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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 20:42
    Il y a longtemps, j'allais un soir écouter JR Caussimon, c'était au centre culturel de Toulouse, j'étais encore étudiant.
   Il était seul avec son pianiste Roger Pouly. Une soirée superbe !
J'écrivais d'ailleurs le lendemain une nouvelle sur cette soirée. (je m'étais beaucoup intéressé à la jeune femme assez proche de moi et au croisement incessant de ses jambes, le nylon faisant ce bruit dont parle si bien Charles Denner dans "L'homme qui aimait les femmes" de Truffaut. Entre deux chansons, elle croisait ou décroisait ses jambes gainées, ce qui chaque fois mettait mes tympans en émoi. Elle avait un très beau pull, col roulée, blanc ; vous voyez parfois, j'ai bonne mémoire.
   Bref, à la fin de la soirée, j'hésitais à aller lui serrer la pince ; il était là debout, bien vertical, grand , avec un sourire adorable et un petit foulard autour du cou. En sortant de la petite salle, j'hésitais encore, car il y a bien une chose que j'abhorre : c'est déranger les gens. Il dut sentir cette hésitation et c'est lui qui fit un mouvement vers moi, dès lors, je lui tendais la main, il l'a pris chaleureusement et me la serra bien fort. Une grosse main d'ouvrier que je retrouvais plus tard dans la même poigne forte de Jacques Bertin. Incapable de parler, je sortis, heureux, la tête parfumée d'étoiles.
JR Caussimon, c'est comme Brassens, Brel, Ferré, Bertin, Hélène Martin ; il y aurait des heures à discourir sur cette chanson-là. Et puis son côté libertaire, toujours proche des "coeurs purs".
   Aujourd'hui : on ne chantera "que" ces fameux "Coeurs purs", cette magnifique chanson, si  prophétique pour tant de nous, si belle et si profondément vraie.
Encore un chef-d'oeuvre de la chanson poétique lyrique.
Merci Jean Roger !




Caussimon



Jean-Roger Caussimon
LES COEURS PURS
Paroles: Jean-Roger Caussimon, musique: Eric Robrecht, 1959



Ils ne sont pas encore amis
Des notaires et des notables
Ils ne sont pas encore admis
A dîner, le soir, à leur table
Ils ne sont pas encore polis
Comme Papa le fut toujours
Ils ne sont pas encore salis
Par les combines au jour le jour...

Mais on leur dit que ça viendra
Et, bien sûr, ils ne le croient pas
Les coeurs purs
Les coeurs purs...

Ils ne sont pas encore rusés
Ni blasés d'être un peu bohèmes
Ils ne sont pas encore usés
Par le métro des matins blêmes
Ils ne sont pas encore conscrits
Bien qu'ils soient souvent "engagés"
Ils ne sont pas encore inscrits
Ni au chômage, ni aux congés...

Mais on leur dit que ça viendra
Et, bien sûr, ils ne le croient pas
Les coeurs purs
Les coeurs purs...

Ils ne sont pas encore lassés
D'écouter chanter leur idole
Ils ne sont pas encore blessés
Par le Temps qui tant nous désole
Ils chantent des "songs" sur un banc
Ils n'ont pas honte de la rue
Ils ne sont pas encore perdants
Ils ne sont pas encore perdus...

Mais on leur dit que ça viendra
Et, bien sûr, ils ne le croient pas
Les coeurs purs
Les coeurs purs...






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Si vous aimez JR Caussimon : 3 livres indispensables,  tous publiés au Castor astral
et tous intéressants  :


caussimoncastorastral

ici, une longue et belle préface de Ferré, toutes les chansons de l'ami Caussimon (119 textes)
Catherine Sauvage, Léo ferré, Philippe Clay, Mouloudji, Les Frères Jacques, Isabelle Aubret,
Serge Gainsbourg, Philippe Léotard, Dominique A et tant d'autres ont chanté ces textes-là !
A la fin du livre : un CD de 20 chansons (Caussimon : Théâtre de la ville, 1978)

