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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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"Le sens trop précis
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ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 21:08

photographie frenchpeterpan

 

 

 

iris nain qui semble me fixer

impression fugace du sens de ma vie et de la vie en général, qu’est-on ? 

il ne faut pas chercher une utilité à sa vie nous dit Nicolas Bouvier

seuls les sentiments comptent dit-on / que faisons nous pour les entretenir ?

vieillissement de la fleur comme métaphore du passage de la vie

chaos désordre

 

le petit iris nain est là

sobrement nettement

il perce la pierre, il sort du minéral

son jaune est éclatant et les cailloux sont gris

 

dans les autres corps, les autres présences

rien qu’un vide infini

un vide "central"

 

quelques insectes vrombissent dans la quiétude 

de cet instant charmeur 

cependant insuffisant

 

éminemment au plus mal

 

 

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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 16:38

le ciel est colossal avec ses geysers pulsant l’air

de nombreux nuages dystociques brament l’univers

 

la robe au sol

comme un chiffon une gifle de ton corps

 

un intervalle au passant

et moi qui demeure

 

l’espacement cuivre

ton sexe de calisson

 

ferveur le soleil revient

ici-bas sur terre où il faudrait vivre

parfois ta peau ornée sanguine est mon sanctuaire

 

le ciel grand dehors est sans-dieu a un goût de santal

c’est un trésor d’être vivant au sein de ce monde

vésicules dentelées où mes ongles crochent mal

déraison de toi même dérisoire oraison, amour

 

c’est une closerie que de toi je comprends si mal

comme une frénétique fin de vie où tout serait à faire

j’ai beau déverser en toi toutes mes déviances

je besogne trop dans ce monde pour enfin t’appréhender

 

aseptique amour

amour amaigri

 

il faudrait revenir à ma solitude épave

obscènes et obscurs débris de vie

 

 

 

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 15:24

à la vie : que suis-je modeste ou inapte ? 

j’aurai pour me satisfaire choisi la sortie

la vie en travers

la vie secousse

la vie en derrière

la vie accélérée

 

enfant déjà on m’accélérât

en me montrant des sexes dont j'ignorais tout

l’enfance est tendresse 

l’adulte est passion, puis violence, puis incompréhension

lorsque l’enfant passe le temps et vieillit

 

cette enfance accélérée m’a abasourdi l’adolescence

comme un coup de matraque dans le regard et l’enfance

un exil des rivages que l’on disait enchantés

une grande scène où je me voyais coupable

 

l'autre monde s'ouvrait à moi -alors- en corolles larges

et corps d'adolescentes

 

mais l'enfance alors abandonnée laissait sur le lino de la petite chambre les petites voitures de course, ou les coureurs de la fonderie Roger avec leurs maillots multicolores Molteni, Peugeot, Mercier..., les camions du cirque Pinder, les traits à la craie sur le lino rouge ; et dehors un bac à sable qu'on recouvrira plus tard, les feuilles des paulownia trouées par les plombs du pistolet, des cris d'enfants, les derniers

 

ses souvenirs là

comme l'or de leur corps

des suints de cannelle, des yeux embruinés

des bouilles de colombin

une fable mal fabriquée

 

un roulis du coeur à jamais déphasé, abimé, détraqué

 

 

la vie à venir comme déjà un immense désaveu

la vie à venir comme déjà un immense désaveu

la vie à venir comme déjà un immense désaveu

 

l'enfant accéléré
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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 14:04


« Celle que j’aime a froid… »  Jacques Bertin





Encore une fois, il y a la sente sombre vers les sombres hivers
Les retours en arrière pour déplaire
là où la solitude et mon mal se réunissent et font la fête
La m é l a n c o l i e de l’être
- dit-on -

Aragon parlait de blondeur des blés pour tes écrins, tes mets, tes vins
Il y aurait tant à dire sur ce chant de ton corps, de leurs corps
Sur les perles, les rosées des chants de coqs , aubades d’or
Cette valse des épidermes quand j’appuie de mon front mes doutes sur ton ventre rond
Partiellement et ta voilure, ta chevelure de lin, tes galions, tes caravelles
Tes bas de laine et ton teint vif, tes mains de lait des doigts qui pèlent
Tes oranges en forme de seins dont j’ai sucé le goût comme un jus peint de blond,

Femme univers
Femme de la rue
Ma belle frangine disait Ferré

Tu es ma copine, dans la rue le soir, je fumais pour faire comme toi, et pour crier sur les toits que je t’aimais, aux amis pigeons éreintés
Dans les ruelles, les noirs chevaux derrière moi se hâtaient pour égaler ma course vers toi, mes déraisons de toi, des fusions pulsantes sur les rythmes de tes danses et j’y croyais
Et ma course était belle
Au ralenti filmée
Déjà la peine germée
Si forte et si cruelle

