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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 20:58

encore une bien belle chanson sur l'enfance... 

on se reconnait bien dans certains détails, et puis on a tous eu une Barbara dans notre enfance ou adolescence ; la mienne s'appelait Sonia (entre autres), car elle furent plurielles

 

 

 

************************************************************

1983 (Barbara) par Mendelson

 

 

1974, 1977, 1978, 
1983 
aujourd’hui je m’en fous 
je me souviens de tout 
comme s’il avait fait beau 
toute cette époque-là 
les souvenirs c’est comme 
une fausse vie qu’on subit 
les souvenirs c’est comme les films super-huit 
ça a comme sa propre vitesse 
faut pas ralentir la machine 
de peur de brûler ce qui reste 
faut prendre ça comme ça vient 
je regarde et je profite 
et je revois mes amis 
et je me revois là à ce coin 
hey c’est fou ce que je suis petit 
hey c’est fou ce que je rigole 
c’est fou ce que je rigole 
pour n’importe quoi 

ma mère descend l’allée 
m’appelle et moi je souris 
quand elle me voit 
Elle me dit peut-être qu’elle 
aime pas trop mes amis 
hey mais c’est pas grave 
plus tard on ira 
quand même ensemble 
mettre des pétards Mammouths 
dans les poubelles 
marcher dans les roses rouges 
du concierge 
Faire du skate-board 
dans la descente 
jusqu’au virage 
je suis surpris de pas être mort 
au moins une fois 
1982 
j’étais si amoureux 
j’étais si content d’être malheureux 
je croyais que ça finirait pas 
ça s’est fini tout seul bien sûr en 
1983 

Moi et elle 
moi et Barbara, 
on se regardait on restait là 
J’aimais sa mère aussi un peu je crois 
j’attendais devant sa porte 
je restais dans l’escalier 
j’appuyais la minuterie 
jusqu’à ce que je parte en courant 
jusqu’à ce que de l’autre côté j’entende ta voix 
Il y a d’autres filles plus tard 
j’ai jamais compris ce qu’elle pouvait me voir 
que toi tu ne voyais pas 
jamais rien compris Barbara 
tu sentais bon le parfum de ta mère 
je t’avais acheté des fleurs 
pour ton anniversaire 
Ma mère disait qu’cétait des fleurs 
pour les cimetières 
Et je te revois plus tard 
sur le chemin de l’école 
sur le trottoir d’en face la patinoire 
je te faisais signe 
je te filais mes devoirs 
je te regardais les mains, les cheveux 
j’aurais voulu toucher ton bras 
et ton cou et l’endroit 
où y avait rien sur ta poitrine 
j’y pensais la nuit 
j’y pensais le jour 

je pensais plus jamais rien qu’à ça 
tout le monde disait que je t’aimais 
tout le monde savait que je t’aimais 
j’prenais l’air malheureux 
pour te faire honte 
on se défend comme on peut 
hey tu sais j’fais toujours comme ça 

et je revois la famille d’à côté 
qu’étaient nos pauvres 
ça rassure dans un monde compliqué 
y a toujours plus pauvres que soi 
à qui ma mère a donné 
ma collection de Pif et encore 
nos vieux vêtements, nos jouets 
qu’avait un chien plus grand que je croyais 
que c’était possible 
qui dormait dans leur baignoire 
leur père faisait du cyclisme 
un peu d’alcoolisme aussi je crois 
Sylvie leur fille qu’était bizzarre 
On disait qu’elle était en retard 
Ma mère disait qu’ils avaient pas eu de chance 
Je disais qu’ils sentaient pas bon 
ma mère disait qu’elle avait honte 
que je puisse dire une chose comme ça 
ils habitaient face aux hippies 
entre eux ils s’aimaient pas 
les hippies étaient jeunes et beaux 
à ce qui me semblait 
c’était plus propre chez eux 

