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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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"Le sens trop précis
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Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 08:56
Attention : chef d'oeuvre !



« Le Hibou et la Baleine »
date de 1992-1993. film de Patricia PLATTNER.

Sur l'écrivain, photographe et voyageur
Nicolas BOUVIER.



« pour parrain et marraine,
le hibou et la baleine ».



« si tu n'es pas toi-même, qui pourrait l'être à ta place ? »
Thoreau.



Il y parle de la présence aux choses

Du travail pour trouver le mot juste
Qu'il ne faut pas craindre l'échec
Qu'il peut être important d'avoir « un port d'attache »
De la découverte, enfant, des beautés des cartes de géographie et du ravissement à les parcourir avec le doigt « comme des polars »
Que l'espace est sa drogue, cette immensité qui le rendra « saoûl de bonheur »
Le déplacement géographique c'était son écriture
Et la liberté de son espace, sa liberté intérieure
On peut voyager seul, avec un ami, ou en famille, mais voyager est le seul moyen pour rapporter des « scories », des « gri-gri ».
La route est le défilement heureux ; chaque événement dictera la forme littéraire
Et tout cela 20 ans avant Kerouac !



On apprend qu'il écrit debout en fixant des feuilles aux murs « à la main »
On y apprend qu'il est gaucher et qu'il aime écrire avec un feutre
(on a l'impression qu'il appuie trop fort sur son crayon, j'ai l'impression que le bruit que fait le feutre frotté sur le papier participe au bonheur de l'écriture ?) il a une écriture déjantée, je la trouve cunéiforme

Qu'il recopiait des poèmes pour les mémoriser, une « magie blanche »
(« l'exercice de la main est salubre »)
Tous les livres importants nous aident à régler notre mort et donnent aussi le courage nécessaire pour continuer, le livre c'est la multi-vitamine
Cela permet de relativiser les problèmes, certaines lectures « choc » comme « l'arrangement » d'Elia Kazan ...
Il serait donc possible de « vivre autrement ? »

Aimer les mots (j'avais écrit « morts » : lapsus calami ?) comme des personnages ?
« les mots pèsent le bon poids »
le plus important ne peut pas être dit par les mots, on est vaincu par les mots, mais on peut souvent le dire en musique...
Tomber amoureux ? « monter » amoureux serait plus juste
La musique était la seconde moitié de sa vie
Que l 'humour est essentiel : Kurdes et Beloutchs aimaient rire, il y restera plusieurs mois...
« mourir de rire » « idéalement avec une dame » ..
la géographie inépuisable du corps aimé

proverbe beloutch : « naître, errer, mourir, pourrir, être oublié. »
le génie des lieux ! = donner au lieu le temps qu'il mérite (c'est à dire : beaucoup de temps)
l'homme est grotesque
rires et larmes sont cousins (très belle anecdote à ce sujet sur la mort brutale de son père).
Etre omnivore et attentif
La mort c'est le sceau qui ferme la lettre, à qui est-elle adressée ?
Mort et temps / le suicide ? oui, mais ...
On doit TOUT à tout le monde : « un homme sans dettes est un homme suspect ».
La passion des iconographies , des planches anatomiques, l'image qui fut le métier « officiel » de Bouvier (« l'image m'a cultivé autant que les livres »)
Il faut être témoin, par l'écriture, par l'image, ne pas porter de jugement
Le bruit est horreur, le silence magnifique
Il fut distrait et rêveur
RIRE ( !) alors que triste de nature, le rire est essentiel, il a facilement les larmes aux yeux
L'amour de la poésie : Michaux, Holan ...
il faut le voir lire un poème de Michaux, il a la conviction d'un adolescent découvrant la poésie ; et puis sa voix, oh ! sa voix, belle dans les volutes d'une cigarette toujours présente...
le livre de Michaux éculé, est là présent à lui et en nous...

