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  • : Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique
  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 19:25
Je vous avais parlé à propos de "Mon suicide" du suisse Henri Roorda,




J'ai reçu un message de Marianne Enckell du CIRA (centre international de recherche sur les anarchismes)
Beaumont 24, CH-1012 Lausanne
www.cira.ch

communiqué :

Henri Roorda : on recherche documents et témoignages

Anarchiste, internationaliste et pacifiste, le Lausannois Henri Roorda (1870-1925) fut surtout l’un des plus brillants humoristes des années folles. L’égal d’un Alexandre Vialatte par la verve subtile de chroniques publiées notamment dans la /Tribune/ et la /Gazette de Lausanne/ et la /Tribune de Genève/. Auteur de pamphlets comme /Le pédagogue n’aime pas les enfants/, il fut aussi un enseignant adulé de ses élèves.

Le Musée Historique de Lausanne prépare pour mars 2009 la première grande exposition consacrée à ce Martien des lettres romandes. Un catalogue comprenant des billets inédits sera édité pour l’occasion.

Les commissaires de l’exposition recherchent pour enrichir celle-ci des documents d’époque : des éditions originales des /Almanachs Balthasar/ (1923 à 1926) et de ses autres livres, notamment les manuels scolaires publiés chez Payot (arithmétique, algèbre, géométrie) ; des photographies de Henri Roorda ainsi que des classes où il enseignait ; des manuscrits, des lettres ; des témoignages de personnes qui auraient entendu de leurs grands-parents des évocations de Roorda comme professeur ou personnage hors du commun.

On peut aussi adhérer à l’Association des Amis de Henri Roorda, constituée à Lausanne en 2003, qui a pour buts la mise en valeur de son œuvre et de sa pensée, l’organisation de manifestations et de publications, l’exploration des connexions et alentours de Henri Roorda, la valorisation de son patrimoine littéraire, théâtral, pédagogique au plan international, l’encouragement à des démarches prolongeant son esprit.


Pour contact : Association des Amis de Henri Roorda,
Rue des Terreaux 18bis, 1003 Lausanne.
Tél. 021 323 21 70
hum.fil@befree.ch

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 18:00
    Parfois il est difficile de se repérer et je suis comme un bateau à la dérive tentant de se recentrer en permanence vers d’utiles amers comme :

- quelques phrases de Jacques Bertin et son chant, ou Léo Ferré ou Jacques Brel
- l’amitié masculine
- l’altérité et l’amitié amoureuses des femmes, leur regard, leurs interrogations
- les poils de mes chats ou les yeux verts d’un chat noir
- le regard d’un chien qui me fixe
- la sente pentue d’un paysage neuf
- des sommets enneigés
- un vieux Bourgogne à odeur de ventre de lièvre
- un poème quasi parfait
- la malice des enfants
- une grande librairie achalandée
- un livre à caresser
- quelques morceaux génialissimes de Frank Zappa
- la trompette de Miles Davis ou de Chet Baker
- des insectes ou oiseaux à observer
- l’horizon qui donne à parcourir
- quelques écrivains voyageurs comme Nicolas Bouvier
- jouer avec des enfants
- participer à des fouilles archéologiques
- trouver un fossile
- parler les langues du monde entier
- voir mes arbres pousser, mes bulbes éclore, le printemps arriver
- ignorer la solitude quelle qu’elle soit
- aimer la solitude pour écrire ou dessiner
- un bon film
- une exposition de peintures ou de photographies
- un musée moderne
- les vieux muséum d’histoire naturelle qui sentent la créosote de hêtre et la cire, celui de Paris en face d’Austerlitz, celui de Toulouse, celui d’Aix et ses œufs de dinosaure, please : ne modernisez jamais tout cela !
- quelques photographies en noir et blanc des photographes des années 50-60-70
- le soleil couchant sur l'horizon de la  mer
- un lit de mousses
- un soupir de soulagement
- l'odeur des champignons dans un bois
- les dialogues du PETIT PRINCE
- l'odeur d'un bois bien encaustiqué
- entrer dans des draps rudes et parfumés
- la floraison éphémère d’une fleur d’hibiscus  
-  marcher au hasard
- lire et relire
- s'inventer une autre vie
- un plateau de fromages
- une tarte aux pommes
- donner la main à quelqu'un
- pleurer ou rire
- faire semblant de chercher son âme

Et vous ? quels amers ? vers où va votre confiance ?