Toi, ma drôle de fille
Peinte en lune
Toi qui te maquilles avec le bleu de l’eau, le vert de l’herbe, le jaune du soleil
Jupons des aubes automnales
Jupons des capricieux du matin
Tristes réveils à midi avec les bruits de la ville qui travaille, ô nous adorables fainéants
Avoir faim, alors, réveiller, reprendre conscience de nos corps

Poitrine de lait
La mer calmée
N’est-ce pas Léo ?

saison malade
Au sud de ton sexe vert oh les merveilleux nuages du centre nombrilisant de toi
Oh les vergers que tu promettais, t’en souvient-il de tes pas sur les pavés luisants glissants mouillés
Serrée à moi et nous avions ri
Je marchais comme Dylan avec mes bottes qui me faisaient mal et toi comme Suze Rotolo
On voulait devenir la pochette de « The freewhellin’ »
La devenir entièrement, retrouver cette jeunesse, cet air frais

Fidèles, fidèles excessivement nous étions
Terriblement fiers et jeunes, magnifiquement heureux dans nos parcs à deux
Glissants tels des ombres bleues

Nous étions les bons sergents de cette ville-là, de ce temps-là, de ces espoirs
C’est ta jeunesse qui doit faire crier
Cette jeunesse dans tes yeux et ton corps adolescent maladroit hésitant
Je rêvais de corps à corps violents ou de grands coups en serpette dans les âmes
Et rires de femmes
Et ta jupe, tes robes en résumé de ton féminin
Cette forme absente de ce sexe immense
Ce sexe qui manque au creux de toi qu’il faut combler
Sans cartes pour s’y retrouver
Perdu au cœur du problème
N’y voyant rien dans ce soyeux poème

Ou mensonges, encore ? mensonges affamés
Mensonges faits pour tuer, pour massacrer d’un coup ce château de cartes si patiemment érigé
Sarments savamment mis de côté pour un feu final
Il y a si lointain si longtemps

Puis ce fut le sombre, le noir, le gris sombre que je vis
Et cette absence, cette terrible absence, ce moment terrible ailleurs
ton regard a fui vers d’autres villes, d’autres champs
J’ai perdu ces moissons là dans ce vieillissement tissulaire auprès du lit
- parmi les livres -
(mes compagnons de révolte, mes deuils)
ce grand lit si vide de toi où tu as vécu
laisse des creux où la chaleur se perd
le grand trou qu’il fit en moi
dont je ne pus dire que : pourquoi ?

oh ces anciennes années que je vis maintenant en silence
- inutiles stances -
c’est comme un douloureux héritage
c’est bien demain, les temps bénis ?
oui ! c’est bien pour demain les temps bénis ?



« où tu es bien
parce que on ne nous séparera pas… »  Jacques Bertin



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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 11:01

La tige est là comme une comédie

Le ruisseau est hospitalier

L’ennui même là hésite à gagner du terrain

Le beau format du monde cependant et son cortège d’embellissement

 

Toute cette nature ornée

Massive beauté

 

Chaque fleur posée participe au désenclavement

Chaque fouillis chaque enchevêtrement déracinent ce mal humain

 

Même la roche n’est pas froide et donne au dos le repos

L’attirance d’une multitude de formes animales, insectes, araignées et autres

Inocule inonde de la vie en très fond

 

Je culbute dans l’herbe mon mal de vivre

Puis répertorie tout sur 1 m carré

Je latinise, héros de la classification

Même là le bouquetin s’interroge avec son museau bien à propos

 

L’incertitude de vivre – tenace – et les douleurs diverses coulent par spasmes vers le bas, où le sainfoin rose s’en nourrira

Pyrénées 12
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17 mars 2016 4 17 /03 /mars /2016 14:22

Déjà ma femme ne me caresse plus

déjà le noir a détrôné le rougeoyant des coteaux

le soleil va s’éteindre avec brillance

 

Déjà mes chiens ont pris du vieux

et les collines illuminées de givre et de lapins

ne les intéressent plus enfin

 

Déjà je cours moins vite au petit matin

les arbres et arbustes peinent de mon essoufflement

leurs ombres sont froides et sales

 

Déjà mes parents sont décédés m’ont laissé

les labyrinthes étranges des vies fanées

m’attirent dans des trous d’éclats

 

