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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 17:30
un peu de Raoul Ponchon (1848-1937)


de temps en temps ne fait pas de mal, ce grand adepte de la fée verte, de la môminette ...
Ce membre de l'académie Goncourt savait vider les bonnes bouteilles et se moquer de tout et de ses contemporains !
Il écrivit des milliers de petites pièces de vers
désuettes et souvent charmantes...




Quand mon verre est vide
Je le plains,
Quand mon verre est plein
Je le vide


ou encore :

Si les femmes étaient sans fesses,
Qu'est-ce
Que nous ferions de nos mains
Pauvres humains ?



retouvez d'autres petites pièces de vers sur ce très beau site dédié au poète :

cliquez sur le tableau d'Edgar Degas

"Absinthe" Edgar Degas (1873)
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 19:56
" N'oublie jamais : tu n'es pas l'autre. "
Louis Jouvet 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 01:12
    Il y aurait la Tristesse et sa Grande Falaise
et la Femme par un désastre gravitationnel,
le tout basculerait dans de grandes obliques et grandes gesticulations

En grande panique du dieu Pan

    Banales, la Femme et la Tristesse glisseraient ensemble dans des éclats pulsés de lumière très éblouissante en flashs puissants comme des saccades spermatiques
Je ne sais laquelle chuterait la première sous un ciel totalement bleu sans croche de nuages
Un ciel de peintures, un camaïeu

    Ou c’est moi qui glisse - je file - ou je tombe -
dans mes culpabilités humaines

Fildefériste gesticulant dans de grands éclats de quartz ne sachant ni où commencer ni où finir ma vie
Recommençant le chemin pourtant épuisé du désespoir et de l’incertain
Ce chemin là même qui forme une boucle et revient sur lui-même
En friche mélancolique en silence en bruits de broussailles
En piétinements, en revirements, élongations, crispations, longues chutes de falaises
Monticules en butoir
Plus haut que le sommet on ne monte plus
D’autres disent que ces escalades ne riment à rien
rimes pauvres

La douce camarde est au bout
sexy
habillée de noire
trouvant mon déhanchement appétissant
elle déhale mon corps
loin des eaux dangereuses
les tourbillons des flaques mornes
et des ennuis elliptiques

donc,
on attendra donc,


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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 19:59
"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique, à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti


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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 19:45

« Après le compromis.

Les corps remettent leurs frontières.

 

Ces jambes, par exemple, les miennes.

Tes bras te reprennent en eux.

Cuillères de nos doigts, lèvres

admettent leur appartenance.

…/…

Rien n’est changé si ce n’est

Qu’il y a un moment où

 

le loup, le loup affamé qui guette

et se tient au-dehors du soi

 

se coucha doucement, et dormit. »

 

Maxine Kumin « after love »

 

 

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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 02:48
j'attends le temps d'y voir
les brouillards

irritaient les paysages
maintenant les arbres nus nous désignaient
les verts malins s'y mêlaient

Good Bye ma vie aréolée d'aurores incertaines

aux chapeaux de claque de la fin Mai
ensoleillé et poussiéreux / à écarter

nous partimes fiévreux et fiers
sur nos destriers fins comme des alumettes de poussière
Alphonse à ma gauche tremblait d'insomnie
son P.34 fidèle au poste jonchait sa main éparpillée
nous chantions heureux le temps des cerises en changeant l'air
le soleil était vif l'air frais nos vitres ouvertes
nous fumions nos Gitanes complètement sourds
la radio gueulait ses principes
nous foulions ainsi le monde en pleine liberté
jusqu'où aurions nous pu nous en aller sans ces tristes habitudes

et moi bagué toujours déambulant l'esprit vide dans ces ruelles

impossibles je souffrais de mes pas dans l'inconnu de ces temps
des mouettes me giflaient de leur queue bariolée ;
j'espérais vivre loin de leurs nids ...

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16 avril 2008 3 16 /04 /avril /2008 20:14

Ecrit à 20/21 ans (publié en 1957), « une curieuse solitude » est le premier roman de Philippe Sollers. Rédigé sur les bancs universitaires lors de cours d’une « nullité sans mesure », l’auteur a depuis (et très tôt) « renié » ce livre sur des prétextes de vilaine « tradition bourgeoise ». C’est dommage, ce petit bijou célébré par Mauriac ou Aragon a bougrement bien vieilli. Et cette première œuvre d’un tout jeune homme était un vrai coup de maître. Un grand écrivain était né, nul doute.