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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 19:41


Prix Nobel en 1987, Joseph Brodsky était un grand poète ; il est mort à 56 ans à New York et est enterré à Venise. A la lecture de son magnifique « Collines » (1962), long poème magnifique qui se termine par :
« la mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »,

j’ai voulu rappeler sa condamnation  à 5 ans de prison dans ce qui fut « l’affaire Brodsky ».

On sourit de savoir qu’il avait été arrêté en 1964 pour « fainéantise et parasitisme social ». Il ne quittera l’URSS qu’en 1972. Combien de grands poètes l’ex-Union soviétique a-t-elle perdu ainsi dans sa folie ? « parasite para-littéraire » (dixit 1963 dans le journal Leningrad soir)

Dialogue (véridique) entre le juge Mme Savaleva et Brodsky :
- quelle est votre profession ?
- je suis poète. Je suppose…
- pas de ces « je suppose » ici. Tiens toi droit. Ne t’appuie pas contre le mur. Regarde le tribunal. As-tu une profession stable ?
- je croyais que c’était là une profession stable.
- Mais qu’elle est ta spécialité d’une manière générale ?
- Je suis poète, traducteur poète.
- Et qui t’a reconnu comme poète ? qui t’a fait rentrer dans les rangs des poètes ?
- Personne. Et qui m’a fait rentrer dans les rangs de l’espèce humaine ?
- As-tu étudié pour l’être ?
- Quoi ?
- Pour être poète. N’as-tu pas cherché à poursuivre tes études au lycée, où l’on prépare, où l’on apprend ?
- Je n’ai pas cru que c’était matière d’enseignement.
- Comment alors ?
- Je crois que ça vient de Dieu…


voici un poème en hommage à Lorca
publié dans l'excellent "Collines et autres poèmes, 1962)

-------------

DEFINITION DE LA POESIE


A la mémoire de Federico Garcia Lorca,
La légende raconte qu’avant d’être fusillé il vit au-dessus des soldats se lever le soleil et dit alors : - et pourtant le soleil se lève…
C’était peut-être le début d’un nouveau poème.

Revoir un instant les paysages
Derrière les fenêtres où se penchent
Nos femmes, nos semblables,
Les poètes.

Revoir les paysages
Derrière mes tombes de nos camarades
Et que la neige lente qui vole
Quand l’amour nous défie.
Revoir
Les torrents troubles de la pluie qui rampe
Sur les carreaux et brouille toute mesure,
Les mots qui nous dictent notre devoir.
Revoir
Au-dessus de la terre inhospitalière
La croix étendre ses derniers bras raidis.
Une nuit de lune
Revoir l’ombre longue
Que jettent les arbres et les hommes.
Une nuit de lune
Revoir les lourdes vagues de la rivière
Qui luisent comme des pantalons usés.
Puis à l’aube
Voir une fois encore la route blanche
Où surgit le peloton d’exécution,
Revoir enfin
Le soleil se lever entre les nuques étrangères des soldats.