Déjà ma poésie m’a quitté avec des rires

étrangers des quittances impayées des mots bruts

inemployés désertés piteux

 

Déjà je reviens à la ligne pour me dire poète

j’ai perdu ma flore ma faune mes fines muses

mes écluses ont rouillé

 

Déjà j’ai perdu mes érections et joies de vivre

Mes dérèglements en tout axe et éclaireurs

tous les fusains de ma flamme

 

Déjà mes amis ont quitté les précipices

les vides des corps les mauvais signes

les jeux de pistes où le seul mot fin est un but

 

Déjà je me suis retiré au profond de moi-même

dans les flaques et les boues sombres

au bord des feux finis des vaines vies

 

Déjà nous mourrions ardûment coincés

et mutins mutilés du mauvais temps

pensionnaires oubliés et sans essor

 

peinture de Sergey Kolesov

peinture de Sergey Kolesov

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 17:24
Pins noirs droits (fin de vie)

Que reste t il de nos amours ?

pourquoi cela ?

cette sorte de drôle de fin

nous avions gravi les monts en soleil plein sud

allégresse et joie contenues, beauté des corps, vigueur des âmes

puis exploré les crêtes et les trous de gibier, les rochers gris étincelants,

les buissons à paraître

et là, la redescente plein nord dans les brumes et les pins noirs sombres sans attrait

nous laissent perplexes

pourquoi cela ?

cette immense tristesse proche d’un gros suicide, ce temps des attraits qui dégénère

ces instants fragiles s'estompant, équarris, démontés

comment se satisfaire de cela, pourquoi cela ?

pourquoi ces corps vieillissent de cette façon ?

pourquoi le désir s’en va ailleurs ou disparait sans laisser de traces

les faux mouvements les mal d’épaules, les lombaires coincées

les pertes d'amour, la dispersion du vivre, les floculences oniriques

c’est le long poème de fin de vie, de fin d’existence, de soucis tristes

sur mon ordinateur gris

restent des photos de jeunes femmes

ces femmes en vêtements improbables sont tellement vulgaires qu’elles en deviennent attirantes

je fais la bise à la mort

magnifiquement fortes ces jeunes femmes sont un rendez-vous de chasse

où je vais pour en finir

insoumis, je renonce

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 16:14
mes parents en 1952

mes parents en 1952

Papa, Maman,

Oh ! Il faut que vous l’aimiez cette saison, pour vous y endormir tous deux ; je vous ferai donc un poème sur l’Automne, comme un livre de Beaux-Arts, une livrée d’ocres et les chemins du genre humain que vous avez parcourus

Heureux

Et pourtant une mauvaise laine, si froide est donc cette saison-là, si nuit aussi

Moi aussi, un jour, je chevaucherai la Mort

Et je l’enverrai la faucheuse, la camarde très au loin, la fendre

pour de bon en toute paix avec moi-même

Cette poupée malfaisante

Femme de nuit, femme rousse aux bois noirs

En allemand Der Tod, c’est masculin

La mort n’a pas de sexe…

La mort est partout

Oh ! Automne ! Tous ces talus jaunes dans le noir et le vert et le brun, grappes de soleil, pinceaux dorés, ocrés, Sienne et brûlé

Les grandes vaches blanches paissent en paix, un poney noir comme un point-virgule sur la prairie verte s’isole dans l’ombre

Et taches blanches, les ondes dorées du Forez, les arbres, les longes, en bascule sur l’herbe donnent des traits charmants

L’automne est donc là, avec ses feuilles jaunes pleurant en goutte à goutte

Les grands arbres ainsi se dénudent en silence

Et cependant leurs bras aimants tendus et claquent au vent

Le ciel crouteux semble souffrir d’une maladie de peau, un érythème bas et puissant, décharné ; ô nuages en livrée ; encore du vert et du orange très violent

A toutes teintes mes feuilles comme un velours rare

Il y a de l’oubli dans ces silhouettes dégingandées avec leurs bras de guingois

Partage de parcelle, de bois à vertes prairies et les bocages roux et les haies brunes

Jaunes et verts comme un pointillisme subtil ; quelques fruits blancs cependant comme des trainées d’Anges dans les branches en surlignage

Maman, j’ai traversé pour venir te voir tous ces ruisseaux et rivières bien vivantes

Leur nom est comme un chant pour te soutenir

Un dernier poème d’amour sinueux et plein de vies

L’Ouvèze

L’Aigues

Le Bancel

L’Argentel

Le Rhône

Le Suzon

La Turdine

La Loire

Le Lignon

La Dore

L’Aix

Le Bédat

L’Allier

Le Chambaron

La Saigne

La Morge

La Sioule

La Bouble

Le Suchet

L’œil

Le Cher

Canal Berry

Le Queugne

Le Bœuf

La Loubière

La Vilaine

La Rampenne

La Yèvre

La Sauldre

La Croisne

Le Cher

La vie est cette grande femme rivière dont on voit de nuit le halo, vous l’avez tous deux quitté

Que votre chemin soit nouveau et harmonieux

Maman, dans ton nouveau berceau, ton nouveau continent, ton cercueil blond

Entends nos chants, nos prières

Nos amitiés, nos amours

Nous avons bonne mémoire de tout ce qui fut bon !