et puis plus chiant aussi un peu 
ma mère essayait de les aimer 
elle avait besoin d’amis 
elle disait qu’ils étaient sympas 
ils avaient des tentures aux murs 
indiennes des tapis Incas 
ils écoutaient de la musique étrange 
buvaient du thé 
revenaient de voyage 
étaient bronzés 
c’était une autre vie que nous 
ma mère essayait bien d’être à l’aise 
mais il me semble bien que ça marchait pas 
et je me revois 
avec mon père distribuer 
les dimanches de porte en porte 
ll’humanité 
Et je revois les voisins plus riches 
des collègues à Maman qui vivaient 
dans les petits pavillons plus chics 
la lutte des classes c’est un jardin 
une table de ping pong 
une chambre pour chacun 
une cheminée dans le grand salon 
un mari qui fume la pipe 
une voiture neuve un frigo plein, 
des vacances été hiver 
des chouettes habits 
c’est propre et ça sent l’air 

et je revois le crépi dans notre appart 
mon père qui partait au cours du soir, 
le Guernica dans l’entrée 
il y avait sur les murs 
peut-être un dessin de Follon 
Plus un de moi, une poupée 
qu’avait ramenée mes grands-parents 
pour leur retraite 
d’un voyage à l’étranger. 
y avait l’affiche d’une ronde de petits chinois 
Buster Keaton qui souriait jamais 
tous les jours je le regardais 
Je le fixais 
peut-être c’est lui qui savait 
je voulais comprendre pourquoi 

et je revois la télé noir et blanc 
et moi assis en tailleur 
et la chambre et le christ au dessus du lit de ma petite sœur 
qu’était toute une histoire 
dans la famille que je ne comprenais pas 
et tout ça se mélange 
et la tristesse de maman 
et le bruit des gens 
qui jouait aux boules 
dehors les soirs d’été 
quand on se couchait avant le soleil 
le soleil rouge qu’on devinait 
à travers le rideau avec mon frère 
depuis les lits superposés 

on rentrait à six heures pour le bain du soir 
on évitait la malade du bas de la cité 
qu’avait notre âge et qui crachait 
sur tout le monde qui se promenait 
tous les soirs pareil avec son père 
on disait la mongolienne 
qui me faisait peur et puis de la peine 

à l’époque j’ai du tout pleurer 
j’pleurais pour rien 
pour la voiture qu’on changeait 
pour un nouveau papier peint 
et puis je restais des heures 
dans la cage d’escalier 
à remonter les étages 
dans le vide 
de l’autre côté de la rambarde 
avec toujours la peur et l’envie 
que quelqu’un vienne et 
me surprenne en train de tomber 
J’avais deux meilleurs amis 
à l’époque j’aurais pas choisi 
L’un sa famille était moins drôle 
son père était harki, 
que j’ai jamais vu dehors de chez lui 
Sa mère me paraissait immense 
pas très facile et puis 
Son frère avait la plus grande 
collection de comics que j’ai jamais vu de ma vie 
que des Marvels et des Stranges 

qu’on lisait dans sa chambre 
qu’on s’échangeait moi et lui 
après le soir au fond de mon lit 
je regardais le plafond 
je testais mes pouvoirs 
j’avais un laser si je me concentrais 
qui me sortait par les yeux 
je pouvais tuer des gens 
j’étais un dieu 
et je m’endormais comme ça content 
j’étais heureux 

j’écoutais le son des peupliers dans le vent 
j’écoutais la respiration de mon frère 
j’écoutais le bruit des amants de ma mère 
elle attendait toujours un peu mon père 
je savais moi aussi qu’il allait rentrer 
un jour sûrement 
que ça pourrait pas être autrement 
le matin à l’école on me racontait toujours 
des films incroyables avec un mec 
a un moment à la fille, il lui fait tout 
ah oui tout mais quoi ? 
On se montrait un peu fermé le creux de nos bras 
paraissait que les filles en dedans 
au milieu c’était comme ça 