 

 

« Une curieuse solitude » s’inscrit dans une tradition romanesque classique : initiation amoureuse, premiers érotismes, par un jeune « bourgeois » bordelais découvrant l’amour avec sa bonne espagnole plus âgée, mais aussi découverte du monde et de la manière d’y vivre. Certes on peut trouver dans ces premières proses des faiblesses de jeune homme, mais de celles que peut posséder un jeune homme mature et prêt – si jeune – à comprendre le métier d’écrivain, l’acte d’écrire, l’acte de se décrire, ou simplement  le futur « métier d’homme ». C’est ce que Sollers appellera sa « curieuse solitude ».


Les premiers rapports avec Concha sont linguistiques, le jeune Sollers étant le seul à parler espagnol. « Ce n’est qu’après que l’on découvre les femmes car dans le désir, c’est toujours soi qu’on écoute. » (tout ce qui est en bleu est issu du roman de P. Sollers)

« Je songe à l’émotion que c’est, la première fois de sa vie, d’entendre à ses côtés la respiration d’une femme. »

« Oui, je ne séparerais pas – je n’ai jamais séparé – le fait de vivre de celui d’éprouver du plaisir. »

On lit avec grand intérêt ces amours ancillaires vieux d’une moitié de siècle, Sollers dit « qu’il travaillait à lui-même » et que cette liaison « le mettait au monde ».  C’est un grand roman de l’apprentissage, mais bourré d’aphorismes qu’on peut avoir du mal à comprendre sous la plume d’un gamin de 20 ans. « Les autres n’entrent pas dans le désir », par exemple, ou « L’autre aime que nous soyons inconscients et c’est pourquoi nous ne plaisons jamais mieux que lorsque nous ne cherchons pas à plaire. », ou encore : « Et certes, une des contestations les plus pénibles de la vie est de s’apercevoir que les autres existent en dehors de cette fable dont on les avait parés. Ils se moquent bien de nos pensées, de nos imaginations, de nos calculs. Déçu, et sans doute pour ne pas avoir tout à fait tort, on écrit des livres. ». Belle maturité.

Concha disparaitra brutalement, et pour le jeune Sollers c’est la découverte de Paris et de la vie estudiantine. La facilité de certaines amitiés et amours et la volonté de l’écrivain de s’isoler, de regagner sa solitude. « Et sitôt que je commençais de sentir les bienfaits de l’habitude et de la sécurité, je me hâtais d’en finir, avec, même, une sorte de rage. Tout ce qui me rendait à ma solitude, la perte d’une liaison, d’une amitié, était bienvenu. »

En pleine crise existentielle, l’auteur découvrira dans sa petite chambre « la réalité merveilleusement absurde », et il commencera d’écrire… Mais Concha n’est pas oubliée, elle est là « par mégarde », prête à « se faire une place dans l’attente » de l’écrivain.

En fait les pages du jeune Sollers sont terriblement « romantiques », un romantisme moderne où décevoir et être désinvolte furent un moment la règle.

 

Enfin Concha est revue à Paris, « on n’a rien à dire lorsqu’on a trop à dire », la relation recommence que l’écrivain cherche sans cesse à analyser, « je voulais savoir » ; car le secret, l’incertitude, l’inconnaissable l’attirent tel un aimant : « On croit ne pas tenir à la vie et la discipline du plaisir vous la fait aimer. ». La séparation enfin, vacances scolaires, et la découverte brutale et bilatérale que les choses ne sont pas si simples, l’amour existant, « et déjà je souffrais de tout ce que j’allais avoir à souffrir. ». Visages en pleurs non prévus. « J’ai besoin des grandes villes. Tard dans la nuit, je restai dehors. ». Le narrateur pense alors être guéri de sa jeunesse. « En attendant pire ».

 

 

« Ce n’est pas tous les jours qu’un jeune homme se lève
et parle si bien des femmes. »

 Louis Aragon 1958.