Joseph Brodsky

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 20:57
Cérémonie  des cornes

Je ne suis pas le fils de la maison
Je n’habite pas pierres
Ni dehors ni dedans
C’est le jardin dedans
Le jardin et les chiens
Et les chiens qui sont dehors sont dedans

Dans dedans dans dedans
Il y a le long laurier l’encre du temps
Les dents de la brûlure
Sur la fraîcheur du froid comme est la pierre
Une pomme, une poire, une épaule, un violon
Une épaule avec ses os de violon

L’x et l’y seront fleuris par le plus pur
(Par pur, au bout.)
L’inexpérience est ce qui brille, œillets d’œufs blancs
L’x des os, l’y des jambes, leur triomphe
Seront fleuris de cornes de mouton
L’inexpérience est ce qui brille :
Inaperçues larmes tirées des viduités des vérités du vent


Salah Stétié


Je découvre Salah Stétié grâce à un internaute, je viens de lire "Fiançailles de la fraîcheur" et je dois reconnaitre que c'est remarquable, très haut, très haut, une poésie d'une force inouïe.
Je vous conseille de lire et de ressentir les mots du grand poète libanais.
frenchpeterpan
-------------------

Salah Stétié, poète des deux rives



__
LE Grand Prix de la francophonie 1995 a ceci de particulier que son lauréat, Salah Stétié, parvient à réconcilier trois notions passablement antagonistes dans l’esprit de beaucoup : l’arabité, la méditerranéité et la francophonie. Salah Stétié se veut avant tout beyrouthin, « c’est-à-dire malheureux », ajoute-t-il avec un humour frotté de mélancolie.

Eric Naullreau in "le monde diplomatique" sept. 1996

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 14:01

" De soi on est trop près, des autres trop loin. "

Friedrich Nietzsche



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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 19:13
 


Encore un artiste en quête de ses droits...
Pierre Etaix (qui vient d'avoir 80 ans il y a 2 jours)
ne peut ni restaurer ni exploiter ses films,
et ceci pour raisons juridiques.
Ce qui lui est arrivé est assez attristant.
Si vous souhaitez le soutenir...
http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/

Wikipedia :
Les cinq films que Etaix a co-écrits avec Jean-Claude Carrière, Le Soupirant, Yoyo, Tant qu'on a la santé, Le Grand amour et Pays de cocagne, font l'objet d'un litige au sujet des droits qui empêche leur exploitation alors même qu'ils font l'objet d'un nouvel intérêt, comme Yoyo, qui a été restauré en 2007. Certains fims ont même obtenus des prix au festival de Berlin, de Cannes et de Moscou.
Depuis certains grands noms du 7ème art, comme Woody Allen se mobilisent en manifestant leur mécontentement. Un mouvement de soutien circule sur internet.

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 19:23

    J'aime jouer, et ceux qui me connaissent savent que je collectionne les jeux de sociétés. Pour moi, c'est comme un livre. Il y a d'abord le plaisir de "l'ouverture", regarder le matériel, l'apprécier, puis lire les règles pour savoir où situer ce jeu, dans quel catégorie se place-t-il, quel est son public recherché etc...

    Il y a le plaisir de découvrir un nouveau jeu, il y a le plaisir de jouer autour d'une table avec des amis ; il y  a des jeux où il faut réfléchir, d'autres où il faut bluffer, d'autres enfin où le but c'est le fun. Si le jeu est bon, le plaisir est tout le temps au rendez-vous et les soirées sont bonnes, on peut aussi en profiter pour boire un bon Bourgogne blanc ou manger des chataignes. C'est un plaisir construit. 


    Certains s'étonnent de tant de jeux et me posent beaucoup de questions sur ce hobby. C'est bien sûr un dérivatif, même si j'aurais aimé être le concepteur, le fabricant, voire l'éditeur de certains de ces jeux. Mon ami Bruno Faidutti qui est enseignant à Avignon a réussi ce pari : fabriquer des jeux de qualité et mêler un métier qu'il aime. De temps en temps, nous testons de nouveaux jeux non encore publiés, ou nous jouons aux derniers jeux édités et croyez moi depuis quelques années il y a pléthore de bons jeux et dans tous les domaines ; on est bien loin du très tristounet Monopoly ou du très élitiste et stupide "Trivial pursuit". Même si on doit cependant reconnaitre quelques qualités à ce type de jeux, mais il y a tellement mieux à jouer !

