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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 04:05
orobanche penche   
orobanche penchée

penchée claire    rayons blancs

orobanche dis-moi penchée
    et moi aussi penché
dis-moi donc claire et penchée
    et moi aussi penché
dis-moi dis le moi cet effet qui fit ta blancheur
ta chlorophylle à toi ? tueuse ...
dis-moi sa blancheur à elle et le blanc de mes yeux

orobanche penche   
orobanche vengée

tu verdis de lumière    orobanche penchée
    et moi aussi penché
mon nez contre ton corps soûl de cette lumière

et belle et cette main blanche baguée

    et moi aussi bagué

orobanche blanche   
orobanche claire

je m'en vais    orobanche penchée

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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 23:00

Belle introduction spéciale pour la journée du sida sur médecins sans frontières suisse :

http://www.msf.ch/


    Il est vrai que depuis 2 ans (et 2 ans seulement) les politiques ont beaucoup changé sur le traitement des pays d'afrique ; 1,3 million de traitements distribués en 2006 contre 30.000 en 2004 . Bravo ! Mais les comptes sont cependant très en retard...
    Vive le Burkina Faso et le Ghana qui par des politiques très officielles et des campagnes "africaines" très efficaces sont les deux seuls pays à avoir réussi à freiner l'épidémie. Que les autres pays suivent !
    Je m'inquiète un peu de voir cependant tout l'argent mis en ce moment pour les recherches sur le diabète sucré et l'ostéoporose : les deux maladies de demain, parait-il... On y travaille, on y travaille, on invente les vieillards "sains" des années 2100, pour les pays riches bien sûr, et puis il faut quand même gagner de l'argent... On veut tous devenir centenaires, n'est-ce-pas ? Centenaires blancs dans nos pays riches et bien à l'abri ...

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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 22:17
(sur une idée de l'amie Nathalie)...






La peur c’est comme Allende entendant la dernière porte défoncée

La liberté c’est comme le pays qu’Allende cherchait à réinventer
L’écriture c’est comme Neruda criant leurs mots liberté fraternité amitié

La peur c’est comme toi s’approchant de moi
La liberté c’est comme toi s’éloignant de moi
L’écriture c’est comme toi bien trop loin de moi

La peur c’est ce sexe féminin toujours inconnu
La liberté c’est de jouir de tes paysages connus
L’écriture c’est comme le délié des voyelles de ton corps

La peur c’est comme la haine et le racisme qui renaît
La liberté c’est comme le chant des partisans qui renaît
L’écriture c’est comme l’échec des années d’écoliers

La peur c’est comme le noir de mes spleens
La liberté c’est comme le blanc de tes lignes
L’écriture c’est comme le gris de mes songes

La peur c’est comme cette montagne où mon ami est mort il y a 15 jours
La liberté c’est comme la sienne de grimper seul en être humain décidé
L’écriture c’est comme son corps recroquevillé en virgule au matin retrouvé

La peur c’est comme la mort que j’entends mais ne vois
La liberté c’est comme les injures que je lui dis en abois
L’écriture c’est comme mes refus d’entrer en elle en toi

La peur c’est comme ce paysage si beau qu’il fait peur
La liberté c’est comme ces monts où je marcherais
L’écriture c’est comme la somme de mes pas en cette fin d’été

La peur c’est comme vous perdre tous, tous en allés
La liberté c’est comme ma solitude belle en allée
L’écriture c’est comme la somme de toutes ces amitiés

La peur c’est comme des mots impossibles à rimer
La liberté c’est comme ces poèmes un jour de prose
L’écriture c’est comme féminines et masculines mélangées

La peur c’est comme le grand méchant loup en dim up
La liberté c’est comme ton sourire  qui dit allez Hop !
L’écriture c’est comme un son délié de vêtements qui chutent

La peur c’est comme la page blanche et qui le reste
La liberté c’est comme Eluard écrivant ce nom
L’écriture c’est comme celle des poètes délicieux exquis

La peur c’est comme vivre sans alentour des enfants
La liberté c’est comme les regarder grandir en cachette
L’écriture c’est comme leurs rires à mettre en chapelets

La peur c’est comme se retrouver seul en ce salon
La liberté bien sûr de rester là tourner en rond
Et d’y dessiner avec mes pas de sombres tracés d’écriture


à toi, mon ami Henri, je t'offre ce beau chemin vers cette montagne que tu aimais tant, à bientôt... M.

