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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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"Le sens trop précis
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ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 15:38

l'écoulement que j’ai vu

 

du miel que ton ventre perdait

 

Comme une sorcière pour enfants

dans le gémissement des sens

       ou un drame dansant au fond des lunes

 

Des flocons de capucine aux floralies de ton sexe

Et puis des floraisons découragées, du bétail perdu, des mélancolies fluides et translucides

 

L’air aviné du soleil lorsqu’il sombre

Impuissamment d’un coup

 

Et l’engrenage que l’on pense si l’on pense à soi / cet enhardissement de n’être que soi-même,

déguenillé, désappareillé

 

Cette ambition que sans cesse on s’améliore

J’ai voulu de ces pays pauvres conduire des autoroutes jusqu’au fond des bruyères, dans les replis des bois tout-puissants

et désajuster les mauvais sons

 

Je pensais à bien

 

On a saboté ce brouhaha cette bacchanale

Ce voyage dans le vouvoiement de toi

Intimidé par ton ciel

J’en ai vu une brillance croupie

Des lucioles maladives, de tristes bambins, des soleils désemparés

 

J’ai refermé l’étang pour nous deux

Avec les lourdes draperies d’hier

 

Parésie du désaimer,

désaxer enfin ma vie

Perdre tes boissons

enfin désaxer ma vie

 

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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 09:48

J'aurais dû distraire mes apprentis au suicide, hier soir

des bouffées des relents de mort souterraine sont venus soulever les pans de moi même

Restaient dans l'ombre les espoirs et les joies, cachées dans des creux mouillés

avec des lapins crétins comme simples oreillers

 

de la mort il faudrait s'en distraire 

la démembrer pour tout le mal qu'elle a fait

la dichotomiser à l'infini et plus encore

de son aspect bigarré la peindre en noir pour ce qu'elle est

de ses fausses inflorescences les arracher

 

et puis mécaniser automatiser les méats des amours forts

s'envoler en loin les amitiés en labour défaire les labyrinthes

les plinthes grises, les toits bleus sombres

fortifier fortement nos mords et nos armes

 

chiffonner le mal

en faire une biroulade

un contentement

 

puis démolir et reconstruire

te reconstruire toi dans ta jeunesse fanée

polir tes jambes

refaire l'église de ton sexe

fertiliser ta peau en sirop

aimer tes grisottes

aimer tes jours et tes nuits

 

puis enfin me colmater me consolider

ressouder et restaurer mon âme

me multiplier, muer, m'exporter

me nourrir d'implants parfaits

devenir férocement heureux

oublier mes incomplétudes

ou enfin t'aimer toi

divertissoire divin

et méchamment démembrer la mort

 

Les+filles+aux+bas+blancs+1-1

"les filles aux bas blancs", peinture de Pierre Cayol

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 13:04

Mueck

(Sculpture de Ron Mueck)

 

-----------------------------------------------------------------------------------

 

Tordu dans votre (ton) monde

recroquevillé en moi-même en-dedans

 

Cette facétie, ce monde

d’une fange que je consomme

 

Après tant d’errances et d’escapades infécondes

j’ai décapité ma propre poésie 

me suis effacé de mes cluses et vallées

disparues fermes et frontières

enchaînées mes paumes obscurcies

je me suis inculpé moi-même

musarderie blême déchets à compost

 

Ô femme demi-lune sirène gloutonne

inquiétant corps inespéré

peur, peur, peur d’être en vous

cette complicité difficile où ton regard

ou ton regard, toi-même fourbue

 

J’ai perdu foi en ces galbes

et pourtant beaux et belles

tes (vos) deux seins comme deux galles

matelot faible de tes rivages

je lampais tes sucs comme des mirages

goinfre gros mangeur j’étais

dans tes matinées je m’assoupissais

 

Replet de mes noirceurs autiste de mes délits

artiste de mes désenchantements

j’ai pris soin de me détruire avec minutie

incognito sans tambour ni trompette

le despote de ta peau meurt

je quitte enfin cette aube poissante

je laisse tes (vos) lopins à d’autres

plus attentifs plus aimants plus radieux

 

Tordu dans ce monde obscurci

j’ai fini dans mon incendie

de tout-à-fait embraser toutes mes cendres mauvaises

 

 

violette-Manet

Édouard Manet . Le Bouquet de violettes . 1872

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 11:43

Oh ! si bas nuages gris poissant

champs dorés isolés comme des clones

et moi juste pareil sous le noir qui perle étincelle

Ou alors c’est le ciel serein et le labour

en mottes grasses libérant la mort

 

