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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

28 avril 2010 3 28 /04 /avril /2010 20:40
Ce
matin
j'ai reçu un télégramme
de ton c o r p s

rédigé dans une langue
inconnue de moi
je n'ai pas compris
son s e n s

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 12:40

"La seule excuse qu'un homme ait d'écrire, c'est de s'écrire lui-même, de dévoiler aux autres la sorte de monde qui se mire en son miroir individuel."

Rémy de Gourmont

Gourmont

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 21:36
enfin je polissais ton Acajou
et toi, tu aimais mon métier d' ébéniste
longeant seul tes chemins inouïs
je me perdais parmi enfants joncs et manilles
j'avais la pépie de tes corps en artifice
et de tes pênes et de tes gâches
de tes pelvis en puissant lamento
je jargonnais tes jambes-jarretelles
où ton corps en jachère prenait son printemps
en accalmie je m'affamais moi-même
de tes ornières humides et crapaudières
je me raidissais robuste et en lumière
je tressais tes oseraies de lavandine
et j'aimais de tes gras et beurres oindre
tes replis et dorures, plissements et feintes
j'ornais tes chapiteaux de magnifiques acanthes
tes portunes et étrilles fatiguaient mes jambes
je croquais un à un tous tes pépins amers
acclamés ainsi nous saluions les foules
peut-être écrivions-nous  alors ainsi
enfin et pour longtemps ce que tu voulais :
un grand roman-fleuve qui lentement nous tissait

apparition du visage d'Aphrodite
S. Dali

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 13:32

« Il y a des moments dans la vie où la question de savoir, si on peut penser autrement qu’on ne pense et percevoir autrement qu’on ne voit, est indispensable pour continuer à regarder et à réfléchir » 

Michel FOUCAULT

foucault

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 20:46

à quoi bon s’ouvrir ainsi
à vrai dire ?  n’est ce pas ?
Pour partager ?
Partager quoi ?
Nos mélanges  d’humanité
nos dégouts des politiques
nos peurs pour demain ?

ou des lambeaux de rimes humaines ?
  "on se croit un peu poète"


quand le silence est roi des réponses
ou la nonchalance de l’ennui
le je m’enfoutisme d’autrui
grande base des fondations humaines

l’autre qu’on dit aimer
c’est autrui et on le laissera crever s’il le faut sur le bas-côté
à condition bien sûr de ne pas être « inquiété »

on dira qu’on a fait « ce qu’on a pu »
et devant les juges, on sera certain d’avoir raison
alors que chacun sait que l’on aura eu tort

------------
 


bon pour mieux terminer : ci dessous photo non trafiquée de la rosée sur la vitre de ma serre, derrière pots de fleurs et géraniums envoient leur couleur ...


NB : la photo "en vrai" est encore mieux ; mais "over-blog" écrase un max, c'est un peu dommage ...

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 00:42


    Ma jeune amie Clara se réveille

L’œil fixe, absent, l’anesthésie aidant
Elle aimerait sans doute me dire :
Je veux partir, retrouver les joies des arbres, des nids dans les branches, de la vie en bande, des fruits sauvages et des hautes herbes riches en sucres, surveiller mes enfants :
vivre en communauté. Me retrouver chimpanzé.
    Je veux quitter cette prison avec tous ces barreaux de fer, ne plus manger ces croquettes amères et ces mauvais fruits qui n’ont pas de goût.
Pourquoi un jour, petite, m’a-t-on attrapée ? Le plus souvent en tuant ma mère ?
Pourquoi me chasse-t-on ? Pourquoi mon espèce disparaît ?
Pourquoi les hommes encore aujourd’hui tuent tant d’animaux ?

