Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ici :

  • : Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique
  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
  • Contact

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
I-love-reading
livres et lagaffe

Recherche

B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 22:08

" Ah ! Si je savais dire comment je sais penser ! Mais il était écrit là-haut que j'aurais les choses dans ma tête et que je ne trouverais pas les mots. "

Denis Diderot

Diderot

Partager cet article

Repost0
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 11:31
«L'absurdité est surtout le divorce de l'homme et du monde.»




    « L’étranger » date de 1942.  Il fait partie de la trilogie dite de « l’absurde ».
Camus n’a alors que 28 ans. « L’étranger » est pour lui « le point zéro ». (in Carnets II p.31)

    La lecture de ce court roman laisse une impression ambigüe ; on est surpris par l’indifférence du héros (voir plus bas), du coup le ressentiment général à la fin de la lecture est étonnant : qu’ais-je lu, quel est donc cet étrange héros où réellement peu de gens pourrait se reconnaitre. Est-il insensible ? Meursault voit (et vit) un autre monde inconnu pour nous, mais un monde où le mensonge n’existe pas. Un monde sensuel cependant, où les jupes d’une femme, le soleil et la nature donnent raison de vivre.

    On connait tous les premières phrases du roman :

    « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J'ai reçu un télégramme de l'asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C'était peut-être hier. »

(Tout ce qui est en bleu est de Camus, tout ce qui est en rouge a été glané sur le web)



    Les éditions Frémeaux & Associés ont eu la très bonne idée de récupérer la lecture faite par l’auteur en 1954 pour la radio de l’époque (ORTF). J’ai acheté ce petit coffret (Label : FREMEAUX & ASSOCIES ; voir « la Librairie sonore »)(Livret de Roger Grenier). Très agréable déjà d’entendre la voix de Camus. Même essentiel tant cet écrivain m’apparait aujourd’hui encore comme le chef de file d’une littérature d’exception que j’aimerais lire davantage.
    La lecture / diction de Camus est étonnante, au début on est un peu « déçu » par cette voix légèrement nasillarde un peu trop plate, impersonnelle (comme les acteurs de Robert Bresson) (on n'oublie pas cependant que jadis, jeune Camus fit du théâtre) et par la vitesse excessive (à mon humble avis) de la diction ; mais au fil du récit, la voix de l’auteur s’impose avec clarté et justesse et la fin est superbe et passionnée (le discours avec l’aumônier !).

    « S’en suit un procès où chacun de ses gestes, de ses actions avant le meurtre devient plus important aux yeux de la cour que le meurtre en lui-même. Meursault assiste, impuissant et passif, au jugement de son « insensibilité ». Ce que la cour définit comme de l’indifférence, Meursault l’explique simplement par cette phrase « (…) j’avais une nature telle que mes besoins physiques dérangeaient souvent mes sentiments ». La lecture par Camus transcende ces mots, et toute la chaleur, la langueur, la lenteur du texte transpire au long de ces trois disques. Cependant à la fin du roman, lorsqu’un aumônier tente de le convaincre de s’en remettre à Dieu pour sauver son âme, la voix de Camus devient tout à coup passionnée : l’enregistrement s’achève alors dans une tourmente à laquelle l’auditeur n’était pas préparé. Un disque indispensable à tout passionné de Camus. »

Arno GUILLOU (OEIL ÉLECTRIQUE)

    Il est vrai qu'une telle lecture s'accorde à l'insensibilité de Meursault et au style du récit, dans lequel Roland Barthes voyait une "parole transparente", un "style de l'absence."»