    Bruno Faidutti - un des 3-4 grands auteurs français - est quelqu'un qui aurait aimé aussi écrire des livres, et la lecture est aussi une autre de ses passions. Il y a je trouve dans la ludothèque d'un passionné et dans la bibliothèque d'un grand lecteur des similitudes.

   

    Ci-joint un des éditoriaux de Bruno Faidutti que j'ai toujours trouvé très intéressant. Je vous le laisse lire et donner votre avis.

    En clignant  sur sa vignette, vous irez directement sur le site de Bruno Faidutti, vous y trouverez une "ludothèque idéale" de plusieurs centaines de jeux particulièrement bien faite. D'autre part ce site est un des tout meilleurs sur la réflexion ludique, les jeux pour adultes, mais aussi pour les enfants et certains articles très polémiques et intéressants de mon ami agrégé de Sciences Sociales, Docteur en histoire, auteur de jeux et chasseur de licornes...





Quelques individus s'étant scandalisés d'avoir trouvé Saint Jean l'Évangéliste jouant avec ses disciples, il pria l'un d'eux qui portait un arc de tirer une flèche. Après qu'il en eût tiré plusieurs, il lui demanda s'il pourrait faire continuellement cet exercice. Comme le chasseur lui répondait que s'il le faisait continuellement, son arc se romprait, le bienheureux apôtre ajouta qu'il en était de même de l'esprit de l'homme, qu'il se briserait si on ne lui accordait jamais la moindre relâche.

St Thomas d'Aquin, Summa Theologica,
Pars Secunda, Questio 168

 


    " Un jeu se définit par l'ensemble de ses règles " écrivit Claude Lévi-Strauss dans son Anthropologie Structurale. Comme beaucoup de joueurs sans doute, j'ai d'abord été choqué par une définition qui me semblait réductrice, voire méprisante. Un jeu, m'exclamai-je intérieurement, c'est beaucoup plus que cela. C'est une ambiance, c'est un univers, c'est aussi des joueurs. Pourtant, la réflexion aidant, je suis peu à peu revenu à cette définition: ce qui fait la spécificité du jeu, ce qui le différencie de toutes les autres activités humaines, c'est qu'il est totalement réglé, tant dans son déroulement que dans ses objectifs. Et si c'est là sa spécificité, c'est sans doute aussi pour cela que l'homme - et moi en particulier - a besoin de jouer.
Pourquoi aurions-nous besoin de règles? Sans doute parce que le monde réel n'en a pas, ou pace que s'il en a, elles nous sont incompréhensibles. Dire que la vie est une jeu est une banalité, mais c'est aussi un truisme. La vie est tout le contraire d'un jeu._Tout jeu présuppose la connaissance de ses règles. Nul ne connaît avec certitude et précision les "règles de la vie"._Tout jeu a un but. Quel est le but de la vie? L'argent? le sexe? Sauver les baleines?_Lequel d'entre nous sait quelle est sa place exacte, son rôle exact dans la société? Lequel d'entre nous peut affirmer clairement et sereinement, en me regardant droit dans les yeux, qu'il est bon ou mauvais?


