Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Ici :

  • : Poésie Littérature Ecriture Chanson poétique
  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
  • Contact

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
I-love-reading
livres et lagaffe

Recherche

B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

19 juin 2006 1 19 /06 /juin /2006 20:28
dans la célèbre série "mes animaux poétiques préférés"
VOICI la grenouille

Partager cet article

Repost0
16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 13:14
"L'air est embaumé
Musc ambre et fleur de citronnier
Le seul fait d'exister est un véritable bonheur"
Blaise Cendrars

Partager cet article

Repost0
15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 12:16


Tu te souviens, Nathalie ?

de nos enfances ?
Quand on se prenait la main en insouciance
Tu te souviens de ces deux arbres ?
Un peu toi un peu moi disais-tu,
et la petite cabane abandonnée d’en face
où nous disions nos récitations, jouions à la dînette, je goûtais tes plats imaginaires
Ah ! l’imaginaire des enfants !

J’ai retrouvé ces arbres en revenant très loin dans le passé,
en retrouvant ces routes oubliées
Ils sont là toujours droits et fiers
dans la brume de ce matin d’hiver
le jour se lève tout juste, je n’ai pas dormi cette nuit
A l’heure adéquate où le soleil est enfant lui-même

Adultes eux-mêmes maintenant
Les deux arbres sont encore plus parasités de gui
Plus vieux plus solitaires
Peut-être se sont-ils ennuyés éloignés l’un de l’autre
Adultes les choses changent ainsi : on prend ses distances,
on renie l’amitié des choses passées ?
on cherche l’avenir ? réussir sa vie future ?

J’ai toujours considéré ces deux arbres comme les deux moitiés du monde
Plutôt comme les deux battants d’un portail vers un monde féerique

Enfin retrouver cette âme cette surface où l’étendue des yeux se fait
me réchauffer le coeur

En fait c’est encore l’enfance et l’enfance seule que je viens contempler ici
On cherche toujours à retrouver des situations, à renouveler des expériences qui jadis n’ont apporté que plaisir et bonheur, et des découvertes, découvertes que seuls les enfants sont capables de faire.
J’ai toujours aimé ces champs labourés, vitraux extraordinaires
Et ces deux sentinelles du vrai monde
Hors des villes, en saine patrie,
sains végétaux d’un monde vivant où seule l’innocence des enfants serait acceptée

Sais-tu que le mot « enfant » vient d’un mot latin
qui dit « celui qui ne parle pas »,

l’enfant est le père de l’homme disent maintenant les psychanalystes…
es-tu toujours le porte-parole de cette enfance-là ?
l’attention que tu accordes au langage est-elle là aussi des restes de tes enfances ?

La mort nous est alors inconnue dans ce monde immense
Dans ces champs essouchés où seuls deux arbres et ta cabane
guident nos pleins regards en confiance enfantine, en joie verticale, en souvenirs souverains
le vouloir-vivre simplement
trouverons-nous enfin ces chemins de traverse du plein réel ?


(sur une photo de Nathalie / textes et photos sur son site : atelier de Nat.)

Partager cet article

Repost0
14 juin 2006 3 14 /06 /juin /2006 19:05
prends garde où te mène la vie
sentiers sans naissance
où tes folies t'amènent
jeune homme peureux du silence
ivre où la pureté du vivre te mène
fuyard perdu à l'aube de tes déchirements
fêtard perdant des illusions de vivre
dangereux vainqueur de tes batailles solitaires
ours qui ferme la porte au monde qui te vide

ferme la mort à ceux que tu veux
pour les cacher dans tes velours
fiançailles inouïes de tes désirs de vivre
rejets commodes du monde à venir

Il est un jour impossible ou perdu où tu t'enfuiras et tu seras fou sans doute de ta fuite, tu fuiras sans aucun demi-tour, et laissant dans le passé tous tes dimanches d'amitié, toutes tes foires du souvenir et tes regrets d'aimer et tes orgueils maladifs et tes mots qui ne sont plus de poèmes ;
tu fuiras l'eau changeante des autres, l'eau grasse des villes enfumées, l'eau noire encrée de cette nature moribonde et là-dedans tu jetteras toutes tes vieilles rimes vêtues de peur, feuilles encombrantes, moisissures, métrique et fiasco
romans non écrits sans titre ni chapitres
femmes à moitié nues encore en dormance

et qui pourra dire que ce jour sera béni ?