    « Le roman met en scène un personnage-narrateur, Meursault, vivant en "Algérie française", celui-ci reçoit un télégramme lui annonçant que sa mère vient de mourir. Il se rend à l’asile de vieillards et assiste aux funérailles sans prendre l'attitude de circonstance que l'on attend d'un fils endeuillé, ce qui le desservira cruellement plus tard. Le narrateur est un modeste employé de bureau, à Alger, qui décrit son existence journalière et médiocre, limitée au déroulement mécanique de gestes quotidiens et à la quête instinctive de sensations élémentaires. Il vit dans une sorte de torpeur, une étrange indifférence : au moment d'agir, il note d'ordinaire qu'on peut faire l'un ou l'autre et que « ça lui est égal ». Il représente l'homme avant la prise de conscience de l'absurde, mais déjà préparé à cet éveil lucide : sans illusion sur les valeurs consacrées, il se comporte comme si la vie n'avait pas de sens. L'effet produit sur le lecteur par une telle narration, objective et déprimante, est cet écœurement, qui selon Camus, est une bonne chose, car il nous conduit au sentiment de l'absurde. »

    Tout le texte est construit avec le passé composé ce qui donne à l’ensemble un côté « rapport de police » ou « aveu » certain. On est tous coupable, nous disait-on déjà dans « La chute ».
    Camus a un style de narration où il aime à se montrer comme témoin, chroniqueur. La peste, la chute et l’étranger sont ainsi.



    « Plus tard, il rencontre un voisin de palier qui l'invite à la plage. Ce dernier est souteneur et s'est montré brutal avec sa maîtresse mauresque ; il craint des représailles. Sur la plage, ils croisent deux hommes dont l'un est le frère de la jeune femme. Une bagarre éclate. Peu de temps après, Meursault, accablé par la chaleur et la lumière, marche seul sur la plage et rencontre à nouveau l'un des hommes près d'une source de fraîcheur. L’Arabe - qui restera anonyme - sort son couteau ; Meursault serre le revolver que Raymond lui a prêté. Abruti par la chaleur et la luminosité agressive de l'après-midi, ébloui par le reflet du soleil sur le couteau, Meursault tire une fois, tuant l’Arabe. Puis, quatre fois de plus, comme pour mettre fin à une existence heureuse. Ensuite il refuse de mentir à son procès et se montre tel qu’il est et sera condamné à mort. »


    J’aimerais bien voir le film qu’en a tiré Visconti avec Mastroianni dans le rôle principal, mais il est apparemment inexistant en DVD. Camus de son vivant avait refusé toutes les adaptations cinématographiques.

     « "Dans notre société tout homme qui ne pleure pas à l'enterrement de sa mère risque d'être condamné à mort." Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu'il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société ou il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c'est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. [...] ...On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L'Étranger l'histoire d'un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Meursault pour moi n'est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Il m'est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j'avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l'ai dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l'affection un peu ironique qu'un artiste a le droit d'éprouver à l'égard des personnages de sa création. »   A. Camus


    Dans L’Etranger, Camus nous raconte l’histoire d’un homme qui erre dans la marge de la société dans laquelle il vit. Un homme « nu » et qui se tient seul face à un monde absurde. Un homme qui refuse de « jouer le jeu » de la société et « qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité », selon les propres termes de Camus.


    Meursault, un personnage apathique et indifférent ?

Meursault, le personnage narrateur, se présente comme un homme d’une apathie et d’une indifférence déconcertantes. Son caractère apathique est apparent dans sa propension à fournir le moins possible d’efforts dans la vie. Quand il ne voit pas Marie, il passe son dimanche à dormir ; il n’éprouve même pas le besoin de descendre de chez loi pour aller acheter du pain. Cette apathie est manifeste également dans son comportement au bureau, avec ses collègues et notamment vis-à-vis de son patron. Quand ce dernier lui propose une occasion d’évoluer (un poste à Paris), Meursault répond qu’un poste n’en vaut pas un autre et que « cela lui est égal ».

« Cela m’est égal », « cela ne veut rien dire ». Deux formules qui constituent le leitmotiv de l’indifférence de Meursault à l’égard des êtres et des valeurs. A l’égard de la société à laquelle il ne s’identifie pas. Meursault est indifférent vis-à-vis des autres personnages, ses semblables (quoiqu’il ne leur ressemble point). Il ne cherche aucunement à nouer des relations avec eux et, par conséquent, il ne nous dit pas long sur eux. Quand le vieux Salamano lui conte son histoire avec son chien, ou quand son autre voisin de palier, Raymond, lui propose d’être son ami, il écoute, il acquiesce, pourtant pour lui « cela ne veut rien dire ». Enfin, quand Marie lui propose le mariage, union et communion sacrées, il accepte juste parce qu’elle le lui demande. Sinon, avec Marie ou avec une autre femme, « cela lui est égal ».