    Tu sais Clara : j’ai vu en Afrique des blancs faire des cendriers avec des mains de gorille ou des pieds d’éléphants, offrir encore des objets sculptés en ivoire, chasser de petites antilopes protégées, et rire avec obscénité et racisme. Je me suis éloigné de ces gens-là ; et même parfois des gens tout court ; on me dit misanthrope maintenant, je confirme, je le suis. Et j’aimerais te libérer. Mais je suis lâche comme beaucoup, je suis parti, j’ai quitté cette grande Afrique, ce continent tant aimé, ma maison est décorée d’objets africains, masques, statues, totem, marionnettes, reliquaires et objets magiques…mais l’Afrique n’est pas là. Et il y a ta photo encore là au-dessus du bureau et tes yeux malins ; je me rappelle bien comment tu me curais les ongles, comment tu aimais me montrer comment tu fumais, ton contentement à mon arrivée. Je pense à toi, tu n’es peut-être pas morte à l’heure qu’il est. Tu auras vécu une drôle de vie même si tes conditions de détention auraient pu être pires ; tu es à 97-99% comme moi, et des deux primates qui se regardaient, j’étais sans doute le plus étonné. Ton génome l’année dernière a été complètement séquencé. Tu es encore plus proche de l’humain qu’imaginé. 46 chromosomes contre 48, c’est peut-être tout.

    Je n’aime pas mon espèce. Mais je suis ainsi né. Je pense à toi dans cette vie aseptisée, et je pense aussi à l’Afrique qu’on a tous abandonnée.

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 18:12

hotel-univers.

 

photographie issue d'un paquet acheté par deux libraires malins / l'ensemble portait le nom "Hotel Univers" / or c'est le nom de l'hôtel à Aden où Rimbaud descendait. Les photos sont datées entre 1880 et 1890.

 

L'ensemble des photos est acheté : une sort du lot, le deuxième personnage à droite pourrait être Rimbaud ; vérification faite par des spécialistes (tel Jean Jacques Lefrère), il s'agit quasi à coup sûr du poète !

Si on avait été le premier Avril, j'aurais cru à un canular, oui mais voilà aujourd'hui dans le Figaro Littéraire et dans l'Express, les libraires Alban Caussé et Jacques Desse racontent leur intuition de génie... Les photographies auraient appartenu à Jules Suel, négociant à Aden qui finança les ventes d'armes de Rimbaud.


On connait maintenant 5 photographies du poète ; sur cette dernière le visage est moins hâve que les autres, les cheveux moins gris, nul doute qu'elle est sans doute plus ancienne que les autres... Rimbaud ne semble pas malade ou amaigri.


Rimbaud fixe le photographe avec un regard à la fois intéressé et plein d'ennui ; le visage se voit bien ; quelle belle trouvaille ! Bravo aux chercheurs curieux et gloire à eux ! (le dernier cliché du poète vendu en 2007 s'était adjugé 75.000 €)

 

Rimbaud-photo

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 13:58

" On cherche toujours à être différent des autres ; c'est de soi qu'il faut être différent. "

François Bon

FrancoisBon

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 17:34

Sur le mot : je regarde
Lequel pour mon choix : le gros posé, finement sensuel, l'autre là timide ?

Là sur ma table : je regarde
J’entrevois mots et phrases
Il faut classer, réorganiser
Toujours se battre avec la syntaxe
Grammaires en guerre
Mots qui font le mur
Ponctuations en vacances

C’est la force de l’écrivain
De tout réaligner

De tout reconstituer

Puis de tout défaire

dans un éclat salutaire

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 17:56

la cote sauvage - Huguenin

 

« La lune était posée derrière les chênes – une couleur d’abricot mouillé. »

 

 


++++++++++++++++++++++++++++++++++++


J’ai dû lire 4 ou 5 fois ce livre, très régulièrement, je réouvre ce roman dont la couverture et les pages commencent à être fatiguées.

Jean René Huguenin est mort à 26 ans dans un accident de voiture en 1962.
« La côte sauvage » est son unique roman, écrit à 24 ans.

A cet âge : quelle force, déjà ! Un très grand écrivain était né, de la stature d'un Radiguet ou d'un Guibert, mêmes précocités et morts jeunes.

Il avait fondé avec la complicité amicale de Philippe Sollers et Jean-Edern Hallier la célèbre revue littéraire « Tel Quel ». Ce trio était à l’époque d’une jeunesse triomphante. Il laisse aussi un « Journal » que je n’ai jamais lu mais qui – parait-il – croustille de détails intéressants sur le monde littéraire de l’époque.

 

 

HUGUENIN

 

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

 

 

 

La côte sauvage est un livre monstrueux. Ecrit magnifiquement, émouvant, solaire, sensuellement désespéré. C'est l'enfance qui s'enfuit dans ces paysages bretons extraordinaires, c'est l'amour d'un frère pour sa soeur, c'est la solitude qui mange tout, et les coeurs surtout.

