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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
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"O mon passé d'enfance,
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Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
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(Guillaume Apollinaire)



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"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 20:14

Ecrit à 20/21 ans (publié en 1957), « une curieuse solitude » est le premier roman de Philippe Sollers. Rédigé sur les bancs universitaires lors de cours d’une « nullité sans mesure », l’auteur a depuis (et très tôt) « renié » ce livre sur des prétextes de vilaine « tradition bourgeoise ». C’est dommage, ce petit bijou célébré par Mauriac ou Aragon a bougrement bien vieilli. Et cette première œuvre d’un tout jeune homme était un vrai coup de maître. Un grand écrivain était né, nul doute.


 

 

« Une curieuse solitude » s’inscrit dans une tradition romanesque classique : initiation amoureuse, premiers érotismes, par un jeune « bourgeois » bordelais découvrant l’amour avec sa bonne espagnole plus âgée, mais aussi découverte du monde et de la manière d’y vivre. Certes on peut trouver dans ces premières proses des faiblesses de jeune homme, mais de celles que peut posséder un jeune homme mature et prêt – si jeune – à comprendre le métier d’écrivain, l’acte d’écrire, l’acte de se décrire, ou simplement  le futur « métier d’homme ». C’est ce que Sollers appellera sa « curieuse solitude ».


Les premiers rapports avec Concha sont linguistiques, le jeune Sollers étant le seul à parler espagnol. « Ce n’est qu’après que l’on découvre les femmes car dans le désir, c’est toujours soi qu’on écoute. » (tout ce qui est en bleu est issu du roman de P. Sollers)

« Je songe à l’émotion que c’est, la première fois de sa vie, d’entendre à ses côtés la respiration d’une femme. »

« Oui, je ne séparerais pas – je n’ai jamais séparé – le fait de vivre de celui d’éprouver du plaisir. »

On lit avec grand intérêt ces amours ancillaires vieux d’une moitié de siècle, Sollers dit « qu’il travaillait à lui-même » et que cette liaison « le mettait au monde ».  C’est un grand roman de l’apprentissage, mais bourré d’aphorismes qu’on peut avoir du mal à comprendre sous la plume d’un gamin de 20 ans. « Les autres n’entrent pas dans le désir », par exemple, ou « L’autre aime que nous soyons inconscients et c’est pourquoi nous ne plaisons jamais mieux que lorsque nous ne cherchons pas à plaire. », ou encore : « Et certes, une des contestations les plus pénibles de la vie est de s’apercevoir que les autres existent en dehors de cette fable dont on les avait parés. Ils se moquent bien de nos pensées, de nos imaginations, de nos calculs. Déçu, et sans doute pour ne pas avoir tout à fait tort, on écrit des livres. ». Belle maturité.

Concha disparaitra brutalement, et pour le jeune Sollers c’est la découverte de Paris et de la vie estudiantine. La facilité de certaines amitiés et amours et la volonté de l’écrivain de s’isoler, de regagner sa solitude. « Et sitôt que je commençais de sentir les bienfaits de l’habitude et de la sécurité, je me hâtais d’en finir, avec, même, une sorte de rage. Tout ce qui me rendait à ma solitude, la perte d’une liaison, d’une amitié, était bienvenu. »

En pleine crise existentielle, l’auteur découvrira dans sa petite chambre « la réalité merveilleusement absurde », et il commencera d’écrire… Mais Concha n’est pas oubliée, elle est là « par mégarde », prête à « se faire une place dans l’attente » de l’écrivain.

En fait les pages du jeune Sollers sont terriblement « romantiques », un romantisme moderne où décevoir et être désinvolte furent un moment la règle.

 

Enfin Concha est revue à Paris, « on n’a rien à dire lorsqu’on a trop à dire », la relation recommence que l’écrivain cherche sans cesse à analyser, « je voulais savoir » ; car le secret, l’incertitude, l’inconnaissable l’attirent tel un aimant : « On croit ne pas tenir à la vie et la discipline du plaisir vous la fait aimer. ». La séparation enfin, vacances scolaires, et la découverte brutale et bilatérale que les choses ne sont pas si simples, l’amour existant, « et déjà je souffrais de tout ce que j’allais avoir à souffrir. ». Visages en pleurs non prévus. « J’ai besoin des grandes villes. Tard dans la nuit, je restai dehors. ». Le narrateur pense alors être guéri de sa jeunesse. « En attendant pire ».

 

 

« Ce n’est pas tous les jours qu’un jeune homme se lève
et parle si bien des femmes. »

 Louis Aragon 1958.