Meursault est également indifférent vis-à-vis des valeurs. Je l'ai dit à propos du mariage. Mais il est aussi indifférent vis-à-vis de la mort (celle de sa mère en est l’exemple parlant), de l’amitié (ses relation avec ses voisins de palier, notamment avec Raymond) et finalement de la justice. En effet, Meursault est indifférent vis-à-vis de son procès qui ne lui ressemble pas, comme tout le reste. Son avocat s’est substitué à lui et dit « je » à chaque fois qu’il parle de son client. Ce dernier pense que cela signifie « l’écarter plus de son procès, le réduire à zéro ». Il se sent alors « loin de cette salle » et court après des fragments de souvenirs pour retrouver le soleil éclatant et « le rire et les robes de Marie ».


    Si Meursault est indifférent à tout et à tous, il est pourtant réceptif

    Je l'ai expliqué ci-haut, Meursault est un personnage apathique et indifférent. Cependant, c’est un homme réceptif. S’il est impassible vis-à-vis de tout ce qui puisse lui rappeler les Hommes, il ne reste pourtant pas insensible à la chaleur et à la lumière du soleil et au rire, notamment celui de Marie (« Elle a ri… elle a ri encore » / « Elle a ri de telle façon que je l’ai embrassée »). Meursault est très sensible aux éléments du cosmos : la mer, le sable, l’eau, le ciel bleu mais surtout à la chaleur et à la lumière du soleil. Ces mêmes éléments, ce même soleil qui symbolise la fatalité conspirera au meurtre et, subséquemment, à la mise à mort de Meursault. Ne répond-il pas au président de la cour lorsqu’il l’interroge sur le motif du crime que « c’était à cause du soleil » ?

Somme toute, Meursault est un homme qui a fait l’expérience de l’absurde qui l'a mené au rejet des valeurs de la société. Cette même société qui le condamnera à mort non pour le crime qu’il a commis, mais pour son refus du mensonge ; pour son refus de l’hypocrisie sociale. Dans une attitude quelque peu messianique, nous semble-t-il, Camus conclut une entrevue à propos de L’Etranger en adoptant ces termes : « J’ai figuré dans Meursault le seul christ que nous méritons ». Naturellement, il ne s’agit pas du Christ le prophète, mais du christ l’homme qui a subi la Passion pour sa cause. Meursault a subi sa propre « Passion » pour sa propre cause : la vérité.



    « Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français... »

<< Meursault est un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d'ombres. Loin qu'il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l'anime, la passion de l'absolu et de la vérité. Il existe comme, une pierre ou la mer ou le vent, sous le soleil, qui, eux, ne mentent jamais. >>

A. Camus (préface de l'édition américaine)


    “Il y a des conduites qui valent mieux que d’autres. Je cherche le raisonnement qui permettra de les justifier… » (interview de Camus par Gaétan Picon, in « le littéraire » 10-08-1946)


    « Le monde où vit M. Camus est une vaste prison, sur laquelle pèsent d’éternelles menaces. La nature elle-même a mauvaise conscience. Baudelaire écrivait : « homme libre toujours tu chériras la mer. » M. Camus écrit : « seule la me, au bout du damier terne des maisons, témoignait de ce qu’il y a d’inquiétant et de jamais reposé dans le monde. » dans les descriptions qu’il a faites des choses et des êtres, M. Camus, en homme qui ne veut que l’étrange ou l’absurde et par voie de conséquence refuse le  comique, se place au-delà de l’ironie. D’un obstiné qui consacre ses journées entières à faire passer inutilement des pois d’une marmite dans une autre, il dit : « A en croire sa femme, il avait donné très jeune des signes de sa vocation. » Le mot « vocation » a été placé là sans sourire et n’invite pas au sourire. sur le plan où se place M. Camus, la vocation de transvaser sans raison des petits pois en vaut une autre. Il propose de voir un héros dans le fonctionnaire qui passe ses nuits à  corriger l’unique phrase de son « roman », oui, un héros car cette forme d’héroïsme-là, elle aussi, en vaut une autre… Pour lui, une lumière grise égale se pose impartialement sur toutes choses. Nous sommes dans un monde sans joie, un monde de pierre, fatal et absurde. »               Marcel Thiébaut.