et moi toujours je voulais que tout le monde m’aime 
j’avais un tel besoin d’amour 
qu’il aurait fallu tout l’amour de la terre 
et ça faisait encore pas beaucoup 
pour que je me sente enfin à l’aise 
me faire aimer de la boulangère 
des gens qui passent dans la rue 
me faire aimer de toutes les grand mères 
j’aurais demandé de l’amour à un clochard 
toutes ces histoires d’enfants perdus 
qu’on retrouve pas 
les enfants leurs problèmes 
c’est qu’ils sont pas regardant 
ils prennent ce qui vient, je sais 
moi j’étais comme ça. 
et je me souviens encore 
et de mon voisin Johnny 
qu’était nerveux 
je crois qu’a mal fini 
que j’ai revu plus tard 
que j’étais vendeur 
il m’a pas reconnu 
je l’ai laissé prendre en douce dans le magasin 
tout ce qu’il a pu 
il a pas compris 
il a cru qu’il était plus malin 
et moi je me souvenais de lui 
qu’était chef de bande 
à le voir j’avais de la peine 
plus tard à ce qu’on m’a dit 
qu’il prenait des trucs graves 

dans les mêmes cages d’escalier 
où on mangeait nos BNs 
où on se tenait contre l’chauffage 
les jours d’hivers où il neigeait 
où il y avait une bataille de neige 
géante dans tout le quartier 
on se partageait les gants 
on attaquait en rang serrés 
fallait prendre tout le côté droit 
des immeubles ( bis ) de la cité 
Johnny c’était notre chef 
on se serait fait prendre pour lui 
on avait la fidélité 
on mettait des cailloux 
des calots, des billes 
tout ce qu’on pouvait trouver 
dans la neige au milieu des boules 
je me rappelle quand j’ai vu mon caillou 
ouvrir la tête d’un mec d’en face 
Et je revoyais le sang du mec 
j’en revenais pas 
je croyais qu’on allait venir me chercher 
j’attendais la police la nuit 
j’entendais tous les pas 
venir dans l’escalier 
et je me souviens 
La dernière nuit avant qu’on parte 
j’ai senti le monde disparaître 
au dedans de moi 
je regardais les valises déjà faites 
J’ai commencé tôt la nostalgie 

j’étais déjà tellement doué 
pour ça tout petit 
et je me souviens encore 
d’un jour la fille de la voisine 
que j’aimais pas 
elle me montrait tout ce qu’il y avait à voir 
et moi j’imaginais Barbara 
je lui montrais moi aussi 
elle voulait que je lui dise que je l’aime 
elle me courrait après dans les couloirs 
je lui disais que non je ne l’aimais pas 
mais toi je t’aimais bien, 
toi je t’aimais Barbara 
en 1982-83, 
oh oui depuis longtemps 
je t’aimais Barbara 
Et Jérome aussi et Kacem, 
et le parrain de ma sœur 
et ses filles 
et Maman, et mon petit frère 
et mon père qui revenait pas 
je les aimais tous 
à l’époque tous ces gens-là 
Et Johnny aussi et même Sylvie qu’était en retard 
Je les aimais tous 
mais surtout toi 
toi je t’aimais, Barbara 
en 1982, en 1983 
depuis longtemps 
je t’aimais Barbara 

jamais jamais su Barbara 
si tu m’aimais Barbara 
J’ai jamais su 
Jamais su si toi tu m’aimais 
Barbara en 1982 en 1983 
J’ai jamais su si tu m’aimais rien qu’un peu toi. 

 


Pascal Bouaziz (Groupe Mendelson)

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 09:24

Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 08:29

 

.. de Giono
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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 15:12

suis moi-même sculpteur

de l'idiome de ton corps ;

le musicien de tes poignets ;

le poète qui n'a peur

que de mal traduire

 

un rythme dans tes cheveux,

(le bout de tes doigts

ta façon de marcher)

                            le

peintre de ta voix-

 

(traduction Jacques Demarcq)

 

myself is sculptor of

your's body's idiom:

the musician of your wrists;

the poet who is afraid

only to mistranslate

 

a rythm in your hair,

(your fingertips

the way you move)

                 the

painter of your voice-

 

 

 

 

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 14:44

    Même tout seul,

je joue ensemble,

contre mon coeur ;

et j'ai ma peur 

pour partenaire,

quand mes dents gagnent sur mes lèvres ;

quand je surprend le temps,

à perdre toutes choses qu'il a volées...