L’hésitation du vrai entre

la calme oralité des gestes humains

et l’altérité de mon âme charnière

et l’ocre des champs de mort

 

La vie est grand écart entre l’eau et le feu

entre moi et les autres

entre ma naissance et ma fin

entre timides joies et peines vastes

entre gravité et frivolité

entre mourir d’amour et mourir tout court

entre dévêtir ta peau et la garnir

 

je suis à la fois gracile et lourd

difficile de trouver sa voie

quand la voix tremble incertaine

 

Plaies et bosses

Dans ce monde vivant

Qu’il faut sans cesse ressasser

Pas à pas peu à peu petit à petit

 

Alfredas-Jurevicius

oeuvre d'Alfredas Jurevicius

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 23:15

Peine à peine où le désir fut roi

Reine et reine et vos cheveux s’emmêlent

ƒélée de miel en douceur on effleure

Crainte et maintes mises

On oublie les fleurs

 

Mes salement mains tristes

Tremblaient en continu

On crut voir de vos dunes bêtement mourir en demain

Façades effacées parfaites de morts enrhumés

Calmement parfumaient les allées dernières où les morts défilaient

 

Enfin pestent ces derniers soucis

Comment vivre sans vainement vous gêner

on préfère m’éclipser reculant reculons

pour disparaître dans des flanelles grises

 

Loin Parti enfin crûment seul

Et je reste coi Sans ce jardin commun  

D’effilades en jambes de soie belles

D’émois de vous en moi idéalement

 

Peine en peine où le désir fut roi

Reine et reine et vos cheveux s’emmêlent

mêlée de miel en douceur on effleure

Crainte et maintes mises

On oublie nos peurs

 

billet-doux

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 20:23

Avec des mots c’est difficile

sans mots aussi

 

Un silence tiède comme une mort molle

Et des apnées longues et répétées

 

../..  le décours de ma vie

Se reconstruire dis-tu ?

 

Dans les méandres et les brumes des routes les plaies et les bosses les dos d’âne  et ces chemins sans cesse où les indications manquent

Et puis ce sable grossier ce gravier irritant cette terre à poussière alors que je souhaitais l’asphalte

 

Beaux étaient les horizons, les lisières aussi

Et la taille svelte des arbres hauts vers les ciels

 

L’espérance était là aux corps de femme sertis de joyaux

Et de sourires surtout de sourires

Les ovales de leur visage et leurs yeux étaient de bons vertiges

 

Mais je ne suis qu’un

Avec dans mes mains le sang des bombes incendiaires des humains

Et l’or de leurs corps ne suffit pas à effacer l’autre monde

 

Je n’ai pas ma place ici, moi qui voulais être frère de tous

Qui voulais être amant de toutes

 

On nous a dit de jouir de la vie

Mais la vie est violence externe et interne

En moi et à l’extérieur de moi

 

Comment peut-on gazer des gens AUJOURD’HUI ?

              dans ce monde de misère

 

 

Matta LesRosesSontBelles1951

Tableau de Roberto Matta, sur les époux Rosenberg, 1951

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 15:28

undefined

Elle dit :
(elle parlait) …

…/… dehors
(je regardais dehors)
le vent courbait les branchages
violemment

…/… elle parlait fort
je n’écoutais plus

dehors : le vent courbait fort
les branches, les hanches des arbres s'inclinaient
les racines piétinaient en rage
attendant la fin des discours
les branchages

…/…
elle se tut au silence clair
enfin seulement (et seulement)
je pus voir ses yeux clairs
ses joues blanches

elle put voir également (et enfin)
mes larmes claires
tout en regardant les branchages (dehors)
je pleurais notre séparation
en serrant les poings, mordant les lèvres
elle comprit trop tard ce qui nous liait

moi, je regardais les branches, nous pleurions
chacun isolément

chacun en nous mêmes, chacun pour soi même

…/…

quand les larmes se turent
le vent baissa
elle se rhabilla finalement
ce fut enfin en grand silence
qu’elle quitta la chambre
en larmes à nous deux

j’entendis le frottement de ses hanches
 et la laine de sa robe
comme des branches

dehors :
je regardais les branches
violemment
les pleurs du vent
ruisselaient sur les branches

moi dehors, je regardais les branches
violemment
et fixement

Branches-copie-1.jpg

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 09:30

pourquoi la vie commence

pour se finir si tôt se dit Jean le revolver à la main

dehors l'air est clair et le vent léger

derrière les vitres sales les grands arbres semblent eux aussi immensément tristes, bras ballants

leur déplacement est lugubre et les sereines couleurs d’automne paraissent du sang figé, rouillé, calciné

