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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

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Nous entourent « et les voir

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" Je ne suis pas moi ni un autre

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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

26 septembre 2017 2 26 /09 /septembre /2017 20:58

encore une bien belle chanson sur l'enfance... 

on se reconnait bien dans certains détails, et puis on a tous eu une Barbara dans notre enfance ou adolescence ; la mienne s'appelait Sonia (entre autres), car elle furent plurielles

 

 

 

************************************************************

1983 (Barbara) par Mendelson

 

 

1974, 1977, 1978, 
1983 
aujourd’hui je m’en fous 
je me souviens de tout 
comme s’il avait fait beau 
toute cette époque-là 
les souvenirs c’est comme 
une fausse vie qu’on subit 
les souvenirs c’est comme les films super-huit 
ça a comme sa propre vitesse 
faut pas ralentir la machine 
de peur de brûler ce qui reste 
faut prendre ça comme ça vient 
je regarde et je profite 
et je revois mes amis 
et je me revois là à ce coin 
hey c’est fou ce que je suis petit 
hey c’est fou ce que je rigole 
c’est fou ce que je rigole 
pour n’importe quoi 

ma mère descend l’allée 
m’appelle et moi je souris 
quand elle me voit 
Elle me dit peut-être qu’elle 
aime pas trop mes amis 
hey mais c’est pas grave 
plus tard on ira 
quand même ensemble 
mettre des pétards Mammouths 
dans les poubelles 
marcher dans les roses rouges 
du concierge 
Faire du skate-board 
dans la descente 
jusqu’au virage 
je suis surpris de pas être mort 
au moins une fois 
1982 
j’étais si amoureux 
j’étais si content d’être malheureux 
je croyais que ça finirait pas 
ça s’est fini tout seul bien sûr en 
1983 

Moi et elle 
moi et Barbara, 
on se regardait on restait là 
J’aimais sa mère aussi un peu je crois 
j’attendais devant sa porte 
je restais dans l’escalier 
j’appuyais la minuterie 
jusqu’à ce que je parte en courant 
jusqu’à ce que de l’autre côté j’entende ta voix 
Il y a d’autres filles plus tard 
j’ai jamais compris ce qu’elle pouvait me voir 
que toi tu ne voyais pas 
jamais rien compris Barbara 
tu sentais bon le parfum de ta mère 
je t’avais acheté des fleurs 
pour ton anniversaire 
Ma mère disait qu’cétait des fleurs 
pour les cimetières 
Et je te revois plus tard 
sur le chemin de l’école 
sur le trottoir d’en face la patinoire 
je te faisais signe 
je te filais mes devoirs 
je te regardais les mains, les cheveux 
j’aurais voulu toucher ton bras 
et ton cou et l’endroit 
où y avait rien sur ta poitrine 
j’y pensais la nuit 
j’y pensais le jour 

je pensais plus jamais rien qu’à ça 
tout le monde disait que je t’aimais 
tout le monde savait que je t’aimais 
j’prenais l’air malheureux 
pour te faire honte 
on se défend comme on peut 
hey tu sais j’fais toujours comme ça 

et je revois la famille d’à côté 
qu’étaient nos pauvres 
ça rassure dans un monde compliqué 
y a toujours plus pauvres que soi 
à qui ma mère a donné 
ma collection de Pif et encore 
nos vieux vêtements, nos jouets 
qu’avait un chien plus grand que je croyais 
que c’était possible 
qui dormait dans leur baignoire 
leur père faisait du cyclisme 
un peu d’alcoolisme aussi je crois 
Sylvie leur fille qu’était bizzarre 
On disait qu’elle était en retard 
Ma mère disait qu’ils avaient pas eu de chance 
Je disais qu’ils sentaient pas bon 
ma mère disait qu’elle avait honte 
que je puisse dire une chose comme ça 
ils habitaient face aux hippies 
entre eux ils s’aimaient pas 
les hippies étaient jeunes et beaux 
à ce qui me semblait 
c’était plus propre chez eux 

et puis plus chiant aussi un peu 
ma mère essayait de les aimer 
elle avait besoin d’amis 
elle disait qu’ils étaient sympas 
ils avaient des tentures aux murs 
indiennes des tapis Incas 
ils écoutaient de la musique étrange 
buvaient du thé 
revenaient de voyage 
étaient bronzés 
c’était une autre vie que nous 
ma mère essayait bien d’être à l’aise 
mais il me semble bien que ça marchait pas 
et je me revois 
avec mon père distribuer 
les dimanches de porte en porte 
ll’humanité 
Et je revois les voisins plus riches 
des collègues à Maman qui vivaient 
dans les petits pavillons plus chics 
la lutte des classes c’est un jardin 
une table de ping pong 
une chambre pour chacun 
une cheminée dans le grand salon 
un mari qui fume la pipe 
une voiture neuve un frigo plein, 
des vacances été hiver 
des chouettes habits 
c’est propre et ça sent l’air 

et je revois le crépi dans notre appart 
mon père qui partait au cours du soir, 
le Guernica dans l’entrée 
il y avait sur les murs 
peut-être un dessin de Follon 
Plus un de moi, une poupée 
qu’avait ramenée mes grands-parents 
pour leur retraite 
d’un voyage à l’étranger. 
y avait l’affiche d’une ronde de petits chinois 
Buster Keaton qui souriait jamais 
tous les jours je le regardais 
Je le fixais 
peut-être c’est lui qui savait 
je voulais comprendre pourquoi 

et je revois la télé noir et blanc 
et moi assis en tailleur 
et la chambre et le christ au dessus du lit de ma petite sœur 
qu’était toute une histoire 
dans la famille que je ne comprenais pas 
et tout ça se mélange 
et la tristesse de maman 
et le bruit des gens 
qui jouait aux boules 
dehors les soirs d’été 
quand on se couchait avant le soleil 
le soleil rouge qu’on devinait 
à travers le rideau avec mon frère 
depuis les lits superposés 

on rentrait à six heures pour le bain du soir 
on évitait la malade du bas de la cité 
qu’avait notre âge et qui crachait 
sur tout le monde qui se promenait 
tous les soirs pareil avec son père 
on disait la mongolienne 
qui me faisait peur et puis de la peine 

