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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

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Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
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" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 09:20

«La force de ceux qui aiment apaise même les tourments, la tendresse des femmes recèle tant de puissance.» I. F. Annenski




    Le poète symboliste russe Innokenti Fedorovitch ANNENSKI est mort brutalement d’une crise cardiaque à 54 ans en 1909. Son influence demeure encore en son pays très importante, il n’y fut cependant réellement (re)découvert que dans les années 50-60. On le loua pour sa modernité et son originalité, il est, dit on au premier rang de la poésie moderne russe.  Riche érudit (il connaissait une quinzaine de langues), il enseignait la philologie et les langues classiques. De son vivant, ne parut qu’un seul recueil en 1904 ; ses autres livres eurent peu d’échos (traductions, tragédies, articles, essais…). En 1910 paraît « le coffret de cyprès », puis en 1912 « Poèmes posthumes », ces 3 recueils suffiront pour sa notoriété. Il fut aussi un grand traducteur : Mallarmé, Baudelaire, Euripide…

    Longtemps, cet homme demeura une énigme par sa pudeur, son effacement, sa solitude amère, son isolement et par sa vie semble-il fort trop banale ; c’est seulement bien après sa mort que l’on apprit sa souffrance secrète, il fut très amoureux de la femme de son beau-fils, amour partagé, jamais réalisé, sacrifié. Une seule rencontre aux jardins où ils se prirent les mains seulement, ce jour devint le poème « en Mars », puis plus jamais sa vie n’entra dans ses vers… Force d’âme surprenante, grande honnêteté, drame personnel, solitude en embâcle que ses amis et proches ne comprenaient pas. Il s’éloigna des mouvements littéraires du moment pour rester seul dans ses vers. Sa poésie est cependant complexe, un rare poète russe du subconscient. On le surnomma « le Mallarmé russe ».

« Tel est le grand paradoxe du destin poétique d’Annenski : il fut en même temps précurseur et maître, au sens le plus élevé du mot, de tous les plus grands poètes de ce siècle et cependant on peut dire aussi que personne ne marcha dans ses pas ; il alla si loin que tous les chemins poétiques apparurent parallèles au sien. Mais il était et resta unique. Jusqu’à ce jour, il n’y a personne à qui le comparer. » Natacha Strijevskaïa.

« On peut dire qu’Annenski partit sur la route de Rimbaud plus loin que tous les poètes russes. Ses vers sont le résultat de tourment, de nostalgie de « cette beauté cachée là-bas quelque part », tourment de « l’idéal », dernière et unique chance non pas de l’exprimer mais de tenter de l’atteindre, dernière chance de coïncider avec la vie, insaisissable dans sa réalité ; ce n’est pas l’ennui ou le dégoût de l’existence qui meuvent sa plume, mais une recherche frénétique, comme celle de la pierre philosophale, d’un point d’appui pour l’âme, l’incapacité de se tromper soi-même, ni de se résigner à l’apparence de la vie terrestre. » Natacha Strijevskaïa

Anciennement disponible en France (car épuisé à ce jour) : « Trèfles et autres poèmes » dans l’excellente collection « Orphée » / Editions La Différence. 1993, édition bilingue.

Les « trèfles » sont des sortes de triptyques,  la lecture attentive permet de relier ces 3 folioles entre elles.

-------------------------

 

TREFLE DE LA TENTATION


1. PAVOTS   

Radieux, le jour brille… parmi les herbes endormies
Flambent partout taches de pavots – comme une impuissance avide
Comme des lèvres pleines de tentation, de poison,
Comme ailes ouvertes de papillons vermeils.

Radieux, le jour brille…Le jardin reste vide et sourd :
Longtemps qu’il en finit avec festin et tentation –
Secs comme tête de vieilles, les pavots sont
Du haut du ciel, illuminés par l’ostensoir brillant.

2. L’ARCHET ET LES CORDES

Quel sombre et lourd délire !
Hauteurs combien troubles-lunaires !
Toucher la viole des années durant, et
A la lumière, ne pas reconnaitre ses cordes !

