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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 00:10
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Tout l’après-midi

En toute amitié
J’avais secoué
Des framboisiers
au dessus
de ton ventre nu
Plutôt bien sûr épépiné chaque fruit
Avec plume d'oie réglementaire
Un à un, long mais charmant
Ton nombril faisait réservoir

Tout l’après-midi
En toute amitié
Tu bougeais imperceptiblement
Ton bassin, et faire tomber
Quelques framboises glacées
A côté pour les écraser
Et tu riais, riais
Ta jeunesse parlait, tu flirtais

En fin d’après-midi
En toute amitié
Après avoir bu tes sels et sirops
goûté tes sucs et tes sucres
Tes yeux très sucrés trop me souriaient
Et tu savais déjà et tu riais
Que tu avais perdu là
Toute mon amitié
Tu m’avais framboisé

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 00:50
   
    Ah ! Le sac et le ressac – dit-elle – c’est beau, c’est romantique, on resterait là des heures, juste à regarder.
    Moi je ne disais rien, je ne disais plus rien depuis un certain temps, j’aurais souhaité être seul parmi ces rochers blancs, mais elle était là.
    Quelle étrange somme ! Cette addition : un homme une femme. Comment peut-on au début se sourire, se séduire, se parler, battre les cœurs.
    Flirter : quel beau mot !
    Et puis des mois plus tard, chercher la solitude, chercher le contentement solitaire, chercher des moments d’exception, seul sans l’autre. Sans cette moitié manquante et qu’on dit essentielle. Quel est donc ce terrible dérèglement ? L’amour qu’on lit dans les livres, qu’on voit au cinéma n’est donc pas le même ?
    Que faut-il faire pour que le sac et le ressac moi aussi je les aime ?
Je ne vois que le ressac de sa parole, ses interrogations. Jadis j’aimais les jolies filles ou les belles femmes qui avaient un bagou du diable. Je me taisais, elles parlaient, je mâtais, elles se faisaient désirables, épaules nues. Aujourd’hui j’aime un certain silence, les petits bruits de la nature et les paroles humaines souvent me désespèrent.
    Un ami me dit que pour réécrire, je dois retomber amoureux ; peut-on retomber amoureux ainsi année après année ?
    La séduction est finie, la cour de mon école fermée. Les récréations et les billes sont au placard. La vie va devenir autre chose, devenir père, se réfugier dans un travail, devenir respectable. Peut-on imaginer autre chose ? Une vie adulte différente ? Moins pessimiste, plus riche, plus en forme, plus en mouvement. Redresser la tête.



    Elle se leva, prit des pierres, fit des ricochets ; une petite houle la gênait.
Je revoyais ce corps que j’avais jadis adulé, je n’étais plus à midi depuis longtemps. Ce corps, je le reconnaissais, chaque grain de douceur, chaque courbe, une pâleur de peau particulière ; j’aurais bien voulu imaginer autre chose. Et pourtant il n’y avait rien à redire.
Ses cheveux courts de blé, son air de rousse, ses seins trop petits, tous je les avais aimés. Maintenant cela m’était indifférent, je ne les haïssais pas non plus, je m’en désintéressais.
Etonnée de mon silence, elle se retourna : « dis je croyais que tu aimais la mer, toi aussi ? »
Je répondis : « Oui j’aime le sac et le ressac… Flaubert disait que la mer était une bonne source d’inspiration poétique… »
    Elle se tut. Moi aussi.

    Nous étions dans un lieu extraordinaire : des pierres claires blanches, la mer bleu vif, presque trop foncée, des pins méditerranéens très verts très sombres donnaient à cette crique un aspect irréel, unique. La nature est belle le jour où le jour est beau. Elle comprit quelque chose, je ne sais trop quoi. Elle-même se tut, après se mit à lire, tenta de s’allonger dans les pierres dures ; j’allais me baigner dans la crique, j’allais parmi les voiliers amarrés, j’oubliais un peu – par grandes brasses – ma vie humaine.
Puis le soleil commençait à se coucher, l’atmosphère devenait plus sombre. Les ombres s’agrandissaient. Nous allions rentrer dans la grande ville.

