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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 18:53
"L'inanité d'une vie trépidante entourée de clôtures."
Harry Martinson
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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 14:10
on foule on foule
nos désirs éteints
hier l'arbre s'endormait contre le chien timide
dans une petite rue de Mai à l'ombre d'un chêne
ou c'était un figuier le sable et la poussière et les cailloux, en bain ensoleillé, les ruelles percevaient déjà mes curieux états d'âme
je ressentais l'air la terre en grande clarté
mes désirs alors revinrent
et c'était bon ces matins d'aubes indéfinies de brumes poétisantes
mes amis dormaient à l'ombre de mes pas
des odeurs de mer et de campagne boisée ou les deux dans mon univers d'amitié
mes cheveux s'étonnaient sur des rochers et tissaient des algues
je voulais réinventer la mer
en faire à mon gré un monde parfait
aujourd'hui les amis ne sont plus

je marche je marche
mes désirs éteints hier l'arbre s'endormait
entre les pattes de ce chien fidèle
c'était une petite ruelle et vieille sans doute où le soleil cognait sur les terres alentour les roches les poussière de vos peaux

il est bon de ne pas revenir en arrière
ses souvenirs où battaient mes peines de coeur
où les amis finissaient leur marche dans une grange chaude
le foin sentait bon les sexes verts
les amitiés les visages de rousseur
les rires dans la poussière orangée et  les pailles jaunes
enfumés nos corps de poussière et elle dormait

tout finit tout finit
des désirs morts
il y a longtemps un arbre baissait
toutes ses branches
il dormait un chien s'étendait sous l'ombre
une ruelle en Mai s'éteignait de gris tout était chaud de soleil
même les filles des rues encore endormies dans le matin clair


Dessin de Yann Owens
son site de gravures et dessins = Yann Owens
et aussi là : legraveur

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 11:16
Laisse
Laissez aller les aurores hivernales les rayures de corbeaux
Hier déjà les ponts blanchissaient
de grandes cohortes de mouettes aux pages blanches

Les écumes de mer
Où béton prenant le ventre et nouvelle semence : le béton gagnait la mer
- escargot inquiet –

Embruns d’Encalquier sous les routes
Hier les fous fêtaient
Et la mer célébrait cet abandon

Laisse
Laissez aller
Les temps s’ajoutent parfaitement
Identiques chacun
La poussière est pareille et comme le sable
Il y avait des traces de chien
Moi alter ego du vent et de la terre
Je pisse résolu et désabusé contre ces réalités trop fières

Hier les mouettes allumées dans les cieux balancés
Et le temps qu’on n’écoute plus
Son propre fil de vie si ténu si tranquille
Et quelle main peut le tendre encore, joindre son élasticité

Il ne restait rien à finir
Les fils à tresser
Tout était déjà clos

Clos monde de labeur
Monde démantelé affolé déshumanisé

Seul je persistais
l’autre déjà montrait les cous à couper, les volontés à abattre

nous, nous étions à l’air libre
cet air frais et froid, vif
qui, peu à peu, réveille parfois

près de Marseille
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 20:49
Le sable
    enfonçant

Aux pieds
    bien beaux
        fait fabliaux

La mer tisse
    ocre ou noir sable
       fait rimes

ainsi : de toi, de vous
    je m'enfonce sans vous


peinture vue au château d'Azay Le Rideau
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11 novembre 2007 7 11 /11 /novembre /2007 11:41
« L’amour et l’amitié savent que l’autre aimé est définitivement à la fois donné et hors de portée. L’amour insiste sur le hors de portée et donc fait les gestes de la possession. L’amitié s’installe dans le « donné » et donc accomplit les gestes de la dépossession.

Dans l’amitié, le désir ne cherche pas à posséder ce qu’il ne possède pas, comme s’il le possédait déjà, et parce qu’en un sens il le possède déjà. Dans l’amitié le corps de l’autre m’appartient déjà pour autant qu’il est en lui d’être à moi. Il y a bien là une mise en œuvre de la sexualité, mais très spécifique et qui se nomme tout simplement la chasteté. »

Alain Cugno
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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 20:53


    Je ne vais plus au village de ma grand-mère. Je n’habite plus cette région depuis longtemps et puis mes grands parents sont enterrés, la maison a été vendue. Mais je me souviens bien de mes derniers passages et de nombreux souvenirs resurgissent. Une toute petite maison, avec sur sa droite un tout petit jardin. Un mur (Oh ! Ce mur : je me souvenais d’un mur très haut, que j’escaladais, enfant, avec grandes difficultés, alors qu’il ne doit pas dépasser un mètre cinquante), derrière le mur, le potager, un grand noisetier, derrière encore, un grand champ, au bout du champ, la route, de l’autre côté de la route la ferme chez Hervé où nous jouions certains après midis au Monopoly dans les années 65.