    L'évolution historique s'est traduit, comme Durkheim l'avait déjà bien vu il y a un siècle, par une complexité croissante de l'organisation sociale, de ses règles et de ses solidarités. Devenue trop complexe pour être compréhensible par l'homme pour lequel et par lequel elle est pourtant construite, la société devient un univers illisible, étranger, bientôt hostile. Dans un tel contexte, il n'est nul besoin d'être névrosé pour connaître une "angoisse anomique" face à au mystère social.
    Pour certains joueurs, des rôlistes notamment, le jeu relèverait de l'évasion. D'autres, au premier rang desquels les wargameurs, y voient une simulation, une tentative de reproduction du réel. Les joueurs d'échecs ou de go préfèreront parler de défi intellectuel, de compétition. Tous, je crois, se leurrent. Le jeu n'est pas une évasion, c'est un repli. Le jeu ne cherche pas à reproduire la complexité du réel, il cherche au contraire à y échapper par la simplification. Le jeu n'est pas un défi, c'est un renoncement.
Face à l'angoisse du réel, le jeu est un moyen de conserver sa santé mentale. De temps à autre, l'homme moderne a besoin de faire un break, de laisser là ce monde incompréhensible et de se reposer en s'installant dans un univers plus petit, plus simple, mieux connu, rassurant. Le jeu est une simplification, une rationalisation du monde, et il importe donc que cet univers soit entièrement réglé. Celui qui joue a enfin un but précis, et des moyens précis pour tenter d'y parvenir. Le jeu, qu'il s'agisse du jeu de société classique, du jeu video ou de jeu de rôle, nous offre pour quelque temps une place sure. Celui qui joue se pose des questions tactiques ou stratégiques, mais il ne se pose plus de questions existentielles. Ça le change, ça le repose surtout, ça lui fait du bien. Et lorsqu'il a fini de jouer, il retourne quelque temps dans un monde réel qui, pour être complexe, n'en est pas moins, lui aussi, intéressant et digne d'analyse, même si celle-ci est un peu vaine._Je me souviens, il y a quelques années, avoir défendu cette idée dans une réunion de joueurs de jeu de rôle grandeur nature. Elle a suscité une hostilité très violente, quelques joueurs affirmant avec force "le jeu ne simplifie rien, au contraire! Notre univers de jeu est plus riche, plus complexe que le monde réel". Je comprends bien sûr cette réaction: un repli, même nécessaire, même conscient, n'est jamais glorieux. Mais ce n'est pas de gloire qu'il est question ici, c'est de lucidité et de conscience de ses limites.
Celui qui refuse toute alternative au réel, qui cherche jour et nuit à comprendre le monde, s'assigne une tâche au-dessus de ses forces et risque fort de craquer, de sombrer dans la déprime ou la névrose. Face à l'angoisse du réel, le jeu est un moyen de conserver sa santé mentale tout en gardant les pieds sur terre, de se reposer sans pour autant renoncer.


    Certes, le jeu n'est pas la seule réponse à la complexité du monde, mais c'est sans doute la plus honnête. Une autre réponse, sans doute plus répandue, est l'auto-illusion (self delusion). Certains, souvent parmi ceux qui se sont épuisés pendant des années à tenter vainement de trouver un sens au monde et à leur vie, finissent pas abdiquer la raison en tentant de se convaincre que les choses sont simples. C'est de là que viennent le succès des lectures simplistes du monde que proposent, notamment, les religions. Voici le bien, voici le mal. Vous êtes les bons, ce sont les méchants. Faites ce que l'on vous dit, respectez nos règles et vous gagnerez le bonheur suprême. Les religieux, comme certains grands militants, jouent fort peu. Ils sont tranquilles et font mine d'être sérieux, de prendre le monde au sérieux, mais ce sont eux, et non les joueurs, qui se conduisent dans la vie comme dans un jeu. Ils font en effet, plus ou moins consciemment, "comme si" le monde avait des règles, "comme si" la vie avait un but. Et ce "comme si" est, depuis toujours, au cœur du jeu.
    Les joueurs, en revanche, sont angoissés, souvent fatigués, car ils ont fait le choix de ne pas s'illusionner, de se coltiner quotidiennement avec le réel. Alors, de grâce, qu'on ne les blâme pas pour une ou deux soirées de break par semaine."