Nicolas Bouvier est mort à Genève en 2003, il allait avoir 63 ans.

film exceptionnel sur un écrivain et un homme d'exception



    "C'est grâce à Holan, autant qu'à Michaux, que j'ai compris que certaines visites que la vie nous rend sont si mystérieuses qu'elles doivent prendre la forme d'un poème, que la prose la plus éclatante ne rendrait justice ni à leur transparence ni à leur opacité qui sont forcément voisines puisque nous ne comprenons pas la transparence mais pouvons seulement la flairer comme un limier flaire un gibier dont il sait qu'il n'est pas pour lui. Ce sont eux qui m'ont, sur le tard, conduit à écrire des poèmes, non par ambition littéraire, mais pour survivre et mieux vivre, sachant, à travers eux, que la poésie est le seul antidote contre la solitude et la mort."

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 10:48
" Ecrire pour moi, ça a toujours été une déclaration d'amour à la vie, et parfois elle l'acceptait."
Henri Thomas

Thomas

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 02:20
" Dans l'ennui comme dans la tristesse, je me subis comme je subis le monde sans me confondre sans doute avec lui, mais aussi sans m'opposer à lui comme dans l'acte de pensée.
.../...

Mais en règle générale, nos sentiments enveloppent une référence à quelque chose qui est hors de nous et une référence à notre moi. Etre triste, c'est voir le monde sous des couleurs sombres et en même temps tendre à s'en évader. Ma tristesse est à la fois objective et subjective. Je m'y apparais avec une situation dans le monde, en rapport avec d'autres êtres que moi. "

Albert Burloud in Psychologie de la sensibilité, 1954

dessin de d. Goossens

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 17:12
cendrars

Mes toutes premières "premières impressions" d'une autre poésie que celle dont l'école m'avait abreuvé furent sans conteste les poèmes que je lisais de Cendrars vers 13-14 ans et en particulier ce "Au coeur du monde" si étonnant (1924-1929). Un temps où les voyages signifiaient quelque chose et où les pérégrinations en paquebot pouvait durer des semaines sans que quiconque s'en offusque, idem pour les trains ; les voyages prenaient leur temps - "donner aux lieux le temps qu'ils méritent" disait Nicolas Bouvier - ; Cendrars fut un voyageur incroyablement exceptionnel et l'archétype des écrivains-voyageurs : dès 16 ans en Russie, il fera un tour en Chine et en Perse, il verra la révolution de 1905, puis Prague et enfin Paris, il n'a que 20 ans et ce n'est qu'un commencement ; il repartira presque de suite, vivant (mal) de métiers plus extraordinaires les uns que les autres. Il écrira dans la plus grande misère à 25 ans un long poème en prose resté célèbre : "Les Pâques à New York".

Et puis il y a dans cette poésie-là une prose semblant tellement simple, tellement "simplifiée" qu'on se dit : "ah, bon ! La poésie c'est aussi "cela" ? Tellement que certains minimisent aujourd'hui l'importance d'un écrivain comme Cendrars ; ils se trompent ; c'était quelqu'un en dehors de toute contrainte, en dehors de tout mouvement, contre tous les "ismes" disait-il fort à la mode à l'époque (encore qu'il fut un temps "simultanéiste").
"Je dénonce les bûcheurs et les arrivistes. Il n'y a pas d'écoles. .../... Trouvera-t-on un isme nouveau pour désigner la beauté nouvelle ? "
Et cependant il possède un style nouveau, neuf, novateur ; Malraux qui le considérait comme un des plus grands poètes contemporains disait de lui qu'il était "distraitement reconnu".
Cendrars laisse toute une oeuvre riche et incroyablement variée d'une "ampleur insoupçonnée".

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Tu es plus belle que le ciel et la mer

Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises

Il y a l'air il y a le vent
Les montagnes l'eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t-en

Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe Le l'oeil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t'aime

Blaise Cendrars (in "feuilles de route", 1924)


Louis parrot disait de B. Cendrars qu'il avait une "puissance d'évocation qui fait de cet écrivain un grand peintre."

Rem : texte plutôt bien dit par Bernard Lavilliers dans un de ses disques.

