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"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 09:24
Poésie et traduction
 
W.H. Auden est un poète américain d'origine anglaise, il est peu connu en France alors que sa poésie a influençé de nombreux écrivains anglo-saxons. il est aujourd'hui considéré comme un des plus grands poètes de langue anglaise du XXième siècle. Il est mort à Vienne en 1973. Il devint célèbre brutalement chez nous suite au film
"4 mariages et un enterrement" grâce à ce poème lu lors du dit enterrement.


Voici l'original
puis la traduction du livre que je possède © christian Bourgois 1995
enfin une traduction trouvée sur le net et ma foi fort différente
laquelle préférez-vous ?

 

Funeral blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead

Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,

My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.

The stars are not wanted now: put out every one;

Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.

 

Arrête toutes les horloges, coupe le téléphone,
Jette un os juteux au chien pour qu’il cesse d’aboyer,
Fais taire les pianos et avec un tambour étouffé
Sors le cercueil, fais entrer les pleureuses.

Que les avions tournent en gémissant au-dessus de nos têtes
Griffonnant sur le ciel ce message : Il est Mort,
Noue du crêpe au cou blanc des pigeons,
Donne des gants de coton noir à l’agent de la circulation.

C’était mon Nord, mon Sud, mon Est et Ouest,
Mon travail, mon repos
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durait pour toujours : j’avais tort.

On ne veut plus d’étoiles désormais ; éteins-les toutes ;
Emballe la lue et démonte le soleil,
Vide l’océan et balaie les bois ;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine.
------------

 

Arrêter les pendules, couper le téléphone,
Empêcher le chien d'aboyer pour l'os que je lui donne.
Faire taire les pianos, et sans roulements de tambours,
Sortir le cercueil avant la fin du jour.

Que les avions qui hurlent au dehors,

Dessinent dans le ciel ces trois mots, Il Est Mort.
Nouer des voiles noirs aux colonnes des édifices,
Ganter de noir les mains des agents de police.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,

Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson.
Je croyais que l'amour jamais ne finirait, j'avais tort.

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye,

Démonter la lune et le soleil,
Vider l'océan, arracher la forêt,
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

---------

 
En voici une troisième de l'amie Sabouret (traductrice professionnelle de son état)
merci à elle :-)
 

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,

Pourvu qu'il n'aboie point, jetez un os au chien

Etouffez les pianos et qu'un tambour voilé

Au sortir du cercueil, accompagne le deuil.

 

Que les avions décrivent des cercles en gémissant

Et tracent dans le ciel ces trois mots : il est mort

Nouez un crêpe au cou des oiseaux blancs

Ajoutez des gants noirs aux tenues des agents

 

Cétait mon nord, mon sud, l'orient et l'occident

Mon travail en semaine, mon repos du dimanche

Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant

Je pensais que jamais l'amour ne finirait ; j'avais tort

 

Etoiles, disparaissez, qu'il n'en reste plus une

Démontez le soleil et remballez la lune

Asséchez l'océan, balayez les forêts

Car rien de bon ne peut advenir désormais.

 

-----------

celle d'Yves Perret :

 

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Faites taire le chien d’un os gras qu’on lui donne,
Silence les pianos ! Sourdine, les tambours
Pour sortir le cercueil entre tout ces cœurs lourds..

Que les aéroplanes voltigeant au dehors
dessinent ces trois mot : Il Est Mort.
Mettez du crêpe noir aux cous blancs des pigeons,
aux mains des policiers des gants noirs en coton.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est, mon Ouest,
ma semaine affairée, mon dimanche de sieste,
mon midi, mon minuit, mes mots et ma chanson.
Je pensais que l'amour ne finirait jamais : eh bien non.

Plus besoin des étoiles et que, tous, ils s’en aillent
envelopper la lune, démonter le soleil
assécher l'océan, arracher les forêts
car ici rien d’heureux n’adviendra plus jamais.