Bruno Faidutti

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 20:21


il y a le martèlement qui plonge dans nos âmes
comme un tambour néfaste et criard
le pliement le plissement de ce corps qui souffre
tu dis : pourquoi c'est ainsi qu'ai-je fait ?
il plut alors dans le gréement de nos âmes comme ces pays gris tristes sous une pluie grise triste
il y a une poulie un cordage qui coince qui bloque
un roulement fatigué
les voiles avachies
une insatisfaction
un rejet d'une greffe sans doute
bon gré mal gré

tu dis : pourquoi nous avons si mal ? quels étaient nos rêves d'enfants ?
il y a une distance entre nous et nos oublis d'enfants, comme les étourneaux nous piaillons en groupe, partons en tout sens pour ensuite se réfugier sur le même arbre
et maintenant nos ailes éjointées
nous portons trop de masques, nous les enlevons si peu
et ces postures choisies avec soin, ce maudit look sociétal

société mascarade hypocrite et déshumanisée
un troupeau plébéien qui jonche la terre de détritus

il y a toi qui es unique
des escadrilles de bonheur qui font kamikaze sur toi et moi
en espalier sur ton corps
en bon effroi je me réchaufferai
lézard assoupi

trouver sa place dis-tu trouver sa place
avec qui (s) ? à quel (s) endroit (s) ?

versé dans les sciences de ta peau
je m'immobilise pour vivre l'instant magique
le soleil potelé brille encore
je lave mon âme dans ses rais

yeux clairs à mi-clos
le monde serait si calme s'il était resté "naturel"
je crains cette société qui compare et qui classe

je n'appartiens à aucun tiroir
et mon anarchie est parfois totale

je laisse mes mains saigner mon âme vers la terre
en signature rouge de mes ennuis et de mon refus de vivre de cette manière
parfois j'oublie que je vis
je divague dans l'air chaud
petit ballon unique mais insignifiant

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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 15:55
Mon ami le Dr Alain Triaire
qui a écrit un excellent livre sur la micronutrition
m'envoie ce message
je fais passer ..
.

(et je plussoie !!)
 



Objet : Nos enfants nous accuseront

Nos enfants nous accuseront
Pour que ce film qui dénonce les méfaits de la mauvaise alimentation et
des pesticides, réalisé par un français, soit le plus long possible lors
de sa sortie en salle, il faut qu'un maximum de personnes regarde la
bande-annonce dans les 3 jours à venir. Regardez surtout le début, la
conférence à Paris lorsque les gens lèvent la main. Très fort !
http://www.nosenfantsnousaccuseront-lefilm.com/
Faites passer, c'est sérieux. Même si vous ne visionnez pas
     complètement, c'est le nombre de visites dans les 3 jours qui fera son poids...Le voir est encore mieux.
Faites suivre à tous vos contacts, vite !
------------------------

On pourra aller plus loin sur ces sujets ici :

http://www.noslibertes.org/documentation/documentation.html

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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 14:04




Passantes d’aujourd’hui

    « Tu as vu cette arrogance ! regarde comment elles marchent, ces jeunes femmes, sans se soucier des autres, branchées sur leur téléphone portable. Tout à l’heure, une toute jeune fille m’a heurté. Crois-tu qu’elle m’aurait dit : « Pardon, monsieur. » Bernique, comme si je n’existais pas ! Et celle-là, regarde-la au volant de sa Mini. A peine le feu est-il passé au vert, elle démarre, elle aurait pu renverser le vieil homme en train de traverser le boulevard. Cadet de ses soucis. Je te le dis : une arrogance, une incroyable, une insupportable arrogance. Pour qui se prennent-elles ? Je te le demande. »

    L’homme est très âgé. Son interlocuteur un peu moins. J e suis assis à côté d’eux, à la terrasse d’un café. Je ne perds pas un mot de leur conversation. C’est une journée ensoleillée du Printemps. Les femmes, les jeunes filles ont revêtu leurs robes légères, parfois transparentes, après, dirait-on, un long temps d’hibernation. Où se cachaient-elles donc ? Je les regarde passer, je me dis que j’ai passé, moi, l’âge de les séduire. Dommage. En voici une qui me sourit, je suis aux anges.