 

 

………………………………………………

 

On trouve aussi dans cet extraordinaire roman ce trait psychologique que j’ai vérifié régulièrement tout au long de ma vie, à chaque fois, je repense, amusé, à Sollers et à sa grande connaissance – si jeune cependant – de l’insuffisance humaine. (sur les gens prétendant être nul dans tel domaine, sous entendant, je suis excellent dans tel autre)

 

« C’est ainsi qu’on insiste sur certaines de ses maladresses en soulignant que si elles sont si absolues ce doit être en compensation de qualités au moins aussi extrêmes. Un rêveur se plait à dire « qu’il ne sait rien faire de ses dix doigts » parce que sa famille, s’étonnant qu’il soit si méditatif le lui a toujours répété sur un ton d’admiration et qu’il suppose que la proposition « ne savoir rien faire de ses dix doigts » entraîne celle « oui, mais quelle puissante cervelle ! ». Un artiste dit son goût pour la musique et proclame, en l’exagérant, son indifférence vis-à-vis de la peinture, en croyant que cette exclusive exalte sa compétence dans l’autre domaine.

Ainsi, chacun, par l’obstination qu’il met à se créer des limites pour mieux faire valoir ce qu’elles contiennent, croit se rendre « touchant », « humain », à la fois compréhensible et mystérieux d’être si singulier dans ce déséquilibre. »

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 19:29
    Au bout du chemin : un point

Un arrêt plutôt, dans un champ de blé, où le jaune s’éclate, un chemin s’enraye net, bordé de vert cependant, les barres vertes pleines telles des lisières d'espérance ;
les corbeaux noirs sont vivants, ce lieu est bien vivant, ces hauts blés louvoyant ;

un homme cependant mourra deux jours plus tard.

Il se tient le buste ; lui-même ne sait pas ce qui s’est passé réellement, c’est bien sa main, pourtant.
Il peut marcher cependant, il rentre, la tache rouge s’est arrêtée ; seule la douleur persiste. L'essoufflement aussi...

Un ciel d’orage.

    La peinture, seule, était pourtant son remède, ses gesticulations, en quoi ce geste change tout ? J’ai voulu me tuer pense-t-il en se dirigeant vers sa chambre minuscule. Il vaudrait mieux peindre des portraits plutôt qu’aller dans ces champs, là où il y a trop de lumière. Ou retourner à l’asile peindre les grands pins. Pourquoi faut-il que je rajoute toujours de « l’espace ».    
    Je ne suis pas assez gai, je ferai moins de crises si j’étais plus joyeux, moins austère. Pourtant le travail marchait bien, tant de tableaux ! Le temps presse, il faut que je repeigne au plus vite. Souffler puis reprendre, telles sont ses pensées.
    Les mers de blé, les oiseaux, la grande terre, les paysannes…

Ces grands paysages sont trop mélancoliques pour moi, pense-t-il en s'endormant.


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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 08:28

« En toute simplicité, subrepticement, Pierre Dumayet nous restitue cette arche de Noé témoin d’un temps d’avant la loi, salut aussi d’une espèce humaine miraculée sans nécessité. Brossard et moi tresse sensiblement pour notre plus grand plaisir une métaphysique ordinaire. Le récit baroque soliloque sur un mode impressionniste avec chacun en propre, mais par hasard. Ecrit en creux, il nous convie au festin des restes. »


Telle est la quatrième de couverture du livre Brossard et moi de Pierre Dumayet, Editions Verdier, 1989.

    Qu’est ce livre ? Un roman ? Un récit ? Un OVNI littéraire sans nul doute. Une énigme disait un critique, un conte baroque, une autobiographie …Toujours est-il qu’en bon manieur de mots, Pierre Dumayet nous offre un festin jouissif. Il y a à déchiffrer, mais surtout à lire, et y prendre plaisir.

    Ecrit en 1989, on arrive à situer les lieux, il y a de la Normandie et la mer, le récit commence d'ailleurs par l'évocation de celle-ci. On comprend aussi qu’il y a quatre personnes, le narrateur, Brossard (une sorte de double), la femme de Brossard et une seconde femme. « Nous formons vraiment un couple à quatre. » est-il dit. « et si nous formions une secte ! ». Un chien jaune aussi est présent ; plus tard arriveront d’autres personnages, une tante, un gendarme chef, deux chiens supplémentaires sachant rire. Une troisième femme, enfin, jeune. La sœur de Brossard et encore d’autres personnages…
    Dans ce livre, tout le monde part et revient, il y a un ballet sans cesse de gens qui rentrent et qui sortent, dont un improbable voyage au Mali. Allons faire une promenade nous dit Dumayet. Rentrer dans la maison, la quitter, discuter, voter telles sont les occupations les plus fréquentes de ces gens. Il y a des conflits en permanence, mais chacun revient. A la fin, il manque une pipe, peu importe, on passera par St Claude en acheter une. Puis on en fabriquera. Enfin la boucle est bouclée, Brossard et le narrateur rentrent chez eux à la fin du récit. Leur maison est devenue une sorte d’autel que l’on fait visiter.