Partager cet article

Repost0
12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 20:45
oui l'irréel a trop parfait
il dure murmure mots passés
découpage des haies
de nos sculptures éloignées
prétend nous fendre ennemi enneigé
silhouette de lunes enlacées
lit où d'adroites couvertures
pures de chevet flottent
laisse au fond qui allaite
cette enfance en liesse si peu muette
me dire dans tes creux
les cris atteints de mes cheminées
verdoyants doigts écartelés
sur ta couture défaite en fumée enfumée
il hésite sur les poses et ose
merveilleuses écritures offertes
et alertent tout ton éveil rose
il viendra dans des années
un temps de passe éveillé
mon sexe pieu défait en l'air
aurait l'air de tes yeux éclairés
oui l'irréel a trop parfait
le temps des temps est arrivé
défaits nos livres du passé
et les pages arrêtées
comme ces draps trop pliés
en nos corps dérangés.
 












"corps croisés fibrés"
gouache de Titouliv
marie-laurence Damon "Titouliv"

Partager cet article

Repost0
10 juin 2006 6 10 /06 /juin /2006 08:09

Pierre Reverdy, justement le voilà. poète secret par excellence, inadéquation de l'homme au monde, alliance totale à la poésie.



L'or roule au ruisseau

Le soleil à l'eau

Des ronds de chaleur

Filent

Et le coeur

S'arrête en sursaut

Le pont attrape vite un échelon plus haut

Près des remises assoupies aux façades lavées

A grands seaux de lumière

Où le silence s'est placé

Les signes convenus

Les fronts cassés

L'après-midi a fermé la barrière

L'écho montait la garde aux pas qui s'approchaient

Tous les trains d'air aigu venaient derrière

Et les bouches du vent dans l'ombre s'étouffaient

Dans les arbres remplis de gouttes fraiches

Dans les talus poudrés

Le long des torrents d'eau et des nuages secs

A travers les bouffées d'écume

Et les vagues de terre dans les champs labourés

Le véhicule lourd et l'avion sans ailes

Le poids de l'homme mort

Tous les battants du soir que l'on apporte

Les rideaux du décor

Et l'échancrure bleue ménagée pour la porte

Les étoiles du port

----------------------------------------------------------


un autre texte : "le soir"



Le soir, il promène, à travers la pluie et le danger nocturne, son ombre informe et tout ce qui l'a fait amer.
À la première rencontre, il tremble
où se réfugier contre le désespoir ?
Une foule rôde dans le vent qui torture les branches,
et le Maître du ciel le suit d'un oeil terrible.
Une enseigne grince
la peur.
Une porte bouge et le volet d'en haut claque contre le mur ; il court et les ailes qui emportaient l'ange noir l'abandonnent.
Et puis, dans les couloirs sans fin, dans les champs désolés de la nuit, dans les limites sombres où se heurte l'esprit, les voix imprévues traversent les cloisons, les idées mal bâties chancellent, les cloches de la mort équivoque résonnent.


Partager cet article

Repost0
7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 13:00

    Philippe Berthaut est écrivain, comédien, récitant, musicien, chanteur,  conseiller artistique et maintenant animateur de l'Atelier Recherche de la Boutique d'Ecriture du Grand Toulouse.
    Ses spectacles sur Reverdy, Rilke, Guillevic, Thierry Metz restent comme d'intenses passerelles vers la poésie. Ses chants de la nuitée auront souvent fait les nuits de Toulouse.
    Ses livres « Récits du pays jonglé », « le paysage déchiré -1997», « Diagonale d'Espalion à Lavaur », « Treize lampes bleues éclaireront la ville »,« Mes mains au bout de moi » (2002), ses poèmes et ses « routes captives », jalonnent son chemin. Mais c'est dans le livre d'une grande lucidité amère « dans la jonglerie infinie d'être au monde », qui s'appelle « Le chanteur et son commerce », qu'il aura décidé de laisser la chanson un peu en marge pour aller vers les ouvriers et les enfants et de se faire éveilleur plus que chanteur.
    Il a fondé aussi avec Bruno Ruiz "Toulouse Action Chanson", l'une des premières association en France à créer des ateliers d'écriture de chanson pour des populations illettrés entre autres.