 

 

………………………………………………

 

On trouve aussi dans cet extraordinaire roman ce trait psychologique que j’ai vérifié régulièrement tout au long de ma vie, à chaque fois, je repense, amusé, à Sollers et à sa grande connaissance – si jeune cependant – de l’insuffisance humaine. (sur les gens prétendant être nul dans tel domaine, sous entendant, je suis excellent dans tel autre)

 

« C’est ainsi qu’on insiste sur certaines de ses maladresses en soulignant que si elles sont si absolues ce doit être en compensation de qualités au moins aussi extrêmes. Un rêveur se plait à dire « qu’il ne sait rien faire de ses dix doigts » parce que sa famille, s’étonnant qu’il soit si méditatif le lui a toujours répété sur un ton d’admiration et qu’il suppose que la proposition « ne savoir rien faire de ses dix doigts » entraîne celle « oui, mais quelle puissante cervelle ! ». Un artiste dit son goût pour la musique et proclame, en l’exagérant, son indifférence vis-à-vis de la peinture, en croyant que cette exclusive exalte sa compétence dans l’autre domaine.

Ainsi, chacun, par l’obstination qu’il met à se créer des limites pour mieux faire valoir ce qu’elles contiennent, croit se rendre « touchant », « humain », à la fois compréhensible et mystérieux d’être si singulier dans ce déséquilibre. »

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 19:29
    Au bout du chemin : un point

Un arrêt plutôt, dans un champ de blé, où le jaune s’éclate, un chemin s’enraye net, bordé de vert cependant, les barres vertes pleines telles des lisières d'espérance ;
les corbeaux noirs sont vivants, ce lieu est bien vivant, ces hauts blés louvoyant ;

un homme cependant mourra deux jours plus tard.

Il se tient le buste ; lui-même ne sait pas ce qui s’est passé réellement, c’est bien sa main, pourtant.
Il peut marcher cependant, il rentre, la tache rouge s’est arrêtée ; seule la douleur persiste. L'essoufflement aussi...

Un ciel d’orage.

    La peinture, seule, était pourtant son remède, ses gesticulations, en quoi ce geste change tout ? J’ai voulu me tuer pense-t-il en se dirigeant vers sa chambre minuscule. Il vaudrait mieux peindre des portraits plutôt qu’aller dans ces champs, là où il y a trop de lumière. Ou retourner à l’asile peindre les grands pins. Pourquoi faut-il que je rajoute toujours de « l’espace ».    
    Je ne suis pas assez gai, je ferai moins de crises si j’étais plus joyeux, moins austère. Pourtant le travail marchait bien, tant de tableaux ! Le temps presse, il faut que je repeigne au plus vite. Souffler puis reprendre, telles sont ses pensées.
    Les mers de blé, les oiseaux, la grande terre, les paysannes…

Ces grands paysages sont trop mélancoliques pour moi, pense-t-il en s'endormant.


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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 08:28

« En toute simplicité, subrepticement, Pierre Dumayet nous restitue cette arche de Noé témoin d’un temps d’avant la loi, salut aussi d’une espèce humaine miraculée sans nécessité. Brossard et moi tresse sensiblement pour notre plus grand plaisir une métaphysique ordinaire. Le récit baroque soliloque sur un mode impressionniste avec chacun en propre, mais par hasard. Ecrit en creux, il nous convie au festin des restes. »


Telle est la quatrième de couverture du livre Brossard et moi de Pierre Dumayet, Editions Verdier, 1989.

    Qu’est ce livre ? Un roman ? Un récit ? Un OVNI littéraire sans nul doute. Une énigme disait un critique, un conte baroque, une autobiographie …Toujours est-il qu’en bon manieur de mots, Pierre Dumayet nous offre un festin jouissif. Il y a à déchiffrer, mais surtout à lire, et y prendre plaisir.