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 05:42

Tu rirais de mon corps décomposé
en bout d’allée
parmi les hauts platanes aux feuilles recouvrant
J’étais le gisant de tes rimes
En fournaise de tes yeux clairs
Et encore
La chanson resterait la même
et son  refrain oublié
Ecrivons, disais-tu
J’aurais écrit sous tes vœux

Mais nous fuirions sous des rires néfastes
Sous les attaques de la mort bien tôt
Ton jeune corps signerait pour l’éternité cyanosée
Ses appas en petite lumière en appâts
Aplats de tes peaux
Appeaux des femmes
des morts apportées


les deux photos : issues du film "AB-Normal Beauty" d'Oxide PANG

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 01:02
Il pourrait y avoir un moment ultime / celui où :
un papier journal est posé sur la braise, pendant quelques secondes, rien ne se passe, le papier est intact,
il serait encore temps de le sauver du feu, puis c’est l’embrasement soudain et définitif…
tache brune au centre, le papier lâche, puis les flammes
Il y a dans ces quelques secondes une forme d’éternité - de temps suspendu - qu’il serait souhaitable de rechercher ailleurs : à goûter peut être avant de toucher pour la première fois la peau nue de sa compagne ou de son compagnon, avant  d’ouvrir les yeux sur un paysage neuf quel qu’il soit ; ou fixant les yeux de celui ou de celle qui vous parle ; ces quelques secondes à retrouver pour fixer l’instant présent, le seul qui compte ! Le seul digne d’un quelconque intérêt…

Peinture de feu / Yves Klein

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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 00:41
Amis masculins :
ETES VOUS ATTEINT
DU SYNDROME DE PETER PAN ?????

Présentation du Syndrome = I  C  I

10813_peter_pan_peter_pan__peter_pan_1924_8.jpg
Tout est parti du livre du psychanalyste Dan Kiley en 1983,
best seller aux USA

Wenny : une recherche de la mère ?
fée clochette : l'amante idéale ?
Ces hommes là, restés enfants, enfin, manquent-ils d'empathie ?
souffrent-ils de ne pas comprendre le monde des adultes
et dans son fonctionnement
et dans sa sexualité ?
refus des responsabilités ?
peur du monde du travail ?

Image-8-copie-1.png

Un raccourci sur WIKIPEDIA = ICI

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 09:41
    Georges Chelon a eu 67 ans (!!!) en janvier...
Que dire encore de ce grand chanteur là, oublié depuis 20 ans... et qui poursuit cependant inlassablement sa carrière d'auteur compositeur interprète.

Les disques se succèdent plus ou moins réussi, mais il y a toujours 2-3 perles qu'il faut chercher avec le tamis d'un orpailleur.

    Un voix superbe, une diction toujours aussi jeune, des chansons classiques tristes ou gaies, sérieuses ou humoristiques ; Chelon chante tout ...

    Sa discographie est impressionnante : 1 disque par an en moyenne !

1965 Père prodigue
1965 15-20 et plus...
1966 La bourse des chansons N°15
1967 Bourse des chansons N°16
1967 Bobino 67
1967 La bourse des chansons N°18
1968 15-20 et plus...
1968 Tu sais
1968 Sampa
1969 Chelon 69
1970 Vengeance
1971 Olympia 71
1972 Soirée avec
1973 Ouvrez les portes de la vie
1975 Si demain
1975 Père prodigue
1976 Faits divers
1977 Commencer à revivre
1977 Sampa, Parole, Evelyne
1979 Tous les deux comme hier
1982 Orange et citron
1982 Père prodigue
1983 Poète en l'an 2000
1986 Père prodigue
1987 Petit enfant de l'univers
1989 Poète en l'an 2000
1989 L'enfant du Liban
1990 Chercheurs d'eau
1990 Père prodigue
1991 2000 c'est demain
1991 Georges Chelon chante la Seine
1991 Georges Chelon en public
1994 L'air de rien
1995 Le cosmonaute
1997 Ballades en solitaire
1997 Ma compilation
1997 Ouvrez les portes de la vie
1998 On rêve, on rêve
1998 Morte saison
1999 Père prodigue
2000 Les portes de l'enfer
2000 L'enfant du Liban / Chercheurs d'eau
2000 Petit enfant de l'univers / Le grand dadais
2000 2000 c'est demain / L'air de rien
2000 Georges Chelon
2001 Père prodigue
2001 Morte saison
2002 Lettres ouvertes
2003 La Salopette
2003 Georges Chelon chante la Seine
2003 Chansons à part...
2004 Suppose que...
2004 Georges Chelon chante Les Fleurs du Mal / Charles Baudelaire / Volume 1
2005 L'impasse
2006 Georges Chelon chante Les Fleurs du Mal / Charles Baudelaire / Volume 2