Il vient aussi d'écrire un petit livre fort intéressant pour les amateurs et les professionnels avides d'ateliers d'écriture ; c'est la somme de 15 années de recherche sur les textes et les mots, il nous livre là ces "dispositifs pour ateliers d'écriture", la plupart inventés par l'auteur et qui ont fait la preuve de leur efficacité. En outre, ce tout petit livre est truffé de citations, de textes, de poèmes, plus intéressants les uns que les autres. Je vous le recommande fortement.


l'excellent article de François Bon : c'est ICI .

    Un extrait de "Le chanteur et son commerce", 1991 :

ALORS LE CHANTEUR SE DISSEMINE
Alors le chanteur se dissémine. Il se défait et part s'entretenir avec les peuplades de la nuit de sujets inhabituels comme celui traitant des marques et des entailles du son sur la membrane des fleurs, sur la respiration des sources et la densité du malheur. Les lourds vaisseaux formés par les corps passants ont avalé vents et voiles.
Ils ne sont plus qu'une cale où reposent les marchandises entassées. En se cognant aux conducteurs des bêtes irraisonnées de la saison, ils provoquent des étincelles et tout cela se déroule sous l'oeil torve du ciel.
Voici donc que toute limite est atteinte. Autant le ciel et sa membrane bleue que la pellicule de l'eau, la soierie de la peau, le gant de la terre. Ce tout est devenu limite au son pour qu'il ne traverse plus rien et meure assourdi au pied de la falaise, de l'échafaudage, de la maison comme des pierres granitiques s'effritant ou des sacs poubelles bleus éventrés par les résidus du vivre.
Le temps d'escalader son propre désarroi et nous sommes juchés avec le chanteur à l'étage banal, au sens féodal du terme, cernés par les projecteurs ressuscités d'entre les gouffres noirs et qui n'ont plus aucun rôle symbolique, rien que des phares de voiture mal agencés entre eux pour éclairer un paysage arrêté où les chansons ne sent plus les merveilleuses biches que l'on voyait parfois, au loin, traverser.
Toutes les limites de l'eau, du ciel, de la terre ferment un immense linceul allant du bleu à l'écarlate et du transparent à l'opaque, enserrant dans sa coulée toutes les images du monde. Pour s'y frayer une sente, nul besoin de tailler son chemin à la machette dans son propre corps ni d'y peser des signes, des franges comme si cela se passait réellement et qu'il nous faille revenir sur vos pas, accrocher les lourds vaisseaux aux anneaux, nul besoin non plus d'entonner ces chants portés par la mer aux lèvres.
Non il ne s'agit plus que de laisser reposer cette pâle sonore, en allant par exemple se promener le long de la Garonne en regardant glisser les bêtes crevées, le ventre gonflé, radeaux de chants morts.
Mais il y a aussi un refuge dans une des hautes tours de la rue Saint-Rome. Et de là, contemplant le petit village toulousain, il y pousse à nouveau une fleur de chant qui d'un coup vaudrait retenir tout son territoire en une seule phrase chantée, aussi longue qu'une vie et aussi fragile.

Philippe Berthaut - Le chanteur et son commerce (Editions Le lézard - 1991)


Son dernier disque publié :

Partager cet article

Repost0
7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 12:19
ô mes pastels
    de coureurs de nuages
        toujours ternes et gris

te rappelles-tu fièvre
    ces corps tachés de sang
        et la blancheur des peaux

dieu que c'était dur de peindre
et non de toile sont faits les rêves

mais que seul vive
                                ton visage
revenez paysages muets
                                pastels de voyageur

Partager cet article

Repost0
3 juin 2006 6 03 /06 /juin /2006 15:06
Le court extrait d'Ondine que je vais avoir l'honneur de vous interpréter se situe au moment précis où Ondon, le frère d'Ondine, part pour la Crète. La nuit tombe. La mère d'Ondine et d'Ondon appelle sa fille.