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caussimoncastorastral2

ici préface de José Arthur et postface de claude Nougaro ; "la double vie"
ce sont ses mémoires (comédien et parolier, chansonnier) interrompues
en 1981, plus un très grand nombre d'illustrations
ici un CD de 27 chansons avec des enregistrements inédits ou introuvables

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caussimoncastorastral3

ici préface de son fils Raphaël : poèmes, chansons et théâtre
un CD de 22 chansons rares, inédites ou introuvables chantées par
Barbara, julien Clerc, claude Nougaro et tant d'autres...
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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 10:30
Si comme moi vous aimez la chanson non crétinisante
et que vous regrettez (parce que vous êtes comme moi un vieux con)
la vieille chanson à texte où l'interprétation et la qualité du texte
étaient aussi importantes que la musique

Bref si vous aimez "la chanson poétique" l'ami Jean-François vous prépare
tous les mercredis

dans "le temps ne fait rien à l'affaire", une spéciale "les chants des hommes"
7 émissions d'une heure avec comme fil conducteur un très grand chef d'orchestre : Jacques Bertin

très très intéressant
et très sympathique de réentendre toutes ces chansons et tous ces chanteurs qui cherchaient
une qualité dans leur interprétation
et qui se moquaient bien de la chanson industrielle et du show-biz...

Cliquez sur la banderolle

marmitefm

l'ami Jean-François aux manettes :

31285998


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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 13:22
    Jean Michel Caradec est mort dans un accident de voiture, en se dirigeant chez moi en Touraine pour rejoindre la tournée France Inter, il avait juste 35 ans , c'était cette funeste année 1981 qui vit aussi 2 mois après Caradec disparaitre Georges Brassens.

    Une voix sensible, un ton folk de ces années-là et quelques succès comme "île", "ma Bretagne quand il pleut", "la colline aux corallines", "ma petite fille de rêve" etc...

    Ces chansons étaient agréables à écouter et nul doute que Jean Michel Caradec serait devenu un grand de la chanson française sans cet accident.

    Moi, j'aime bien ses chansons à succès et j'aime bien sa voix ; mais je me souviens surtout d'une chanson très bien écrite, plutôt lue que chantée, assez atypique et finalement très moderne, très réussie.

En voici le texte (de mémoire) je pense qu'il n'y a pas d'erreur. (vieille cassette quasi inaudible). Si quelqu'un d'ailleurs pouvait m'envoyer cette chanson en mp3, il ferait un heureux. Merci :-)



à ma femme

Tu es venue des marécages où les adultes poissent l’enfance
Parée de coquillages morts et je me rappelle la danse
Septembre léchait sa blessure et l’équinoxe enflait si belle
Qu’entendre gueuler les goélands on aurait dit des hirondelles
Assassinées par des gamins fouettant l’écharpe de la dune
Et moi soupirant mes 20 ans passés depuis 40 lunes
Avec mon fils dans mes cheveux pareil à celui dans ton ventre
Et qui ne jouera que demain

Noyé dans ma nuit océane je vieillissais dans mes bouteilles
Et je crachais dedans mon crâne l’amertume amassée la veille
Si j’avais pu briser le temps je serais retourné dans ma mère
Ô marée d’algues déversée sur le trottoir gercé de vert
Lagune au bord de l’escalier où j’attendais que tu descendes
En chantant comme fait le vent sur la montagne ou sur la lande
Ô Bretagne où mon cœur a mis pour toujours l’habit de grisaille
Et qui ne connaît pas l’oubli

L’été vibre de ses chevaux tu es nue sous ta peau nuptiale
Nuptiale et nue bien après tout portent les mêmes initiales
Pourquoi pas jouer sur les mots on joue bien sur les corps des femmes
Et moi enfant cassé déjà et que l’amour sans cesse affame
Quand je dépose sur ton sein ma bouche à jamais maladive
Accouplée comme le vitrail sous la cambrure de l’ogive
C’est là que je mourrai heureux vidé de mes pluies éphémères
Qui ne savaient plus qui mouiller