    Prix Charles Cros en 1966 et Chevalier des Arts et Lettres en 1985...

    Il en a écrit des belles chansons, mais il y en une qui me trotte dans les oreilles très souvent et pour cause, elle s'appelle "Rimbaud", la mélodie est superbe, et ça parle de Marseille, la ville où le poète est mort mais où Chelon est né.
    C'était dans le disque
"Orange et citron"

en 1982







très belle chanson








C'est là que je suis né et, sur cette colline,
L'église qui domine m'y a vu baptisé.
C'est lendemain de fêtes, le temps fait grise mine,
Les voiles ne claquent plus, le mistral est tombé.

J'ai lu dans le journal qu'il y a cent ans à peine,
Sur un lit d'hôpital, Arthur Rimbaud souffrait,
Revenu de pays où se brisèrent ses ailes,
Échouant dans ce port, à mon âge il mourait.

Une moitié de vie suffit-elle à un homme
Pour devenir un homme et comprendre la vie?
Que, pour lui, les années qu'il espérait en somme,
N'auraient que rabâché les mêmes litanies.

Alors est-ce renaître ou bien traîner sa mort
Que de dépasser l'âge où Rimbaud a fini?
Est-ce que ce bateau ivre ancré dans le Vieux Port
Attend un capitaine ou est mort avec lui?

Par les bleus soirs d'été, j'irais par les chemins,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue.
Alors tu reviendrais pour me donner la main
Et l'on se sentirait tous les deux moins perdus.

Je veux croire aujourd'hui que des portes s'entrouvrent,
Qu'une plus longue vie aurait pu t'apporter,
Les voies que tu sentais peu à peu se découvrent,
Ce sont les ignorants qui partent les premiers.

Je lis dans le journal qu'un homme entre deux âges,
Sur les eaux du Vieux Port, a été aperçu,
Ce drôle de capitaine abordait le grand large
Sur un drôle de bateau. Tous deux ont disparu.

C'est là que je suis né et, sur cette colline,
L'église qui domine m'y a vu baptisé,
Aujourd'hui c'est la fête, le temps fait bonne mine,
Les voiles claquent au vent, le mistral s'est levé.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 09:00
succès-littéraires


L’histoire des plus grands succès littéraires du XXième siècle
Tana éditions, © 2002, sous la direction de Raphaële Vidaling

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

    Quel beau livre ! Présenter la carrière de 46 chefs-d’oeuvre de la littérature américaine et européenne du siècle passé.

    On démarre en 1907 avec Maurice Leblanc et son « Arsène Lupin, gentleman cambrioleur », on termine en 1984 avec Milan Kundera et son « insoutenable légèreté de l’être ». En 80 petites années, 46 œuvres majeures de la littérature du XXième siècle sont présentées, toujours de la même manière : une page représentant une photographie de l’édition originale, puis 3 pages d’explications sur les circonstances de rédaction de l’œuvre, l’accueil reçu par le public et quelques anecdotes.
    Outre le point que les 46 oeuvres présentées soient toutes des incontournables (il manque quand même beaucoup de livres, aucun livre asiatique par exemple), le fait que le texte pour chaque livre ne dure que 3 pages et soit très synthétique est fort agréable. On lit ce livre avec grand intérêt, on s’attarde d’abord sur les livres qu’on a lus, puis on lit les autres. On s’amuse de voir :