Qui a besoin de nous ? Qui illumina
Ces deux faces jaunes ; deux, tristes…
L’archer soudain sentit
Quelqu’un les prendre, les réunir…

« Dans les ténèbres depuis quand !
Dis seulement es-tu la même, même ? »
- Sonnant, la viole le câlinait
Et le caressant, palpitait…

« Nous ne nous quitterons plus jamais
N’est-ce pas ? Dis-moi que c’est fini… »
« Oui » - redisait la viole
Mais elle souffrait en son cœur.

L’archet a tout compris, s’est tu,
Dans la viole, le son vibrait toujours…
Et ce qui leur était supplice
Etait musique pour autrui.

Jusqu’à l’aube nul ne souffla
Les bougies… Chantait la viole…
Seul le matin les a trouvés
Sur le velours noir de leur couche.

3. EN MARS

Oublié ce rossignol dans les branches odorantes
Mais non le matin d’amour !
Ni le sein flambant noir de la terre ressuscitée
Sous les feuilles toujours mortes !

Demi-vêtue des lambeaux de sa chemise de neige
Elle ne connut le désir qu’une fois,
Une fois seulement, plus que de vin encore,
Mars l’enivra !

Une fois seulement nous n’avons su lever
Nos yeux de la terre gonflée… Une fois seulement,
Avons tressé nos mains froides, tremblants, le jardin aussitôt quitté
Cette fois… Cette fois seulement…

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:54

" L'amour est la forme la plus exquise de l'inconfort de vivre. "

Frédéric Schiffter

frederic-schiffter


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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 20:43

repas-de-vendanges

Repas de vendanges du peintre André Verger


pour souhaiter à mes 200 lecteurs quotidiens (ce chiffre me surprend toujours vu le nombre de commentaires)

une bien excellente année 2012

j'avais hâte que 2011 se termine, c'est enfin fait, j'espère que la nouvelle année apportera plein de bonnes choses à vous tous et toutes

N'oubliez pas les 4 choses les plus importantes dans la vie, indispensables... (ce n'est pas moi qui le dis, mais je ne sais plus quel psychologue célèbre...)

- manger et boire

- dormir

- avoir des émotions

- avoir une bonne libido

Donc pour 2012 , je vous souhaite de faire l'amour le plus souvent possible, de bonnes nuits profondes et calines riches de rêves étranges, des repas riches et variés, gouteux, liquoreux et plein d'émotions devant des paysages, des oeuvres d'art, des films, des écrits, des enfants, des sourires d'êtres humains etc / bref / bonne vie !

signé : frenchpeterpan

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 11:49

clipart objets 160

 

La TVA sur les livres va passer de 5,5% à 7% demain.

Pour tous les grands circuits de distribution, ce n’est pas un problème ; pour le libraire indépendant, si.

Le syndicat de la librairie française (SLF) avait déjà mentionné dès octobre le danger de cette augmentation.

La rentabilité de ce type de commerce (librairie indépendante) est faible : estimée en moyenne à 0,3% du CA . Si tout le stock de livres doit passer à 7¨%, ceci va faire baisser la valeur du stock de 1,5%, et le bénéfice sera tout juste alors de 0,2% !

Une majorité de libraires pourrait de plus pouvoir tenir et déposer le bilan.

Le marché (CA des libraires indépendants) est en net déclin : - 5,4% entre 2003 et 2010 avec un net décrochage en 2009 et 2010. Ceci est dû :

à la force d’internet (11% du marché en 2010)

à la « migration » vers les temples de la consommation : hypermarchés et grandes surfaces culturelles ont gagné 7 points du marché entre 2000 et 2010.

La mainmise du commerce sous enseigne : outre les grandes surfaces culturelles (FNAC, Virgin…), au sein même de la librairie avec les réseaux de dimension nationale (Gibert, Chapitre…) ou régionale (Decitre, Furet du Nord…)

L’émergence récente du livre numérique : insignifiant en 2008, représente plus de 1% du CA des éditeurs actuellement ; de par son caratère dématérialisé il pourrait constituer une menace à moyen terme (comme le téléchargement de musique sur les ventes de disques et la disparition des disquaires)

Ainsi l’absence de croissance va gêner considérablement le libraire indépendant, les dépenses d’exploitation augmentant de 2-3% chaque année. (en particulier hausse des loyers commerciaux en centre ville et envolée du coût des transports, idem pour les frais de personnel).