Jean-Michel Caradec

extrait :
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Merci à Pascal Dumay, grand spécialiste de jm Caradec qui vient de m’envoyer le mp3 recherché
Le magnifique arrangement de cette chanson est de Jean Musy.
Allez sur le site de Pascal Dumay : www.jeanmichelcaradec.com

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 08:33
je vous souhaite, moi aussi, comme l'ami Ferré, ni Dieu, ni maître, on vit bien mieux ainsi

une des plus belles chansons de révoltes de Ferré



Photographie M. Ginies 1984





La cigarette sans cravate
Qu'on fume à l'aube démocrate
Et le remords des cous-de-jatte
Avec la peur qui tend la patte
Le ministère de ce prêtre
Et la pitié à la fenêtre
Et le client qui n'a peut-être
Ni Dieu ni maître

Le fardeau blême qu'on emballe
Comme un paquet vers les étoiles
Qui tombent froides sur la dalle
Et cette rose sans pétales
Cet avocat à la serviette
Cette aube qui met la voilette
Pour des larmes qui n'ont peut-être
Ni Dieu ni maître

Ces bois que l'on dit de justice
Et qui poussent dans les supplices
Et pour meubler le sacrifice
Avec le sapin de service
Cette procédure qui guette
Ceux que la société rejette
Sous prétexte qu'ils n'ont peut-être
Ni Dieu ni maître

Cette parole d'Evangile
Qui fait plier les imbéciles
Et qui met dans l'horreur civile
De la noblesse et puis du style
Ce cri qui n'a pas la rosette
Cette parole de prophète
Je la revendique et vous souhaite
Ni Dieu ni maître
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 20:34
    Fred Hidalgo, journaliste depuis 1971, est le créateur de plusieurs journaux dont le mensuel « Paroles et Musique » (1980-1990) et la revue « Chorus » (1992-2009).

Chorus vient malheureusement de s'arrêter.

    Il n'y a donc plus de revue pour défendre une "chanson de qualité", loin des dollars, de l'hyperconsommation et des plateaux télés.

    Reste un homme passionné par son métier de journaliste, et son amour des chansons et des chanteurs ; vous pouvez le rejoindre sur sicavouschante : cliquez sur le bandeau...

    Bonne nouvelle route à lui !...

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 21:27
Ce texte, à la mémoire de mon père décédé il y a 10 jours...





mon père, l'année de ma naissance
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Le grand coup de gueule de Bernard Dimey devant la mort, le vieillissement, l'altération, la déformation, la dégradation, la flétrissure et autres déhiscences des corps...
du grand Dimey !


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Manque à vivre.


Mon Dieu, me voilà sans doute à la fin de moi-même,
à deux pas de la fin, je le sens,
je le souhaite et j’en ai peur
et je m’en réjouis d’avance comme d’un jouet tout noir inusable et superbe,
un jouet pour mon âge
que je retournerai dans tous les sens que j’aurai,
dans tous ceux que le monde aura,
dans tout ce qui continuera d’exister, de gesticuler,
de rêver dans le noir, de vivre en plein air,
de faire encore les fous, de pérorer, d’être stupide…

Ah oui, Bon Dieu, je crois qu’il sera bon de n’être
plus présent quand vous serez tous encore là
à vous démaquiller
à vous essayer les uns les autres,
à chercher péniblement du plaisir partout à toute heure
du jour, du soir, de la nuit
et dans les ruelles secrètes de la ville où tout
Se vend pour rien, où tout et rien ne sont rien que du vent…

Mon Dieu, me voilà sans doute arrivé au bord de ce
gouffre aussi vertigineux que l’intérieur de moi,
que l’intérieur perfide de cet animal que je suis,
de ce pauvre animal, en effet…
élégant peut-être autrefois mais aujourd’hui tellement
empêtré dans sa graisse.