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 20:40
            On s'est perdu parait-il ???
et pourtant si proches les uns des autres
fallait-il notre cécité si grande
pour tant s'ignorer ainsi
et que dire après tout
de nos lenteurs cinématographiques
            en flou dit-on "artistique"

vous vous complaisiez dans vos rôles
et je ne savais plus où vivre et qui suivre
mon frère déjà ne m'écrivait plus,
étranger de trop de frontières
moi-même j'oubliais son nom dans mes prières esseulées

mes amis se dispersaient en couples légitimes
et "heureux" vivaient enfin
c'était ceux des anciennes maisons communes
table commune table d'hôte
où ripailler réchauffait les coeurs
 
je restais à l'écran de ce film unique
durant l'entracte je les voyais passer
nettement je les voyais s'enfuir
et puis moins net
mes yeux embués

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 18:34
" Il existe je ne sais quel composé de ciel, de terre et d'eau, variable avec chacun, qui fait notre climat. En approchant de lui, le pas devient moins lourd, le coeur s'épanouit. Il semble que la nature silencieuse se mette tout à coup  à chanter. Nous reconnaissons les choses. On parle du coup de foudre des amants, il est des paysages qui donnent des battements de coeur, des angoisses délicieuses, de longues voluptés. Il est des amitiés avec les pierres des quais, lee clapotis de l'eau, la tiedeur des labours, les nuages du couchant.
Pour moi, ces paysages furent ceux de la Méditerranée."
Jean Grenier







On reparlera de J. Grenier à propos de son fabuleux livre "les îles"...

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17 avril 2007 2 17 /04 /avril /2007 20:05
" Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit après."
Jean-Paul Sartre

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 18:11
    « Le » livre !
    Voilà ce que l’on nous demande cette semaine pour un atelier d'écriture !
    Alors du coup : hésitations.
    Car le livre est pluriel, n’est-ce pas … : roman, essai, récit, théâtre, poésie, critique, autobiographie, nouvelles, suspense, polar, style, humour, maximes, philosophie, SF, fantasy etc.
    Choisir parmi tous ces livres qui nous ont nourri. Bien difficile.
    Vais-je vous parler de livres formidables qui m’ont « secoué » : « le loup des steppes » d’Hermann Hesse, « le passage » de Jean Reverzy : quête de l’identité.
Le style flamboyant, le travail sur la langue : « Adolphe » de Benjamin Constant, « Brossard et moi » de Pierre Dumayet, « la chute » d’Albert Camus, « Soie » d’Alessandro Baricco, « Les faux-monnayeurs » de Gide ou « dernier amour » de Christian Gailly…
    L’essai que je relis sans cesse alors que ce n’est plus de mon âge : « le nouveau désordre amoureux » de Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut ou « l’éloge des plantes » du père du radeau des cimes Francis Hallé.
    Et puis le théâtre qui m’a tant apporté : Molière, « Jacques et son maître » de Milan Kundera, « Huis clos » de Jean-Paul Sartre et tout le théâtre de Dario Fo, de Beckett, de Ionesco.
    La poésie – qui comme la SF, jadis – (« Dune » de Franck Herbeth, « fondation » d’Asimov), m’a donné envie de lire : « les yeux d’Elsa » d’Aragon, « l’espace du dedans » d’Henri Michaux, « plain chant, pleine page » de Jacques Bertin, mon alter ego. La poésie que j’aurais souhaité écrire.
    « Le seigneur des anneaux » de Tolkien, aussi, magnifique livre de fantasy. Chef d’oeuvre, encore. « Les seigneurs de l'instrumentalité » de Cordweiner Smith.
    Les nouvelles qui sont de purs joyaux lorsque c’est Raymond Carver : « vitamines », écriture minimaliste et pourtant si forte.Ou la japonaise Yoko Ogawa.
Les grands inclassables : « l’écume des jours » de Boris Vian, « le manuscrit trouvé à Saragosse » de Jean Potocki.
    Les grands journaux sur soi-même : « le métier de vivre » de Cesare Pavese ou chef d’œuvre des chefs d’oeuvres : « le livre de l’intranquillité » de Fernando Pessoa.
    Les romanciers de l’étrange, mon préféré du moment : Haruki Murakami : dont tout est bon à lire, futur prix Nobel vraisemblablement.

    Je suis quelqu’un de pessimiste, de renfermé, misanthrope beaucoup en vieillissant, aimant les livres « qui remuent les émotions » « qui font monter les larmes aux yeux », du bel ouvrage comme on dit. Amoureux de la nostalgie, de la mélancolie, une sorte de mélange entre Kierkegaard et Chateaubriand. ;-) (oui je sais , c’est pas bien).

Alors je vais changer mes plans et vous parler de « Signé Parpot » d’Alain Monnier. Pur chef d’oeuvre d’humour ! On rit à chaque page, tant ce livre est inventif, diaboliquement réussi et jouissif.