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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 10:47



    Le lac est d'une très belle couleur verte, un grand nombre de roseaux l'enserrent ; la surface est d'une teinte étonnamment proche de celle des arbres alentour ; seules certaines essences sylvestres s'opposent au vert de l'eau ; les reflets soulignent cette union des couleurs.

    Le sol est vaseux, de la terre glaise boueuse s'infiltre entre les doigts de pieds, un petit nuage d'argile s'échappe. Des animalcules à chaque pas zèbrent la vase.


    L'hôtel un peu ancien est en bois, le patron est déguisé en cuisinier professionnel, peu avenant, très préoccupé sans doute.

    Dans l'eau une longue jetée en bois défraîchie et vermoulue avec un plongeoir à son extrémité ; ce ponton a une odeur d'anciennetés, d'enfance ; il me rappelle des souvenirs indécis de lieux oubliés. J'imagine des enfants crier, des chambres à air comme des jouets, des frères et des sœurs, copains et copines, orangeades et sirops.     Des mères attentives souriantes, heureuses apparemment.
Le soleil de dix-huit heures est encore fort, un canard barbotte ; trois cheminées bien loin abîment le paysage, peut-être une usine désaffectée.
Des enfants se baignent, un adulte âgé au torse très bronzé nage très loin en prenant le temps, il semble goûter le silence. Un poisson mystérieux vient tous les soirs longer les rives près de l'hôtel, quelqu'un me dit à côté qu'il s'agit d'une brème carpée, j'acquiesce comme si je connaissais ce type de poisson.
- Oui, ça y ressemble, dis-je.
La montagne est boisée avec des falaises et des éboulis, la pierre très blanche blesse le regard.
Quelques barques silencieuses et des hommes immobiles. Des pieux délimitent l'avancée des roseaux, les nénuphars ne sont pas encore en fleur, un cygne hautain quémande. Des petites maisons en bois semblent plus ou moins abandonnées. Ce soir, je mangerai de l'omble chevalier, j'aime bien ce nom.
   
    Une église invisible sonne dans les bois d'improbables vêpres ; une autre barque s'élance avec une lenteur irréelle, le pêcheur économise chacun de ses mouvements ; on croirait qu'il craint de dénaturer la magie du lieu, peut-être cherche-t-il prudemment quelque chose à la surface de l'eau. Ses gestes ralentis sont beaux, ils semblent ancestraux.

    Les enfants jouent, certains s'éclaboussent, ils crient ; à côté, des adultes se lèvent, se rhabillent, les femmes ont de massives fesses et de vilains seins, les hommes tous bedonnants avec des jambes ridiculement frêles ; l'extérieur de l'espèce humaine paraît alors bien misérable, la nature si triomphante et nous si laids. Heureusement ils ne parlent pas, c'est déjà ça. Plus loin des adolescents sont en groupe, flirtent, leurs rires sont francs, les filles minaudent, les garçons parlent fort. Certains tentent d'agripper des mains, d'autres plus loin marivaudent plus discrètement. Je les regarde bien, soudainement intéressé par leurs jeux amoureux, j'ai l'impression moi aussi que ce temps lointain était béni des dieux, que malgré les peines et les douleurs cent fois ressenties ces battements de cœur valaient tant et tant ! Ah, amis adolescents, profitez, profitez, le temps sans vergogne, sans scrupule est si court. Et si long à se remémorer.
    Dans cette fin d'après-midi bleue et verte, seuls les corps des adolescents et des adolescentes nous offraient quelque espoir.

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25 novembre 2006 6 25 /11 /novembre /2006 21:37
Sombres
Plaies
En mots urgence
urgence urgence

Sombre la vie
déshonnête d’un monde faux
s’imagine disparaître ; perspective en fuite
mes rêves décousus

Et ce sera une valve percée
déchirures des vents
silence, repos ; coeur malade, hypnose

Tout dépasse la vie
avalanche toute blanche
flocons maladifs enserrés compactés
méchants grains amenés par la mort

Ma marche est sans importance
le sang ne programme pas de cadence
pas de femmes aux allures de hanches

Cachée,
tu enroberais des soleils oubliés
des poissons argentés
glissant ; frétillant

Oh ! passent pensées de retard
tout dépasse cette courte vie
tout retombe tout se tait
un autre silence il se fait