Bref, il est urgent d’acheter vos livres exclusivement chez les petits libraires !

Sinon bientôt c’est à Carrefour, Leclerc ou dans les halls de gare que vous les achèterez et il n’y aura personne pour vous conseiller. 

 

(article fortement inspiré et pour une bonne part recopié d'après l'article de Nasser Negrouche "Menaces sur les librairies indépendantes" dans CGA Contact n°87 nov-déc 2011)


Livre

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 13:34

" Je rêve. Parfois, je pense que c'est la seule chose à faire. "

Haruki Murakami

haruki-Murakami

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 11:53

Joyeux-Noel

J'espère que Papy Noël a été généreux avec vous tous

et que vos foies ont bien supporté les excès de la veille

 

bonne suite à tous

et bonne dernière semaine de l'année

- frenchpeterpan -

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 07:45

 


mon-sang.mp3
 

 

 

 

Mon sang

 

 

Le bouillon de mon sang dans lequel je patauge

Est mon chantre, ma laine, mes femmes.

Il est sans croûte. Il s'enchante, il s'épand.

Il m'emplit de vitres, de granits, de tessons.

Il me déchire. Je vis dans les éclats.


Dans la toux, dans l'atroce, dans la transe.

Il construit mes châteaux,

Dans des toiles, dans des trames, dans des taches.

Il les illumine.

 

 

Henri Michaux (Un certain Plume, 1930)

 

henri-michaux

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 15:19
« Si tu ne désensables pas ta vie chaque jour… » H.T.


Thomas
    Henri Thomas (1912-1993) est un grand poète, trop peu connu malheureusement (Grand prix de poésie de l'Académie française. Prix Supervielle etc...) ; mais il fut aussi un écrivain de génie mille fois récompensé (il fut l’élève d’Alain et l’ami de Gide), un très grand traducteur également (« les falaises de marbre » de Jünger, en particulier, c’est lui) il mourut un peu dans une certaine indifférence. Prix Médicis en 1960 pour l’étonnant John Perkins, il reçoit l’année suivante le prix Femina pour un autre éblouissant roman : « Le promontoire ». Eblouissant, mais aussi déconcertant, et sur le fond et sur la forme.  La 4ième de couverture indique un peu le propos.

4ième de couverture :

« S’il existe parmi nous des hommes, des femmes, pour qui la vie et la mort ne sont pas ce qu’elles sont pour nous, des êtres à qui manque, si l’on veut, notre sens de la mort et de la vie, ou qui possèdent un autre sens, tout aussi peu définissable que le nôtre, sinon que là où nous ressentons menace, vertige, négation, ils sont aussi loin de nous qu’un arbre ou qu’une pierre, qu’adviendra-t-il à celui qui, n’étant pas entièrement comme ceux-là, ne peut ni les fuir s’il les rencontre, ni les rejoindre tout à fait dans leur tranquillité sans nom ? L’homme qui dit je dans le Promontoire tombe en ce qui pourrait sembler un piège infernal, si tout n’était si simple, si élémentaire à la fin. Rien qui ne s’explique, rien qu’un berger ivrogne ne puisse raconter sans faute, et à travers tout cela, évidente comme le soleil sur la mer, la vision d’un monde qui nous libère, - qui nous libère de nous-mêmes. »


le promontoire
extraits :

 Je n'ai jamais rien deviné, pas davantage ce qui menace, que ce qui est favorable. Peut-être même n'ai-je jamais rien compris dans les situations de la vie.

 Je suis quelqu'un à qui il arrive quelque chose qu'il ne comprend pas. C'est le cas de tout le monde quand les gens meurent, et bien souvent dans la vie. C'est le cas de tout le monde, et personne ne le dit, comme si personne ne le savait.