    Mon voisin de table, le plus vieux des deux, poursuit ses récriminations : « Quand je pense aux jeunes filles que j’ai connues autrefois ! Elles étaient réservées, timides, certaines farouches comme des biches. Il en fallait du doigté, de la patience pour les approcher, les conquérir. Maintenant ce sont elles qui jettent leur dévolu sur un homme ou le rejettent avec mépris. C’est le monde à l’envers. »
    L’autre homme intervient : « Je te trouve bien amer. Je sais ce dont tu rêves, c’est qu’avec son portable, ce soit toi qu’une de ces arrogantes appelle. Que veux-tu ? Notre temps est passé. »

    Le vieil homme reste silencieux un moment. « Tu as raison. Ce qu’il y a de plus horrible dans la vieillesse, c’est que les femmes ne s’intéressent plus à vous alors qu’elles vous intéressent encore. »
Puis il regarde les jeunes femmes qui passent devant la terrasse du café, il regarde ces passantes aux robes légères. Il les trouve charmantes.
Je vis les deux amis traverser le boulevard. Ils entrèrent dans une librairie. Qu’allaient-ils donc chercher dans les livres ? Un lot de consolation, j’imagine.

Jean Bertrand Pontalis in « Elles », Gallimard 2007


Photo Olivier Roller

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 21:02




«L’idée d’un au-delà ne m’intéresse guère. Elle s’apparente un peu à mes yeux à « l’opium du peuple », on l’exploite comme le charbon ou le pétrole. Dès l’instant où elle surgit je suis sur mes gardes, elle n’apporte que des fausses réalités et des réponses faciles, mieux vaut s’en méfier. Tout ce qui est grand dans le christianisme qui est l’un des éléments constitutifs de notre civilisation, se retrouve dans les autres religions. Toujours et partout on a tué Dieu pour s’en « nourrir ». Ni les Actes des Apôtres, ni l’Apocalypse, ni l’église n’ont réussi à briser les chaînes de l’esclavage, le nouveau testament n’a pas soufflé mot de la désolation qui se lit dans le regard des animaux. Dix-neuf siècles après les Béatitudes, les Hommes continuent à se moquer des bossus, des anormaux, des estropiés, des impuissants, des maris trompés, des vieilles filles. Le christianisme tout en libérant l’Homme spirituellement n’a pas réussi à le libérer socialement. Seule la Démocratie moderne, en adoptant une loi valable par tous et en supprimant l’esclavage a fait perdre aux hommes l’habitude de se targuer de leurs richesses et de mépriser la pauvreté.»

Nina Berberova in « C’est moi qui souligne ».

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 10:36
the meaning of live
"people who lived here long ago
Did by this stone, it seems, intend
To name for future times to know
the dachshund, Geist, their little friend". 
Matthew Arnold in "Geist's Grave"


The painter Bonnard knew
Picasso and Andy Warhol knew
Henry James knew
Dorotyh Parker knew
P.G. Wodehouse knew
E.B. White knew
Queen Victoria surely knew
and I know
and I taught my students
that the meaning of life
is
the dachshund !




Rindge 3 May 2008  / Don Burness

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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 10:04

j'étais là, à gauche, c'était tout-à-fait moi, jeune
je suis en train de devenir à 50 ans comme celui de droite
mais l'important - n'est-ce-pas (?) - est de garder l'humour
l'humour cette faculté qui nous rend humain directement

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 13:49
" Aborder les problèmes de la création, c'est montrer du doigt une terre d'exil où vivent quelques marginaux. "
Gil J Wolman

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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 19:34


CRITIQUE DE LA POESIE

C'est entendu je hais le règne des bourgeois
Le règne des flics et des prêtres
Mais je hais encore plus l'homme qui ne le hait pas
Comme moi
De toutes ses forces

Je crache à la face de l'homme plus petit que nature
Qui à tous mes poèmes ne préfère pas cette Critique de la poésie.


paul Eluard

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