que le roman de Boris Vian « l’écume des jours » (dénommé par Raymond Queneau comme le grand roman d’amour jamais écrit) paru en 1947 n’eut aucun succès, pire Gallimard  lui retourna son contrat. Ce n’est qu’en 1963, 4 ans après la  mort de Vian et grâce à la nouvelle édition de JJ Pauvert que le roman devint un immense succès.
que le festin nu de William Burroughs paru en 1959 ne circulera librement qu’en 1966.
que belle du seigneur eut beaucoup de mal à s’imposer, en 1968 raconter l’histoire d’amour de deux aristocrates n’était guère porteur, et puis 3000 pages c’était trop pour Gallimard.
que Jean Bruller (alias Vercors) fonda avec Pierre de Lescure une maison d’édition clandestine pour publier « le silence de la mer », les éditions de Minuit étaient nées.
que le titre de « la nausée » n’était pas de Sartre et que celui-ci mit 7 ans à peaufiner son livre, tant le mélange philosophie-roman était inconcevable pour l’époque.

    Et puis tant d’autres chefs-d’œuvre : le procès, mort à Venise, la condition humaine, des souris et des hommes, 1984, le petit prince, lolita, cent ans de solitude, Ulysse, le grand Meaulnes, le seigneur des anneaux, sur la route, l’étranger, le nom de la rose etc. Oh bien sûr il manque beaucoup de romans ou de récits, de même il manque un paquet d’écrivains ; mais bon 46 grands romans de ce siècle, c’est déjà pas si mal et le côté volontairement très synthétique et raccourci des textes donne à ce volume une légèreté de ton et une facilité de lecture très sympathiques.

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 20:42
    Il y a longtemps, j'allais un soir écouter JR Caussimon, c'était au centre culturel de Toulouse, j'étais encore étudiant.
   Il était seul avec son pianiste Roger Pouly. Une soirée superbe !
J'écrivais d'ailleurs le lendemain une nouvelle sur cette soirée. (je m'étais beaucoup intéressé à la jeune femme assez proche de moi et au croisement incessant de ses jambes, le nylon faisant ce bruit dont parle si bien Charles Denner dans "L'homme qui aimait les femmes" de Truffaut. Entre deux chansons, elle croisait ou décroisait ses jambes gainées, ce qui chaque fois mettait mes tympans en émoi. Elle avait un très beau pull, col roulée, blanc ; vous voyez parfois, j'ai bonne mémoire.
   Bref, à la fin de la soirée, j'hésitais à aller lui serrer la pince ; il était là debout, bien vertical, grand , avec un sourire adorable et un petit foulard autour du cou. En sortant de la petite salle, j'hésitais encore, car il y a bien une chose que j'abhorre : c'est déranger les gens. Il dut sentir cette hésitation et c'est lui qui fit un mouvement vers moi, dès lors, je lui tendais la main, il l'a pris chaleureusement et me la serra bien fort. Une grosse main d'ouvrier que je retrouvais plus tard dans la même poigne forte de Jacques Bertin. Incapable de parler, je sortis, heureux, la tête parfumée d'étoiles.
JR Caussimon, c'est comme Brassens, Brel, Ferré, Bertin, Hélène Martin ; il y aurait des heures à discourir sur cette chanson-là. Et puis son côté libertaire, toujours proche des "coeurs purs".
   Aujourd'hui : on ne chantera "que" ces fameux "Coeurs purs", cette magnifique chanson, si  prophétique pour tant de nous, si belle et si profondément vraie.
Encore un chef-d'oeuvre de la chanson poétique lyrique.
Merci Jean Roger !




Caussimon



Jean-Roger Caussimon
LES COEURS PURS
Paroles: Jean-Roger Caussimon, musique: Eric Robrecht, 1959



Ils ne sont pas encore amis
Des notaires et des notables
Ils ne sont pas encore admis
A dîner, le soir, à leur table
Ils ne sont pas encore polis
Comme Papa le fut toujours
Ils ne sont pas encore salis
Par les combines au jour le jour...