La mère -" Ondine ! "
Ondine -" Oui la mère ? "
La mère -" T'as vu l'heure ? "
Ondine -" Et alors,la mère ? "
La mère -" Et alors on dine . "

PIERRE DESPROGES





Partager cet article

Repost0
31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 11:19
comme feuilles mortes au fleuve
il dure lentement le temps où

nous avançons en perpétuel leurre
lièvres enivrés de vents matinaux

en cohortes légères et la rosée
qui doucement au creux perlait

et nos flancs s'agitaient
et battaient comme coeurs s'affolant

même le vent criait déjà nos noms
en plaintes de feuillages en cris

les hautes herbes faisaient pièges
et nos ombres écrans sur les pierres

nous finissions totalement de vivre
en ombres plates en longue glissade

"pourquoi ne pas vivre puisque tu vis"

Partager cet article

Repost0
30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 20:46
"Ressasser ses souvenirs, c'est comme enterrer deux fois les morts, alors..."
Jean Sommer

Partager cet article

Repost0
30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 20:07
dordogne éclairée en plein automne
ce sont rouges jaunes et ocres
qu'étonnent ces forêts qui tonnent
en virages feuillus je passe médiocre
    de lumière
ces couleurs d'automne se mêlent
et s'emmêlent terriblement fort
elles dansent leur peinture de miel
et s'oublient sonores au port
    des lumières
ainsi les arbres perdent leurs larmes
en des guirlandes toutes drôles
tout cela ne manque pas de charme
je suis le voyageur motorisé qui frôle
    la lumière

toutes les peintures se taisent et immobiles
l'univers reprend le goût de la beauté facile

Partager cet article

Repost0
28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 18:33
Le long du canal
ce chemin frais de halage, ensemble d’ombrages
t’en souviens-tu ?
Et ces grands arbres
Nous marchions ainsi sous les branches, les ombres fraîches
Main dans la main comme des enfants, des adolescents découvrant ce monde
Tu portais souvent  ces robes ou jupes fleuries, légères, et le vent les faisait vivre,
La future femme était là, grande et belle dans son arrogance fière
Dieu que tu étais jeune dans tes rires et tes sourires, tu cherchais alors encore beaucoup à séduire
Un simple bouquet en main te féminisait
Le monde était en eurythmie,
Dans tes yeux brillants des petits points absents, réveillons de peintre
Parfois les bords du canal étaient mal talutés, tu t’approchais alors de l’eau, tu me faisais croire à des plongeons
Et tu riais, diable que tu riais !
Dans des trous de lumière, au soleil, la rosée avait séché
Dépassaient tes jambes dans la clarté et tu riais

J’étais jadis ta volve, mais ton amour grandissant, elle s’était déchirée

Je reviens seul souvent longer cette eau splendide ; je ne viens ici que pour songer à toi
Les talus n’ont pas changé, en respiration du lieu d’immenses bouffées d’ancien temps me reviennent en gros paquets étincelants, clairement lumineux, nostalgie de ces temps anciens
de ta peau d’enfant, l’été de tes iris, ta peau d’enfant où mes lèvres se posaient
Je récitais mes logogriphes, tu te moquais gentiment de mes airs de poète maudit, gentillet romantique et vilain pessimiste, quant à toi tu vivais

Clairement tu vivais
En cela déjà tu te différenciais
Du mal j’avais
à comprendre une telle joie d’enfanter la vie, de gagner chaque seconde sur les ombres, rire chaque été

Clairement tu vivais
Alors à tes côtés
Petit amant désemparé par ta richesse
Je t’ai laissée fuir par les côtés
Tu en voulais tant
Tu voulais vivre « à ce point »

Le canal est toujours là malgré une eau malade
Les grands arbres respirent encore, feuilles vivantes
L’eau coule avec de grands traits fluides et fades
Parfois encore ton rire tes cheveux, ton corps me hantent