"Hypnos" de Pat Andréa

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 23:18
    mourir enjazzé
au mitan d'une note blanche
    dans le continu d'un saxo
parmi mes amis en habit

ou au creux d'une note noire
    plus rapidement sans souffle
sortant si peu du saxo
tenu par mon frère

mais nulle mort en jazz
    et Coltrane continue
sans se soucier de mon air    
mi mortel mi lugubre

et le chien au dehors
    la queue remue droite et fière
au rythme de mon frère
jouant Coltrane à sa manière

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23 novembre 2006 4 23 /11 /novembre /2006 13:57


mourir vide en tout point cristallisé

mourir un peu tordu un peu déformé
fini l'univers d'infinis désirs
et ces relents de mort au goût âpre

mourir creux abimé de partout
mourir un peu triste mal en point
rejeté sur le sable os blanc et salé
ou vouloir vivre malgré tous ces maux

malgré tous ces mots vivre et mourir
et poursuivre les deux mains tendues
cette ombre bizarre aux couleurs fortes
pour en réapprendre le goût - l'amertume -


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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 08:54
Voilà, trente ans après je suis là, revenu. A ce lieu mythique, féerique, gorgé de mystère. Un fleuve qui s'unit à un autre. On appelle ça le Bec du Cher, le Cher plonge dans la Loire pour disparaître.
    Je suis de l'autre côté, le long du Cher, face à cette petite plage de sable où j'allais adolescent lors de mes peines de cœur, ma mobylette cachée loin derrière dans les fourrés. Il fallait traverser un pré humide, herbes hautes et ronciers, enfin le fleuve jaillissait et la petite plage formait l'angle des deux fleuves. L'endroit n'a pas changé, un vilain pont ferroviaire casse la magie du lieu ; mais les fleuves sont là toujours aussi impétueux, majestueux, indomptés.
    Voilà, plus de trente après, je suis revenu. Mes yeux font le tour, embrasent le pays, comme une stase initiatique, un rituel de ressourcement. Le gris des eaux bouillonne.
    Ce jour-là, sur ma plage, un couple est assis, serré, l'homme, je crois, enserre la femme. Ils sont loin, mais je les imagine tremblants, attentifs aux parfums du lieu ; il n'y a pas que moi à être attiré par le charme du site. De ce côté, une voie pavée fait illusion, on pourrait se rappeler un passé de marins, de quais, de barques pour traverser, aller boire un coup de l'autre côté, chercher des rimes dans les bras et les îles.
    Le Bec du Cher s'est modernisé : de nombreux sacs plastiques décorent les branches des saules et peupliers. Le monde moderne, tant de salissures transformant mes arbustes aimés en squelettes dégoûtants.


    Finalement je ne sais pas trop ce que je fais là, à la recherche de quoi ? Encore de mon passé. C'est une maladie, un mauvais conformisme, chercher ce recul du temps, se gaver de souvenirs heureux ou malheureux, quêter ainsi des lambeaux d'émotion. À vrai dire, on devrait vivre dans le présent, non ? Et puis la solitude est la plus mauvaise des compagnes, il faut penser aux siens, éloigner doutes et hésitations. Ne plus chercher d'hypothétiques étoiles, ces fameux éclairs, toujours ces mélanges de vie rêvée et de vie vécue. Il faut s'en satisfaire, on a perdu notre divin. Nous ne sommes que fragiles et complexes. Mais nous devons vivre.
    Je scrute, regard errant, à trois cent soixante degrés le paysage autour de moi, en pleine crise de romantisme ; pour un peu je déclamerais des vers ; gueulant bien fort ; absorbant l'énergie du moment. Finalement, je suis déçu, qu'imaginais-je ? l'homme aime trop les simplifications.
    Non, je suis seul, les eaux bouillonnent ; l'endroit est gris et vert ; un banc de sable affleure, un oiseau s'y pose ; le temps s'effiloche ; j'ai donc vieilli, mes joues et mon cou empâtés. Mais le retour à l'enfance a toujours du bon : les pieds au sol, je suis bien là, vivant ; le sable est froid, le printemps se montre et je suis là sans bourgeons en moi. Je me rends compte que je n'ai pas de bourgeons en moi, là où les eaux de mon enfance se mêlent.