 

Il a tant foulé cette colline aux bois

Le petit bois de Monts on l’appelait

 

Et sa musique est infiniment triste

à l’enfance on le parcourait en courant et en se chronométrant

le père parfois tendait des fils entre les arbres et nous sautions pleins de vie

oh ! pleins de vie

plus tard seul à l’adolescence ce serait des gymkhanas avec le 102 Peugeot

encore ensuite une petite moto de cross légère et vivace

 

puis les Bois – comme la vie douce – disparut

Rues, routes, goudrons, maisons, jardins : tout fut nivelé 

on donna des noms à des lieux sans nom

alors il est là dans un bosquet l’arme à la main et dont il sent parfois le bout du canon contre la tempe

oh ! en finir

 

Je ne suis plus fait pour dérouler ce fil

Ariane a tout trop compliqué

et ma tristesse est infinie

et pourtant quelle liberté !

A l’heure des 20 ans retrouvée : quelle liberté ! ces traversées la nuit dans son propre désert où je passais silencieusement tel le roi discret dans ma population endormie glissant féerique onirique

 

La batterie qui scande ce désert est ce jour comme des goûts de triste suicide

 

Bois-Monts

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 19:29

Je connais des mots doux, des mots d’écoliers

Des veillées qui tardent à mourir à s’éteindre dans le carreau des feux, la cheminée pâlit de ses charbons manquants

La soirée traîne de ses voiles en crépon noir

Si la nuit noire dehors tombe et éteint tout par son effet domino

Où fuit-elle en si peu de vacarme ?

Je distingue à peine l’ombre de la lune qui veut vivre

 

Il se peut que le jour s’achève alors qu’il avait peine à débuter

Dans les pluies grasses et larges de nos oublis

Ce sera ce jour où chacun peine à trouver où se terrer

A trouver son rythme, sa voix, sa voie, ses gestes

 

Se défaire de ses secrets, de ses alcôves

Tenir enfin la dragée haute

Au désespoir qui pend et qui luit

Se tenir droit contracté ;  se dire de tenir

Se dire

« vivant » après tout ! ou « vivant » finalement

et le nœud de pendu qu’il nous tend, uriner dessus

 

plonger dans l’espérance sans faille

et tu pulses vers moi tes désirs enfin

tes désirs sans faim, tes désirs sans fin

je titube enfin de tes clairières

 

on dirait donc que ton corps serait vivant

que la peau même saignerait si on la coupe

 

si seuls, nous allions mourir

unis, allons-nous enfin vivre ?

 

 seul dans cette nuit  totalement noire

Le bruit des espaces naturels est mon seul compagnon

 

On dirait que tu viendrais

Accompagner ces derniers sursauts, les ultimes battements d’un cœur déserté

Les traces des vies comme les sentes des baves d’escargots

Tu t’es trainée là

Tu as tendu la main / je t’ai vu aussi mourir finalement

 

Je n’étais donc pas seul à l’extinction

L’aube viendra t elle ?

dans son fouillis de fleurs et de lumières

L’aube ? La lumière ? recommencer ? réapprendre ? refaire ?

 

"Que le poème aille se glissant

Dans la bouche ouverte des mourants !

Qu’il y ait le cri : « Que la Terre est belle ! »

 

      Pas besoin des fleurs

             D’ailleurs !"

 

----------------------------------------------

* en bleu et en italique = poème d'Armand Robin

 

art-Wolfe

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 12:01
chez une amie, en mars, un vieux cerisier s'enorgueille d'un tapis de centaines de violettes à son pied, il frime le bougre, et subitement n'est plus tout-à-fait cerisier
violettes4
je garde moi aussi un souvenir émerveillé d'un tel tapis de fleurs
c'est l'enluminure de l'arbre, sa signature de début de printemps
enfant je me souviens d'un sous bois vers Savonnières, près de Tours, où c'était un océan de cyclamens sauvages bleus violets et blancs
ces lieux sont magiques lorsque de telles couleurs  surgissent dans le vert
de tous les jours
violettes2
le temps passe .../...