    Dans ce livre écrit merveilleusement bien avec une verve délicieuse, on passe sans cesse du coq à l’âne ; l’absurde est bien présent, il y a du Ionesco sans hésitation. Beaucoup d’humour, de richesse d’expressions et de mots, beaucoup de dérision. Beaucoup de jeux « avec » les mots. Surréalisme aussi, le narrateur va se confesser au début du récit  parce qu’il n’aime pas le bleu, « seulement le bleu ? » lui demande le curé ? et plus loin : « Qui parlait d’amour fou ? ». Autobiographie naturellement « Est-ce que mes pipes me disent bonjour ? » demande le narrateur. Et puis du délire dans l’écriture : « on sent bien que rien n’est écrit, que la suite est aléatoire. » « J’ai toujours aimé attendre. Quand on attend on est toujours baroque : on ne sait pas exactement ce qu’on fait. » « Elle est belle comme une amibe ». Le narrateur va à la banque demander un prêt, « une aide à l’entreprise »
« Quel est l’objet de cette entreprise ?
- survivre. »
On apprend les prénoms de certaines personnes par télégramme, c’est plus drôle, sinon il y aurait des erreurs de communication. Beaucoup de compassion aussi.
C’est riche et truffé d’inventions « On voit qu’il est aveugle, dit Brossard, quand on lève une bouteille, il ne tend pas son verre. » . Délires aussi sur la forme de l’œuf et du cocotier, sur le chien jaune. Un critique parle aussi de Michaux, de Pierrot le fou…
Tout ce bric-à-brac pourrait n’avoir ni queue ni tête ou n'être qu'un exercice de style, il y a pourtant une histoire : celle de Brossard et lui perdue dans une multitude d’histoires annexes, mais essentielles, secondaires mais primordiales, un récit dont on suit le cheminement et qui passionne le lecteur un tantinet attentif cependant. Une percussion de mots salutaire. Une originalité exemplaire.

    « Mais qui est Brossard ? L’un de nous. »
Cela doit faire 4 ou 5 fois que je lis ce livre et je pense n’avoir absorbé que 20 ou 30 % de ses offres.
    Bref il y a encore beaucoup à lire. Roman d’une existence ? Roman/récit d’un écrivain d’exception ? Sans nul doute.

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Pierre Dumayet est né en 1923. Journaliste, grande figure de la télévision, il commence sa carrière à la R. T. F. en 1946. Il est scénariste, producteur et coproducteur de multiples émissions notamment de Lecture pour tous (1953-1958), En votre âme et conscience (avec Pierre Desgraupes, 1954), Cinq colonnes à la une (1958-1968). Il est également l'auteur de nombreuses émissions dont Le Temps de lire (1970), Cent questions derrière un miroir, Des milliers de livres écrits à la main (1975).

Il a écrit :


La Maison vide, 1996

Le Parloir, 1995

La Vie est un village, 1992

La Nonchalance, 1991

Brossard et moi, 1989

Autobiographie d'un lecteur, 2000

Des goûts et des dégoûts, 1996

Narcisse, 1986

La Tête, 1980

Monsieur a-t-il bien tout dit aujourd'hui ? 1967

Radio et télévision :

La Der des der, une émission de Michel Polac, M6, 1989.

Le Divan, d'Henry Chapier, FR3, juillet 1989.

Fréquence lire, Radio France Internationale, 20 avril 1991.

Ex-Libris, par Patrick Poivre d'Arvor, TF1, 31 janvier 1991.

Caractères, de Bernard Rapp et Martine Saada, FR3, 1992.

Coup de coeur, par Cella Minart, RFI, 1992.