    Ecrit en 1989, on arrive à situer les lieux, il y a de la Normandie et la mer, le récit commence d'ailleurs par l'évocation de celle-ci. On comprend aussi qu’il y a quatre personnes, le narrateur, Brossard (une sorte de double), la femme de Brossard et une seconde femme. « Nous formons vraiment un couple à quatre. » est-il dit. « et si nous formions une secte ! ». Un chien jaune aussi est présent ; plus tard arriveront d’autres personnages, une tante, un gendarme chef, deux chiens supplémentaires sachant rire. Une troisième femme, enfin, jeune. La sœur de Brossard et encore d’autres personnages…
    Dans ce livre, tout le monde part et revient, il y a un ballet sans cesse de gens qui rentrent et qui sortent, dont un improbable voyage au Mali. Allons faire une promenade nous dit Dumayet. Rentrer dans la maison, la quitter, discuter, voter telles sont les occupations les plus fréquentes de ces gens. Il y a des conflits en permanence, mais chacun revient. A la fin, il manque une pipe, peu importe, on passera par St Claude en acheter une. Puis on en fabriquera. Enfin la boucle est bouclée, Brossard et le narrateur rentrent chez eux à la fin du récit. Leur maison est devenue une sorte d’autel que l’on fait visiter.

    Dans ce livre écrit merveilleusement bien avec une verve délicieuse, on passe sans cesse du coq à l’âne ; l’absurde est bien présent, il y a du Ionesco sans hésitation. Beaucoup d’humour, de richesse d’expressions et de mots, beaucoup de dérision. Beaucoup de jeux « avec » les mots. Surréalisme aussi, le narrateur va se confesser au début du récit  parce qu’il n’aime pas le bleu, « seulement le bleu ? » lui demande le curé ? et plus loin : « Qui parlait d’amour fou ? ». Autobiographie naturellement « Est-ce que mes pipes me disent bonjour ? » demande le narrateur. Et puis du délire dans l’écriture : « on sent bien que rien n’est écrit, que la suite est aléatoire. » « J’ai toujours aimé attendre. Quand on attend on est toujours baroque : on ne sait pas exactement ce qu’on fait. » « Elle est belle comme une amibe ». Le narrateur va à la banque demander un prêt, « une aide à l’entreprise »
« Quel est l’objet de cette entreprise ?
- survivre. »
On apprend les prénoms de certaines personnes par télégramme, c’est plus drôle, sinon il y aurait des erreurs de communication. Beaucoup de compassion aussi.
C’est riche et truffé d’inventions « On voit qu’il est aveugle, dit Brossard, quand on lève une bouteille, il ne tend pas son verre. » . Délires aussi sur la forme de l’œuf et du cocotier, sur le chien jaune. Un critique parle aussi de Michaux, de Pierrot le fou…
Tout ce bric-à-brac pourrait n’avoir ni queue ni tête ou n'être qu'un exercice de style, il y a pourtant une histoire : celle de Brossard et lui perdue dans une multitude d’histoires annexes, mais essentielles, secondaires mais primordiales, un récit dont on suit le cheminement et qui passionne le lecteur un tantinet attentif cependant. Une percussion de mots salutaire. Une originalité exemplaire.

    « Mais qui est Brossard ? L’un de nous. »
Cela doit faire 4 ou 5 fois que je lis ce livre et je pense n’avoir absorbé que 20 ou 30 % de ses offres.
    Bref il y a encore beaucoup à lire. Roman d’une existence ? Roman/récit d’un écrivain d’exception ? Sans nul doute.

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Pierre Dumayet est né en 1923. Journaliste, grande figure de la télévision, il commence sa carrière à la R. T. F. en 1946. Il est scénariste, producteur et coproducteur de multiples émissions notamment de Lecture pour tous (1953-1958), En votre âme et conscience (avec Pierre Desgraupes, 1954), Cinq colonnes à la une (1958-1968). Il est également l'auteur de nombreuses émissions dont Le Temps de lire (1970), Cent questions derrière un miroir, Des milliers de livres écrits à la main (1975).

Il a écrit :


La Maison vide, 1996

Le Parloir, 1995

La Vie est un village, 1992

La Nonchalance, 1991

Brossard et moi, 1989

Autobiographie d'un lecteur, 2000

Des goûts et des dégoûts, 1996

Narcisse, 1986

La Tête, 1980

Monsieur a-t-il bien tout dit aujourd'hui ? 1967

Radio et télévision :

La Der des der, une émission de Michel Polac, M6, 1989.

Le Divan, d'Henry Chapier, FR3, juillet 1989.

Fréquence lire, Radio France Internationale, 20 avril 1991.

Ex-Libris, par Patrick Poivre d'Arvor, TF1, 31 janvier 1991.

Caractères, de Bernard Rapp et Martine Saada, FR3, 1992.