Mais on leur dit que ça viendra
Et, bien sûr, ils ne le croient pas
Les coeurs purs
Les coeurs purs...

Ils ne sont pas encore rusés
Ni blasés d'être un peu bohèmes
Ils ne sont pas encore usés
Par le métro des matins blêmes
Ils ne sont pas encore conscrits
Bien qu'ils soient souvent "engagés"
Ils ne sont pas encore inscrits
Ni au chômage, ni aux congés...

Mais on leur dit que ça viendra
Et, bien sûr, ils ne le croient pas
Les coeurs purs
Les coeurs purs...

Ils ne sont pas encore lassés
D'écouter chanter leur idole
Ils ne sont pas encore blessés
Par le Temps qui tant nous désole
Ils chantent des "songs" sur un banc
Ils n'ont pas honte de la rue
Ils ne sont pas encore perdants
Ils ne sont pas encore perdus...

Mais on leur dit que ça viendra
Et, bien sûr, ils ne le croient pas
Les coeurs purs
Les coeurs purs...






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Si vous aimez JR Caussimon : 3 livres indispensables,  tous publiés au Castor astral
et tous intéressants  :


caussimoncastorastral

ici, une longue et belle préface de Ferré, toutes les chansons de l'ami Caussimon (119 textes)
Catherine Sauvage, Léo ferré, Philippe Clay, Mouloudji, Les Frères Jacques, Isabelle Aubret,
Serge Gainsbourg, Philippe Léotard, Dominique A et tant d'autres ont chanté ces textes-là !
A la fin du livre : un CD de 20 chansons (Caussimon : Théâtre de la ville, 1978)

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caussimoncastorastral2

ici préface de José Arthur et postface de claude Nougaro ; "la double vie"
ce sont ses mémoires (comédien et parolier, chansonnier) interrompues
en 1981, plus un très grand nombre d'illustrations
ici un CD de 27 chansons avec des enregistrements inédits ou introuvables

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caussimoncastorastral3

ici préface de son fils Raphaël : poèmes, chansons et théâtre
un CD de 22 chansons rares, inédites ou introuvables chantées par
Barbara, julien Clerc, claude Nougaro et tant d'autres...

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 20:27
" C'est parce qu'on a cru entrevoir l'éternité dans le regard de la femme désirée qu'on se réveille chaque matin dans le lit de Procuste(*) : amputé de ses rêves, mais ajusté aux dimensions de la réalité."
Roland Jaccard

(*) : Brigand légendaire de l'Attique qui dépouillait et torturait les voyageurs. Il les étendait sur un lit et raccourcissait ou étirait leurs membres à la mesure exacte du lit (lit de Procuste). Thésée lui fit subir le même supplice. (La tentation nihiliste, p.15, Quadrige/PUF,n°126)

roland-jacquard-copie-1

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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 10:30
Si comme moi vous aimez la chanson non crétinisante
et que vous regrettez (parce que vous êtes comme moi un vieux con)
la vieille chanson à texte où l'interprétation et la qualité du texte
étaient aussi importantes que la musique

Bref si vous aimez "la chanson poétique" l'ami Jean-François vous prépare
tous les mercredis

dans "le temps ne fait rien à l'affaire", une spéciale "les chants des hommes"
7 émissions d'une heure avec comme fil conducteur un très grand chef d'orchestre : Jacques Bertin

très très intéressant
et très sympathique de réentendre toutes ces chansons et tous ces chanteurs qui cherchaient
une qualité dans leur interprétation
et qui se moquaient bien de la chanson industrielle et du show-biz...