    C’est un livre étrange, cocasse, émouvant, drôle : roman noir ou intrigue policière composé uniquement de documents (lettres, cartes postales,rapports de gendarmerie, journaux intimes, chèques, titres de transport, tickets, etc.) sorte de collage. Ca se lit très bien d’une traite. Ca se déroule dans ma ville fétiche, celle de mes années estudiantines : Toulouse. Le héros est un personnage décalé, qui a son intelligence à lui, bien spéciale. Il recherche un emploi, celui-ci sera la clé de tout : le bonheur bien sûr et une certaine sécurité. Mais surtout il est tombé amoureux d’une certaine Claudine Courvoisier, et il a choisi : ça sera elle ou rien. Chose étrange : elle semble ne pas être d’accord. Alors notre héros va persévérer et la suite est un pur bijou…
    Vraie lecture « plaisir » (c’est un des buts de la lecture, non ?) même si ce n’est pas de la « grande » littérature. Encore que... Tout cela serait à discuter.
    Ce livre est très utilisé maintenant pour les élèves des collèges et lycées, pour donner envie de lire et montrer qu’un livre peut être autre chose qu’une succession rébarbative de paragraphes . D’ailleurs il a obtenu le Prix littéraire des lycées professionnels du Haut-Rhin en 1995, prix décerné par les élèves eux-mêmes.

    Si le livre est pluriel, l’écrivain aussi, Alain Monnier a écrit des suite à Parpot, puis des livres extrêmement différents, un très sombre : « les ombres d’Hannah » et plus tard « survivance », sorte de roman bigarré, très ambitieux, sorte d'utopie entre 1895 et 2060 avec beaucoup de verve, d'invention et d'humour. Récemment avec « Givré » retour au roman désopilant . Et nouvelle réussite de cocasserie et d'absurde. Enfin il y a 3 ans : un livre sur les indiens boliviens en hommage à l'ethnologue Alfred Métraux avec photographies de Pierre André Thiébaud. J'aime cet éclectisme-là.

Grand écrivain.                       

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 20:52
à Jacques Bertin,



une maison en douceur
entre deux silences
deux hautes rives
des airs arrachés
après leur silence

mon nom de personne retrouvé
un chat silencieux aux odeurs aimées
fourrure rustre de poussière
la terre aux sentes de grenat
l'eau de la Loire ronronne

après deux chansons, tu t'es retournée
belle jeune fille, belle jeunesse
ma jeune jeunesse, mon amour
ô ma douce aux herbes de chênaie

ma mie d'univers tu y dansais

ô sonne à ma porte mon amour

mon chat jaune t'attend
sa moustache éclairée

un air de piano très lent où un chanteur s'enrhume
je te cherche encore dans les cités bruyantes des hommes
j'erreinte mon corps à t'inventer
un chant pour le mépris et l'insolence
un chant pour les hommes torturés
un troisième chant pour les femmes aimées
mes pas me portent ailleurs, je ne vais pas loin, ici le peu me suffit

quelques fleurs séchées ensemble
ta main blanche nichée près de mon ventre, mon chat en boule

"venez le soir, venez très tard" à l'impossible rêve près de moi confondu

immobilisé mon chant s'égare
aimable mon visage même trop, même mal
peu importe
"vous avez fait taire les coeurs vous écoutez"
pour atteindre
ou rejoindre les temps durs les soleils noirs et les herbes assoiffées
odeurs de Loire, sable froid et grossier des rivières
touffes perdues aux rives de l'amitié




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9 avril 2007 1 09 /04 /avril /2007 10:38



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il dira aux autres : je m’en vais

respirant un air salé

et derrière lui, des goélands criards s’époumoneraient en vastes calligraphies
la mer toujours en allée et son ressac en infinité

le sable glacial collé aux pieds
chaussures en main, les pieds ont froid
Il se souvenait des années envolées :
d’autres sables froids
d’autres vents iodés
Et cette mer irisée, scintillements argentés, idéalement placée comme un lac à mémoire, une surface à déchiffrer, pour patiner

La mer, l’hiver, est encore plus belle, sauvage et mystérieuse et l’Homme isolé sur un rocher est mieux.
Sa peine diminue au gré des vagues.
La lumière est étonnamment forte pour un mois de Février, il doit plisser les yeux, plus tard il posera sa main comme une visière. Ou cherchera vers l’horizon un point quelconque, une direction.
Il sent son amputation : il lui manque quelque chose, une partie de lui-même, un chien ami, ou une compagne à ses côtés ; quelqu’un qui comme lui souhaiterait, désirerait le silence.