    Il s'agit dans "Le promontoire" de la lente mais ineroxable déconstruction du narrateur ; au contact d'une vie qui n'est pas la sienne, de gens qui ne sont pas comme lui, dans ce village glacial qui à la fin se remplira de morts ; il y a dans les diverses tentatives du narrateur pour devenir comme "ceux-là" que des échecs, que des repliements, que des retours sur soi, mais dans un état de renaissance foetale, proche de la mort. Ce livre se lit d'un coup tellement il est inquiétant ; on en saisit cependant des brides car nous y réfléchissons, mais nous sommes comme le narrateur : perdu et déconcerté dans le froid de ce village méditérranéen et dans la difficulté d'être humain, ou de paraître humain. Le narrateur est écrivain, décide de rester malgré l'air glacial "pour écrire", renvoie femme et fille, puis tente de s'identifier. Et puis la mer - comme souvent chez Thomas - est là, omniprésente, jamais calme, jamais camarade mais plutôt camarde et grise et froide. Et le promontoire, lui, très noir. Est-ce que la création est si proche de la mort ou de la folie ? C'est ce que semble nous dire Henri Thomas.     ML



Interview d'Henri Thomas :

thomas-henri

Un roman ça commence par le bruit d'une porte qui s'ouvre ou qui se ferme. Il ne doit pas y avoir d'exposition. C'est pour Balzac les expositions. Je débute par le geste d'un personnage, un geste qui me surprend. L'important, surtout c'est la scène capitale, le centre invisible qui attire l'esprit quand il s'éloigne. Même dans ce qui n'est pas un roman comme la Joie de cette vie. Le centre, c'est l'hôtel abandonné. Je vivais dans un hôtel qui allait fermer. J'étais le dernier client. L'automne finissait, il y avait une tempête et j'étais seul. Je me disais que je trouverais là des idées qui seraient mon secret. Mais je ne les ai pas trouvées./ Ça donnera peut-être un roman ?/ Non, ce n'est guère possible. C'était une idée trop bizarre sur l'instant. Le monde se réduit pour nous à un instant, à ce que nous en percevons. Le mot allemand Augenblick me paraît plus expressif : le temps d'un coup d'œil. » Puis ceci, plus loin : « Baudelaire pense que la fin du monde a eu lieu mais que nous ne nous en sommes pas aperçus. C'est peut-être vrai. Qu'est-ce que c'est, exister ? Nous sommes des ombres et parfois des ombres chinoises. »

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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 09:53
tes yeux-amandiers
sont mes repères-haies

 désignent en vert
petites routes ouvertes
leur délié d'écriture
leur son froid
étincelle plurielle
âme incertaine

il y a des trêves du regard
par où l'on fuit - heures d'amertume - :
ces silences d'iris que fausse un cil d'aiguail
 maquillé de noir
l'attente de ton ventre qui se prépare
en bourgeons en fleurs en suave
sur nos bouches nos fêtes nos sueurs
je m'arrêtais et discrèt

la ville dehors grise en fumée
au dehors la pluie faisait hernie
sur ses balcons gris
musique des gouttes et des corps
en s'entrechoquant en accord

dermographisme des amants
un chocolat chaud sur tes lèvres tiédies
des traces rouges sur ma pâle peau
je signe des deux mains vers ton sexe beau

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 11:16

Etourneau-Sansonnet

Les sansonnets sansonnent
Grappes d’étourneaux étourdis
Ils frictionnent le grand ciel de cris urbains
Tête déployée verticalement j’admire, mal au cou,
Les coups d’écriture qu’ils donnent dans les cieux de la ville
calligraphie précieuse, pinceaux désordonnés
Le moment est où le mâle cherche à séduire, imitateur

Il imite tous mes bruits, même les battements de mon cœur
Ils laissent de grandes traces d’écriture dans le grand ciel de fin d’hiver
Les cris empêchent le grand poète que je suis de méditer sur ma condition humaine
Fléau ! dis-je de ces merles-là qui gueulent leurs trouvailles de bruits
En haut des platanes, les touffes noires et grises et brunes se font et se défont dans des cris d’ouragan, distrayant les foules en dessous
Quand finirez-vous amis ailés de chercher votre compagne
Quand ces cris cesseront : pour quelques œufs, n’est-ce pas tout ce tintouin !
Je chantonne moi aussi, j’ai moi aussi parfois des habits d’étourneau sansonnet
Je met ma cravate, je lustre ma moustache, je fais le beau
Et je prépare mon chant aussi dans le tintamarre de la grande vie
dans la grande ville