    Derrière le mur, une grosse haie de framboisiers où muni d’un bol on me réclamait parfois d’aller. Le grand noisetier à ma dernière visite avait été abattu, comme je le regrette, c’était un arbre gigantesque, majestueux, une balançoire à sa plus grosse branche du bas, et quantité de noisettes que nous écrasions entre deux pierres. J’ai d’ailleurs gardé un goût prononcé pour les noisettes ; mes beaux-parents dans des accès d’humour m’appellent « l’écureuil ». Mon frère plus âgé que moi montait très haut et me racontait les toits du village, le haut du château, les champs. La nuque pliée, tête en l’air je buvais les paroles de cet aventurier comme du lait. Derrière le potager et ses rangées de légumes, un grand champ qui servait de lieux d’attaques pour cow-boy et indien, on y planta plus tard la tente. Mon père venait à la nuit tombée, pousser des gloussements d’animaux féroces, ou toucher la tente silencieusement pour le plus grand bonheur de nous deux. Avec la pointe de sa cigarette, dehors, il dessinait aussi des figures d’animaux à deviner. Nous le regardions comme le dieu de l’été.
    Ce champ aujourd’hui est un lotissement.



    En quittant la maison sur la gauche, on était bien vite dans les champs, champs de blé essentiellement, de ces hauts blés de jadis, disparus maintenant. Un large silo brutalement donnait une note de modernité. Je me souviens du grain de blé que nous épluchions et croquions, à la fois amer et sucré. Une pâte à mâcher, un chewing-gum avant l’heure. En haut de la route, sur la droite, on descendait vers la gare, la côte était courte mais forte (ce n’est bien sûr qu’un bon faux plat) ; un jour, un dimanche, de nombreux coureurs descendaient et remontaient prêts pour la course du village, la couleur des maillots, les vélos rutilants et de couleurs variées, ce monde des grands m’impressionnèrent. De fait, je fis des courses de vélo de 13 à 17 ans, ma vision, petit enfant de ce monde là, y est sans doute pour beaucoup pour le choix de ce sport. Je me rappelle aussi de mon premier petit vélo rouge ( à l’époque, je ne prononçais pas les « r », mon vélo rouge grenat, devenait « you guenat ». Un jour descendant cette petite côte, je ne pus freiner, le pignon fixe m’entraînant, seul le mur de la petite gare m’arrêta. Je revois encore le mur s’approchant de moi à grande vitesse.

    Les trois pièces de la maison étaient très petites en enfilade ; je me souviens surtout de la chambre du fond qui contenait juste deux lits, une grande armoire avec une grande glace et de deux vases faits par mon grand-père ou rapportés par lui ; ces vases faits dans des obus de la première guerre. Fusées de cuivre gravées, décorées. De savoir qu’il s’agissait d’obus m’avait bouleversé.
    Il y avait aussi la « grange ». Une petite grange qui présentait deux intérêts : une grande échelle dangereuse (« interdite »)qui menait à un vaste grenier, et des escaliers pour descendre à la cave. Au grenier, on trouvait des vieux « Akim » ou « Mickey », des jouets oubliés, et des malles, bref tout un bric-à-brac où il était plaisant de fouiller. Il n’y a plus de grenier dans les maisons modernes, j’entends de vrais greniers avec les toiles d’araignées et les trésors qui vont avec. La cave contenait encore une grosse quantité de charbon qu’on laissait couler par un petit soupirail et quelques gros tonneaux qui jadis recevaient le vin de mon grand père. Il y avait une odeur de vinasse et d’humidité, de champignons dans cette cave que je n’ai plus jamais redécouverte ensuite. Ma mère me racontait les vendanges des petites parcelles de vigne avec un âne têtu.
Dans une petite soupente, nos jouets de chaque été étaient là : arc, fusils à flèches, pistolets, panoplies.