Panorama, France Culture, octobre 1996.
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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 04:28
mon coeur s'envine, mon coeur enviné
en tête avec mon entité on a décidé
de s'entre détruire s'entre déchirer

c'est entendu dit mon coeur d'accord
dit la peine ensiforme en soi à l'envie
mon coeur s'envine, mon coeur enviné

joliesse de cette attitude joviale
pars ma jouvence indécente indécise
c'est la déprime indécollable qui colle

ainsi, ma vie incurieuse incréée vide
et mon coeur s'envine, mon coeur enviné
la peine s'incruste s'imprime indélébile

ma vie d'inélégance inepte inemployée
laisse courir son sang hors d'elle hors
et je meurs moussu de malheur bien mûr

et mon coeur s'envine, mon coeur enviné
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 01:18
AH ! ces CuisseS déviergées où étroit delta
oH ! si lisse qui glisse

eaux engagées
oh si près nourrissante dans

Sa Descente moi de Menthe à la lisère de cette Rivière
j'y mets

mon Pardessus dessus moussu
oH ! tes lèvres en réglisse de malice

c'est ta forêt de tissU vacarmant tes larmes
ton ventre abrégé se néglige et

mécontente tu vas lisse
et hisse ce delta rizière meurtrière embrasant ma Visière cousue

le feu a embrasé la paille
mon arme pas trop déçue ton Alarme de charme :

c'est l'aphte qui s'en ressent , je suis le beta de tes anses
delta étroit pas très froid où je me Hisse :
VIENS !


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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 19:54
    Ton corps était dans le noir. La nuit tapissait la chambre. Seul le rouge de ta cigarette faisait lumière, éclat.
Silencieuse, je ne savais si tu pleurais, si tu souriais.
Je distinguais à peine tes courbes, tes délicatesses ou l’ambre de ton sexe.
Le silence a pris la totalité de la chambre. Même la ville se tut.
Je lui donne ma main, à elle. Ca sera mon chant. Mon communicant.

    Dans la cour, hier, les enfants jouaient.
Demain j’achèterai des fleurs, on les aime tous deux. Au centre d’une pièce, par leur couleur, les fleurs peuvent resplendir. Du moins, les couleurs apparaissent.
Tu voulus mettre le disque que tu aimais.
Tu t’éloignas, tu devenais chaque jour de plus en plus belle.
Il ne fait pas encore clair, l’aube attend derrière les persiennes. Nous sommes fatigués de tous ces silences, ces silences de trop. Ces trop grosses doses de noir. Autrui, qu’est-ce ?
Je décidais de commencer ta complète mémorisation. Un portrait composite.


    Un collant, blanc, en laine, tu me laissas, sachant que je l’aimais.


   

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 19:18
" Le sens trop précis rature
Ta vague littérature "
Stéphane Mallarmé
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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 05:50
En ce moment : Gros coup de coeur.jpg

pour le premier album de Berry : "Mademoiselle"

berry-mademoiselle.png
rien de révolutionnaire et cependant :
- une voix fraiche, débordante de sensualité et de féminité
- des textes simples "de chanson", mais très bien écrits, souvent justes
- une musique et une orchestration remarquables de Manou, où rêgne la guitare sèche. C'est truffé d'inventions sonores, et de justesse.
- 2 petits poèmes de Verlaine en fin de disque astucieusement mis en musique et chantés

Toutes les chansons s'écoutent avec un très grand plaisir, les deux premières bien sûr qui sont devenues depuis fin février déjà des quasi tubes : "Mademoiselle" et "le bonheur" ; mais aussi les autres, en particulier la très très belle chanson de rupture "plus loin", véritable petit chef d'oeuvre de sensibilité et de retenue.

Voici "le bonheur" :
(mais sans musique et sans chant) malheureusement

Le bonheur

N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas / Ni ici ni ailleurs…
Nous allons mourir demain / Ne dites plus rien / Le bonheur conjugal / Restera de l’artisanat local
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Le trésor n’est pas caché / Il est juste là / A nos pieds dévoilé / Il nous ferait presque tomber
C’est dommageable qu’on ne vive / Qu’une seule fois / C’est le temps d’une joie / Qui s’offre comme vous à moi
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Un peu de sel dans la mer / Ne changera rien / On s’adore on s’enterre
On trouve une main et on serre
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer


chanteuse-berry.jpgPhotographies de Ramon Palacios-pelletier

Le site de BERRY : cliquez sur la photo

Voir les très sympathiques vidéos
= c'est là.
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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 01:52
Une maison déchirée par deux silences
Des airs arrachés dans leur silence
Mon nom de personne humaine retrouvée
Un chat de silence aux odeurs tant aimées
La terre aux sentes de grenat trempé, et
La mort alentour à parfaire, attentive

    Après deux chansons, tu t’es retournée et regardais pas n’importe où
O ma douce aux herbes de chênaie ma mie d’univers et danses
et

Ma tête penchée t’élève, tes lèvres emprisonnent,
ô sonne mon amour, à ma porte

Mon chat jaune t’attend,
Sa moustache éclairée, étoiles sifflantes,
    Un air de piano très lent où le chanteur s’enrhume, sa poésie distante très loin de toi,
    Un air de piano à tout casser pour le mépris et l’insolence
O je les aime ces airs-là jusqu’au bout de la nuit.