En insouciance, eux, les beaux oiseaux dansent et se coursent
Dans des traits de pinceaux bleus et noirs en grande source

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 03:28



Parfois je perds mes axes
ou je perds ma symétrie
je vois bien que je suis le seul à le ressentir, à le voir
autour, personne n'est étonné
personne ne me regarde

je perds - je pense - une partie de mes humanités

une croûte corporelle parfois s'épluche
et je bascule un peu , perdant mon équilibre
tombant d'un coup

c'est juste important la symétrie

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 22:44

   

    François Truffaut est bien sûr un quasi double de « Bertrand Morane », le personnage principal du film « L’homme qui aimait les femmes » c’est encore une fois - comme souvent chez lui - une autobiographie romancée. L’autre titre aurait été « le cavaleur », mais l’agent littéraire (Brigitte Fossey) lui fait changer et elle a raison ; car, certes Charles Denner passe son temps à cavaler (cela va même lui causer sa mort), mais ce n’est pas un « dragueur », c’est autre chose…
    Et si Charles Denner écrit son « roman », Truffaut, lui, filme. Mais ils sont identiques.
Le film de Truffaut date de 1977 et certaines choses font sourire maintenant (quoique…), mais l’extrême implication de Denner dans sa quête de femme n’a pas d’âge. Comme souvent chez Truffaut, il y a un point de départ, toujours le même : l’enfance ; et les parties de cache-cache des enfants (avec Ginette) dans le noir sont les prémisses des grands désirs de Truffaut pour plus tard, c'est-à-dire « la compagnie des femmes ». (rem : le jeune acteur qui joue Denner jeune est étonnant de ressemblance et a une bouille rigolote)…

tout ce qui est en bleu et italique est tiré du film...

« La compagnie des femmes m’était indispensable, sinon leur compagnie, du moins leur vision. Rien n’est plus beau que voir une femme en train de marcher. »

Mais qu’est-ce qu’elles ont ces femmes ? Qu’est-ce qu’elles ont de plus que toutes celles que je connais ? Et bien justement ce qu’elles ont de plus, c’est qu’elles sont des inconnues…

Mais qui sont toutes ces femmes ? Où vont-elles ? A quel rendez-vous ? Si leur cœur est libre, alors leur corps est à prendre, il me semble que je n’ai pas le droit de laisser passer la chance…

Elles veulent l’amour, tout le monde veut l’amour, toutes sortes d’amour, l’amour physique et l’amour sentimental ou même simplement la tendresse désintéressée…

« Pour moi, rien n'est plus agréable à regarder qu'une femme, pourvu qu'elle soit habillée d'une robe ou d'une jupe qui bouge au rythme de sa marche »


    « L’homme qui aimait les femmes » se laisse encore regarder avec beaucoup d’intérêt et de tendresse, même 34 ans plus tard. On y voit aussi une Nathalie Baye très jeune qui débutait. Leslie Caron, aussi, touchante d’authenticité. Charles Denner est surprenant avec son jeu désinvolte et sa voix ferme et sûre (formidable acteur). L’érotisme du film passe par les jambes des femmes (et encore que sous les genoux) (il y a sans doute là aussi un fétichisme de la part de Truffaut : dans « Vivement dimanche » il filme de la même manière et avec autant de sensualité et d’érotisme, les jambes de Fanny Ardant), l’affiche est parlante, mais c’est tout, la sensualité s’arrête là. Le "mystère féminin" demeurera.
    Enfin les blessures apparaissent et c’est tout l’art de Truffaut, si le simple personnage de Morane peut énerver par sa puissance génésique et ses obsessions (ce qui à l’époque irrita certaines associations féministes), une scène vers la fin (Vera) prouve que lui aussi peut souffrir, mais cela est juste esquissé et on n’en saura guère plus de cette histoire d’amour-là.