Il est terrible, mais vraiment terrible, le jour où cette chose arrive
le jour où cette vérité vous éclate à la gueule,

il est vraiment épouvantable de se voir en pied, dans
la glace énorme du couloir et de réaliser brusquement
qu’on est moche et qu’on est gros,
qu’on est l’inverse absolument de ce qu’il aurait fallu,
l’inverse exactement de tout ce que l’on voulait,
de tout ce qu’on cherchait,
de cette admirable statue dans on traquait la
ressemblance à tous les instants décisifs, à tout prix !

Et me voilà, Mon Dieu, pas loin d’être arrivé à
l’endroit d’où je suis peut-être parti.
il aurait mieux valu rester là, je crois bien,
dans cette tiédeur où j’étais,
dans ce liquide irremplaçable…

J’ai le souffle court et le muscle amolli,
la graisse est devenue mon jardin potager,
J’y déambule à mon loisir, je m’y endors et je m’y traîne…
et je m’essouffle…

Pourquoi faut-il attendre aussi longtemps pour découvrir
le peu, le presque aussi peu qu’il fallait pour avancer
d’un pas sur cette route unique, dans une seule direction possible ?

Je suis arrivé, bête et devenu vilain, au carrefour
désolant, presque désopilant,
de cette fin prochaine qui fait aux gens de mon espèce aussi peur…
presque aussi peur que la naissance.
D’ailleurs, je verrai bien mais sans envie de voir,
de voir plus rien du tout, que l’envers de ma peau, et que le creux de ma tête,
que la forêt fragile et blanche, impénétrable et
trouble… Oui, tous ces nerfs minuscules et géants ,
tous ces nerfs comme une vaste étendue de buildings et
de HLM dans ma tête ?...
sans ascenseurs, sans transparence,
sans minuterie, sans locataires,
sans confort, sans sonnerie, sans téléphone,
sans actualité,
sans télévision, sans courrier,
sans monstres,
sans aucune espèce de monstres…

J’ai quatre vingt mille ans et j’attends encore d’être adulte,
et j’attends encore de comprendre un peu qui vous êtes
car si vous n’êtes rien, mais vraiment rien du tout, dites-le !
Mais oui, dites-le ! Que je le sache avant de partir,
que j’en sois sûr,
que je jouisse au moins de cette satisfaction…
Pouvoir me dire à moi tout seul, en confidence, que je ne m’étais pas trompé…
jamais !

Mon Dieu me voilà sans doute arrivé,
vraiment pas loin d’être rendu
rendu… C’est un vieux mot de paysans pour avouer qu’on
est fatigué, qu’on n’en peut plus, qu’on n’y peut rien,
qu’on n’y pourra plus rien,
et qu’on n’y veut plus rien pouvoir
et que disparaître d’un monde où l’on est à peine apparu
ne sera rien du tout qu’un peu de manque à vivre,
oui… comme on dit manque à perdre ou plus rien à gagner.

Bernard Dimey.


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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 14:11
Blowin' in the wind (B. Bylan).



How many roads must a man walk down
Before you call him a man?
Yes, 'n' how many seas must a white dove sail
Before she sleeps in the sand?
Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly
Before they're forever banned?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.

Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l'appeliez un homme?
Oui, et combien de mers la blanche colombe doit-elle traverser
Avant de s'endormir sur le sable?
Oui, et combien de fois doivent tonner les canons
Avant d'être interdits pour toujours?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.


How many times must a man look up
Before he can see the sky?
Yes, 'n' how many ears must one man have
Before he can hear people cry?
Yes, 'n' how many deaths will it take till he knows
That too many people have died?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.

Combien de fois un homme doit-il regarder en l'air
Avant de voir le ciel?
Oui, et combien d'oreilles doit avoir un seul homme
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens?
Oui, et combien faut-il de morts pour qu'il comprenne
Que beaucoup trop de gens sont morts?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

How many years can a mountain exist
Before it's washed to the sea?
Yes, 'n' how many years can some people exist
Before they're allowed to be free?
Yes, 'n' how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn't see?
The answer, my friend, is blowin' in the wind,
The answer is blowin' in the wind.