 
-----------------

 

une autre traduction, celle de l'ami Balagan =
 
Remisez les horloges, coupez le télephone.
Au chien qui tant aboie, donnez un os qu'il rogne.
Faites taire les pianos ; aux tambours assourdis,
Présentez le cercueil à nos coeurs engourdis.

Laissez dessus nos têtes, les cercles gémissant
Des avions griffonant le message du gisant.
Couvrez de laies de crèpe, les oiseaux si bavards.
Donnez de beaux gants noirs aux agents des boulevards.

Il était tout pour moi : une rose des vents,
Une semaine ouvrée, un repos du dimanche,
Une nuit, un midi, des mots, une mélopée ;
L'amour devait durer, mais je m'étais trompé.

Faites sortir les étoiles, qui nous semblent si vieilles,
Éloignez cette lune, éteignez ce soleil,
Videz les océans et brûlez tous ces bois,
Car rien, plus jamais, ne s'emplira d'émoi.
 
-----------------------------
 
une autre : celle de Chris
 
Arrêtez toutes les montres, coupez les téléphones
Donnez des os aux chiens pour les rendre aphones
Faites taire les pianos qu'au son étouffé d'un tambour
On sorte le cercueil , et les pleureuses autour

Que la fumée des avions trace au dessus de nos têtes
ces mots Il est mort en un message funeste
Un ruban de crêpe aux cous blancs des pigeons
Les policiers gantés noir en cette grande occasion

Il était mon Est , mon Ouest , mon Sud et mon Nord
mes jours de travail et la fin de semaine
Mon Midi, mon Minuit, ma parole, ma rengaine
L'amour devait durer sans fin : j'avais tort

Je ne veux plus d'étoiles, enlevez les unes à unes
Décrochez le soleil et emballez la lune
Asséchez les mers et balayez les forêts
Car plus jamais rien de bon n'arrivera désormais
 
----------------------------------------------
 
une autre : celle de Catherine Charmant
 
Arrête les pendules, coupe le téléphone,
Pourvu qu’il n’aboie plus, jette un os au chien
Pianos, silence ! Qu’au roulement sourd d'un tambour
On sorte le cercueil, et les proches autour

Que les avions qui vrombissent là-haut en traçant
Des cercles adressent ces trois mots : Il Est Mort
Passe un ruban noir au cou des blanches colombes
Et des gants endeuillés aux mains des policiers

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine ouvrée, mon repos du guerrier,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant;
Je croyais l’amour éternel: eh bien non.

Plus de place à présent : supprime les étoiles une à une;
Démembre le soleil et embarque la lune,
Assèche les océans, balaie les forêts
Car rien maintenant n’adviendra plus jamais.

Une autre traduction, celle de Véronique Boix, merci à elle ! (juin 2015)

 

 

Arrêter les horloges, le téléphone couper. 
Empêcher le chien d’aboyer par quelque os à ronger.
Faire taire les pianos, étouffer les tambours
Pour sortir le cercueil, nos sanglots tout autour.

Que les avions qui hurlent au-dessus de nos têtes, 
Ecrivent, dans le ciel, ces trois mots : Il n’Est Plus.
Au blanc cou des colombes, nouez en berne un crêpe
Et qu’on voie les agents en gants noirs dans la rue.

Il était mon Nord, mon Sud, mon levant, mon couchant,
Ma semaine de labeur, mon dimanche de paix,
Mon midi, mon minuit, ma parole et mon chant.
Et l’amour invincible : comme je me trompais !

Que m’importent les étoiles à présent : que toutes on les balaye ! 
Et remballez la lune ! Démontez ce soleil !
Videz les océans, arrachez les forêts !
Car plus rien, plus rien d’heureux ne m’arrivera désormais.

 

 

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Published by the very famous french peterpan - dans mes poètes et poèmes préférés
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commentaires

Coco 21/10/2016 09:37

La deuxième, la traduction en rouge. Elle est merveilleuse de simplicité, tout comme le poème original.
Ce poème évoque une souffrance telle qu'on ne peut faire que des phrases courtes, des mots simples, ne voir autre chose que le quotidien tiède qui soudain va changer et tout va s'assombrir. Il n'y a dans les mots originaux aucun maniérisme poétique, aucune inversion, aucun effet de manche.
La traduction en rouge rend le même rythme que la douleur du récitant : on ne sait s'il arrivera à la phrase suivante.
Il y a également la colère rentrée, métronomique, la dose de douleur saupoudré sur l'anodin.
Ce poème est poignant, il est honoré dans la traduction en rouge.