    En mal d’animaux, parfois je caressais le chien du voisin avec une gourmandise extrême.
Plus bas dans la rue, une ferme, on allait y voir chèvres, lapins, poules et quelques vaches et puis un magnifique cheval de trait d’une stature extraordinaire. Deux vieux garçons.
En continuant la route sur la gauche, après avoir traversé la nationale, on pouvait arriver au « pont cassé », on venait voir les eaux qui coulaient vers le château, il était interdit de s’y baigner, un « trou d’eau » ayant provoqué des noyades ; je n’ai jamais su s’il s’agissait de légendes ou de réalités ; il y avait beaucoup de goujons et de petits poissons, on pêchait là avec des cannes à pêche très artisanales et peu efficaces. Les lattes du pont cassé dépassaient, quelques gros clous rouillés parfois nous griffaient les pieds. C’était la campagne à pleins poumons. Mes poumons jadis asthmatiques se souviennent des fraicheurs des prés, des tourbillons de l’eau, de l’amitié des enfants.
    J’attendais aussi avec impatience le jeudi matin ; sur la place du village stationnait alors un long camion qui vendait un peu de tout  pour les enfants des bricoles à 1 franc avec lesquelles nous allions jouer des semaines durant. Le feu d’artifice du 14 Juillet tiré sur le terrain de football était lui aussi –pour mon âge – grandiose.

    Puis nous quittions le soir le village pour rejoindre la grande ville, au passage, les parents achetaient comme un rituel quelques tartes aux pommes de terre, que nous dégusterions plus tard.

    Cette maison fut enfin vendue, ma grand-mère était morte, celle qui vers la fin de sa vie m’appelait « Monsieur » en me croisant dans le petit couloir de l’appartement de mes parents. Puis pleurait lorsque je disais mon nom.
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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 01:35
   
dans ton vers, dans tes vers, dans ton grand poème, ton grand verre

pour faire la mesure
    je n'étais souvent qu'une cheville, une inutile redondance
    un remplissage quelconque, un possible synopsis, une saynète,
un sketch, une esquisse
    donc en divertissement, concept peut-être

La couleur argentée de ta peau était comme un cliché
ma métrique se démenait en enjambement

    Je livrais mal du patois sur tes lèvres
grandes ou petites, elles étaient en rythme
Flux et reflux ordonnés
La rythmique de mes rêveries en enjouement
C'était un sonnet, une ballade ; mon engagement ;
Ma narration était naïve, toi mon énigme, mon cycle, mon art abstrait
J'errais dans tes lacunes corporelles, tes omissions de sons, d'odeurs,
Une absence comme une stance, le grand poème lyrique dont je rêvassais
Disposition rare des rimes et strophes inconnues, le merveilleux de tes surprises
Et parfois le vide devant ta jouissance de femme dont jamais je ne m'approcherais
Mon inquiétude romantique devant tes fesses lunaires, le tempo de ton bas-ventre, l'écrin chevelu, poisseux, irrésolu

La peur de trop t'idéaliser, cette fameuse âme « unanime »
Nous faisions l'amour en discursif, comme un théorème à démontrer
Un canon capital ton sexe glouton peu rassasié, affamé même de mes lèvres où se mêlaient engourdissements et flèches ; mes élégies galantes érotiques à la Boileau, à la Ronsard, à la Chénier ?

    en reste ma mélancolie infinie et drôle, succulente, le goûts de tes lèvres en mes lèvres en sucs et sucres : mon « mal du siècle » à moi?
    un très long soupir après l'amour en plein moi ou un cri terrible irraisonné, détresse, enfer mal placés, coeur se resserrant, coeur ficelé, en étouffé, un homme simplement en ne comprenant pas
solitaire en sa coquille
crevant d'être seul dans mes fouilles féminines


« On habite avec un coeur plein un monde vide et sans avoir usé de rien on est désabusé de tout. »
Chateaubriand

« Déjà la nuit en son parc amassait un grand troupeau d'étoiles vagabondes »
Du Bellay


De jurk, huile de Pat Andréa, 2001

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2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 13:05
le beau site de Robert et Shana Parkeharrison

où comment faire de la poésie
sans aucun mot

http://www.parkeharrison.com/

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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 10:12

UN JEU par MOIS

UNE PETITE BOITE DE CALISSONS à gagner à chaque fois !

le premier ou la première à répondre gagne...

de qui sont ces "vers" ? =

    " C'est un jouet scientifique pour les enfants.
    La chevelure de cette femme crépite comme une peau de chat.
    Les étincelles brillent au bout de ses doigts comme la rosée aux extrémités élancées des fléoles, le matin, dans les vieux champs de nos vieux dieux.
Des courants électriques la traversent du nord au sud et, à elle seule, elle représente une installation coûteuse.
    Quand elle est isolée, le soir dans son garni, elle s'amuse encore pour gagner quelques sous à recharger les batteries des automobiles défuntes. Elle reste ainsi pendant des heures à méditer sur des sujets anciens.
    Elle rêve d'une lampe à huile qui s'éteindrait dans un doux bruit de pompe, et de la force lente de l'eau des sources qui met un siècle pour creuser une rigole dans un roc.
    Elle rêve également qu'elle attrape les éclairs, d'un revers de main, comme des mouches pendant les nuits d'orage. Et cela lui donne des fourmillements dans les coudes. "