Le silence et l’infini du regard en un embrasement total : falaises, pierres, eaux, végétations et chants d’oiseaux.

Il constatera cependant qu’il est seul, comme un être humain normal, seul ; il se rappellera ces mots d’Haruki Murakami : « Personne n’aime la solitude. On est déçu de toute façon. »
Alors sa peur pourrait être immense.
Son unicité lui ferait mal, il s’est toujours cherché un jumeau, un jumeau à aimer comme un frère. Quelqu’un de très proche. Ou un confident.
Quelqu’un de silencieux comme lui. Mais un être humain.

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retrouver ce texte (légèrement différent) et pleins d'autres sur l'atelier d'écriture de Nathalie = ICI


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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 09:13
Ma chère Sonia,

    Je t’écris très vite ce petit mot à l’aide de mon mémorisateur intégré, je ne suis pas sûr d’ailleurs qu’il arrive à destination. Nous sommes nombreux prisonniers, ou plutôt « volontaires » comme ils disent ici et tous un peu hébétés, on ne comprend pas tout. Tout à l’heure, avant l’embarquement, il y aura plusieurs mètres à faire « à l’air libre », je jetterai cette lettre-CD en espérant qu’un « local » la trouvera et te la fera parvenir. Comme ce qu’on avait lu dans quelques journaux non autorisés, on nous a effectivement injecté de nombreux produits dans le corps. Ma peau a semble-t-il déjà changé de couleur, elle s’est un peu « kératinisé » ou plutôt « chitinisé » pour reprendre un terme utilisé entre nous et plus proche de la réalité. C’est parait-il pour mieux résister aux rayonnements. Tu connais mon côté pacifiste et mon appartenance au Parti 8, je ne comprends pas ce que je fais ici, je devais rester en ingénierie. Les injections ont été violentes comme de la flamme dans nos veines et dans nos muscles, un moment – sous la seringue - je suis retombé en enfance, des souvenirs idiots sont remontés très nets, très brutaux : tes peurs dans le train-fantôme perpétuel, enfants ; puis nos balades romantiques dans les roseaux à l’extrémité du lac d’Annecy ; puis ton corps un jour dévoilé à mes mains timides et inexpérimentées ; puis d’autres souvenirs qui se mélangent dans ma tête, que je n’arrive plus à situer : le soleil qui disparait partiellement, la nature qui se meurt, beaucoup de morts et de cris. Ce vieux pays, la France N°1, me semble si loin maintenant que je pars combattre pour les Forces Réunifiées.
    On les aura ces fichus Klingons ! La Terre a besoin de combattants, tout le monde le dit. J’espère qu’au centre de procréation assistée accélérée, tout se passe bien pour toi, malgré ces grossesses en boucle, 4 enfants par année terrienne, ça ne doit pas être facile pour vous toutes. Ni ces tuyaux, ces gaz, ces philtres accélérateurs, ces potions pour que les fœtus grossissent aussi vite. Tu verras, je reviendrai et ce cauchemar finira. Nous repartirons tous deux vers la France N°1, même si elle ne s’appellera sans doute plus ainsi, par une douce matinée d’un vrai soleil – celui qui nous obligeait à plisser les paupières -. Je prendrai ta main, nous autres « êtres humains » faisons ainsi (les Klingons parait-il se tiennent les oreilles, les crétins !) et nous longerons ces étendues d’eau que tu aimes tant, un vrai tableau idyllique de pleine romance. La nature aura peut-être repris ses droits, tous ces défoliants klingonniens vont bien disparaitre, non ?
    Ca y est le robot-chef gueule dans sa langue synthétique : on part dans 5 minutes, les astronefs sont prêts. Dernière injection avant le grand saut : il parait qu’on va dormir plusieurs années terrestres et se réveiller avec un  corps d’insecte, solide, glissant, parfait parait-il pour le combat et résistant aux attaques acides des Klingons. Je termine vite, je pense à toi, tout à l’heure m’est revenue la fin de ce poème que tu aimais tant :
«  J’étais l’orant enfouissant
Masculin
 / féminin
moussant à la langue
ton bas rein tangue »

Je pense à toi, espère mon retour et je reviendrai, j’ose un baiser
Caporal ingénieur Androïde K12-200-6PO – v 12 -


Adresse : Sonia type cyclonP-12 , N°2360-11
Centre P.A.A. N°26-A
Centre globalisé 28
France N°3
Planète Terre



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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 05:17

Jacques Bertin vieillit bien, on pourrait le croire ermite orpailleur vivant à la Thoreau, loin du monde civilisé, misanthrope impénitent , misandre plutôt, attendant la venue de quelques sirènes appétissantes ou bûcheron canadien avec sa barbe de quelques jours, son velours très bleu et son chapeau américain. Il a perdu sa belle coiffure de jeune homme bien sous tout rapport. Le chapeau cache la calvitie d’un vieillissement que l’on veut peut-être repousser.