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 15:37
démesure

Si l’eau en ressac lave ce sable ce rein

Droit sur les rochers je regarde j’irai

La mer est présente totalement enfance

Couleur feuilles mortes et poudrier d’écume

 

La tranquille assurance que j’ai j’irai

Mourir au creux de ces vagues en cadence

Démesure de ces idées finales

Ces rumeurs fin fond des coupes du cœur

 

La mer et moi c’est illégal cette union

« je suis le sexe de la mer » et j’en meurs

comme un mort aux yeux ouverts encore

enfermé emmuré à la toute mort j’irai

 

 

 

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 16:21

Et puis nous étirerions les longs membres glacés de ces fleuves hautains

y desséchant les soleils les brins d’herbe gelés

Réveillant les nouveaux morts encaissés dans de timides berges, l’eau lente lapant leurs plaies écarlates

 

Je suis ce pacifisme qui ne sert à  rien devant la brutalité des ignares, des ignorants, tous ces pauvres hommes malades

Le ciel après ces grandes trainées rouges se reconstruit d’immenses teintes verlaine et marbrées d’espérance

 

L’espoir est  trop fin face à l’ignorance, ces fois imbéciles de ceux qui ont toujours raison, ces pauvres esquisses humaines

Les meurtres ont eu lieu, les visages propices et bons et beaux sont isolés

maintenant dans des trous sombres / perrons noirs /

 

Les meurtres ont eu lieu, restent dans nos âmes des souffrances inouïes

C’est foutaise de vouloir aimer l’homme

Ces fractionnements de haine et d’imbécillité

 

 

Le vent froid secoue la nappe bleue et le soleil jaune

Ravagé, en haillons, perdu, je voulais vous parler d’amour

Je voulais être « courtois »

Je n’ai subi que l’éboulis de vos haines, l’abrutissement angélique des croyants du monde entier, l’idiotie de vos textes millénaires

Cela pourrait être de merveilleux bêtisiers si vous ne tuiez pas en leurs noms

 

Je besogne pour vous aimer et vous me bétonnez l’âme

Je fleuris l’homme et la femme, vous coupez mes branches

Je vous laisse tranquilles mais vous, vous tuez mes amis libres

vous faites reculer le monde

dès acte vous perdez vos sens

vous êtes la chose ennuyeuse et dangereuse

 

Coskun-Cokbulan

 

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 11:57

Les nuages ont passé

Ciel doux éclairé

Aux pastels camaïeux

 

N’est resté alors qu’elle

En démarche au soleil

Fragilisée et belle

 

Et pour moi le temps

Irréel pluvieux

Et prospère en enfer

 

Ton érotisme un atlas

Mélancolie perte suicide

Nos corps à disparaître

 

J’écris mon désir de coït

Et de mort sur le même ton

Discontinuité du jouir

 

Finalement en perte

Ma vie en perte, échec

Echec rouge qui roule

 

N’est resté qu’elle

Brûlante au soleil

Fragilisée et belle

 

Ton ventre est fermé

Tes mirages en vacances

Miracle ratatiné

 

La lune elle même blonde

N’éclaire plus ton palier

Expansion de douleur

 

Il y a beaucoup à faire

Avant d’accepter la mort

Pour qui ai-je souffert ?

 

Delvaux-solitude-1955

Paul Delvaux "Solitude" 1955

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 15:38

l'écoulement que j’ai vu

 

du miel que ton ventre perdait

 

Comme une sorcière pour enfants

dans le gémissement des sens

       ou un drame dansant au fond des lunes

 

Des flocons de capucine aux floralies de ton sexe

Et puis des floraisons découragées, du bétail perdu, des mélancolies fluides et translucides

 

L’air aviné du soleil lorsqu’il sombre

Impuissamment d’un coup

 

Et l’engrenage que l’on pense si l’on pense à soi / cet enhardissement de n’être que soi-même,

déguenillé, désappareillé

 