SOS Loire Vivante

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15 novembre 2006 3 15 /11 /novembre /2006 11:55
"J'aime bien la minijupe : je n'y vois que des avantages."
Francis Blanche

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12 novembre 2006 7 12 /11 /novembre /2006 11:06
Après les mots-valises : le domine-aux-mots
Jeu de Roch Daroussin :



"Domine-aux-mots se veut avant tout un jeu pour s'amuser, se titiller la tête, inventer et rire aux inventions des autres.
Le matériel est constitué d'une petite boîte en papier, pliée en cube et contenant des tuiles carrées. Chaque tuile comporte quatre moitiés de mots composés, soit quatre débuts soit quatre fins.

En assemblant ces moitiés de mots, on invente de nouveaux mots dont il faut trouver proposer une définition convaincante, ou drôle, ou les deux !


La règle ne dit pas vraiment comment est désigné l'éventuel gagnant, mais ce n'est pas le but du jeu, de toute façon. Le but est essentiellement de rire ensemble aux bons mots et aux traits d'esprit.

On peut également jouer avec une règle de type "jeu du dictionnaire" : on place des dominos au hasard, chacun propose une définition par écrit, puis on vote pour la meilleure définition...

Le jeu pourrait être adapté pour le milieu scolaire, à condition de retirer quelques cartes équivoques.

La plus belle définition de notre première soirée Dominomot au club de Pierre Bénite a été trouvée par Bruce.
Le mot à définir était : "Post--Salope" (obtenu de Post-Scriptum et Marie-Salope).


La proposition de Bruce, >>C'est une qui en a eu plein le cul !<< a recueilli l'approbation générale.

L'assemblée était également satisfaite lorsqu'un domino était posé, provoquant plusieurs nouveaux mots, et que tous ces mots recevaient des explications basées sur le même registre.

Dominomot est présenté dans une toute petite boîte à prix tout à fait modéré. 92 cm³ de pur bonheur  !"

(texte extrait de l'excellent site de françois Haffner : collectionneur et amoureux de tous les jeux ; je vous recommande vivement son site si vous cherchez telle ou telle précision sur tel ou tel jeu)



commandez donc votre boîte de jeux de mots (prix dérisoire) :
le domine-aux-mots


Roch Daroussin - Plasticien, Auteur des tableaux et faute d’éditeur, Auto-éditeur du jeu.
Les jeux "Ma Muse"

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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 21:06


lune efféminée

dans son halo hâlé d'astres
et ses cratères et son acné
donne à rêver
tête aux étoiles
ensorcelées
planètes en halètement
allaitement en son sein hallucinant
2 lunes 2 seins en haltère
et tes hanches essouflées
haletantes sentes
en descentes boisées




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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 09:35
- Le temps sidéral est égal à l’angle horaire du point vernal.
- Pardon ?

J’étais là, attablé au zinc, à déguster un pastis bien frais, dans un petit verre. Depuis peu, à la fin de mon travail, je m’arrêtais dans ce bar, pourtant guère avenant mais qui se situait sur ma route. J’hésitais à rentrer trop tôt chez moi qui était devenu graduellement et insensiblement plus vraiment un « chez moi », ma femme et les enfants ayant étendu leur pouvoir partout dans l’appartement. Je n’aimais pas particulièrement boire, ni parler, mais finalement j’aimais bien l’ambiance très masculine de ces bars à l’heure de l’apéritif où chacun craint de rentrer chez soi. Le café est un lieu neutre où parfois même des amitiés se nouent.

- Pardon, vous avez dit ?
- Non, excusez-moi, je parlais du temps, je fais des variations sur le temps, je m’amuse avec le temps, le temps qui passe, le temps qu’il fait, à mi-temps, temps mort, et oui… le temps.

Il avait l’air un peu fatigué, avec des cheveux grisonnants et broussailleux, et de gros sourcils jaunâtres qui feraient peur aux enfants, un petit ballon de blanc devant lui. Largement l’âge de la retraite. Le serveur discrètement me fit d’un petit mouvement de tête comprendre qu’il avait « dépassé la dose ».

- Oui j’aime parler, mais personne n’écoute, alors je vais dans les cafés et attends qu’un public adéquat soit à mes côtés.
- Moi, je suis un public adéquat ?
- Oui, vous avez l’air sympathique et puis perdu un peu aussi, égaré dans un lieu qui n’est pas le vôtre, hors temps.