Je te cherche encore aujourd'hui dans les cités des hommes, j’éreinte mon corps à t’inventer, mes pas me portent ailleurs, je ne vais pas loin, ici le peu me suffit ; quelques fleurs séchées ensemble, ta main blanche nichée près de mon ventre, mon chat à l’œil infini.

    « venez le soir, venez très tard » à l’impossible rêve près de moi
confondu
immobilisé
mon chant s’égare

aimable mon visage même trop, même mal
qu’importe
« vous avez fait taire les cœurs vous écoutez »
pour atteindre
pour rejoindre les temps endurcis les soleils intégralement noirs

    Vous garderez donc mon souvenir, tristitude comique, à l’instar de nos rêves étonnants, finition drôle de nos espoirs finis ; vous ouvrirez le tiroir des photos jaunies, tous vos chiens oubliés égarés aux tristes mines grises ; les défaites d’autrefois au fond de vos prunelles très mûres, très parfumées ; il vous restait cette écharpe de mon frère que je vous vois porter, elle a des reflets d’or sur votre cou. Votre cou ?

Forêts de rouvres où vous vous offriez aux terres feuillues
Palette d’un peintre fatigué du jaune et du brun
Votre corps boueux de glaise ocre, un ruisseau vous lavait
Les jambes, vous les étiriez en riant chaque fois des marrons pleins les mains


Sur les coteaux de la route de Savonnières il y  a trop longtemps.








Dans les rues de cette ville oubliée

Aux ruelles pourries des magasins que tu aimais
Et que je n’aime pas
Heureux sur les pavés, gesticulant dans l’air,
Bouffant l’espace irrité des autres
Mes bottes tordues qu’un ami m’avait prêté
Et toi veste verte, ce cuir de ma mémoire
Les restaurants aux œufs-durs-mayonnaise
Ces rouges presque imbuvables dans ton palais
Tes mains trop blanches attentives
Froides aussi, même l’été, toujours prêtes
A l’amour, l’amour bouillant dans les tempes
Les doigts les langues
Il est rare d’ignorer à ce point les autres,
Tu les ignorais.

O cette femme si près
Attentive à ce chant nourricier
Toi Jacques de l’amitié et sa contrebasse
A moins que ce ne soit Jean ou je ne sais plus
A Hagetmau tu chantais après
Je ne pourrai y aller ami des concerts discrets
Mais il y avait cette fille devant
Ses épaules lainées qu’y vois-je
De ses arabesques près des projecteurs
Tu te retournes
Défies la salle de ton regard
Tout à l’heure à la fin des chants
Tu perds ton écharpe elle est de laine celle-ci
Et blanche et lourde celle-ci, un présent d'amitié
Il faut que je la ramasse comme un imbécile
Tu souris comme seules les femmes
Le peuvent
Adieu
Adieu

Ce fut un temps de jadis ancré dans mes rêves
Des secondes d’éternité pour une vie entière
Des espaces fins et brutaux à jamais souvenus
Où de fins peupliers et trembles qui au vent léger
Tremblent de tous leurs longs bras effeuillés
En d’improbables et longues quêtes d’humanité

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 02:35
« La vérité, c’est que je ne suis pas intéressé par ce qui est linéaire et rectiligne. Tout ce qui avance proprement du point A au point B, qui a un départ et une arrivée bien définis, m’ennuie. Non, il ne faut jamais chercher à être judicieux et sensé, il ne faut pas mener une existence linéaire et rectiligne ; la vie est pleine de hasards. »
Pedro Juan Gutiérrez
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 21:20
                                            Guillermo Rosales  noticiasRosales.jpgs’est donné la mort à 47 ans à Miami.
  
 Il laisse deux romans et quelques nouvelles.

Livre testament longtemps introuvable en langue cubaine,
  « Mon ange » est un modèle du genre.