------------- dessin au feutre de cocole--------------------
allez voir ses excellents dessins et peintures sur son site :


Partager cet article

Repost0
25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 09:50
LE METIER DE VIVRE / Cesare Pavese

Ah ! quel beau livre ! et voilà bien un livre de chevet réellement, de ces livres qui restent des mois, voire des années à portée de main et qu’on feuillette le coeur affûté. Le métier de vivre de Cesare Pavese. L'un des plus beaux journaux intimes d'écrivain. La dernière page est inoubliable (18 août 1950) :

"La chose le plus secrètement redoutée arrive toujours. J'écris: ô Toi, aie pitié. Et puis ? Il suffit d'un peu de courage. Plus la douleur est déterminée et précise, plus l'instinct de la vie se débat, et l'idée du suicide tombe. Quand j'y pensais, cela semblait facile. Et pourtant de pauvres petites femmes l'ont fait. Il faut de l'humilité, non de l'orgueil. Tout cela me dégoûte. Pas de paroles. Un geste. Je n'écrirai plus."

Neuf jours plus tard, il se suicide en avalant des somnifères dans une chambre d'hôtel à Turin. Il aura vécu toute sa vie avec cette idée fixe en tête : son suicide. Dès 1936, soit 14 ans avant sa mort, il écrivait déjà : «Et je sais que je suis pour toujours condamné à penser au suicide devant n'importe quel ennui ou douleur.»
On comprend mieux peut-être le pessimisme de Pavese lorsque l’on sait qu’il a perdu son père à six ans et qu’il a été élevé par sa mère, femme réputée très stricte. Cesare Pavese a toujours eu grand mal à vivre et on retrouve cela dans tous ses écrits. Il aurait pu perdre peut-être son pessimisme s’il avait pu trouver l’amour de sa vie mais il a seulement cru le trouver en la personne d’une actrice américaine rencontrée à Rome en 1950, Constance Dowling. Celle-ci l’abandonne et il se suicidera la même année, en 1950, après avoir écrit sa dernière œuvre, "La mort viendra et elle aura tes yeux", recueil poétique dont le titre est très explicite ; Diane Kurys en a tiré un film plutôt réussi « un homme amoureux » avec Peter Coyote dans le rôle de Pavese.

Arrêté puis exilé en Calabre dès 1935 suite à ses idées anti-fascistes, il décide de commencer son journal. Il avait auparavant rédigé une thèse sur le poète américain Walt Whitman et collaborait dès 1930  au journal « la cultura ».
A l'origine de ce mal de vivre, sans doute pour une bonne part : une « malédiction sexuelle » qui le poussait à écrire : «Il y a des vêtements féminins si beaux qu'on voudrait les lacérer» ou encore: «Les femmes sont un peuple ennemi, comme le peuple allemand.» Pavese avait des problèmes d’impuissance ou d’éjaculation précoce, il en parle constamment. Quand il écrit par exemple : "Il y a quelque chose de plus triste que de vieillir et c'est de rester enfant". Ou encore quand il parle de la "jouissance suprême" qu'il sera toujours incapable de donner aux femmes.

 Mais c’est aussi la solitude qui revient sans cesse et l’angoisse, le journal est truffé d’aphorismes à la Cioran et de notes de lecture, très souvent ses difficultés avec les femmes reviennent. Très peu de textes sur la guerre, la résistance, le fascisme ! alors que tout se déroule de 1935 à 1950.