Olivier rentre chez lui après deux ans d’absence pour cause de service militaire, il n’a qu’une idée : revoir sa sœur Anne, 5 ans plus jeune que lui.
Il retrouve en même temps Pierre, son meilleur ami, il apprend que Pierre et Anne vont se marier, il retrouve aussi la Bretagne de son enfance. La mer et son eau lissée est là tout au long de ce livre comme une confidente, un trait d'union.


Olivier est un être solitaire, très mélancolique, très romantique, mais un romantisme amer très désabusé, beaucoup d’illusions perdues malgré sa jeunesse. Ces souvenirs sont perpétuellement ceux de l’enfance, de son enfance AVEC Anne, de leurs souvenirs communs. Olivier est un être solitaire, tourmenté, triste, se rappelant de l’exode durant la guerre, de la mort mal élucidée de son père. Il rêve de sa sœur, il rêve de cet amour impossible (très belles scènes dans l’hôtel, ou sur le Griec (petite île) où ils rejouent à faire le mort comme autrefois).Il y a une sensualité terrible dans ces pages-là.
Pierre est seul aussi – ses parents étant à l’étranger -, ses amis d’enfance furent Olivier et Anne et c’est tout naturellement qu’il se tourne vers ses deux amis.
Anne ne sait pas, elle imagine qu’il est logique et naturel qu’elle épouse Pierre, elle fera ce que dira son frère.

 

Et puis, ce sont les fins des vacances... le désespoir de Pierre qui perd l'amitié d'Olivier, et celui d'Olivier qui perd là sa soeur et son enfance. C'est une fin douce et sereine, d'une infinie tristesse, mais pouvait-il en être autrement ?

« Les jours tombèrent.
Ils se baignaient vers midi, Pierre revenait déjeuner au manoir. L’après-midi, quand ils ne retournaient pas tous les trois sur la plage, ils se promenaient dans la lande, toujours tous les trois, et entre les fougères que l’été commençait à brunir, le mince sentier des douaniers les emmenait vers quelque cap, Olivier, puis Anne, puis Pierre, au-dessus d’une mer lisse, glacée de soleil, et ramenai dans le soir leurs pas absorbés, silencieux, leurs visages baisés. Olivier, puis Anne, puis Pierre, jusqu’à la barrière blanche où il se séparaient. Depuis que Louise, la domestique des Aldrouze, était revenue de Quimper où elle avait passé huit jours dabs sa famille, Anne pouvait dîner presque chaque jour chez Pierre. Olivier restait seul, le soir, à l’attendre, assis dans le salon, tournant les pages d’un livre déjà lu, écoutant le silence auquel seul un chien répondait, dans la campagne fourmillante de nuit. Soudain un bruit montait, feutré, régulier et doux, s’épanouissait dans un crissement de gravier, trois petites notes claires tintaient contre les marches du perron, la porte s’étirait en grinçant – puis, durant une prodigieuse seconde tout s’arrêtait – et aussitôt elle était là, debout dans la lumière, et sa voix seule emplissait la pièce. « Tu n’es pas encore couché ? » Il avait attendu trois heures pour entendre cette phrase unique.
Parfois ils allaient goûter à Brest, ou plutôt ils emmenaient Anne goûter : elle choisissait presque toujours une tartelette au flan et un puits d’amour, tandis qu’ils buvaient de la bière danoise. Parfois ils allaient manger des crêpes – ces crêpes épaisses, grasses et fondantes – chez des fermiers qu’ils connaissaient, Kervélegan, Perec ou Le Gallois ; ils revenaient le long des chemins bordés de pommiers, s’arrêtaient devant l’éternelle barrière,
    Et il les regardait s’éloigner, s’éloigner, glisser loin de lui, et il restait appuyé à la barrière, déchiré par cette illusion de légèreté que donnent les êtres qui nous quittent. »


---

 

«  tous les hommes sont misogynes, dit Nicolas en souriant, mais Olivier c’est différent : c’est le plaisir qu’il n’aime pas. »

«  - Mais à quoi sens-tu qu’elle t’échappe ? »