Partager cet article

Repost0
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 21:52


mes yeux brouillards bombent les vitres

où les pluies-larmes lentes rousses roulent
pour ruissellent semblables sur ton corps
corps-plume et ton pubis éclaire en mille sens

Partager cet article

Repost0
9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 22:38

« Autour d’eux, la ville nocturne s’écoulait comme un courant marin coloré par des protozoaires luminescents. » H.M.

 

1Q84-livre3

  Voilà, la boucle est bouclée. Et pour ce roman, l’expression est « on ne peut plus juste ».

  Fin du gros pavé, ce 1Q84, dernier roman d’un de mes écrivains préférés Haruki Murakami.

  Je ne parlerai pas du prix exorbitant (ben si finalement j’en parle) proposé par son éditeur français, soit la somme de 69,50 €. Le livre est cher en France et cette triplette ne déroge pas à la règle. Bref, fermons cette parenthèse qui n’est pas tout-à-fait à l’honneur de l’édition française (d’autant plus que c’est un éditeur qui a ma sympathie), mais le business est le business comme on dit généralement, n’est-ce pas ? Il est vrai qu’avoir dans ses rangs un écrivain pressenti maintes fois pour le prix Nobel et « malgré cela » vendant ses livres à foison « à la Marc Levy » n’est pas commun.

  Voilà l’histoire étonnante de Tengo et Aomamé est terminée ; le roman est réussi bien sûr et est tout-à-fait « murakamien ». Tous les thèmes du maître sont là : tant dans l’histoire « fantastique » avec ces deux mondes « parallèles » que dans l’écriture du romancier japonais : prendre son temps, utiliser les descriptions comme des choses essentielles, majeures, en « faire trop » quasiment. Prendre son temps (et se perdre en chemin, ou plutôt disgresser…), c’est bien le terme à utiliser et c’est ainsi que ce qui pourrait être des nouvelles comme « Les amants du spoutnik » ou « Le passage de la nuit » deviennent des romans.

  Les deux lunes sont longtemps les seuls aspects du fantastique du « quotidien » de 1Q84 - à part bien sûr les little people et les chrysalides - ; l’autre fantastique pourrait être les mains serrées des deux protagonistes, une fois enfants à 10 ans et la seconde fois, 20 ans après. Comme un réajustement. Un étirement du temps. L'enfance est importante chez Murakami, ou l'adolescence - ce qui est somme toute - fort proche. 

  Tous les livres de Murakami sont d’ailleurs à mes lectures des « réajustements » entre un quotidien banal, la vie d’individus pour la plupart sans histoire, des situations de tous les jours ET ce qu’il y a à voir « derrière », les fameux mondes parallèles, peut-être des mondes oniriques où la psychanalyse aurait sa place, des mondes proches des nôtres mais où certaines règles sont différentes avec souvent des passerelles ou des canaux entre ces mondes. Ces terres parallèles viennent d’elles-mêmes et ne se révèlent pas à tous, les héros murakamiens sont des privilégiés ou des victimes, c’est selon.

  Tous les livres de Murakami ont cette poésie-là. Une distanciation et une forme de renoncement nostalgique.

  1Q89 ne déroge pas à la règle, l’univers est profondément murakamien, l’écrivain décrit avec un luxe étonnant les mondes qu’il a inventés ; il « prend son temps », comme il aime à courir ses marathons. Parfois cela va très loin comme ce triple livre, des fois on se dit « quand même » qu’il aurait pu raccourcir certaines scènes, certaines descriptions, mais au final il reste toujours la même chose : le sentiment d’avoir lu un grand livre et d’y avoir pris un grand plaisir. Et de fermer le dernier tome avec une forme de nostalgie, ou de malaise typique de cet auteur. Ce n'est certes pas le meilleur roman, ni le plus ambitieux de l'auteur, sans doute un peu trop "commercial" (même si ce terme ne veut rien dire pour un tel écrivain), mais encore une fois le plaisir du lecteur est là, et c'est somme toute le but, non ? 