 

    A peine si j'ose aimer !

    C'est le temps pourtant.

 

    Bientôt,

il va falloir dire : il faut !...mais trop tard.

 

    Prolonger le jeu au-delà de l'enfance est suffocant.Chacun sue à se débarrasser de soi-même sans espérer, sans vouloir épouser l'autre. Mais nous ne comptons plus sur lui qui, insensiblement, pour notre bien, notre survie, nous fair perdre bras et jambes, et se nomme notre ennemi, sans que nous sachions de lui que sable, vent, rouille et ruine.

    Si nous pouvions mesurer notre ignorance, nous ne pourrions plus compter sur nos illusions.

    Notre dialogue avec le temps est palabre sans fin. Nous ne voulons que le dernier mot. Or le mot "dernier" réjouit le temps.

    Il faut bien, pourtant, que la mémoire revienne.

 

 

photographie d'Alexis DUCLOS

 

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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 18:53

"Malgré moi, pour un autre."

Emmanuel Levinas

 

 

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 18:43
 
La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont 
Un coin de ciel brûlait
La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Et la nuit peu à peu
Et le temps arrêté 
 
Et mon cheval boueux
Et mon corps fatigué
Et la nuit bleu à bleu
Et l´eau d´une fontaine
Et quelques cris de haine
Versés par quelques vieux
Sur de plus vieilles qu´eux
Dont le corps s’ensommeille 

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Et mon cheval qui boit
Et moi qui le regarde
Et ma soif qui prend garde
Qu´elle ne se voit pas 
Et la fontaine chante
Et la fatigue plante
Son couteau dans mes reins
Et je fais celui-là
Qui est son souverain
On m´attend quelque part
Comme on attend le roi
Mais on ne m´attend point
Je sais depuis déjà
Que l´on meurt de hasard  
En allongeant le pas 

 

La ville s´endormait 
 
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom 

 

Il est vrai que parfois près du soir
Les oiseaux ressemblent à des vagues
Et les vagues aux oiseaux 
Et les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots
Il est vrai que souvent 
 
La mer se désenchante
Je veux dire en cela
Qu´elle chante
D´autres chants
Que ceux que la mer chante
Dans les livres d’enfant
Mais les femmes toujours
Ne ressemblent qu´aux femmes
Et d´entre elles les connes
Ne ressemblent qu´aux connes
Et je ne suis pas bien sûr
Comme chante un certain
Qu´elles soient l´avenir de l´homme

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait 
 

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Et vous êtes passée
Demoiselle inconnue 
A deux doigts d’être nue 
Sous le lin qui dansait.
La ville s'endormait / Jacques Brel
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24 juillet 2017 1 24 /07 /juillet /2017 12:21

Je ne crois pas

Je ne crois pas, j'essaie seulement d'exister

de nier la nuit basse de parier la lumière

de dérouter l'ennui cet autre moi muet

ce boulanger de ma préhistoire

Je bâtis des poèmes dont je sais au départ

qu'is deviendront ruine à la dernière tuile

et qu'il faudra sans cesse recommencer

ce long travail absurde que je croyais envol

Je reste seul mais le temps de bâtir

entrouvre sur l'éclair enfermé dans les choses

j'avance alors dans un azur de femmes

comme un bateau dans les eaux de la mort

Je ne crois pas / Guy Chambelland
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20 juillet 2017 4 20 /07 /juillet /2017 14:24

à la vie : que suis-je modeste ou inapte ? 