Combien d'années une montagne peut-elle exister
Avant d'être engloutie par la mer?
Oui, et combien d'années doivent exister certains peuples
Avant qu'il leur soit permis d'être libres?
Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant qu'il ne voit rien?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 00:19
à nouveau disponible
le disque hommage de Jacques Bertin

"Chez Bertin"
Changement de propriétaire
1982

12 chansons d'exception, bien sûr...

chez Velen, Nantes
Commande : ICI



1    Maintenant que la jeunesse (Aragon / Leonardi) 
2    Le temps de vivre (Gougaud / Bertola)
3    La chanson de Tessa (Giraudoux / Jaubert)
4    L'aube sur le Jardin des Plantes (Brua)
5    Noël (Bérimont / Ferré)
6    Amis soyez toujours (Vasca)
7    Syracuse (Dimey/ Salvador)
8    Stanislas (Ricet-Barrier / Lelou)
9    Les voiles du bateau (Dimey / Salvador)
10    Gennevilliers au bout du monde (Sommer)
11    A Paris dans chaque faubourg (Clair / Jaubert)
12    Les chants des hommes (Hikmet / Grassi)
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 08:22
une chanson inédite du grand slameur
" Education nationale "
un clip sympa
cliquez sur les images


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15 mars 2009 7 15 /03 /mars /2009 11:39

L’ami Alain est donc parti
Faire la cour à des murènes
Il est parti « faire le mort »
On sait que cela ne durera pas

Celui qui avait réussi à rejoindre
Le grand Gainsbourg dans le maniement des mots
Les mélodies riches et des interprétations sans faille
Et même dans la dégaine

Fatigué, nous sentions tous que le bout du chemin était proche
Transfusé, pour pouvoir venir recevoir ses prix – comme un enfant –
Qu’il fut toujours
Il avait quand même gardé son regard chaleureux et sa voix  puissante

C’est fini, donc, ces mots que lui seul possédait
Ces jeux de mots et de maux rien qu’à lui
Ses hésitations, ses peurs, ses amantes
La mort est venue nous rafler tout cela d’un coup en prévenant cependant
« Bleu pétrole » fut donc le dernier champ dans son expérimentation
il est ainsi parti voyager « en solitaire »
et ma main est tendue pour lui
et j’ai mal comme pour Ferré et Nougaro
ces chants qui seront maintenant du « passé »
ce climax à la fois apogée et orgasme
qu’il désirait et recherchait en tout
va mon ami va visiter tes sirènes et sauter à l’élastique
« à l’envers » dans les nuages
tu remonteras ainsi vers le soleil,
ton frère,
ton ami

tu as besoin de chaud


bien à toi / Marc /




La nuit je mens

On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques

J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née

A la station balnéaire
Tu t’es pas fait prier
J’étais gant de crin, geyser
Pour un peu je trempais
Histoire d’eau

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

J’ai fait la saison
Dans cette boite crânienne
Tes pensées je les faisais miennes
T’accaparer seulement t’accaparer

D’estrade en estrade
J’ai fait danser tant de malentendus
Des kilomètres de vie en rose

Un jour au cirque
Un autre à chercher à te plaire
Dresseur de toutous
Dynamiteurs d’aqueducs

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Effrontément

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

On m’a vu dans le Vercors
Sauter à l’élastique
Voleur d’amphores
Au fond des criques

J’ai fait la cour à des murènes
J’ai fait l’amour
J’ai fait la mort
T’étais pas née

La nuit je mens
Je prends des trains
A travers la plaine
La nuit je mens
Je m’en lave les mains

J’ai dans les bottes
Des montagnes de questions
Où subsiste encore ton écho
Où subsiste encore ton écho

La nuit je mens…


Texte Alain Bashung/Jean Fauque 1998

Vidéo en public de "la nuit je mens" / cliquez sur l'image

" Ce qui me stimule, c'est de ne pas trop savoir où je vais..."
Alain Bashung 2005

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 02:24
    Le 25 ième disque de Bertin est là.
Enregistrement public, Jacques et sa guitare, l'ami de toujours Laurent Desmurs et son piano.
Quelques nouvelles chansons dont la magnifique "Que faire ?". C'est toujours un miracle que t'entendre cette voix, ces textes, ces mélodies. 
 