    Léo Ferré mis en musique un texte de Pavese : Interview de Léo Ferré à la radio au sujet de Cesare Pavese, extrait du livre : "Vous savez qui je suis, maintenant ?" de Quentin Dupont
"L'uomo solo, je ne sais plus pour quelle raison, en 1965 ou 1966, je devais aller chanter en Italie et j'avais mis ce texte en musique à ce moment-là. Et j'ai fait un disque, d'ailleurs, un 45 tours qui a été absolument mis dans l'oubli immédiatement puisque j'avais demandé à l'éditeur qui s'occupe des droits de Pavese, qui s'appelle Einaudi, je lui avait écrit pour lui demander l'autorisation et il ne m'a jamais répondu. Alors, j'ai pris moi-même l'autorisation. C'est un très beau texte italien, et lui c'était un type assez extraordinaire, ce Pavese. _Je dis bien qu'il est mort... Il s'est suicidé pour des raisons très personnelles. C'est un type qui n'avait pas (je parle d'une façon simpliste) de chance avec les femmes. Je ne peux pas dire que j'ai des chances avec les femmes, mais moi si je n'avais pas de chance avec les femmes, ça m'arrangerait. Je ne me tuerai jamais. Jamais de la vie !"

Cesare Pavese est plus connu comme romancier que comme poète, pourtant c’est comme poète qu’il aurait souhaité être reconnu : son premier et son dernier livre sont des livres de poésie. Beaucoup de poèmes du désamour. « travailler fatigue » (1936) était dit-on son livre de poésie préféré.

Quelques lignes de son « métier de vivre » :

En amour, ce qui compte seulement c'est d'avoir une femme dans son lit et chez soi: tout le reste est connerie, sinistre connerie. La forme d'amour la plus banale trouve sa nourriture dans ce que l'on ignore de l'objet. Mais qu'est-ce qui est au-dessus d'un amour qui est fait de ce que l'on sait de l'objet?
…/…
Et pourtant je ne réussis pas à penser une seule fois à la mort sans trembler à cette idée: la mort viendra nécessairement, pour des causes ordinaires, préparée par toute une vie, d'autant plus infaillible qu'elle sera venue. Ce sera un fait naturel comme la chute d'une pluie. Et c'est à cela que je ne me résigne pas: pourquoi ne recherche-t-on pas la mort volontaire, une mort qui soit l'affirmation d'un libre choix, qui exprime quelque chose? Au lieu de se laisser mourir? Pourquoi?
…/…
Ce n’est que par l’indifférence que l’on obtient et que l’on garde. Dans les problèmes de vie en commun, les lois en vigueur sont les mêmes que celles qui régissent le marché. Pour savoir traiter, il faut savoir être indifférent.
Sincères avec soi-même, faux avec les autres.
…/…
Pourquoi celui qui est vraiment amoureux demande-t-il la continuité, la durée (lifelongness) des rapports ? parce que la vie est douleur et l’amour partagé un anesthésique, et qui est-ce qui voudrait se réveiller au milieu d’une opération ?
…/…
Toute ta sérénité, tout ton altruisme, toute ta vertu et tout ton sacrifice s’écroulent en présence de deux êtres – homme et femme – dont tu sais qu(ils ont baisé ou qu’ils baiseront. Ce mystère impudent qui est le leur est intolérable. Et si l’un des deux est tout ce que tu rêves ? Que deviens-tu alors ?
…/…
L’unique joie au monde est de commencer. Il est beau de vivre car vivre c’est commencer, toujours, à chaque instant. Quand ce sentiment fait défaut – prison, maladie, habitude, stupidité – on voudrait mourir.

etc etc etc ... on pourrait en rajouter des dizaines et dizaines ...
Je n'ai pas pu assister en 2001 et 2002 au spectacle réalisé par Jean Bart en Suisse
Quel dommage ! Michael Lonsdale et sa voix fabuleuse lisant le métier de vivre ! Anne Martinet ses poèmes, cela a dû être grandiose ...
J'en profite pour vous parler très briévement de Jean Bart - on reviendra à lui, promis - il est avec l'ami Michel Bühler un très GRAND de la chanson (auteur-compositeur-interprète) suisse, je ne saurai trop vous conseiller d'acheter ses disques : du pur bonheur ! Apparemment il sait tout faire : chansons, textes, nouvelles, musique, chants, mise en scène ...
son site : Jean Bart

Partager cet article

Repost0
23 mai 2006 2 23 /05 /mai /2006 21:38
"Admettre que la vie de l'humanité puisse être dirigée par la raison [seule], c'est nier toute possibilité de vie."
Léon Tolstoï

Partager cet article

Repost0

Pages