    Son dernier disque ne dénote pas, sa voix plus que jamais précise et pleine d’harmonie accompagne des textes fins et subtils, les arrangements de Laurent Desmurs complètent le tout en un paquet étincelant. Etincellement que cette chanson-là si différente des autres et qui, moi me sidère, me met en transe, fulgurance du génie, solitude nécessaire. Car la chanson de Bertin exige un effort de nous-mêmes.
    Enfance, nostalgie, femmes d’autrefois, rencontres gâchées, nuits, maison reposante où retrouver son enfance, odeurs de Loire, sable des rivières. Les thèmes chez Bertin sont toujours les mêmes et ce sont les miens aussi. Ah ! le génie de l’écriture, comme tout cela semble simple quand on le lit et pourquoi donc, nous, nous n’y arrivons pas ? Car Jacques Bertin est un poète, un véritable, non pas un simple bon écrivain. Dans un siècle, à peine dix ainsi. Alors il faut relire, quand on lit, on a peine à imaginer un chant, une musique, tant la poésie semble là déclamée et suffisante à elle même, préciosité des vers ; quand le chant se fait entendre, on n’imagine plus le texte sans cette voix, sans cette musique accompagnant simplement, sans artifice. Puissance du lyrisme et du chant. Vive la poésie chantée quand elle est celle-ci !

le site de Jacques = ICI

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 09:52
solitude étroite tu boites
dans les vents du coeur

mort près de tes mains ouvertes et creuses
automne de rivière perle d'hiver
rivière grosse inutile virant droit mes yeux
ô si belles sources

j'irai chercher les racines blondes du fleuve
qui cisaille mon coeur de son flot alourdi

ton nom doux souvenir
tes formes tes contours du passé
ton calme ton noir ta sérénité ton éternité

ô textile doux sombre fleuve
orage orange où des anges pleuvent
le miracle de toi s'étend là
tu prends l'âme de l'eau en ton ventre

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 09:46

mouron, tu taches de taches mon coeur rond
de taches rouges comme mon rouge à moi
mouron tu picores encore mon coeur rond
et me dire ce soleil rond qui se couche en moi

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6 avril 2007 5 06 /04 /avril /2007 10:24
cette bouteille de bière attablée - là - c'est un corps de femme
aux contours blonds
j'y abreuve mes soifs comme des paquets de peur
l'air embaumé y stagne en gros flocons jolis
les tables sont les navires de l'au-delà
et mes amis des mouettes endormies colorées d'amour
cette bouteille là de bière c'est un corps de femme inutile et serein
cette pièce ce sable qui languit c'est ma langue
je veux me parfumer de ces essences
je veux oublier mes peines qui se distendent
je veux terminer ma course au plus vite vers l'incroyable
je veux m'ouvrir à cela comme un enfant
dans le désert de cette vie
où je souffre où j'ai peur

bière endormie dans ma bouche timide
tu tangues ma vie sur des pavés tristes   .point.

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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 20:09
ce jour au matin même
où dans les sables endormis
avait commencé l'herbe à blanchir
par raidie en givre
où ton corps à se réchauffer
entre nous à bas bruit
la chaleur nouvelle en
douce au dos lisse
montant en volutes lentes du sol
et parfums volant enfumés
la terre humide suant perlée
rougissant au lever
piments séchés aux
lèvres des taupinières
sous un soleil
en cuisson brutale
au soleil des cuisses
s'échappaient les suées de la terre
vers le soleil nouveau monter
en geysers doux grappes d'enfants s'esclaffant
vers / vers / le ciel / l'astre chaud
enfant

"Aube"  allégorie de William Adolphe Bouguereau

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 18:23
un cotinus pourpre en ouverture au monde
en copulation avec le vent léger
juste un bouton empourpré de jeunesse
se presse pour naitre, émerger

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