j’aurai pour me satisfaire choisi la sortie

la vie en travers

la vie secousse

la vie en derrière

la vie accélérée

 

enfant déjà on m’accélérât

en me montrant des sexes dont j'ignorais tout

l’enfance est tendresse 

l’adulte est passion, puis violence, puis incompréhension

lorsque l’enfant passe le temps et vieillit

 

cette enfance accélérée m’a abasourdi l’adolescence

comme un coup de matraque dans le regard et l’enfance

un exil des rivages que l’on disait enchantés

une grande scène où je me voyais coupable

 

l'autre monde s'ouvrait à moi -alors- en corolles larges

et corps d'adolescentes

 

mais l'enfance alors abandonnée laissait sur le lino de la petite chambre les petites voitures de course, ou les coureurs de la fonderie Roger avec leurs maillots multicolores Molteni, Peugeot, Mercier..., les camions du cirque Pinder, les traits à la craie sur le lino rouge ; et dehors un bac à sable qu'on recouvrira plus tard, les feuilles des paulownia trouées par les plombs du pistolet, des cris d'enfants, les derniers

 

ses souvenirs là

comme l'or de leur corps

des suints de cannelle, des yeux embruinés

des bouilles de colombin

une fable mal fabriquée

 

un roulis du coeur à jamais déphasé, abimé, détraqué

 

 

la vie à venir comme déjà un immense désaveu

la vie à venir comme déjà un immense désaveu

la vie à venir comme déjà un immense désaveu

 

l'enfant accéléré
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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 14:04


« Celle que j’aime a froid… »  Jacques Bertin





Encore une fois, il y a la sente sombre vers les sombres hivers
Les retours en arrière pour déplaire
là où la solitude et mon mal se réunissent et font la fête
La m é l a n c o l i e de l’être
- dit-on -

Aragon parlait de blondeur des blés pour tes écrins, tes mets, tes vins
Il y aurait tant à dire sur ce chant de ton corps, de leurs corps
Sur les perles, les rosées des chants de coqs , aubades d’or
Cette valse des épidermes quand j’appuie de mon front mes doutes sur ton ventre rond
Partiellement et ta voilure, ta chevelure de lin, tes galions, tes caravelles
Tes bas de laine et ton teint vif, tes mains de lait des doigts qui pèlent
Tes oranges en forme de seins dont j’ai sucé le goût comme un jus peint de blond,

Femme univers
Femme de la rue
Ma belle frangine disait Ferré

Tu es ma copine, dans la rue le soir, je fumais pour faire comme toi, et pour crier sur les toits que je t’aimais, aux amis pigeons éreintés
Dans les ruelles, les noirs chevaux derrière moi se hâtaient pour égaler ma course vers toi, mes déraisons de toi, des fusions pulsantes sur les rythmes de tes danses et j’y croyais
Et ma course était belle
Au ralenti filmée
Déjà la peine germée
Si forte et si cruelle

Toi, ma drôle de fille
Peinte en lune
Toi qui te maquilles avec le bleu de l’eau, le vert de l’herbe, le jaune du soleil
Jupons des aubes automnales
Jupons des capricieux du matin
Tristes réveils à midi avec les bruits de la ville qui travaille, ô nous adorables fainéants
Avoir faim, alors, réveiller, reprendre conscience de nos corps

Poitrine de lait
La mer calmée
N’est-ce pas Léo ?

saison malade
Au sud de ton sexe vert oh les merveilleux nuages du centre nombrilisant de toi
Oh les vergers que tu promettais, t’en souvient-il de tes pas sur les pavés luisants glissants mouillés
Serrée à moi et nous avions ri
Je marchais comme Dylan avec mes bottes qui me faisaient mal et toi comme Suze Rotolo
On voulait devenir la pochette de « The freewhellin’ »
La devenir entièrement, retrouver cette jeunesse, cet air frais

Fidèles, fidèles excessivement nous étions
Terriblement fiers et jeunes, magnifiquement heureux dans nos parcs à deux
Glissants tels des ombres bleues

Nous étions les bons sergents de cette ville-là, de ce temps-là, de ces espoirs
C’est ta jeunesse qui doit faire crier
Cette jeunesse dans tes yeux et ton corps adolescent maladroit hésitant
Je rêvais de corps à corps violents ou de grands coups en serpette dans les âmes
Et rires de femmes
Et ta jupe, tes robes en résumé de ton féminin
Cette forme absente de ce sexe immense
Ce sexe qui manque au creux de toi qu’il faut combler
Sans cartes pour s’y retrouver
Perdu au cœur du problème
N’y voyant rien dans ce soyeux poème