    Jacques Bertin a sous titré son disque : 40 ans de chanson . Et oui 40 ans !




    40 ans que sa poésie me nourrit intensément, profondément, à grands coups de cuillères délicieuses. Et essentielles. Brel, Brassens, Ferré, morts ; selon moi, il ne reste que lui. Cette chanson-là que je ne veux pas voir disparaitre !

    Ce que je retiens encore de ce tout dernier opus, c'est la perfection du chant et de la voix. Oui, la perfection.






QUE FAIRE ?

Fonder quelque chose
Demeurer vivant
Brûler à tes causes
Courir en avant
Fonder l’amour même
Et l’homme nouveau
Nier le problème
Lancer des bateaux

Ouvrir une route
Cueillir le grand vent
Défier le doute
Brûler le gréement
Atteindre la rive
Débloquer le port
Débarquer les vivres
Débusquer la mort

Tricher sur les dates
Sauver la maison
Avancer sans carte
Plaider la passion
Inventer de l’âme
Gonfler les enjeux
Tutoyer le drame
Rallumer le feu

Renverser la table
Nier le destin
Croire dans ses fables
Retoucher la fin
Rallumer de l’homme
Se laisser hanté
Ramener de l’homme
Tout réinventer

Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin

Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L ‘homme est dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim

Boire dans des causes
Aimer à sa faim



Ramener de l’homme
Cueillir en hiver
Réhabiter l’homme
Planter dans la mer
Parler à mon frère
Te prendre la main
Quelques pas sur terre
Enfant du chagrin

Défier les astres
Marcher au canon
Violer le cadastre
Rétablir les ponts
Croire dans des choses
L’homme dans nos mains
Boire dans des causes
Aimer à sa faim

Boire dans des causes
Aimer à sa faim

Boire dans des causes
Aimer à sa faim !

Laurent Desmurs, piano et claviers
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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 10:56
Gianmaria Testa nous a habitué depuis quelque temps à de beaux albums, toujours réussis, toujours hors des modes,hors show-biz, toujours honnêtes.
La valse d’un jour (il valzer di un giorno – Harmonia Mundi 2001)
est un pur poème du début jusqu’à la fin. La quintessence de la force de cet artiste piémontais né en 1958 atteint là peut-être son apogée. Les textes sont courts et percutants, toujours précieux et oniriques ; le livret accompagnant le disque est déjà lui-même un régal, photos noir et blanc et traductions de toutes les chansons et de tous les poèmes ; seules deux guitares se répondent, celles de  Gianmaria Testa et Pier Mario Giovannone, elles sont toutes deux d’une sobriété exemplaire et la voix de l’artiste nous donne à rêver, un rêve mystérieux et inestimable. Il y a bien un air de miraculeux dans ces morceaux. On pense à Paolo Conte du début bien sûr, mais aussi Léonard Cohen, de ces artistes trop rares aujourd’hui.

Le disque se termine par une lente diction pleine de talent et de retenue d’un petit poème de Jean Claude Izzo écrit très peu de temps avant sa mort « la plage du prophète ».
Gianmaria Testa est sans nul doute une erreur dans ce monde actuel de la chanson – une erreur pour les textes, une erreur pour la musique -, une bien belle erreur.

Les femmes dans les gares
Des jupes comme des cerfs-volants dans les orages
Sombres élégances de cormorans
Ombres de rouge dans les cheveux et sur les mains

Les femmes dans les gares
Toujours quelqu’un les attend
Elles s’en vont
Et ne se retournent pas.                          