    Si le 30 novembre à minuit, personne n'a trouvé, je mangerais mes calissons en toute gaieté :-)


NB : 3 réponses maximum par joueur (euse) S V P

indice 1 vers le 10 nov et indice 2 vers le 20 si nécessaire...
un indice 3 "très facile" le 30 si besoin, parce que mon vilain médecin m'interdit de manger des calissons son son .     :-(

Pierre Mac Orlan !
encore découvert par la très forte Merbel
bravo à elle !
elle n'aura pas le droit de jouer le mois prochain, non mais !
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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 11:40
notre rituel
la pointe de tes seins
dans le creux de mes paumes
là où tes lèvres avaient rimé
notre amour s'était patiné
dans une robe que j'aimais

j'étais joueur de tes sens
pleine jouissance de tes joujoux
joyau en influx cinq sens
mes lèvres en fusion à tes joues

je jonchais de larmes et de cris
ta peau en majesté
ta peau en pinçons artistiques
en meule en labour
dans le rêve je te recouvrais
avec tous mes amours

de ton corps j'avais fait mon métier
tes bisous labiles s'évaporant

j'étais joueur de tes sens
grande jouissance de tes joujoux
joyau en influx cinq sens
tes lèvres en fusion à ma bouche jouent

"femme nue et fauteuil rouge" P. Picasso
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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 11:14

Déjà 30 ans !...
Jacques Brel surprenait tout le monde avec ce disque. Il avait jadis annoncé ses désirs d'arrêter les chansons.
A l'écoute de ce dernier opus, on est  stupéfait.
et ce encore en 2007 !
Il y a tout l'univers de Brel dans ce disque : sa peur des femmes (sa misogynie diront d'autres), l'amitié, la mort, ses révoltes contre l'injustice ou la bêtise humaine...
Il décèdera en octobre 1978, un an après la sortie de sa dernière oeuvre elle fut l'un des plus grands succès de l'industrie française du disque.

Cet album est parfait et sans doute le plus abouti de l'ami Jacques.
les mélodies et orchestrations sont magnifiques.
le chant et la voix sont à leur sommet malgré l'opération de son cancer des poumons 2-3 ans auparavant.
les textes sont tous irréprochables, accomplis parfaitement
et il y a encore de l'humour, beaucoup d'humour bien que la mort s'approchait à grands pas
et cette voix, cette voix !!

jadis amputée de 5 chansons que Jacques Brel voulait finalement ne jamais dévoiler, la nouvelle version de 2003 les a replacées ; "Mai 40" et "La cathédrale" par exemple ne dénotent certainement pas !

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 11:11
"J'ai une envie d'aimer abominable."
Jacques Brel
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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 14:47
    C’est parti.
L’aliscafe fonce, écumant.
Milazzo, derrière, disparaît, Sicile bruyante. Les îles éoliennes sont là, à venir.
Et me voilà, encore, revenu en arrière, seul cette fois ci. Dans ce passé. Passé à qui, souvent, j’ai dû la survie. Mes souvenirs me nourrissent et m’abreuvent. Tristes ou gais, ils sont vivants éternellement. Des moteurs.
    Ca secoue sec, j’aurais dû prendre le ferry plus lent, mon romantisme inné en serait resté intact.
La mer Méditerranée est plate, bleue.




    Voilà bientôt le volcan jaune dessiné nettement et quelques fumerolles, le ciel est sans nuage. J’avais toujours dit que je reviendrais et m’y voilà. Certes pas dans les conditions espérées jadis.

    On laisse Vulcano, Lipari est déjà là. Son petit port de rêve, tout ce monde à la Pagnol. Son château fortifié qui domine.
    Je reconnais la placette et les deux églises et cette allure perpétuelle, typique de petit village italien. Son animation. Je me souviens bien d’un petit café – le premier – où nous nous étions assis, fatigués, émerveillés d’être aux iles éoliennes. Le petit garage où nous avions loué une Vespa était tout près. L’hôtel avec le toit terrasse où le soir nous déambulions, dominant la ville en dessous. La petite ville semble n’avoir guère changé. Davantage de voitures peut-être. Du bruit toujours. Encore plus de modernité.
    Aujourd’hui je choisirai la marche. La marche est mieux pour se souvenir.