    Le film reste un enchantement et un beau panégyrique de "l’éternel féminin" de Goethe. Truffaut, mort trop jeune, nous laisse des films d’exception. (je suis sûr cependant que ce film plaira davantage aux messieurs qu’aux dames, allez savoir pourquoi ?). :-)

    Et le plus fort est là : quand Denner est interrogé, il dit : "je leurs expliquerai"...
sublime résumé des relations hommes-femmes



C. Denner s'est retiré dans sa salle de bain pour écrire son roman sans être dérangé, ça pourrait être moi, ça  :-)

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 20:57

La poétesse Lucienne Desnoues est morte en 2004.

Elle avait épousé Jean Mougin, qui n’est autre que le fils de Norge, grand poète que chanta par exemple divinement Jeanne Moreau. Elle était aussi la petite-nièce du forgeron Desnoues que l’on découvre dans le Grand Meaulnes d’Alain Fournier.
Dès l’âge de 26 ans, elle publia sa poésie.
Une anthologie personnelle a été publiée par Acte Sud en 1998.







Les excellentes éditions EPM ont décidé en 2003 de rééditer l’album magnifique de chansons-poèmes mis en musique par Jean-Grançois Gaël et Hélène Martin, le tout chanté somptueusement par cette dernière.




    Nous reviendrons sur Hélène Martin, elle est -pour moi- et avec Colette Magny ce que l’on a fait de mieux en femmes poètes-musiciennes-interprétes. C’est une femme d’exception qui a poursuivi la grande poésie toute sa vie.
Bien sûr elle a mis Genet, Giono et Aragon en musique (et en chants) : et quels disques !! On reparlera de ceux là, de cette magnificence des chants et des musiques, des orchestrations de sa voix alto divine…

Ce disque est un petit bijou, épuisé déjà. Vous pouvez par exemple télécharger ou écouter des extraits ICI.


Dans sa chanson "Liberté femme", Hélène Martin chante aussi :

« Item à Lucienne Desnoues

Et je me souviens du jour où

L'ami Lucien

Nous présenta et ce fut bien

Le plus fameux etceterra

De l'amitié sans errata. »


    Je savais le disque de Hélène Martin chante Lucienne Desnoues : (« mes amis, mes amours » grand prix de l’académie du disque français)1968 épuisé, malgré sa réédition en 1996 puis en en 2002 par EPM. Trop petit tirage sans doute et c’est bien dommage.
Quel fut mon plaisir de trouver chez un libraire un exemplaire !

    A la première écoute, quel plaisir, cela n’a pas vieilli, je revois toute la puissance et la force d’Hélène Martin . Les poèmes de Lucienne Desnoues sont eux doux et simples.

« Matines » est par exemple, une perle dans le chant et la diction pleine de pudeur d’Hélène Martin.

Matines

O mes amours, voici le jour,
Un jour de mai qui se proclame,
Un jour, qui va tout feu tout flamme,
Durer toujours.

Voici le jour fort comme quatre
Sous sa crinière de beau temps
Voici le jour bien trop content
Pour en rabattre.

Dès qu(il pointa son museau tendre
Il eut avec lui tous les coqs,
Les platanes musclés à bloc
Pour le défendre.

C’est promis, juré, décrété,
L’eau le dit, le bronze le gronde :
Il va durer pour tout le monde
L’éternité !

Laissez s’arrêter les pendules,
C’est le jour à jamais levé,
C’est le jour J, c’est le jour V
Cœurs incrédules.

Bah ! On sait qu’il déchantera.
Midi va l’assommer sans faute.
Il glissera dans l’herbe haute,
Ce fier-à-bras.

Déjà la voix des eaux s’étouffe,
Le zèle des clochers s’éteint.
On tient à l’œil ce beau matin
Faiseur d’esbroufe.

Toute mesure et tout velours
La sûre nuit guette son heure.
Hélas, il faudra bien qu’on meurre,
O mes amours.