  Maintenant comme le dit Haruki Murakami lui-même, il va falloir attendre patiemment que le « réservoir » se remplisse et, quand il débordera, il se remettra à écrire ; j’espère – quant à moi- que cela ne sera pas trop tardif – j’ai peur cependant, vu le travail qu’a dû représenter ce livre et le succès ahurissant qu’il a reçu, que l’écrivain ne se repose quelque temps et mette du temps à oublier les deux lunes, la grosse jaune et la petite verte et rabougrie. 


1q84 1q84

Partager cet article

Repost0
4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 13:00

Sur tes sueurs en corps, j’aurais moi aussi tempêté et rêvé si fort

tes suints, tes ors
aux collines aimées que tu prêtais aux hommes aimables aux paysages encombrés
Ces frissons de doigts, j’aurais rêvé là où tes bas blancs à ton sexe parlaient
Sous chaque toit, les mains d’hommes perlaient, se défaisant, te diamantant

Tes jambes furent alors mes Loire à moi à boire
Tes fumées Tes innocences Tes moires

Tes bas clairs faisaient comme feuilles au vol
Un mot d’ombrage dans les fragments d’ombres
Les soirs à l’heure des repos
On souhaitait épousseter ces taches scintillantes sur tes jambes à clé
Les ombres les ombres que lançaient tes sexes désirés, des clairs-obscurs
de cinéma noir et blanc, des traces de main, mais là tes bas blancs
et humant ton sexe blanc comme une grande marguerite

je bus donc au creux de ces deux bas blancs, un lait blanc comme une aube claire, dans une forêt sombre où l’eau coule dans ma bouche
grand plaisir sage des assoiffés d'été

Tu lançais tes jambes comme des tiges électriques
Comme deux sexes supplémentaires sous tes jupes claires
Les hommes rêvaient  de te posséder, mains posées aux élastiques
Cela ferait rivière sous ta robe calmement claire
Rouge ce jour comme un feu et ambre
Attirail sexué comme tu tournes et danses

Quand tu tournes et danses
Au creux de ces chemins-là
C’étaient des promesses de l’enfance
Les jambes de ma mère
dont je rêvais enfant
Des traverses embaumées par les lilas
Des sourires aux mains tendues intenses

Et puis comme l’or fane
Un soir, la musique manque
Et les courts silences pavanent
Quand de toi tout manque

J’ai dans mes souvenances
Tes deux jambes blanches
A leur jonction la stance
Que scandaient tes hanches

 

Valadon La femme aux bas blancsfemme-aux-bas-blancs-Courbet

"la femme aux bas blancs"

Valadon 1924 et Courbet 1861

Partager cet article

Repost0
28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:32

cinema-us-soir

 

Un instant

trop perçu

sur ce grain / cette image

ai cru voir

ai cru percevoir

distance encore distance

la distance est grande encore entre moi et moi même

c’est une souffrance cette séparation

cette moitié d'orange

cette brisure post-enfance

ces deux mondes

quelques étoffes vacillantes

dans le coup de vent du soir

l’air froid irrite les naseaux

je passe et repasse mes vies en arrière

et devant je ne veux pas voir

le monde chaud des morts attendant

que je vienne

 

cinema-us-soir

Partager cet article

Repost0
25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 11:29

un très bon cru pour ce numéro de Mars :

lire-mars2012 - l'éditorial souvent sympathique de François Busnel sur le choc qu'il a eu en lisant le dernier roman de Chloé Delaume

- la chronique de frédéric Beigbeder souvent amusante, ici sur la mise au piédestal des écrivains - comme people ou célébrités - alors que plus personne "ne lit" leurs oeuvres...