    Les carrières de pierre ponce et la plage à Canneto. Son sable noir, bizarre et tes rires en te baignant. A ce moment notre couple ne tenait que par ce jeune fœtus que tu portais en ton ventre. Tu étais heureuse, tu n’avais pas la suffisance des femmes engrossées. Tu vivais ça comme une nouvelle aventure. Ta joie me nourrissait, m’abreuvait. Nous avions ri aussi dans les bains laiteux de boue, hésitant à jouer aux touristes, et puis finalement nous nous étions délectés de cette chaleur du sol et de la mer.

    Volontiers je regrimperai le Vulcano ; je me souviens de ces cristaux de soufre à fleur de terre. En paillettes. Et là-haut les fumerolles, odeur d’œuf pourri, la chaleur que le sol dégageait. Je courrais entre ces failles où le soufre se cristallisait.

    Dans la montée, une mamma t’avait alpaguée et houspillée. Comment ! une jeune touriste française enceinte qui grimpe ce volcan, ce volcan du diable. Tu t’étais arrêtée. Tu n’étais jamais montée tout en haut. Elle t’avait fait peur. Je me demande encore aujourd’hui comment elle avait vu si vite que tu étais enceinte, c’était si récent. Je t’avais attendue, puis fais le tour, prenant ma respiration de temps en temps pour traverser les fumées nauséabondes. L’impression là-haut était irréelle, ce jaune minéral, fabriqué par le feu, entre les roches. Et la ville si proche.


    Je me souviens très bien de ce vin du diable, la Malvoisie, Maupassant en était amoureux. On le buvait à Salina sous le regard amusé des Liparotes. Salina, l’ile mystérieusement belle. Tes robes d’été, en tissu léger donnaient à ces moments-là des airs de perfection. Le soleil sur ta peau sombre, tes jambes hâlées. Et puis les lauriers roses, les cyprès hauts, grands géraniums et câpriers et tous ces oliviers verts et gris. Les routes en lacets et les maisons blanches. Ces rimes féminines. J’étais bègue devant ton corps, devant cette nature irréelle, je rêvais de l’enfant à naitre. Et ton bas-ventre comblait toutes mes espérances.

    Le marin me fit signe. Il fallait que je descende.
J’ai pris mon sac à dos et je me suis dirigé vers la sortie de l’hydroglisseur. Et puis non, les larmes aux yeux, je me suis assis. J’ai pleuré d’un coup brutalement sans me retenir. Le marin s’est approché, m’a dit quelques mots en italien. Je me suis excusé. Puis j’ai dit que je ne pourrais pas descendre, que je repartais pour la Sicile, que c’était trop dur. Il n’a pas répondu.
Je suis resté dans le bateau à attendre le retour.

    Je savais que la Méditerranée était ma mer. J’avais les mêmes sensations à Marseille, en Corse, Minorque, Ceylan ou Malte ou ici dans ces pays italiens inouïs. Cette somme bleue était mienne,  molécules en moi.
J’étais sûr qu’un jour, elle referait le même parcours, je la reconnaitrais de dos, elle aussi regarderait la mer, elle aussi serait en attente.

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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 22:00
Long décours
de…
Compte à rebours
Je ne sais plus
sur qui je compte

L’assise de la grande ville
où je reposais
n’est plus
La force des grandes villes a disparu en mon cœur
L’immensité du chant des hommes

Il reste ? …

L’autre dit de se battre
La vie continue
- pourquoi ne pas vivre, puisque tu vis – dit un troisième

la musique d’Erik Satie coordonne encore mes images à ma vie, où le piano serait l ‘ami parfait ; la musique la grande compagne
je m’accroupis au sol ; à plat ma main se pose
la terre résonne comme je l’espérais
on est trop faible pour cette grande solitude
dans nos trop petits containers d’hommes

je ne saurais donc pas quoi convenir, devenir
je ne suis pas sûr des chemins
ou labyrinthes
et la grande lacune au creux du muscle rouge, un lacis de vaisseaux conduisant le sang

dans le dédale
la peau hâlée, au soleil, j’irai, retrouver les sables et les eaux des enfances
cette histoire en arrière sera ma maldonne à moi, passé malbâti ou errances

je ne cherche que la housse de tes bras pour m’isoler
un peu,
ce costume de moi, est à mettre cependant, qui le veut ?
le fatras peut-être a bel allure – certainement …

l’étau empeste encore
ranci de ces années d’hiver


"Theory" Toile d'Ena Swansea

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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 18:15

le lent éreintement

de l'habitude de vivre ...


"Et l'imprévu demeure la seule puissance capable de rendre de la chaleur à la vie." Pascal Bruckner

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