Behemoth 25/11/2015 15:00

Je trouve que la deuxième, celle en rouge est de loin la meilleure. Elle est à mes yeux bien meilleure même que l'original !!!

izanne 05/09/2015 20:51

La traduction de Christian Bourgeois est irréprochable. Cependant, malgré ses imperfections, j'aime bien celle d'Yves Perret car il a réussi à recréer les rimes, sauf à la fin. J'ai trouvé cela dommage et je n'ai pas résisté à l'envie de le faire :

"Eteins les étoiles, on n'en veut plus ici bas
Démonte le soleil, la lune emballe la
Balaie les bois et vide l'océan
Rien ne vaut plus la peine maintenant"

izanne 02/09/2015 19:12

La traduction, un sujet qui m'intéresse... (enfin, il y a la traduction et l'adaptation). Je vais lire les différentes versions pour me faire mon avis.

Peter 11/06/2015 20:19

les grands esprits se rencontrent !!
;)

jean-luc saint-marc 12/06/2015 06:36

:-)

jean-luc saint-marc 11/06/2015 15:29

C'est marrant, moi aussi j'ai fait une redif sur mon facebook :

le sabbat

le sabbat
A leur réveil, le Septième Jour de la Création,
Ils reniflèrent avec méfiance ;
Leur narine la plus délicate reconnut
Que ce type avait disparu.

Herbivore, parasite, rapace allèrent en reconnaissance,
Les migrateurs volèrent vite et loin --
Nulle trace de sa présence : des trous en terre,
Des plages couvertes de goudron.

Des ruines, des débris de métal en abondance,
C'était tout ce qui restait de Celui
Dont la venue au Sixième Jour avait fait de ce jour-là
Comme un inutile intermède.

Allons, ce type-là n'avait jamais vraiment eu l'odeur
D'une créature appelée à survivre ;
Il n'avait ni la grâce, ni l'adresse, ni les facultés de ceux
Qui étaient nés au cours des Cinq Premiers Jours.

Revenu donc, enfin, à une économie naturelle,
A présent que Son Insolence était partie,
Ayant exactement l'air de ce qu'il était,
Le Septième Jour s'écoulait,

Splendide, heureux, parfaitement gratuit ...
Le claquement d'un fusil
Ouvrit en deux leur Arcadie
En mettant fin à leurs sottises sabbatiques.

Pour qui donc croyaient-ils avoir été créés ?
Ce type était là de nouveau,
Plus sanguinaire qu'ils n'en avaient le souvenir,
Plus pareil à un dieu qu'ils n'avaient cru.

Wystan Hugh Auden

nath 30/01/2014 23:55


Eh bien moi, bien que j'arrive en retard sur ce site, je préfère la traduction de Yves Perret. Bien sur, la version originale est merveilleuse (Si l'on peut dire qu'un poème sur la mort est
merveilleux. Mais la mort fait partie de la vie, non?), mais cette traduction là me procure un sentiment proche de la VO. Les autres sont très bien, bien que parfois fantaisistes. La version "4
mariages et 1 enterrement" est jolie, j'avoue avoir pleuré la première fois que je l'ai entendue, mais celle de yves Perret est plus poignante, même si les différences ne sont pas si nombreuses
que ça. Ceci dit, tout ça n'est que mon avis!!

Sclavus 30/01/2014 17:14


La première traduction est impeccable (rien d'étonnant ; Christian Bourgois est une maison sérieuse) le reste n'est que de la
fantaisie des amateurs.

http://www.1001-peluches.com 18/08/2013 18:14


Merci!

peter 12/06/2013 13:20


ok ;)


bonne traduction ! :)

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