- le choix des libraires toujours plus intéressant que celui de la FNAC

- une critique intéressante du dernier livre audio de Michel Onfray : faut-il brûler l'art contemporain ? A être trop (bon) pédagogue, le philosophe en oublie parfois l'essentiel...

- le 100% de 5 critiques qui ont tous aimé "à la folie" "Désolation" de R. Panh, témoignage terrifiant d'un survivant du génocide perpétué par les Khmers rouges. 

- l'excellente chronique de Tristan Savin sur des écrits retrouvés de Nicolas Bouvier (un de mes maîtres), ces derniers parlant de son séjour en Indonésie en 1970 ; pays que je connais bien puisque mon frère y vit depuis 30 ans / Quel plaisir d'avoir donc à lire les écrits d'un de mes auteurs préférés à propos d'un pays que j'aime beaucoup (et pour le pays et pour ses habitants)

- l'univers d'un écrivain : toujours intéressant d'aller voir l'intérieur de celui qui écrit, voir son bureau, ce qu'il a punaisé aux murs, l'ambiance, ce mois-ci un grand puisqu'il s'agit de Daniel Pennac

- le spécial JAPON (invité d'honneur du prochain salon du livre) : les écrivains japonais avec ceux d'Amérique du Nord sont ceux que je lis le plus ; donc chronique très attirante, mes deux écrivains prégérés y sont : le fantasque Haruki Murakami et l'inquiétante  Yôko Ogawa et tous les autres sont là, avec en prime le début du nouveau Kawabata et la bibliothèque "idéale" où je retrouve tous les livres que j'ai aimés, même si je n'aurai pas choisi Kafka sur le rivage pour représenter H. Murakami.

- de beaux articles sur les romans français : "les séparées", "en vieillissant les hommes pleurent" et "le rêve de l'homme lucide" dont j'ai parlé ici même sont de bien beaux récits

- romans étrangers : idem

- enfin un entretien très passionnant avec Patrick Chamoiseau, un grand lui aussi, "Je suis devenu écrivain pour survivre au fait que je ne pouvais pas exprimer à l'oral ce qui m'était demandé." = quoi dire d'autre ? 

- on termine par la chronique de Gérard Oberlé toujours charmante et désopilante ; cette fois ci il nous souhaite paix, amour et téquila...

BONNES  LECTURES

Partager cet article

Repost0
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 18:01

Ben-Gazzara

Ben ,

Un jour je vous vis et tombai amoureux de votre sourire

Et puis je regardai les films de notre ami commun John Cassavetes, et l’autre rigolo à vos côtés le Peter Falk, bref un trio d’amitié profonde dans lequel j’aurais souhaité faire le quatrième

Je me souviens d’une partie de basket qui dure une plombe dans Husbands

En ces temps-là on savait filmer, on savait prendre son temps, qui filmerait ainsi aujourd’hui !?

trio

Et puis dans ce film de Bogdanovich

Où vous suiviez une femme

Là encore vous aviez un sourire plein de charme, celle que son mari faisait suivre finalement tomba amoureux de celui censé la surveiller

Vous aimiez les femmes et là aussi un de vos plus beaux rôles fut dans meurtre d’un bookmaker chinois, vous étiez à l’aise parmi toutes ces belles femmes de votre cabaret

Vous aviez l’élégance des grands

Le plus sourire de tout le cinéma américain et vous fûtes fidèle à vos amis pour préférer le cinéma indépendant aux grosses sirènes d’Hollywood

Aujourd’hui je pleure votre mort

Vous étiez le dernier du trio, vous sembliez éternel

Même ces derniers temps malgré la maladie, vous possédiez encore ce sourire majestueux

Cher ami

J’espère bientôt vous retrouver

Et avec Peter et John on refera une partie de basket

Parce qu’à quatre c’est plus équilibré

Je pleure votre sourire et je vais essayer de l’imiter au mieux

Tchao mon ami

Ben-Gazzara2

Partager cet article

Repost0
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 16:55

Lettre à un jeune poète (extrait)