Ou mensonges, encore ? mensonges affamés
Mensonges faits pour tuer, pour massacrer d’un coup ce château de cartes si patiemment érigé
Sarments savamment mis de côté pour un feu final
Il y a si lointain si longtemps

Puis ce fut le sombre, le noir, le gris sombre que je vis
Et cette absence, cette terrible absence, ce moment terrible ailleurs
ton regard a fui vers d’autres villes, d’autres champs
J’ai perdu ces moissons là dans ce vieillissement tissulaire auprès du lit
- parmi les livres -
(mes compagnons de révolte, mes deuils)
ce grand lit si vide de toi où tu as vécu
laisse des creux où la chaleur se perd
le grand trou qu’il fit en moi
dont je ne pus dire que : pourquoi ?

oh ces anciennes années que je vis maintenant en silence
- inutiles stances -
c’est comme un douloureux héritage
c’est bien demain, les temps bénis ?
oui ! c’est bien pour demain les temps bénis ?



« où tu es bien
parce que on ne nous séparera pas… »  Jacques Bertin



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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 14:46

NOTRE VIE

Le délai pour être un homme

Est toujours prolongé plus loin qu'on ne pensait.

Je tends en fou le bol des fontaines

Où tombent le temps, le ciel,la plaine.

Qu'ils tombent, moins lourds qu'un pleur,

Que n'y tombent ni songes, ni peines !

Quand la brume passe en croupe au corps d'un cheval blanc,

Le soleil étonné grandit.

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 10:19

en lisant Marzano...

" L'amour, pour Lacan, n'est pas victime de l'échec du narcissisme, comme le pensait Freud, pour qui l'amour de l'autre n'est qu'amour de soi. Comme Narcisse qui, devant le miroir d'eau, contemple son reflet, éperdument amoureux de son visage.

L'amour, d'après Lacan, naît dans la rencontre, quand on espère pouvoir combler le vide que l'on a en soi en le remplissant de l'autre. Même si on découvre ensuite que le vide demeure et que l'autre s'éloigne, nous laissant une trace de notre exil intérieur.

Le vide ne peut jamais être comblé. On peut seulement le traverser avec un autre.

Ensemble, et pourtant toujours seuls."

Michela Marzano

(in "tout ce que je sais de l'amour")

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8 juillet 2017 6 08 /07 /juillet /2017 17:55

Et moi

Je venais à genoux à son ventre brûlant

Comme le fit Moïse près du buisson ardent

Les souvenirs des cendres eux seuls ont survécu

Le reste est sous la neige enfoui ou disparu

J’ai froid

 

Jean-Michel Piton

 

 

Appel féminin et peines peintes

Et ce passage comme un pays de toi

Encore perdu l’esprit à voir

Solitude à l’obscurité allaitante

Les chairs dans les gris pâles

Des tendres atouts au bon sourire muet

Un ruban de tissu à ton épaule brodé

J’ai de toi les navires et les vents puissants

Et tant le parfum et le temps et l’effroi

Devant toi, bègue, moi, une partie de toi

Sur tes grains tes rosées et perlée au loin

Ton mystère sentier dans le vent pleine face

Face au soleil farceur, féminin l’appel en vain

Le vent vain qui frotte mes oreilles

 

Appel féminin aux peines à peindre

J’ai de ton corps les rimes entières

En filant ma mort le long des rues

Puis mourir pour toi, et ton corps

Et encore dire et redire tes pertes et rires

Et encore tes sentes et raccourcis

Les pentes brutes de tes corps blancs

Comme l’aube en toi j’aurais souffert

Mille visages mille paysages mille caresses

Au bout encore l’incertitude d’aimer

Et les morts les morts en tas noirs

Féminin, l’autre, encore, altérité souffrante

Morceaux de toi, de moi, d’encore nous

Comme un fruit blet mûr mou mort

 