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    L’écrivain quitte le régime dictatorial de Cuba pour rejoindre une partie de sa famille en Floride. Cette famille l’attend et espère trouver un homme dynamique, heureux d’arriver aux USA, prêt à repartir ; elle trouvera un clochard désabusé qui ne cherchera pas en Floride un quelconque eldorado ; gêné finalement par ce membre atypique de la famille (écrivain, poète, pauvre, libertaire, injurieux), il sera placé assez rapidement dans un « boarding home » (titre original du livre), c'est-à-dire une petite maisonnée privée pour fous ou pour dérangés qu’on trouve aux USA. « Il n’y a plus rien à faire » dira une vieille tante qui fut la dernière à tenter quelque chose.
   
    L’auteur/héros passera son temps dans ce cauchemar en trimballant ses gros livres, en particulier une anthologie de poètes anglais. Le livre donnera à penser à un moment qu’une solution existe, elle se dessine, on la voit, on est heureux ; et puis non la main de l’internement se referme inexorablement sur notre pauvre anti-héros.
   
    Ce « roman » est écrit dans une très belle prose fluide et se lit avec un immense plaisir, on peste à la fois contre le régime de Cuba, contre les américains qui emprisonnent tout ceux qui ne leur ressemblent pas, et contre les cubains « américanisés » devenus de bons petits bourgeois dans leur nouveau pays. On se prend à rêver, car on sait notre héros sain d’esprit, il est simplement différent. Mais la chute nous ôtera tout espoir. Et la souffrance d’être vivant sera apparemment bien trop forte.

Guillermo Rosales dira : « je ne suis pas un exilé politique, je suis un exilé total. »


MON ANGE de Guillermo Rosales, traduit du cubain par Liliane Hasson, acte sud 2002.

Le livre se termine par un poème de Blake :

Conduit ta carriole et ta charrue sur les ossements des morts.
Le chemin de la douleur mène au palais de la sagesse.
La prudence est une vieille fille riche et laide que l’incapacité courtise.
L’horloge égrène les heures de la folie.

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Un bel article de Philippe Lançon
(LIBERATION, 19 septembre 2002)


    « Ce livre est une flûte taillée dans un os brisé, mais ferme. Quand on souffle dedans, il en sort de petites phrases noires, sèches, factuelles. Leur assemblage sinistre et drôle dynamite toute forme d'avenir et de bonne conscience. Aucun pathétique : c'est la description précise, gelée dans l'humour, à la première personne et au présent, d'une situation sans issue. Le ton rappelle celui des Contes froids de Virgilio Piñera, l'un des grands écrivains cubains. L’encre coule d'un œil fendu par un rasoir fait d'illusions perdues. La situation se répète, les gens errent, les requins tournent, et l'on refroidit son désastre en dérision, les côtes tenues par le rire : état d'esprit très cubain. L'auteur de ce grand roman bref, Guillermo Rosales, connaissait bien son fait : exilé, dépressif, malade, il fut interné dans un asile semblable à celui qu'il décrit, par ses cousins d'Amérique. Né en 1946 à La Havane, le jeune homme est remarqué comme l'un des meilleurs jeunes romanciers. Son premier roman, Le Jeu de la viole, est finaliste en 1968 du prestigieux prix Casa de Las Americas ; mais il n'est pas publié. L'ordre politique et moral règne. Comme d'autres, Rosales écrit dès lors pour un cercle restreint d'amis et d'auteurs, et pour lui-même. Il survit en publiant des articles sur différents thèmes, dont la pêche. Il n'appartient à aucun des organismes d'État de contrôle littéraire. La Révolution l'a fait rêver ; il la vomit. « C'était un rebelle et un anarchiste par nature », explique son ami Carlos Victoria, écrivain exilé lui-même à Miami.
   
    Dans Avant la nuit, Reinaldo Arenas, auteur et ami cubain, en a fait le portrait avant la fuite : « Guillermo voulait s'enfuir de l'île, fût-ce en ballon ; il avait toujours des plans incroyables : partir sur un bateau tiré par des poissons rapides ; se déguiser en Nicolás Guillén et prendre l'avion, puisque Guillén était alors le seul écrivain à pouvoir voyager comme il le voulait. » Il sort en 1979, par l'Espagne, un an avant Arenas et tant d'autres, qui quitteront Cuba par le port de Mariel sous les huées des braves gens. Il collabore logiquement à la revue Mariel, celle d'une génération d'auteurs installés aux ÉtatsUnis vers 1980. Son père, sa mère et sa sœur sont restés à Cuba : la solitude aiguise sa maladie mentale.
   