Il rit légèrement. Puis reprit :

- Chaque jour, le matin, j’ouvre le dictionnaire et regarde un mot qui me plait, avec sa définition essentielle et toutes les variantes et toute la journée je rumine ce mot, il valse dans ma tête, c’est mon poème du jour, mon pas japonais à moi. Et ça fait passer le temps…
- Et aujourd’hui c’était « le temps » ?
- Oui, un bien beau mot ; c’était le bon temps, le temps des vendanges, en temps et lieu, le temps de réaction, le temps approche, à temps…

Je venais de terminer mon verre, le bruit du café était assez sourd et éreintant, les lumières trop vives,  je commençais à me demander si je n’allais pas discrètement sortir. J’avais eu une journée difficile. Mais mon voisin se rapprocha de moi et me dit en souriant :

- Pouvez-vous m’accorder un peu de temps ?
- Oui bien sûr, j’en ai un peu dis-je poliment.
- Que voulez-vous savoir sur le temps ?
- Moi ? rien, c’est vous…
- Non, non. Vous donnez l’impression d’avoir des questions à poser, profitez un je suis aujourd’hui « au point » sur le temps. J’attends vos questions… est-ce que vous avez bien employé votre temps aujourd’hui, au moins ?
- Ah, ah ! Non pas spécialement, je ne prends pas le temps si je puis m’exprimer ainsi, je vais trop vite, je fais tout trop vite, cela m’ennuie en fin de compte. Tout va trop vite.
- Ah ! le temps… il faut toujours prendre son temps.

Il me fixa avec un petit sourire :

- Du moins de temps en temps…
- Qu’avez-vous appris donc sur le temps vous même ?
- Oh ! rien de bien spécial, des banalités, mais même les banalités peuvent plaire et puis c’est ça la vie, non ? des banalités banales, le temps qui passe, le temps qu’il fait, de tout temps, le temps approche, à quatre temps, le temps universel, en temps et heures…

Il fit rapidement un signe au serveur qui le resservit promptement.

- Et resservez Monsieur, fit-il.
- Merci, mais ça sera le dernier.
- Comment ! Vous n’avez pas le temps ?
- Et vous ? Vous cherchez à gagner du temps ? Dis-je assez habilement.
- Bravo ! Un point pour vous, ah, ah, il faut que je me refasse ; je vous ai bien choisi, vous êtes plein de finesse.
- Vous êtes trop bon …

Subitement il s’arrêta de parler et fixa son verre, puis le but doucement mais en totalité par petites gorgées, lampées ; il le reposa vide sur le comptoir. Cherchait-il la bonne répartie ? Réfléchissait-il ? Je me taisais, cherchant hypocritement peut-être à clore le débat. Je me mis aussi à finir mon verre avec lenteur.

- Bien employer son temps, le temps approche, accordez-moi du temps, je n’ai pas le temps, gros temps, c’était le bon temps, le temps des vendanges…

Peu à peu le timbre de sa voix devint indécis et il commença à balbutier, il reprit mais en hésitant et regardait droit devant lui comme en transe :

- Temps humide, avoir le temps, avoir fait son temps, dans la nuit des temps, faire son temps, gros temps, perdre son temps, prendre son temps, prendre du bon temps…
- Tuer le temps dis-je brusquement et imbécilement.

Il se tut, puis me dévisagea lentement.

- Vous ne m’octroyez pas de point ? Ironisais-je encore bêtement.
- Si, si… Vous le méritez…

Mais mon intervention le laissa sans voix, et sa figure se fit bien grave et triste. Il semblait parti ailleurs. Le serveur avait retiré son verre, sans doute pour faire comprendre que pour ce soir ça serait tout. Une sorte de silence entre nous deux se fit, malgré le brouhaha alentour. Stupidement j’essayais de reprendre :

- Au temps pour moi.
- Non, non, tuer le temps c’était parfait, je l’avais oublié celui-là.

Il se retourna et se rapprocha très près de moi, un moment je crus qu’il allait me frapper tant son visage devint violacé et hagard. J’imaginais qu’il allait encore balbutier mais il parla très clairement.

- Tuer, tuer le temps, bien sûr. Tu sais petit, j’attends depuis un moment d’ouvrir le dictionnaire à la lettre « S », au mot « suicide » afin de le décliner selon toutes les sauces. Un mot que j’attends, ça fait même un bail ! Trop longtemps que j’attends ce putain de mot. Bien trop longtemps.