Appel féminin tu structures ton nom

T’habilles en rêve de nylons doux

Des perles à ton sexe tout éclairé

En femme, et moi en autrui, l’autre

L’inconnu, l’indécis, le maladroit, le malhabile

Filant ton âme au creux de mes montagnes

N’y comprenant rien de nouveau en mal

Pour parfaire mes méconnaissances de toi

L’incomplétude complète de mes manques

L’inconfort et le mépris encore pour cette vie

Plutôt ploiement et je tombe pour rien

Perdant encore mon équilibre ma soif

Mon embellissement de tes forêts en cale

On ratiboise on coupe on arrache on tue

 

Appel féminin enfin en faim, paisible

Peine et conforts en arrière, le passé

Le relief, tes formes, tes mots, tes lignes

Je souhaitais le guide, l’homme providentiel

L’amant qui tue, l’être de Mars, immense raffut

Seulement, gesticulateur à rien, marionnette momie

Homme de peu de valeur, homme de rien, sexe

Négatif, sexe de rien, guide en rien

Essaimage en rien, essaimage nul, essaim essoufflé

Perdu, crétin, l’éden qui s’efface ici

L’instabilité du noir, l’habillement du triste

Alors que tes gypses étaient à mes yeux offerts

Tes couleurs à la Vlaminck, ton visage sans manières

Ton pampre magnifique au soleil flambant

 

Appel féminin enfin que j’aurais cru comprendre

Pâmoison à vos vues si terribles de vous

Pâlir à vos corps de trop d’infinis

Rareté de ces terrassements à tâtons

Sans méthode donc, et pourtant avec sentiments

Je peux perdre enfin de vous le peu de connu

Espérer l’envers du miroir, voir l’autre décor

L’or de tous vos corps, vos âmes multiples

Vous souffrez aussi, vous ; et moi, encore, encore

Perdre aussi cette vie indécente, bue à la lie

Puis à vomir où stagne l’ennui, l’impasse de la vie

Perdu, perdant et m’excusant, je n’aurais rien connu

Tout fait faux, tout mal aimé, tout se tromper

Et puis tant espérer pour toujours trop se tromper

 

 

noir&blanc

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 08:49

Je suis un gars ben ordinaire 
Des fois j'ai pu l'goût de rien faire 
J'fumerais du pot, j'boirais de la bière 
J'ferais de la musique avec le gros Pierre 
Mais faut que j'pense à ma carrière 
Je suis un chanteur populaire 

Vous voulez que je sois un Dieu 
Si vous saviez comme j'me sens vieux 
J'peux pu dormir, j'suis trop nerveux 
Quand je chante, ça va un peu mieux 
Mais ce métier-là, c'est dangereux 
Plus on en donne plus l'monde en veut 

Quand j'serai fini pis dans la rue 
Mon gros public je l'aurai pu 
C'est là que je m'r'trouverai tout nu 
Le jour où moi, j'en pourrai pu 
Y en aura d'autres, plus jeunes, plus fous 
Pour faire danser les boogaloos 
 

J'aime mon prochain, j'aime mon public 
Tout ce que je veux c'est que ça clique 
J'me fous pas mal des critiques 
Ce sont des ratés sympathiques 
J'suis pas un clown psychédélique 
Ma vie à moi c'est la musique 

Si je chante c'est pour qu'on m'entende 
Quand je crie c'est pour me défendre 
J'aimerais bien me faire comprendre 
J'voudrais faire le tour de la terre 
Avant de mourir et qu'on m'enterre 
Voir de quoi l'reste du monde a l'air 

Autour de moi il y a la guerre 
Le peur, la faim et la misère 
J'voudrais qu'on soit tous des frères 
C'est pour ça qu'on est sur la terre 
J'suis pas un chanteur populaire 
Je suis rien qu'un gars ben ordinaire
Ordinaire...

 

Paroles : Mouffe

Musique : Robert Charlebois

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 14:03

Fernando Pessoa

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