Coup de coeur, par Cella Minart, RFI, 1992.

Panorama, France Culture, octobre 1996.
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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 04:28
mon coeur s'envine, mon coeur enviné
en tête avec mon entité on a décidé
de s'entre détruire s'entre déchirer

c'est entendu dit mon coeur d'accord
dit la peine ensiforme en soi à l'envie
mon coeur s'envine, mon coeur enviné

joliesse de cette attitude joviale
pars ma jouvence indécente indécise
c'est la déprime indécollable qui colle

ainsi, ma vie incurieuse incréée vide
et mon coeur s'envine, mon coeur enviné
la peine s'incruste s'imprime indélébile

ma vie d'inélégance inepte inemployée
laisse courir son sang hors d'elle hors
et je meurs moussu de malheur bien mûr

et mon coeur s'envine, mon coeur enviné
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2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 01:18
AH ! ces CuisseS déviergées où étroit delta
oH ! si lisse qui glisse

eaux engagées
oh si près nourrissante dans

Sa Descente moi de Menthe à la lisère de cette Rivière
j'y mets

mon Pardessus dessus moussu
oH ! tes lèvres en réglisse de malice

c'est ta forêt de tissU vacarmant tes larmes
ton ventre abrégé se néglige et

mécontente tu vas lisse
et hisse ce delta rizière meurtrière embrasant ma Visière cousue

le feu a embrasé la paille
mon arme pas trop déçue ton Alarme de charme :

c'est l'aphte qui s'en ressent , je suis le beta de tes anses
delta étroit pas très froid où je me Hisse :
VIENS !


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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 19:54
    Ton corps était dans le noir. La nuit tapissait la chambre. Seul le rouge de ta cigarette faisait lumière, éclat.
Silencieuse, je ne savais si tu pleurais, si tu souriais.
Je distinguais à peine tes courbes, tes délicatesses ou l’ambre de ton sexe.
Le silence a pris la totalité de la chambre. Même la ville se tut.
Je lui donne ma main, à elle. Ca sera mon chant. Mon communicant.

    Dans la cour, hier, les enfants jouaient.
Demain j’achèterai des fleurs, on les aime tous deux. Au centre d’une pièce, par leur couleur, les fleurs peuvent resplendir. Du moins, les couleurs apparaissent.
Tu voulus mettre le disque que tu aimais.
Tu t’éloignas, tu devenais chaque jour de plus en plus belle.
Il ne fait pas encore clair, l’aube attend derrière les persiennes. Nous sommes fatigués de tous ces silences, ces silences de trop. Ces trop grosses doses de noir. Autrui, qu’est-ce ?
Je décidais de commencer ta complète mémorisation. Un portrait composite.


    Un collant, blanc, en laine, tu me laissas, sachant que je l’aimais.


   

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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 19:18
" Le sens trop précis rature
Ta vague littérature "
Stéphane Mallarmé
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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 05:50
En ce moment : Gros coup de coeur.jpg

pour le premier album de Berry : "Mademoiselle"

berry-mademoiselle.png
rien de révolutionnaire et cependant :
- une voix fraiche, débordante de sensualité et de féminité
- des textes simples "de chanson", mais très bien écrits, souvent justes
- une musique et une orchestration remarquables de Manou, où rêgne la guitare sèche. C'est truffé d'inventions sonores, et de justesse.
- 2 petits poèmes de Verlaine en fin de disque astucieusement mis en musique et chantés

Toutes les chansons s'écoutent avec un très grand plaisir, les deux premières bien sûr qui sont devenues depuis fin février déjà des quasi tubes : "Mademoiselle" et "le bonheur" ; mais aussi les autres, en particulier la très très belle chanson de rupture "plus loin", véritable petit chef d'oeuvre de sensibilité et de retenue.