Et puis il se tut. Je restais là un moment, hésitant, mal à l’aise. Finalement je ne dis rien, préférant comme souvent le silence aux mots de trop. Après deux, trois minutes je partis après l’avoir salué ; il ne me répondit pas.
Dehors, j’arrêtais mes pas et regardais à travers la vitre embuée et grasse, je le vis discuter sèchement avec le serveur qui apparemment lui remis un verre et le resservit de Muscadet. Cela me fit plaisir et je pus rentrer chez moi un peu moins inquiet. En route je cherchais un mot pour le lendemain, un mot à décliner ; une bruine fine se mit à tomber, le froid de la pluie me rasséréna.





"Le Temps"

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1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 10:31
UN JEU par MOIS
UNE PETITE BOITE DE CALISSONS à Gagner à chaque fois !

le premier ou la première à répondre gagne...

de qui sont ces "vers" ? =

"Nuit charbonneuse d'une gare ; je cherche la dame qui a une voilette noire sur la lèvre : le bec Auer ne fonctionne pas et la ville est derrière la nuit. Un portefaix valse avec les bagages. Allons-nous vivre près du cresson géant de cette rivière ? On serait sous l'eau qu'on verrait des racines de corail blanc sous l'émail de la rivière : les maisons à cette heure sont comme des fumées. O nuit charbonneuse d'une gare."

    Si le 31 Oct à minuit, personne n'a trouvé, je mangerais mes calissons en toute gaieté :-)


NB : Merbel vainqueur le mois dernier n'a pas le droit de jouer ce mois ci (elle digère)...
3 réponses maximum par joueur (euse) S V P

INDICE 1 : il est mort quelques jours après son arrivée dans les camps nazis d'une pneumonie


SOLUTION : Max Jacob


"amour du prochain"

à Rousselot,

Qui a vu le crapaud traverser la rue ? c'est un tout petit homme : une poupée n'est pas plus minuscule. Il se traîne sur les genoux : il a honte. on dirait...? Non ! Il est rhumatismant, une jambe reste en arrière, il la ramène ! où va-t-il ainsi ? il sort de l'égout, pauvre clown. Personne n'a remarqué ce crapaud dans la rue. Jadis personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud ! tu n'as pas d'étoile jaune.


Max Jacob est arrêté le 24 février et part pour Drancy, il y meurt le 5 mars. Il avait 68 ans.

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 09:43
Les longs pins
sentinelles de genêts
lande géniale génitale
et ton grand désir de vivre

Les longs pins
ont des pinceaux de branches
haïkus sublimes
dans leur fourrure de branches


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29 octobre 2006 7 29 /10 /octobre /2006 07:57
    Et toi te rappelles-tu ?

    Tes souvenirs dans ton cou que je frôlais de mes lèvres ; tes rires et petits soupirs ; nous avions alors loupé le virage, ma main sur ta cuisse où elle crissait sur ton collant sexy et sur le chemin à peine goudronné je continuais à te caresser ; ta conduite automobile se faisait moins sûre ; mais nous roulions quand même dans l’étincelle et l’ivresse ; tu me parlais de lui et je te parlais d’elle et nous ne comprenions pas grand chose à nos problèmes mais nous philosophions en règle pour paraître les adultes d’aujourd’hui et les bons mots pour nous satisfaire.

    Tes jambes étaient emballées de ce synthétique que j’aime et qui croche mes doigts râpeux, je te dénudais en rêve et tu riais et t’inquiétais à la fois. Nous avions peut-être approché un amour, dans la parenthèse d’un de tes rires, dans l’articulation de ton poignet, dans ton sourire si timide. Et les rues ensuite n’étaient plus pareilles, leurs couleurs se faisaient neutres ou plus violentes, dans les feuillages tu paraissais belle, appétissante : quel apéritif de nos corps avons-nous refusé de boire ce jour-ci ; j’en garde encore au fond de la gorge un goût amer mais très tendre ou très lent ; un jour tu serais nue et ton parfum qui n’est que de toi, que de toi encore et tes gestes et tes rythmes seraient comme du sang brûlant dans mon corps ; nous retrouverions les joies des amours infidèles, des amours en cachette, des amours sans lendemain immédiat, sans promesse ni caresse faussées, alors sans doute retrouverions nous comme dit l’ami Pierre Barouh « le courage d’aimer ».

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