GM Testa







Je me sens seul

Seul
Comme ces balcons
Aux persiennes fermées
Abandonnés
Où tombe la pluie
Le sable se pose
Se pose la poussière

S’ils avaient une voix
Tu les entendrais
Invoquer les oiseaux
S’ils avaient des mains tu les verrais
Dessiner géraniums et azalées

J’attends comme eux
Quelqu’un qui m’ouvre
Plancher à fouler
Véhicule de lumière
Autre chose
Je ne sais imaginer                        PM Giovannone
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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 05:50
En ce moment : Gros coup de coeur.jpg

pour le premier album de Berry : "Mademoiselle"

berry-mademoiselle.png
rien de révolutionnaire et cependant :
- une voix fraiche, débordante de sensualité et de féminité
- des textes simples "de chanson", mais très bien écrits, souvent justes
- une musique et une orchestration remarquables de Manou, où rêgne la guitare sèche. C'est truffé d'inventions sonores, et de justesse.
- 2 petits poèmes de Verlaine en fin de disque astucieusement mis en musique et chantés

Toutes les chansons s'écoutent avec un très grand plaisir, les deux premières bien sûr qui sont devenues depuis fin février déjà des quasi tubes : "Mademoiselle" et "le bonheur" ; mais aussi les autres, en particulier la très très belle chanson de rupture "plus loin", véritable petit chef d'oeuvre de sensibilité et de retenue.

Voici "le bonheur" :
(mais sans musique et sans chant) malheureusement

Le bonheur

N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas / Ni ici ni ailleurs…
Nous allons mourir demain / Ne dites plus rien / Le bonheur conjugal / Restera de l’artisanat local
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Le trésor n’est pas caché / Il est juste là / A nos pieds dévoilé / Il nous ferait presque tomber
C’est dommageable qu’on ne vive / Qu’une seule fois / C’est le temps d’une joie / Qui s’offre comme vous à moi
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer

Un peu de sel dans la mer / Ne changera rien / On s’adore on s’enterre
On trouve une main et on serre
N’ayez pas peur du bonheur / Il n’existe pas
Laissez vous aller, le temps d’un baiser / Je vais vous aimer


chanteuse-berry.jpgPhotographies de Ramon Palacios-pelletier

Le site de BERRY : cliquez sur la photo

Voir les très sympathiques vidéos
= c'est là.
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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 02:00
Voici une des plus belles chansons de Jean Vasca et une des plus belles chansons sur l'amitié
Cette chanson fut chantée par son auteur, par Jacques Bertin, par Marc Ogeret.
à chaque fois, un délice...

vasca3.jpg


Amis soyez toujours



Amis soyez toujours ces veilleuses qui tremblent
Cette fièvre dans l’air comme une onde passant
Laissez fumer longtemps la cendre des paroles
Ne verrouillez jamais la vie à double tour
Je suis là cœur battant dans certains soirs d’été
A vous imaginer à vous réinventer

Amis soyez toujours ces voix sur l’autre rive
Qui prolongent dans moi la fête et la ferveur
Des fois vous le savez il fait encore si froid
Le voyage est si long jusqu’aux terres promises
Je suis là cœur battant dans tous les trains de nuit
Traversant comme vous tant de gares désertes

Amis soyez toujours l’ombre d’un bateau ivre
Ce vieux rêve têtu qui nous tenait debout
Peut-être vivrons-nous des lambeaux d’avenir
Et puis nous vieillirons comme le veut l’usage
Je suis là cœur battant à tous les carrefours
A vous tendre les mains dans l’axe du soleil


    Peut on rêver de plus belles chansons sur l’amitié ?
Jean Vasca aura 68 ans cette année ! Diantre ! Le temps passe…

    Plus de 20 albums, des prix dans tous les sens, 7 ou 8 recueils de poésie… Et oui, encore un oublié des temps modernes, un grand désabusé lui aussi mais qui tient la barre encore et toujours, et le gouvernail nous emmène vers de beaux chemins ...

    Le seul avec Jacques Bertin a être paru de son vivant dans la prestigieuse collection « Poètes et Chansons » chez EPM.