Cliquez sur la banderolle

marmitefm

l'ami Jean-François aux manettes :

31285998


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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 22:06
     « Le suicide est certainement la ligne ultime sur laquelle peut venir s’écrire la liberté humaine. Elle en est peut-être le point final.
Le droit de mourir n’est pas inscrit dans les droits de l’Homme
Comme l’individualisme n’y est pas inscrit
Comme l’amour fou n’y est pas inscrit
Comme l’athéisme n’y est pas inscrit ; Ces possibilités humaines sont trop extrêmes. Elles sont trop antisociales pour être admises dans le code qui prétend régir les sociétés. »


Pascal Quignard. (in « La barque silencieuse »)

quignard


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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 09:46



Publié au Seuil en 1969
ce livre fut un des plus étonnants que j'ai lu

La quatrième de couverture met en garde :

« L’éditeur ne peut pas se contenter, en présentant ce livre, d’une formule comme : «  à ne pas mettre entre toutes les mains ». Il se sent tenu de prévenir sérieusement le lecteur. Plus qu’une audacieuse confession ou qu’un  témoignage impudique, ce livre est une épopée psychanalytique, une tentative effrénée chez un fils, pour posséder, détruire, liquider sa mère. C’est dire que les pages scabreuses, éprouvantes, ne manquent pas ici. Bien plus : ce que l’auteur, puisant dans les profondeurs, ramène à la lumière est au-delà des univers sexuels généralement décrits.
Le nerf de l’amour et celui de la haine, exaspérés dans ce long cri, provoqueront sans doute des réactions passionnelles. On n’a jamais parlé ainsi des relations fils-mère.
« La rhubarbe » (prix Médicis 1965), premier roman d’un jeune écrivain tout joyeux de s’ébrouer, rocambolesque histoire d’un bâtard, avait fait un certain bruit. R.V. Pilhes entreprend aujourd’hui une ascension, plus audacieuse encore que celle du Loum, grand dard rocheux qui pointe vers l’azur. Dans une première partie, la mère, charnue, noire et poudrée, et son fils, auréolé de gloire récente, pleins tous deux de tendresse et de haine l’un pour l’autre, avancent vers le sommet, mêlant leurs obsessions et leurs fantasmes, déguisant leur hystérie. Mais ce n’est pas assez. Il faut aller plus haut. La seconde partie reprend l’ascension sous l’œil du Père Puissance, complice de la mère, tortionnaire du fils. L’ascension devient à la fois l’histoire du livre, du texte même et celle, plus réelle encore, de l’enfance du fils très loin au delà des horizons tristes et pervers.
Enorme roman, sauvage, épique, d’une verdeur plus folle que malsaine, plus liquidation que règlement de compte, éclatante démonstration faite à la m ère des pouvoirs verbaux du fils, ce combat est certainement pour une part, un poème à la gloire de l’enfance perdue.
Ainsi du moins, l’auteur peut-il être entendu. Pourvu que le lecteur, surmontant un effroi bien naturel, accepte de lire au-delà des mots. »

J'avais beaucoup aimé "la rhubarbe" (prix Médicis 1965) et bien sûr "l'imprécateur" (prix Femina 1974) : écriture aisée, fine, brillante et richesse des histoires ; du coup je me mis à lire ce pavé. Attention ! chef d'oeuvre de la littérature française ; jamais je n'avais lu un tel livre (et plus jamais depuis d'ailleurs) ; on dit qu'il représente un texte unique dans la littérature psychanalytique. ( Le livre a d'ailleurs fait récemment l'objet d'une lecture publique à Genève et figure dans l'Anthologie de la littérature érotique de Pauvert. )

"Longtemps considéré par l'ensemble de la critique comme l'un des écrivains les plus doués, puissants et singuliers de l'après-guerre, Pilhes fut victime dans les années 90 d'un torpillage en règle à cause de son roman L'Hitlérien, scandaleusement considéré comme antisémite par une minorité dominante et ultra de la communauté juive, fraction qui a réussi à le marginaliser pour un temps. Une bonne connaissance de ce "proscrit" est offerte dans son livre d'entretiens avec Maurice Chavardès Les Plaies et les Bosses ainsi que dans La Littérature contemporaine de Jérôme Garcin."

Le livre est divisé en deux parties :
1- la partie ambiguë (orgueils et sévices)
2- la partie tendue (folies et folies)
annexe : quelques lettres échangées entre la mère et le fils et inventées par l'auteur.