----------------------

Hélène Martin c'est simplement :


 Le prix du Disque de l'Académie Charles-Cros, qui couronne:

 _. une première fois en 1961, un de ses premiers 33t
 _. une seconde fois en 1973: Hélène Martin/Fine Fleur
 _. une troisième fois en 1980, le coffret "Hélène Martin chante les poètes".
 _. Le Grand Prix de l'Académie du Disque Français pour "Mes amis mes amours"
 _. Le prix de l'Humour Noir pour "Ballade de Bessie Smith"
 _. Le Prix SACEM en 1986
 _. Le prix Odette Vargues (SACEM) pour l'ensemble de son œuvre en 1988
_ .Officier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1986

Pour voir son site ; cliquer sur son visage


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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 13:00



dagt1.jpg

There is a solitude of space
A solitude of sea
A solitude of Death, but these
Society shall be
Compared with that profounder site
That polar privacy
A soul admitted to itself -


Il est une solitude de l'espace
Une solitude de la mer
Une solitude de la Mort, mais elles
Sont société
Comparées à ce site plus profond
Cette polaire intimité
D'une âme qui se visite -

(traduction Claire Malroux)
à propos de cette excellente poétesse : essayez de retrouver l'émission de Sophie Nauleau sur Emily Dickinson il y a 2-3 ans en podcast (émission "ça rime à quoi") sur France Culture / c'était une émission fa-bu-leuse ! Quel être étrange cette Emily, enfermée dans sa chambre toute sa vie...

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 01:52

Oh ! Oh ! Oh !
Quel beau DVD !

    Quel artiste singulier ! Qu’il est agréable d’écouter et de regarder travailler cet homme, au début on pense qu’il en fait un peu trop, et puis quand on voit le résultat, on est bouche bée.


    Andy Goldsworthy est né en        Angleterre en 1956, il vit             actuellement en Ecosse ; père du « Land Art », il utilise toutes sortes de matériaux naturels pour réaliser ses « œuvres ».
    Le majestueux film de Thomas Riedelsheimer « RIVERS & TIDES » (rivières et marées) date de 2001, La belle musique de Fred Frith colle parfaitement aux images.

    On y voit quoi ? Et bien pendant 90 minutes on voit Andy dans divers coins du monde entier (le début du film au Canada donne le ton), chercher le bon lieu, la bonne matière, la bonne inspiration. Au gré des chemins. Andy nous explique en outre son travail par des mots simples, de ces mots-là que parfois l’art avait oubliés, sans doute parce qu’ils étaient trop simples ou évidents .
L’art est pour lui une forme de nourriture.
Il recherche l’échange thermique, la bonne énergie et seul le milieu naturel peut lui apporter cela. Il aime la croissance.
Il aime le flux et le reflux, se sent donc attiré brutalement par les rivières et les marées, l’élément liquide. Certaines formes sont obsédantes.
L’art – quand il est réussi – tient chaud, nous dit-il.
Quand le travail devient vivant, c’est la beauté à l’état pur.
Il se rappelle des premières années d’études artistiques : la plage était son meilleur professeur.



    Andy est célèbre pour ses monticules de pierres, de glaces ou de branches qu’il laisse vieillir ensuite au gré des saisons et des intempéries. Quel enchantement de le voir en construire un sur une plage – avec beaucoup de difficultés – avant l’arrivée de la marée haute. Puis de voir ce monticule disparaître sous les eaux, puis réapparaître ensuite, quasi intact.
Il appelle ses monticules, des gardiens, des sentinelles. Ils lui évoquent des graines.


    Andy utilise tout : fleurs, laine, herbes, feuilles, tiges, mousse, murs …S’il reste longtemps inactif, il meurt. Il aime la solitude. On le voit cependant un moment avec sa femme et ses 4 enfants, tout ce joli monde semble en phase.
Le film se termine par la couleur rouge, celle du sang, il aime cette couleur et passe son temps à ramasser des petits cailloux rouges dans les rivières, petits cailloux ferrugineux ; il les casse tranquillement, en fait une boue riche en fer et pour un court moment transformera un cours d’eau en ruissellement sanguin.

    Amis ! achetez ou louez ce DVD, vous passerez un moment exceptionnel, de calme et de beauté ; et peut-être irez-vous aussi vous-mêmes décorer un trou d’eau, une flaque, une marre près de chez vous ; peut-être d’ailleurs faites vous déjà du Land Art sans le savoir ? 


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