Une seule chose est nécessaire: la solitude.
La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir.
Être seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elle font.
S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays.
Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'évènements auxquels vous pouvez prendre part.
Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.

in Lettres à un jeune poète, Gallimard


rainer maria rilke

 

---------------------------------

 

Rilke-rose

Partager cet article

Repost0
5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 17:04

Front posé vitre

de glace

inerte la vie ainsi

posée où la vie fuit

inachevée

construite - déconstruite tous les jours

musique vaine - symphonie en silence

Joue monotone

collée froid carreau

en retrait

   mots instables - mobilier routinier

Si peu pour l'espoir

Si peu au creux des paumes

mains tendues de mes aimées ont reculé mes suicides

 

Décalqués sur elles mes dégoûts

reste : effrayante effroyable solitude du dedans

 

Front posé sur vitre

neige au loin

vitre de glace vie glacée

 

funeste retrait au monde

incomplétude sereine

 

Front posé à la vitre

peau glacée

neige prête près

vie glacée froide vitre

 

cristal-de-glace

Partager cet article

Repost0
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 18:37

" Ne me laissez pas seul parmi des personnes pleines de certitudes parce que c'est terrible."

Antonio Tabucchi

antonio tabucchi

Partager cet article

Repost0
29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 11:22

    Simon Vouet (1590-1649), encouragé par son père, brille par ses dessins ; il sera portraitiste très jeune, dès 14 ans, il est invité en Angleterre à ce titre et voyagera très jeune dans toute l’Europe.

    Sa peinture très baroque et très académique plait ou ne plait pas (mélange de baroque italien et de classicisme français), il est reconnu pour avoir utilisé des couleurs vives dans ses allégories et ses peintures religieuses (très influencé par la peinture italienne de l’époque).
   
    Il sera nommé premier peintre du Roi (Louis XIII). Trop bien payé par le Roi, il accepta alors commande sur commande, la qualité disparut un moment, églises et châteaux se remplirent d’oeuvres du peintre.

    Par contre ses dessins me plaisent beaucoup et en particulier j’ai eu le coup de foudre pour ce pastel sur papier de sa fille Angélique (musée du Louvre) portant une colombe symbole de pureté.
    (Le département des Arts Graphiques vient de bénéficier, en 2006, d'une importante dation de quatre pastels, trois de Simon Vouet et un de Louis XIII qui fut l'élève du peintre, comme le raconte Félibien : « Sa Majesté voulut que Vouet lui apprît à dessiner et à peindre de cette manière [le pastel] afin de pouvoir se divertir à faire les portraits de ses plus familiers courtisans ».) Louis XIII était lui aussi grâce à Simon Vouet un habile portraitiste.

Simon Vouet, pastel vers 1635, portrait d'Angélique, sa fille


Partager cet article

Repost0
26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 22:19

le-reve-de-l'homme-lucide

 

 

J’aurais donc loupé ma vie. Moi aussi.

Outre le fait que dans l’année de mes cinquante-cinq ans, je ne possède toujours pas de Rolex, la lecture du dernier livre de Philippe Ségur « Le rêve de l’homme lucide » a remis les points sur les « i » de cette chose bizarre qu’est la vie et la construction-déconstruction de sa propre vie. Je veux parler de sa vie interne, de son langage intérieur, de son moi profond et non pas de soi aux yeux des autres. Ni de la vie sociale ou sociétale, mais bien de la face interne de soi-même.

Lui quitte sa famille, mais outre son métier d’universitaire, il lui reste ses dons d’écrivain (même si, ici aussi il y a double lecture du personnage) ; quant à moi que me resterait-il ? Mes aptitudes de mauvais poète ? Si l’on retire le métier « officiel », il doit rester une (ou plus encore) passion nourricière ; sinon la vie n’est plus ludique, mais vide immense.