PS : une troisième partie, écrite, attendait. R.V. Pilhes souhaitait attendre le décès de sa mère pour publier cette troisème partie, or cette dernière décéda à un âge très avancé ; d'autre part l'auteur ne cesse de réécrire cette troisième partie comme il le dit sur son blog.

Cette "épopée psychanalytique" est intrigante à souhait ; à la première page Son Excellence est citée "Pilhes, mon vieux, écrivez-nous donc un petit bouquin franc, capable de toucher le coeur des masses, une espèce de narration scupuleuse et loyale, une sorte de livre neurasthénique à formule quasi inconnue."
: Mission accomplie cher Mr Pilhes, et vraiment très bien accomplie, félicitations. Ce livre jadis m'avait réconcilié avec la création littéraire et la littérature tout court.

René-Victor Pilhes, un écrivain majeur ; il est stupéfiant que sur le net, je n'ai rien trouvé d'intéressant sur ce livre hors-normes.
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CORRECTION : l'amie Judith est responsable d'une page parfaite sur WIKIPEDIA
c'est excellent et c'est ICI


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Le blog de l'auteur - en cours de construction -
est maintenant partiellement disponible
cliquer sur son portrait




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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 19:22


    Malcolm Lowry était un formidable écrivain, perdu dans l'écriture et l'alcool, bars et abîmes... de cette vie qui n'en finissait pas, cette dépression chronique ... S'il fut un très grand prosateur ("au-dessous du volcan" entre autres), il fut un poète qui me plut. D'une certaine manière je me sens proche de ce poète-là.

Pour l’amour de mourir

Les tourments de l’enfer sont implacables, vifs
Sont les feux de l’enfer ; et pourtant les vautours
S’arc-boutant contre l’air pour virer sur leur aile
Sont plus beaux que le vol plané de ces mouettes
Abandonnées au vent dans la fraicheur du jour
Plus beaux que les ventilateurs dans les asiles
Qui par leur soyeux va-et-vient
Tissent à l’espoir un destin ;
Et jamais l’espoir n’a lancé
Sa gageure aussi haut que l’illusion vitale
Qui chevauche le vol du vautour. Si la mort
Peut voler pour l’amour de voler, est-il rien
Que la vie, pour l’amour de mourir, ne pût faire ?


Pensées à effacer de mon destin

Il ne cesse de lire, le poète à venir,
Peut-être justement dans cette anthologie

Révisée (car elle le sera, d’ici dix ans,
Ce qui laisse à notre poète
Tout le temps qu’il faut pour grandir) ;

Bien qu’il ne cesse de lire, il ne comprend toujours pas
Même dans son pays, il se sent « à côté »

Il lit comme s’il écrivait entre les lignes
Lignes d’autrui où il devine
Bien peu de sens ou de folie.

Par rapport au démon de tous ces gens, ses forces
Sont comme le soutier par rapport au marin.

Il lit mais il ne comprend rien

Sauf dans quelque  fragment d’une biographie
Où il est écrit : « se donna la mort ».




Rilke et Yeats

Aidez-moi à écrire,
Montrez-moi les portes
Où sont affichés les ordres.
Et la cage
Où mon courage
Sous le regard de mon âme fascinée
Rugit derrière les grilles.




Pierres blessées

Parfois l’enfant ne sait pas dire son chagrin,
Mais il entend, le soir, les étranges présages
Qui annoncent aux pierres blessées, à même le sol,
Leur libération, où il apprend que les pierres
Cœurs brisés, ont parfois l’éclat dur d’un langage.
Le bruit de la mer rugit au vestiaire
- Et un reproche ; mais cela même est rassurant :
Un reproche de moins entre lui et la mort…
Et là, sur le tapis devant la cheminée,
Il regarde l’enfer et voit son avenir
- Qui sait, peut-être une chambre de chauffe ?-
Pourtant, l’enfant, je pense, a connu des fous-rires
(On dit que de la vie ce sont les seuls remèdes),
Et puis, n’eût-il pas survécu,
Saurait-il que Rimbaud a connu ces chagrins,
Rimbaud dont l’âge d’homme aussi, comme le sien,
Fut déserté d’amour et privé de langage ?

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