« Au fond, pourquoi tu épouses Anne ? »

« Il accueillait sa solitude avec la même résignation placide dont il offrait, quand il aurait dû être heureux, le décevant spectacle. »

« laisse ta sœur se marier. » dit la mère à son fils

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« Qui suis-je ? Qui étais-je ? Je ne trouverai jamais ma nuit. C'est moi que je prie, c'est moi qui m'exauce. Dieu dans sa haine nous a tous laissés libres. Mais il nous a donné la soif pour que nous l'aimions. Je ne puis lui pardonner la soif. Mon cœur est vierge, rien de ce que je conquiers ne me possède ! On ne connaîtra jamais de moi-même que ma soif délirante de connaître. Je ne suis que curieux. Je scrute. J'explore. La curiosité c'est la haine. Une haine plus pure, plus désintéressée que toute science et qui presse les autres de plus de soins que l'amour - qui les détaille, les décompose. Me suis-je donc tant appliqué à te connaître, Anne, ai-je passé tant de nuits à te rêver, placé tant d'espoir à percer ton secret indéchiffrable, et poussé jusqu'à cette nuit tant de soupirs, subi tant de peines, pour découvrir que mon étrange amour n'était qu'une façon d'approcher la mort ? »

 

   Bien plus tard, bien des années plus tard, la tête et les jambes engourdies près de cette falaise où Olivier rêvai un jour la chute de sa soeur, Olivier se levera, la tête lasse : "à quoi bon tant de lettres ?" ; et puis il y a cette mer là en bas, "si pure, si lissées, si lassée de soleil" ...

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 14:33
forrest-gander

très beau premier roman du poète Forrest Gander
"En ami"
Sabine Wespieser Editeur, 2009



"En ami" raconte en 4 tableaux la vie (NE LISEZ PAS LA QUATRIEME DE COUVERTURE +++ / elle donne une indication majeure qu'il est préférable - je pense - d'ignorer pour le plaisir de la lecture. ) de Lester, homme brillant et fascinant ; grand séducteur, il partage habilement - mais comme fildefériste - sa vie entre sa femme et Sarah sa maitresse ; il est poète et géomètre.
On assiste :
- à la naissance du "héros" (c'est énorme !)
- la vision de la vie de Lester par son meilleur ami Clay, celui-ci jaloux de la - semble-t-il - belle vie que mène son ami agira... maladroitement vraisemblablement...
- la vision de Sarah (cette partie est écrite comme un long poème en prose) et est très belle
- quelques passages de Lester lui-même

On y parle donc très astucieusement des frontières floues entre l'amitié, la mort, l'amour, la création aussi, une fois de plus, mais c'est ici écrit de manière fort nouvelle et même assez idéalement ; un premier roman très réussi . Que l'on referme à regrets, déjà sous le charme.




    L'auteur cite Edmond Jabès et en citation première page de son roman et dans la petite vidéo ci-dessous, le poète parle d'abord...
Dans cette courte vidéo, il explique succintement aussi les difficultés qu'il a eu en tant que poète pour se mettre "au roman".
Amoureux des mots et des autres langues, il se plait dans les traductions (traducteur de l'espagnol) et y découvre un autre monde de mots et de syntaxes que son monde à lui .


Cliquez sur la vidéo courte (2 minutes)

video forrest gander

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 11:27


    Il y avait Miles, vu et entendu plusieurs fois et ces tenues extravagantes
ses solos en rage, ses illuminations soudaines, son look d'enfer, sa trompette rouge, mort du sida en quelques mois

Il y avait Chet vu au Hot-Brass à Aix en Provence juste quelques semaines avant qu'il ne tombe de sa fenêtre d'hôtel au Pays-Bas, son visage ravagé, alcools et drogues compactés sur cette ancienne gueule d'ange, sa voix extraordinaire de bluesman

A ces deux dieux de la trompette et de la musique
une petite stagiaire souriante
pour vos swingueries endiablées



















merci encore
pour vos musiques de rêve
merci

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 19:27
« Corps de femme
un instant suspendu
à mes doigts. » René Guy Cadou

RG-Cadou


    René Guy Cadou est mort jeune à 31 ans. Ce fut le poète de l’amitié, de l’amour, de l’enfance…