    Dans une nouvelle non traduite, « L'étoile fugace », Carlos Victoria dresse son portrait à la sortie de l'asile : II « n'alimentait pas la haine ; la haine l'alimentait. La haine lui faisait entendre des voix, voir un ennemi derrière chaque visage, entendre une insulte derrière chaque phrase. Par haine, il maigrissait jusqu'à devenir ce déchet humain, ce spectre dont le regard plein de mépris effrayait. » Et par haine, quelquefois bonne conseillère, il écrit ce livre. Boarding home est publié en 1986 à Miami (il n'avait jamais été traduit en français) ; il reçoit un prix local, quelques-bonnes critiques, puis il est oublié. Cuba y verra plus tard une critique du mode de vie américain ; et certains, à Miami, une critique de la révolution cubaine. Chacun, en si peu de pages, en a pris éternellement pour son grade. Guillermo Rosales sort d'asile en 1990. Il bénéficie d'une chambre, dans un immeuble d'Etat pour nécessiteux. Les visites sont rares. Il souffre de délire de persécution. Cette année-là, son ami Arenas, atteint du sida, se tue à New York. Trois ans plus tard, Rosales se suicide à Miami. Sa mère et sa sœur rejoignent les États-Unis un an après sa mort. »

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 02:00
Voici une des plus belles chansons de Jean Vasca et une des plus belles chansons sur l'amitié
Cette chanson fut chantée par son auteur, par Jacques Bertin, par Marc Ogeret.
à chaque fois, un délice...

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Amis soyez toujours



Amis soyez toujours ces veilleuses qui tremblent
Cette fièvre dans l’air comme une onde passant
Laissez fumer longtemps la cendre des paroles
Ne verrouillez jamais la vie à double tour
Je suis là cœur battant dans certains soirs d’été
A vous imaginer à vous réinventer

Amis soyez toujours ces voix sur l’autre rive
Qui prolongent dans moi la fête et la ferveur
Des fois vous le savez il fait encore si froid
Le voyage est si long jusqu’aux terres promises
Je suis là cœur battant dans tous les trains de nuit
Traversant comme vous tant de gares désertes

Amis soyez toujours l’ombre d’un bateau ivre
Ce vieux rêve têtu qui nous tenait debout
Peut-être vivrons-nous des lambeaux d’avenir
Et puis nous vieillirons comme le veut l’usage
Je suis là cœur battant à tous les carrefours
A vous tendre les mains dans l’axe du soleil


    Peut on rêver de plus belles chansons sur l’amitié ?
Jean Vasca aura 68 ans cette année ! Diantre ! Le temps passe…

    Plus de 20 albums, des prix dans tous les sens, 7 ou 8 recueils de poésie… Et oui, encore un oublié des temps modernes, un grand désabusé lui aussi mais qui tient la barre encore et toujours, et le gouvernail nous emmène vers de beaux chemins ...

    Le seul avec Jacques Bertin a être paru de son vivant dans la prestigieuse collection « Poètes et Chansons » chez EPM.

    Sur le net, on trouve des vidéos de cette chanson, les puristes cherchent à savoir qui la chante le mieux de Bertin ou de Vasca ... J'aime les deux interprétations, Vasca est lyrique, Bertin plus en lui même ; les deux sont puissantes et me font frémir ! Bravo à eux ! Bravo pour ce splendide texte !
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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 16:20
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    J'aime beaucoup la poésie et la beauté des cartes peintes par Jacquie Lawson ; pour pas cher pour l'année, vous aurez un choix très grand de cartes animées très belles, poétiques ou animalières très dans la tradition anglaise.

    Je vous les recommande ! JK-.jpg


    Cliquez sur le chat, ou le chien, ou les oeufs de Pâques.


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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 20:57

encore un poète contemporain, inspiré par la Loire, angevin c'est normal ...
les mots d'Emaz sont courts, les ruptures et les cassures sonnent les mots poèmes
il y a dans le minimalisme d'Emaz un lent et long déversement d'émotions retenues

emaz1.jpg

Poème, Loire


Peut-être cela, une lumière tendue douce un jour puis d’autres, non pas la même et cependant assez particulière pour déposer dans les mots les yeux. On va de la langue jusqu’au lieu aussi bien que de lui aux mots, maintenant.

__

Dessus, il y a l’accueil d’un ciel et au bout, venant vers nous, un fleuve : entre, la lumière distend, amollit le pays au point qu’il n’y a plus qu’espace sans angle, orbite, œil rond. C’est toujours voir, même de loin, une lumière qui tourne l’œil et ouvre.

__

Il y a du fleuve dissous dans cette lumière, et de l’air et des arbres, eau et pierres deviennent mal distincts : une matière mouvante, molle. En bordure de l’œil est rejeté ce qui résiste, et droit devant bouge ce qui se mêle, s’épaissit en douceur.