violettes3
je rêvais de maitresse habile de sa bouche, de ses doigts et amoureuse de son corps et de sa féminité, de victoires aux jeux de société auxquels je joue quotidiennement, d'un élan vital
qui briserait les monotonies des vies
d'être moins inactif,  d'être plus actif, de voir ma femme plus heureuse
moins résignée,
de découvrir d'autres passions, d'être encore plus cultivé dans mes passions actuelles : la poésie, la littérature, la vie, les jeux, les jolis filles et les belles femmes, l'écriture,
la diction, la chanson "à texte", la peinture et les arts,
les corps nus que nous ne découvrons pas assez
brutalement étourdis de tant d'habitudes,
les belles phrases qui ne viennent pas
mon inaptitude à parler à Bertin lorsque que je le vois et que je l'attends ; notre timidité bilatérale
l'incapacité du mot juste devant venir
les impuissances encore une fois à aimer
je rêvais de suicides théâtraux pour montrer aux autres que j'existais
toujours pas, je ne comprends pas la mort qui enserre mal
je rêve de soleil vif sur la neige blanche comme aujourd'hui chez moi
sur le coteau abattu, couché dans sa lumière
bref nous manquons tous d'amour et d'amitié
pourquoi tant de distances
et le temps passe : rouleau compresseur sur les violettes et les cyclamens et sur ceux qu'on a aimés et sur l'enfance à jamais éloignée
les routes de Touraine et les hauteurs à gravir
mon inaptitude à vivre again et again
cette histoire en cul de sac en cercle vicieux
ce petit sexe qui peine tant et qui a tant vieilli
cette soif de posséder et qui ne sert à rien
(qu'à transmettre ? oui, mais les autres s'en foutent)
ces envies de tout, ces envies de rien
les corps de 17 ans dans les mémoires fanées
les blondes, les brunes, les rousses qui m'ont hanté
l'eau foncée des Loire poissonnières
les grands et hauts houblons des branchages dans l'eau
les inondations jadis quand la Loire s'amusait
enfin les couacs de mes insuccès
dans les accouplements mêlés
parmi nos sexes de cotons
et le cuivre des peaux, des sables
les dysfonctions des coeurs sensibles
en chorale grand-messe des grands mondes
magasin de mon âme
remplis d'étagères
en mauvais mica
et toutes vides
de mots et de boîtes qui ne viennent pas
ami, amie, amis, amies
je vous offre ce bouquet de moi
et d'émoi
violettes

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 17:18

J’étais l’étrave ou le javelot, jeune
Ce monde s'émancipait nourri de joies, jeune
Fendant l’air et l’innocence vierge, jeune
Nouveau lauréat j’aurais avancé droit, jeune
Dans tes arrière-cours j’imaginais, jeune
Des alvéoles et des miellats de muscat, jeune
Des jambes fines de reine inouï, jeune
J’étais jockey svelte du monde vivant, jeune
A mon passage les ronces de sang s’écartaient, jeune

Déclic déclin déchu, à genoux
En acousmie et à genoux, à genoux
Et mes hantises d’alors, et d'ici
Lapsus et ton corps latéral : tu te mis à fuire

Je suis

de nouveau

(ou encore - cependant-)
définitivement à côté, à côté, à côté

Autoportrait de l'auteur alors qu'il était jeune et romantique  ;-)
(je portais déjà des vêtements troués alors que ce n'était pas du tout la mode, j'étais déjà "fashion" sans le savoir ! quelle maitrise ! 8-D )