Jacques Bertin lui consacre un beau film (oct 1999) : « De Louisfert à Rochefort sur Loire » . La version DVD offre en outre un livret de 28 pages très bien fait et 1 CD supplémentaire :
- 10 poèmes dits par Daniel Gélin
- 17 poèmes chantés par divers chanteurs : Robine, Beaucarne (ah ! comme l’interprétation et la mélodie de « Lettre à des amis perdus » de l’ami Julos sont splendides !!!), Bernard, Macho (dont la belle voix évoque celle de Chelon), Caplanne…

Dans ce film les poèmes ou extraits de poèmes sont lus par Michel de Maulne de manière magistrale.

Cadou-Bertin-Breit
Dans ce beau film on apprend :

- qu’il est né en Brière, ce pays tourbeux faits de mortas, ces arbres pourrissants qui datent de la préhistoire
- que ses parents tous deux instituteurs sont laïques, qu’il a les yeux bleus clairs, il est jovial, un aspect de Tintin avec ses pantalons de golf
- à 7 ans il quitte la campagne pour la ville (St Nazaire puis Nantes)
- sa mère meurt, il a 12 ans, il fait l’école buissonnière
- voit que son père écrit : alors ils se parlent
- écrit dès l’âge de 14 ans, fenêtre devant la Loire, la morgue est juste là, son premier recueil s’appellera « Les brancardiers de l’aube ». Il n’a que 17 ans !
- à Nantes un libraire passionné Michel Manoll (mais dont le vrai nom est identique au mien :-) ) l’initie : Jacob, Reverdy…
- a 1 au bac français
- son père meurt, il n’a que 20 ans
- puis ce sont les années de guerre il est instituteur remplaçant dans divers villages du pays basque puis de la Loire inférieure, souffre du froid, de la solitude, le facteur est son seul ami, il attend avec impatience les lettres amies…
- le 20 octobre 1941 il est là pour les « fusillés de Chateaubriand » (dont Guy Mocquet qui n’a que 17 ans), il les verra passer… « Ils sont appuyés contre le ciel ». Puis c’est un hiver noir.

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont trente appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont plein d'étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d'amour
Ils n'ont pas de recommandations à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L'un d'eux pense à un petit village
Où il allait à l'école
Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au-delà de ces hommes
Qui les regardent mourir
Il y a entre eux la différence du martyre
Parce que le vent est passé là où ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n'entendent pas
Le bruit énorme des paroles
Ils sont exacts au rendez-vous
Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu'ils ne sont plus des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit



In Pleine Poitrine, 1946


- Enfin « l’école de Rochefort » est créée : jean Bouhier, jean Rousselot, Michel Manoll, Luc Bérimont ; c’est l’amitié qui joue ; on publie ce qui est rare en ces temps de guerre… On marche de bistrot en bistrot boire la « fillette » de trop, on passe le fleuve, de bras en îles…
- Un unique roman : « la maison d’été »
- Libération de Nantes en Août 44, PCF, recueil « pleine poitrine » l’engagement est là, même s’il est différent de celui d’Aragon ou d’Eluard ; fin de l’école de Rochefort à la libération ; on lui demande de monter à Paris, pour ses œuvres littéraires ça serait mieux, il préfère ses villages, « le bonheur de ne plaire à personne »
- Louisfert en 46 : c’est le bonheur avec Hélène, enfin « l’enracinement », le couple qui commence
- Il écrit de 17h jusqu’à 20 h avec discipline et dans son bureau uniquement avec ses objets, son chien… « ma vie commence à 5 h du soir » disait-il
- Chaque jeudi il part à Nantes faire « la fête » avec Paul Fort (76 ans) et son ami Bouhier, qui a comme lui une trentaine d’années
- Malade dès 46, son cancer le laissera vivre encore 5 ans, il meurt le 20 mars 1951. Il laisse un exceptionnel poème sur ses amis « La soirée de décembre »
- ses amis couvrent son cercueil de primevères, fleurs amassées
dans des paniers de vendanges… primulaofficinalis

Un tel poète peut-il mourir ?