__

On voit jusqu’à ce que le pays verse dans le fleuve, dans un mouvement lent qui emporte malgré tout. Vivre coule en voir. On ne bouge pas : on ne fixe plus : on absorbe jusqu’à ne plus tenir à rien tout autour. Alors, on peut fermer l’œil et ne plus garder en tête qu’une lumière ronde.



Antoine Emaz, 1996. in « Caisse claire », Editions Points, 2007
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 20:41
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    A 74 ans, Leonard Cohen va normalement reprendre une tournée mondiale. (dernière tournée en 1993 (!!!) )
(en France le 9 juillet à Lyon, le 22 Juillet à Nice)

    On lui souhaite de la réussir, mieux en tout cas que son tout dernier disque qui m’avait fort déçu (Dear heather, 2004) (et ce fut quasi le seul)...
    Il a quitté le monde du recueillement – son monastère boudhiste de Los Angeles – où il a quand même passé 5 ans de sa vie.


    Amoureux des chœurs (et des choristes), l’ami Leonard en met un peu partout ses derniers temps, mais parfois comme dans « secret life », cela sonne plutôt juste.
Grand mystique, faiseur d’histoires, Cohen fait partie des très grands ; il a d’ailleurs été honoré il y a une semaine à New York. «Rock'n'roll Hall of Fame» («temple de la renommée» et musée du rock).

       Je viens d'acheter aussi le "Book of longing", Penguin Books, 2006 ; les poèmes sont courts et assez faciles à lire même en étant moyen en anglais, c'est agréable aussi d'y voir les dessins et "décorations" du maitre lui même  quasi à chaque page, Cohen aime dessiner. Ce livre a été "mis en musique" par l'excellent Philip Glass.

   Avec sa belle voix de baryton, et de basse dans les derniers albums, Cohen s'est créé un monde unique ,le sien, son "langage intérieur", quelque chose de solide ou d'éternel.Textes, interprétation, chants, musique, dessins, romans, concepteur de ses propres clips, moine boudhiste dont le nom veut dire "le silencieux", Cohen est un être complexe.

    Voici ici "Secret Life" de son avant dernier album.
    Longue vie à lui !


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In my Secret Life

I saw you this morning / You were moving so fast / Can’t seem to loosen my grip / On the past.
And I miss you so much / There’s no one in sight / And we’re still making love / In my Secret Life.

I smile when I’m angry . I cheat and I lie / I do what I have to do / To get by / But I know what is wrong / And I know what is right / And I’d die for the truth / In my Secret Life.

Hold on, hold on my brother / My sister, hold on tight / I finally got my orders / I’ll be marching through the morning / Marching through the night / Moving cross the borders / Of my Secret Life.

Looked through the paper / Makes you want to cry / Nobody cares if the people / Live or die / And the dealer wants you thinking / That it’s either black or white / Thank G-d it’s not that simple / In my Secret Life.

I bite my lip / I buy what I’m told : / From the latest hit, / To the wisdom of old / But I’m always alone / And my heart is like ice / And it’s crowded and cold / In my Secret Life.

Leonard Cohen 2001, album 10 new songs

Dans ma vie secrete

Je t’ai vue ce matin / Tu bougeais si vite / J’ai du mal à lâcher prise / Sur le passé.
Et tu me manques tellement / Il n’y a personne en vue / Et nous continuons à faire l’amour / Dans ma vie secrète.

Je souris quand je suis en colère / Je triche et je mens / Je fais ce que je dois faire / Pour faire aller / Mais je sais ce qui est mal / Et je sais ce qui est bien / Et je donnerais ma vie pour la vérité / Dans ma vie secrète.

Tiens bon, tiens bon, mon frère / Tiens bon, ma sœur / J’ai finalement reçu mes instructions / Marchant au pas je traverserai le matin, / Je traverserai la nuit, / Passant les frontières / De ma vie secrète.

J’ai parcouru le journal / Ca vous donne envie de pleurer / Tout le monde s’en fout si les gens / Vivent ou meurent / Et le dealer veut que tu penses / Que c’est soit noir soit blanc / Dieu merci, ce n’est pas si simple / Dans ma vie secrète.

Je mords ma lèvre / J’achète ce qu’on me dit : / Du dernier tube / A la sagesse du temps jadis / Mais je suis toujours seul / Et mon cœur est comme la glace / Et il y a foule et il fait froid / Dans ma vie secrète.


Traduction française : Graeme Allwright

Son site internet = LEONARD COHEN .

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