Cette ambition que sans cesse on s’améliore

J’ai voulu de ces pays pauvres conduire des autoroutes jusqu’au fond des bruyères, dans les replis des bois tout-puissants

et désajuster les mauvais sons

 

Je pensais à bien

 

On a saboté ce brouhaha cette bacchanale

Ce voyage dans le vouvoiement de toi

Intimidé par ton ciel

J’en ai vu une brillance croupie

Des lucioles maladives, de tristes bambins, des soleils désemparés

 

J’ai refermé l’étang pour nous deux

Avec les lourdes draperies d’hier

 

Parésie du désaimer,

désaxer enfin ma vie

Perdre tes boissons

enfin désaxer ma vie

 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 09:48

J'aurais dû distraire mes apprentis au suicide, hier soir

des bouffées des relents de mort souterraine sont venus soulever les pans de moi même

Restaient dans l'ombre les espoirs et les joies, cachées dans des creux mouillés

avec des lapins crétins comme simples oreillers

 

de la mort il faudrait s'en distraire 

la démembrer pour tout le mal qu'elle a fait

la dichotomiser à l'infini et plus encore

de son aspect bigarré la peindre en noir pour ce qu'elle est

de ses fausses inflorescences les arracher

 

et puis mécaniser automatiser les méats des amours forts

s'envoler en loin les amitiés en labour défaire les labyrinthes

les plinthes grises, les toits bleus sombres

fortifier fortement nos mords et nos armes

 

chiffonner le mal

en faire une biroulade

un contentement

 

puis démolir et reconstruire

te reconstruire toi dans ta jeunesse fanée

polir tes jambes

refaire l'église de ton sexe

fertiliser ta peau en sirop

aimer tes grisottes

aimer tes jours et tes nuits

 

puis enfin me colmater me consolider

ressouder et restaurer mon âme

me multiplier, muer, m'exporter

me nourrir d'implants parfaits

devenir férocement heureux

oublier mes incomplétudes

ou enfin t'aimer toi

divertissoire divin

et méchamment démembrer la mort

 

Les+filles+aux+bas+blancs+1-1

"les filles aux bas blancs", peinture de Pierre Cayol

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 13:04

Mueck

(Sculpture de Ron Mueck)

 

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Tordu dans votre (ton) monde

recroquevillé en moi-même en-dedans

 

Cette facétie, ce monde

d’une fange que je consomme

 

Après tant d’errances et d’escapades infécondes

j’ai décapité ma propre poésie 

me suis effacé de mes cluses et vallées

disparues fermes et frontières

enchaînées mes paumes obscurcies

je me suis inculpé moi-même

musarderie blême déchets à compost

 

Ô femme demi-lune sirène gloutonne

inquiétant corps inespéré

peur, peur, peur d’être en vous

cette complicité difficile où ton regard

ou ton regard, toi-même fourbue

 

J’ai perdu foi en ces galbes

et pourtant beaux et belles

tes (vos) deux seins comme deux galles

matelot faible de tes rivages

je lampais tes sucs comme des mirages

goinfre gros mangeur j’étais

dans tes matinées je m’assoupissais

 

Replet de mes noirceurs autiste de mes délits

artiste de mes désenchantements

j’ai pris soin de me détruire avec minutie

incognito sans tambour ni trompette

le despote de ta peau meurt

je quitte enfin cette aube poissante

je laisse tes (vos) lopins à d’autres

plus attentifs plus aimants plus radieux

 

Tordu dans ce monde obscurci

j’ai fini dans mon incendie

de tout-à-fait embraser toutes mes cendres mauvaises

 

 

violette-Manet

Édouard Manet . Le Bouquet de violettes . 1872

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 11:43

Oh ! si bas nuages gris poissant

champs dorés isolés comme des clones

et moi juste pareil sous le noir qui perle étincelle

Ou alors c’est le ciel serein et le labour

en mottes grasses libérant la mort

 

L’hésitation du vrai entre

la calme oralité des gestes humains

et l’altérité de mon âme charnière

et l’ocre des champs de mort

 

La vie est grand écart entre l’eau et le feu

entre moi et les autres

entre ma naissance et ma fin

entre timides joies et peines vastes

entre gravité et frivolité

entre mourir d’amour et mourir tout court

entre dévêtir ta peau et la garnir

 

je suis à la fois gracile et lourd

difficile de trouver sa voie

quand la voix tremble incertaine

 

Plaies et bosses

Dans ce monde vivant

Qu’il faut sans cesse ressasser

Pas à pas peu à peu petit à petit

 

Alfredas-Jurevicius

oeuvre d'Alfredas Jurevicius

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