« La soirée de décembre »


Amis pleins de rumeurs où êtes-vous ce soir
Dans quel coin de ma vie longtemps désaffecté ?
Oh ! je voudrais pouvoir sans bruit vous faire entendre
Ce minutieux mouvement d'herbe de mes mains
Cherchant vos mains parmi l'opaque sous l'eau plate
D'une journée, le long des rives du destin !
Qu'ai-je fait pour vous retenir quand vous étiez
Dans les mornes eaux de ma tristesse, ensablés
Dans ce bief de douceur où rien ne compte plus
Que quelques gouttes d'une pluie très pure comme les larmes ?
Pardonnez-moi de vous aimer à travers moi
De vous perdre sans cesse dans la foule
O crieurs de journaux intimes seuls prophètes
Seuls amis en ce monde et ailleurs !

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 16:17
a ce qui parait

En cliquant sur les vignettes ci-dessus ou ci-dessous
vous atterrissez chez l'ami Cyril C. Sarot
auteur de chansons et de divers autres textes
fort intéressants

en écrivant ses textes, il les imagine pour la plupart tout de suite en musique ; il dit que « sa » poésie ou « la » poésie c’est surtout dans la chanson qu’il la trouve : dans le lyrisme de la chanson ; rejoignant ainsi par exemple Jacques Bertin qui se plaint du mépris des élites et des universitaires pour le monde de la chanson, alors que bien très certainement il y a aussi là dans cette chanson-là des textes valant ceux de très grands poètes. Et le lyrisme, le lyrisme, oui, celui qui revient et que Mallarmé ne voulait pas, il est là aussi bien sûr dans la chanson !

Après « A c’qu’i’ paraît » (mai 2007)(15 titres),
voici donc « Les mots qui manquent » (mai 2009),
nouveau recueil “15 titres” de textes versifiés/rimés.


Et puis plein d’autres textes intéressants dans ce blog somme toute assez atypique…
Bravo l’artiste !



a ce qui parait

  « Après A c’qu’i’ paraît (mai 2007), voici Les mots qui manquent (mai 2009), nouveau recueil “15 titres” de textes versifiés/rimés. Une forme et une manière d’écrire particulières, qui invitent à la fois au sens et au son. Au rythme, à l’image et par l’image à la distance.
 
  Attention, pas n’importe laquelle : pas la distance trompeuse, pratique, frileuse, la distance fourre-tout, paravent derrière lequel on se planque pour faire comme si on disait quelque chose, mais sans jamais rien dire du tout. La distance lâche, faussaire, qui permet au contraire d’éviter soigneusement de dire quoi que ce soit. Pensez, des fois qu’on l’entendrait !
 
  Non, je veux parler de l’autre distance, la vraie, la bonne, celle qui permet de viser au plus juste, qui au lieu de la contenir participe pleinement à libérer la parole, qui par le recul et la maturation qu’elle réclame permet de se rapprocher au plus près de ce qu’on veut dire, ce qu’on veut exprimer. Qui sait aussi, au besoin, s’oublier un peu. Pour faire la place au ras-le-bol, au coup de gueule, au coup de sang. A l’approche frontale, plus franche, plus directe. Qui n’exclut pas pour autant la nuance. Et qui, si bien dosée, étrangère à la posture et à l’indignation bon marché lui est complémentaire.
 
  Bien sûr rythme, distance et image ne sont pas réservés au versifié/rimé. Versifié ou pas, rimé ou non, l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans l’écrit même, ce dont il témoigne, la manière de l’habiter. Dans l’arrière-plan, le fond des choses, la part de soi qu’on y engage. Dans le rapport particulier qu’on entretient à l’écriture. Et qui, pour peu qu’il soit consistant et authentique pousse à ce constat : un texte qui n’est pas, quelque-part, d’une manière ou d’une autre un lieu de rencontre n’est rien. »
 
Cyril C.Sarot
--------------------------------------------------------------------------

Lu sur le site de Cyril
ce très intéressant passage de Thoreau :


« Les masses ne s’élèvent jamais jusqu’à égaler ce qu’il y a de meilleur en elles, mais au contraire elles se dégradent jusqu’au niveau du plus bas.
 