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 18:22

Déjouer toujours ; tourner autour du pot ; s’effacer pour s’affirmer ; ne pas comprendre les autres ; des différences de « ressenti » ; perdre haleine puisque l’on tombe ; glisser sans fin sur ces autoroutes de l’incompréhension ; ne pas piger ce que dit l’autre ; ne pas piger « du tout » ; s’enfoncer noir sur noir ; perdre confiance ; perdre le peu d’estime de soi ; faire semblant ; avoir envie de mourir à force de faire semblant ; se dire que non ; puis oui ; être fatigué de toutes ces questions ; se dire « malgré tout » ; ne plus oser regarder le ciel ; ne plus se sentir vivant ; creuser pour rien ; ne plus se sentir comme « faisant partie du monde » ; ne plus dormir ; ne plus aimer ; fermer sa caverne ; retirer sa boîte aux lettres ; dire qu’on est parti en voyages ; dire voyage de noces pour tromper l’ennemi ; c’est à dire tous les autres ; ne plus avoir d’amis ; car c’est ainsi ; ne pas en souffrir ; respirer mieux en se disant que c’est la fin ; repousser les corps qui s’approchent ; se crever les yeux ; s’ensabler ; s’envaser ; ne plus lire « du tout » ; ne plus lire « en tout » ; choisir ce précipice ; ce revolver ; marcher dans l’air pour tomber ; ne plus ouvrir son parachute ; ternir son image, son reflet ; griffer le miroir de l’eau du dernier narcissisme ; continuer sa dépression « à fond » ; refuser l’aide ; seul peut être mais peinard ; peinard pour le mur à venir ; l’allégresse des suicidaires dit Jacques ; cette allégresse là, je l’ai, possédant mon âme, éclairant mes mains ; talus des discordes, montagnes des désunions, frictions des fêlures ; porte que l’on ferme ; lumière que l’on éteint ; silence – souffle coupé - ; personne n’est là ; mésentente, rupture, tension ; entours vides, creux, salaces, gris, perdus ; monde perdu, monde méchant, monde inutile ; abrutissement total ; incompréhension nette ; pénurie d’amour ; diabète très long ; pour le cœur qui s’arrête, d’un coup et se repose 

 

Femme-Yvon-Saillard"Femme" peinture d'Yvon Saillard 2012 ©

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 09:07

Oh ! Il y a :
sans doute peu comme écart :
Là : juste tendre la main
entre le monde des vivants et celui des morts
entre cette rose fraîche et son contraire desséchée, racornie, rabougrie, noircie
déshydratée

Du temps du temps disais-tu, simplement du temps
Le temps, le temps encore et encore
Le temps qui passe, le temps perdu
Le temps que l’on croit perdre ou celui que l’on souhaite regagner
Mais le temps passe et il est bel et bien perdu

C’est pire l’envers à revers que l’on ne peut pas refaire, revivre
en arrière
c’est pourquoi
c’est ainsi qu’il faut chaque jour
préféré l’instant présent à celui d’hier ou celui de demain

quand la personne est morte, c’était donc hier qu’il fallait lui parler

elle est partie aussi, la voix, la voix qui disait les choses certaines
et le regard clair des grandes amitiés de certitudes
la vie n’était que cela, une suite de rimes
chaque fois proches, mais qui diffèrent cependant
oh ! détails insignifiants, mais qui font les aspérités des parois à escalader
ou les ombres des amitiés à consolider

je t’aime donc , passage nécessaire pour te connaître,
infini et irréel
et pourtant bien réel quand ton bras est raide et froid
et ta peau froide ; oh ! mon père, mon ami

 

 

 

papa

mon père, ici à l'année de ma naissance

est décédé le mois de ma naissance

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 10:10

La sclère trop blanche de ces yeux trop bleus

 comme un océan de mousse

 cela donne un regard de folle ou inadapté

 

sur le sable nos pieds siliceux

ce serait un mois d’adolescence dans les plages verdoyantes

 

toujours perdu de ces corps-là

Perdu sans ma solitude même comme un squelette dans son cercueil

Le reflets des lunes dans de longs cheveux les courbes de la mer bleue apprivoisant mon regard et moi toujours en retard ne comprenant rien

Je n’ai pas osé

Je crois que je finirai ainsi sans rien comprendre, à nouveau sans rien comprendre

 

Ton être amassé comme un coquillage et j’entendrai la mer mugir au violent de ton sexe

Tu es loin, si loin

Je te vois comme un tableau d’une peinture que j’aime mais ne comprends pas

Une brise légère soulève tes pas tu es bulle au-dessus de moi

 

Je ne comprends pas cette solitude innée

Qui fait de moi-même irrité

Comme un mauvais mensonge dans un monde secondaire

vivant semble-t-il et cependant si loin de toute vie

 

elle

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 10:32

cinema-us-soir

 

Un instant

trop perçu

sur ce grain / cette image

ai cru voir

ai cru percevoir

distance encore distance

la distance est grande encore entre moi et moi même

c’est une souffrance cette séparation

cette moitié d'orange

cette brisure post-enfance

ces deux mondes

quelques étoffes vacillantes

dans le coup de vent du soir

l’air froid irrite les naseaux

je passe et repasse mes vies en arrière

et devant je ne veux pas voir

le monde chaud des morts attendant

que je vienne

 

cinema-us-soir

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