Lisons ce qu’écrit Simon Perse le personnage autobiographique du dernier roman de Philippe Ségur :

« Dans un instant, j’aurai la parole. Moi aussi je montrerai que je sais m’emmerder avec des problèmes sans valeur et sans joie, et emmerder les autres en les leur expliquant et combien il est important de bien s’emmerder dans la vie pour la sentir passer. Car, au-delà d’un certain âge, celui des grandes découvertes, de l’entrée dans la vie professionnelle, du mariage, de l’achat de la maison, de la naissance des enfants, des deux trois collections qu’autorise le début d’aisance financière, c’est la grande leçon à tirer de l’existence, qu’elle fasse de vous une huître de téléviseur, une béquille de caddie ou une extension de votre téléphone portable, qu’elle est fondamentalement emmerdante et qu’à défaut de pouvoir demeurer un joyeux gamin irresponsable qui s’esclaffe deux cents fois par jour, il est indispensable d’avoir quelque chose à quoi s’accrocher, une télécommande, une barre de chariot, une coque de téléphone, pour vous donner à l’extérieur l’illusion que quelque  chose en vous bouge encore. »

Qu’y voyons-nous ? A part nous-mêmes ? Comme un large miroir sans complaisance. Dans cette société de consommation et de solitude extrême. La consommation comme seul exutoire, comme seule destination de voyage. Hagard, le consommateur arpente sa vie à la recherche d’une nouvelle de chaussures exotique ou d’un chandail qui fleurerait bon les embruns un caddie à la main. C’est « sa » sortie de la semaine, et cela le « détend ». Une illusion de vie. « On va le dimanche se balader dans les magasins de Plan de Campagne. » disent les enfants de Marseille Nord  à leurs professeurs des écoles, médusés.

Dans l’idéalisation, on se balade, notre cerveau en connivence. Pour être heureux et vivant, en tant que mâle, j’idéalise le corps des femmes (Philippe Ségur fait de même), l’importance de la littérature, la recherche d’autrui comme ami. In fine, je me retrouve comme une huître retirée du ruisseau. Plein d’idées en tête, mais aucune réalisation tangible, « sérieuse ».

Tel le Dr Zennegger, on me dira : « c’est quoi une réalisation « tangible » ou « sérieuse »? Comme Simon Perse, j’hésiterai à répondre. Les mots sont trop forts, on peut s’y perdre.

Pourtant chacun a conscience de cette non-vie ; mais l’accepter provoquerait suicides collectifs ou révolutions stériles, sans finalité. Un gain sans doute, mais une énergie très fatigante, voire même – allons soyons fou ! – ennuyeuse.

Bref la lecture du dernier livre de Philippe Ségur n’est pas sans risque ; la précédente où il relatait un voyage en Albanie ne l’était pas non plus, car derrière un humour ravageur, se cachait notre désespoir à tous, celui d’être seul et inutile et « entre autres » qui plus est. Même en voyageant, même en se déplaçant loin, à la fois dans son espace intérieur et dans le vide du monde étrange. Philippe Ségur continue son imaginaire et ses mondes parallèles ; le monde réel est toujours plus soft et moins dangereux que les mondes d’à côté. Mais ces derniers existent forcément, et notre humanité nous donne envie de les rechercher, et les découvrir, voire les aimer et les désirer… Bravo, l’écrivain !

Partager cet article

Repost0
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 06:29



Late fragment



And did you get what
You wanted from this life, even so ?
I did
And what did you want ?
To call myself beloved, to fell myself
Beloved on the earth.

( Et quand bien même,
as-tu obtenu ce que tu voulais de cette vie ?
Oui.
Et que voulais-tu ?
Pouvoir me dire aimé, me sentir
Aimé sur la terre. )

Partager cet article

Repost0
24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 09:57

il y a dans le temps

J’avance


Mes pas imprimés

comme
Un ralenti
Du temps qui passe ou passerait
Presque le souffle d’arrêt d' un tapis roulant

naturellement

où je serais promu immobile
Puis les mondes minéral végétal  animal devant moi défilent

J'observe le monde normal transmettre devant moi

silencieusement

en grande quiétude
Parce que c’est ainsi que

c'est ainsi que
C’est ainsi qu’en moi-même
J’avancerai  moi aussi

 

vraisemblablement

Partager cet article

Repost0

Pages