Après tout, le champ de bataille a bien des avantages sur le salon. Il n’y a du moins pas de place pour les vanités, les cérémonies exagérées : poignées de mains, frottements de nez, qui font que l’on doute de la sincérité, mais un échange de coups aussi sérieux que rudes. Là au moins s’exhibe un des visages de l’humanité ; dans le salon, il n’y a qu’un masque.
 
Mais, après tout, un si petit morceau d’humanité ne peut satisfaire l’homme. Semblables à ces femmes de Malamocco et de Pelestrina qui, lorsque leurs maris pêchent en mer, se rendent au rivage et chantent, le soir, leurs chants aigus, jusqu’à ce qu’elles entendent, portées sur les eaux, les voix de leurs maris qui répondent, ainsi nous allons inlassablement, chantant notre stance du poème et attendant la réponse d’une âme de même essence à travers l’espace. »
 
                        Henry David Thoreau, Journal

thoreau:panneau

henry-david-thoreau

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 07:29
"Une race d'hommes nouveaux va paraître. Leur langage sera le cinéma." disait Blaise Cendrars après ses aventures cinématographiques avec Abel Gance et Arthur Honneger.

Vu ce spectacle au TNT de Toulouse.
One - man - show de et avec Nicolas Bouchaud (formidable acteur)

NicolasBouchaud

d'après "itinéraire d'un ciné-fils" entretien réalisé par Régis Debray qui donna donc le film de Pierre André Boutang et Dominique Rabourdin.

Nicolas Bouchaud s'engage donc dans un monologue (ou dialogue plutôt puisque le public peut participer) avec les mots de Serge Daney, grand  critique de cinéma des années 80 (Cahiers du cinéma, puis Libération...) / c'est même plutôt un vrai dialogue car c'est le discours de Serge Daney avec lui même. Il fait à la fois les questions et les réponses.

Serge Daney parle donc de ses voyages, de ses doutes cinématographiques, de ses plaisirs et de ses dégouts, des peurs aussi à l'apparition de la télévision, de la puissance de l'image, de son enfance bien sûr et des films qui l'ont marqué à ce moment là...
Serge Daney devient donc bien réellement ce passeur, ce griot ; se consumant dans sa passion des choses filmées, ses dialogues avec Rivette et puis tant d'autres ; c'est bourré d'anecdotes intéressantes avec ce grand cinéma qu'il y eut à cette époque, la nouvelle vague comme on dit, mais aussi le cinéma américain, fantastique objet d'illuminations. L'image, l'image restera jusqu'à la fin de sa vie son unique préoccupation, la télévision deviendra par la production 'excessive" d'images, la grande inquiétude obsessionnelle de serge Daney ; et de même que Cendrars se demandait si une race d'hommes différents allait naître du cinéma, Serge Daney se posait la même question pour la télévision. Et quel usage fera-t-on de l'image...
Mort à 48 ans du sida en 1992, il n'aura pas l'occasion malheureusement de voir les dérives de nos télévisions actuelles, nul doute à penser qu'il aurait eu beaucoup de choses à dire sur cette télévision-là.

Image 2
- avec Régis Debray, peu de temps avant sa mort -

"Passeur, je suis resté au milieu du gué, en attaendant que d'une rive ou de l'autre quelqu'un m'appelle ou me tende la main, et comme ça n'arrivait jamais, je me suis mis à donner de la voix et à faire passer de petits messages oraux ou écrits, pour donner des nouvelles d'une rive à l'autre sans appartenir moi-même à l'une de ces rives. Ni celle des gens normaux qui consomment des films, ni celle de ceux qui "font" des artistes."
serge Daney, in Persévérance.

serge-daney
Serge Daney, au Japon, 1981 l'année où il quitte les Cahiers

"Oh ! On fait pas la vaisselle,
on la f'ra plus tard et on va au cinéma."  S.D.

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La répétition

    " La répétition, elle, n'a rien de honteux. Briquer le parquet, la cuisinière, la baignoire, ranger les choses. Répéter un mot, un geste, un accord. On peut y trouver du plaisir.
En 1981, le critique Serge Daney écrivait :
" Il y a aussi des films (plus rares) qu'on ne peut pas raconter parce que notre plaisir consiste à les voir et les revoir."
On peut relire cette phrase autant de fois que l'on veut. "

Fabio Viscogliosi in "Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit.", Stock, La Forêt, 2010. page 43.

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