Voici "le bonheur" :
(mais sans musique et sans chant) malheureusement

Le bonheur

N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas / Ni ici ni ailleurs…
Nous allons mourir demain / Ne dites plus rien / Le bonheur conjugal / Restera de l’artisanat local
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Le trésor n’est pas caché / Il est juste là / A nos pieds dévoilé / Il nous ferait presque tomber
C’est dommageable qu’on ne vive / Qu’une seule fois / C’est le temps d’une joie / Qui s’offre comme vous à moi
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Un peu de sel dans la mer / Ne changera rien / On s’adore on s’enterre
On trouve une main et on serre
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer


chanteuse-berry.jpgPhotographies de Ramon Palacios-pelletier

Le site de BERRY : cliquez sur la photo

Voir les très sympathiques vidéos
= c'est là.
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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 01:52
Une maison déchirée par deux silences
Des airs arrachés dans leur silence
Mon nom de personne humaine retrouvée
Un chat de silence aux odeurs tant aimées
La terre aux sentes de grenat trempé, et
La mort alentour à parfaire, attentive

    Après deux chansons, tu t’es retournée et regardais pas n’importe où
O ma douce aux herbes de chênaie ma mie d’univers et danses
et

Ma tête penchée t’élève, tes lèvres emprisonnent,
ô sonne mon amour, à ma porte

Mon chat jaune t’attend,
Sa moustache éclairée, étoiles sifflantes,
    Un air de piano très lent où le chanteur s’enrhume, sa poésie distante très loin de toi,
    Un air de piano à tout casser pour le mépris et l’insolence
O je les aime ces airs-là jusqu’au bout de la nuit.

Je te cherche encore aujourd'hui dans les cités des hommes, j’éreinte mon corps à t’inventer, mes pas me portent ailleurs, je ne vais pas loin, ici le peu me suffit ; quelques fleurs séchées ensemble, ta main blanche nichée près de mon ventre, mon chat à l’œil infini.

    « venez le soir, venez très tard » à l’impossible rêve près de moi
confondu
immobilisé
mon chant s’égare

aimable mon visage même trop, même mal
qu’importe
« vous avez fait taire les cœurs vous écoutez »
pour atteindre
pour rejoindre les temps endurcis les soleils intégralement noirs

    Vous garderez donc mon souvenir, tristitude comique, à l’instar de nos rêves étonnants, finition drôle de nos espoirs finis ; vous ouvrirez le tiroir des photos jaunies, tous vos chiens oubliés égarés aux tristes mines grises ; les défaites d’autrefois au fond de vos prunelles très mûres, très parfumées ; il vous restait cette écharpe de mon frère que je vous vois porter, elle a des reflets d’or sur votre cou. Votre cou ?

Forêts de rouvres où vous vous offriez aux terres feuillues
Palette d’un peintre fatigué du jaune et du brun
Votre corps boueux de glaise ocre, un ruisseau vous lavait
Les jambes, vous les étiriez en riant chaque fois des marrons pleins les mains


Sur les coteaux de la route de Savonnières il y  a trop longtemps.








Dans les rues de cette ville oubliée

Aux ruelles pourries des magasins que tu aimais
Et que je n’aime pas
Heureux sur les pavés, gesticulant dans l’air,
Bouffant l’espace irrité des autres
Mes bottes tordues qu’un ami m’avait prêté
Et toi veste verte, ce cuir de ma mémoire
Les restaurants aux œufs-durs-mayonnaise
Ces rouges presque imbuvables dans ton palais
Tes mains trop blanches attentives
Froides aussi, même l’été, toujours prêtes
A l’amour, l’amour bouillant dans les tempes
Les doigts les langues
Il est rare d’ignorer à ce point les autres,
Tu les ignorais.

O cette femme si près
Attentive à ce chant nourricier
Toi Jacques de l’amitié et sa contrebasse
A moins que ce ne soit Jean ou je ne sais plus
A Hagetmau tu chantais après
Je ne pourrai y aller ami des concerts discrets
Mais il y avait cette fille devant
Ses épaules lainées qu’y vois-je
De ses arabesques près des projecteurs
Tu te retournes
Défies la salle de ton regard
Tout à l’heure à la fin des chants
Tu perds ton écharpe elle est de laine celle-ci
Et blanche et lourde celle-ci, un présent d'amitié
Il faut que je la ramasse comme un imbécile
Tu souris comme seules les femmes
Le peuvent
Adieu
Adieu

Ce fut un temps de jadis ancré dans mes rêves
Des secondes d’éternité pour une vie entière
Des espaces fins et brutaux à jamais souvenus
Où de fins peupliers et trembles qui au vent léger
Tremblent de tous leurs longs bras effeuillés
En d’improbables et longues quêtes d’humanité

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