et une Faye Dunaway touchante ; le film est moderne et présente un patchwork étonnant de trouvailles (zooms excessifs, cartoon, flashs backs perpétuels etc…) On n’est qu’en 1969. On a dit que c’était le film le plus « personnel » de Kazan. Un film-somme.
   
    Mais le livre lui est bien plus supérieur, le style d’écriture de Kazan est très simple mais efficace ; certains effets de style sont puissants (les répétitions) tout en restant sobres. Bref un réel chef-d'oeuvre et un livre très troublant qui pose des questions essentielles sur ce que devrait ou pourrait être "notre" vie.

Partager cet article

Repost0

Pages