    Sur le net, on trouve des vidéos de cette chanson, les puristes cherchent à savoir qui la chante le mieux de Bertin ou de Vasca ... J'aime les deux interprétations, Vasca est lyrique, Bertin plus en lui même ; les deux sont puissantes et me font frémir ! Bravo à eux ! Bravo pour ce splendide texte !
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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 20:41
bilde.jpeg   
   
    A 74 ans, Leonard Cohen va normalement reprendre une tournée mondiale. (dernière tournée en 1993 (!!!) )
(en France le 9 juillet à Lyon, le 22 Juillet à Nice)

    On lui souhaite de la réussir, mieux en tout cas que son tout dernier disque qui m’avait fort déçu (Dear heather, 2004) (et ce fut quasi le seul)...
    Il a quitté le monde du recueillement – son monastère boudhiste de Los Angeles – où il a quand même passé 5 ans de sa vie.


    Amoureux des chœurs (et des choristes), l’ami Leonard en met un peu partout ses derniers temps, mais parfois comme dans « secret life », cela sonne plutôt juste.
Grand mystique, faiseur d’histoires, Cohen fait partie des très grands ; il a d’ailleurs été honoré il y a une semaine à New York. «Rock'n'roll Hall of Fame» («temple de la renommée» et musée du rock).

       Je viens d'acheter aussi le "Book of longing", Penguin Books, 2006 ; les poèmes sont courts et assez faciles à lire même en étant moyen en anglais, c'est agréable aussi d'y voir les dessins et "décorations" du maitre lui même  quasi à chaque page, Cohen aime dessiner. Ce livre a été "mis en musique" par l'excellent Philip Glass.

   Avec sa belle voix de baryton, et de basse dans les derniers albums, Cohen s'est créé un monde unique ,le sien, son "langage intérieur", quelque chose de solide ou d'éternel.Textes, interprétation, chants, musique, dessins, romans, concepteur de ses propres clips, moine boudhiste dont le nom veut dire "le silencieux", Cohen est un être complexe.

    Voici ici "Secret Life" de son avant dernier album.
    Longue vie à lui !


20061014_cohen.jpg


In my Secret Life

I saw you this morning / You were moving so fast / Can’t seem to loosen my grip / On the past.
And I miss you so much / There’s no one in sight / And we’re still making love / In my Secret Life.

I smile when I’m angry . I cheat and I lie / I do what I have to do / To get by / But I know what is wrong / And I know what is right / And I’d die for the truth / In my Secret Life.

Hold on, hold on my brother / My sister, hold on tight / I finally got my orders / I’ll be marching through the morning / Marching through the night / Moving cross the borders / Of my Secret Life.

Looked through the paper / Makes you want to cry / Nobody cares if the people / Live or die / And the dealer wants you thinking / That it’s either black or white / Thank G-d it’s not that simple / In my Secret Life.

I bite my lip / I buy what I’m told : / From the latest hit, / To the wisdom of old / But I’m always alone / And my heart is like ice / And it’s crowded and cold / In my Secret Life.

Leonard Cohen 2001, album 10 new songs

Dans ma vie secrete

Je t’ai vue ce matin / Tu bougeais si vite / J’ai du mal à lâcher prise / Sur le passé.
Et tu me manques tellement / Il n’y a personne en vue / Et nous continuons à faire l’amour / Dans ma vie secrète.

Je souris quand je suis en colère / Je triche et je mens / Je fais ce que je dois faire / Pour faire aller / Mais je sais ce qui est mal / Et je sais ce qui est bien / Et je donnerais ma vie pour la vérité / Dans ma vie secrète.

Tiens bon, tiens bon, mon frère / Tiens bon, ma sœur / J’ai finalement reçu mes instructions / Marchant au pas je traverserai le matin, / Je traverserai la nuit, / Passant les frontières / De ma vie secrète.

J’ai parcouru le journal / Ca vous donne envie de pleurer / Tout le monde s’en fout si les gens / Vivent ou meurent / Et le dealer veut que tu penses / Que c’est soit noir soit blanc / Dieu merci, ce n’est pas si simple / Dans ma vie secrète.

Je mords ma lèvre / J’achète ce qu’on me dit : / Du dernier tube / A la sagesse du temps jadis / Mais je suis toujours seul / Et mon cœur est comme la glace / Et il y a foule et il fait froid / Dans ma vie secrète.


Traduction française : Graeme Allwright

Son site internet = LEONARD COHEN .

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