à l’époque j’ai du tout pleurer 
j’pleurais pour rien 
pour la voiture qu’on changeait 
pour un nouveau papier peint 
et puis je restais des heures 
dans la cage d’escalier 
à remonter les étages 
dans le vide 
de l’autre côté de la rambarde 
avec toujours la peur et l’envie 
que quelqu’un vienne et 
me surprenne en train de tomber 
J’avais deux meilleurs amis 
à l’époque j’aurais pas choisi 
L’un sa famille était moins drôle 
son père était harki, 
que j’ai jamais vu dehors de chez lui 
Sa mère me paraissait immense 
pas très facile et puis 
Son frère avait la plus grande 
collection de comics que j’ai jamais vu de ma vie 
que des Marvels et des Stranges 

qu’on lisait dans sa chambre 
qu’on s’échangeait moi et lui 
après le soir au fond de mon lit 
je regardais le plafond 
je testais mes pouvoirs 
j’avais un laser si je me concentrais 
qui me sortait par les yeux 
je pouvais tuer des gens 
j’étais un dieu 
et je m’endormais comme ça content 
j’étais heureux 

j’écoutais le son des peupliers dans le vent 
j’écoutais la respiration de mon frère 
j’écoutais le bruit des amants de ma mère 
elle attendait toujours un peu mon père 
je savais moi aussi qu’il allait rentrer 
un jour sûrement 
que ça pourrait pas être autrement 
le matin à l’école on me racontait toujours 
des films incroyables avec un mec 
a un moment à la fille, il lui fait tout 
ah oui tout mais quoi ? 
On se montrait un peu fermé le creux de nos bras 
paraissait que les filles en dedans 
au milieu c’était comme ça 

et moi toujours je voulais que tout le monde m’aime 
j’avais un tel besoin d’amour 
qu’il aurait fallu tout l’amour de la terre 
et ça faisait encore pas beaucoup 
pour que je me sente enfin à l’aise 
me faire aimer de la boulangère 
des gens qui passent dans la rue 
me faire aimer de toutes les grand mères 
j’aurais demandé de l’amour à un clochard 
toutes ces histoires d’enfants perdus 
qu’on retrouve pas 
les enfants leurs problèmes 
c’est qu’ils sont pas regardant 
ils prennent ce qui vient, je sais 
moi j’étais comme ça. 
et je me souviens encore 
et de mon voisin Johnny 
qu’était nerveux 
je crois qu’a mal fini 
que j’ai revu plus tard 
que j’étais vendeur 
il m’a pas reconnu 
je l’ai laissé prendre en douce dans le magasin 
tout ce qu’il a pu 
il a pas compris 
il a cru qu’il était plus malin 
et moi je me souvenais de lui 
qu’était chef de bande 
à le voir j’avais de la peine 
plus tard à ce qu’on m’a dit 
qu’il prenait des trucs graves 

dans les mêmes cages d’escalier 
où on mangeait nos BNs 
où on se tenait contre l’chauffage 
les jours d’hivers où il neigeait 
où il y avait une bataille de neige 
géante dans tout le quartier 
on se partageait les gants 
on attaquait en rang serrés 
fallait prendre tout le côté droit 
des immeubles ( bis ) de la cité 
Johnny c’était notre chef 
on se serait fait prendre pour lui 
on avait la fidélité 
on mettait des cailloux 
des calots, des billes 
tout ce qu’on pouvait trouver 
dans la neige au milieu des boules 
je me rappelle quand j’ai vu mon caillou 
ouvrir la tête d’un mec d’en face 
Et je revoyais le sang du mec 
j’en revenais pas 
je croyais qu’on allait venir me chercher 
j’attendais la police la nuit 
j’entendais tous les pas 
venir dans l’escalier 
et je me souviens 
La dernière nuit avant qu’on parte 
j’ai senti le monde disparaître 
au dedans de moi 
je regardais les valises déjà faites 
J’ai commencé tôt la nostalgie 

j’étais déjà tellement doué 
pour ça tout petit 
et je me souviens encore 
d’un jour la fille de la voisine 
que j’aimais pas 
elle me montrait tout ce qu’il y avait à voir 
et moi j’imaginais Barbara 
je lui montrais moi aussi 
elle voulait que je lui dise que je l’aime 
elle me courrait après dans les couloirs 
je lui disais que non je ne l’aimais pas 
mais toi je t’aimais bien, 
toi je t’aimais Barbara 
en 1982-83, 
oh oui depuis longtemps 
je t’aimais Barbara 
Et Jérome aussi et Kacem, 
et le parrain de ma sœur 
et ses filles 
et Maman, et mon petit frère 
et mon père qui revenait pas 
je les aimais tous 
à l’époque tous ces gens-là 
Et Johnny aussi et même Sylvie qu’était en retard 
Je les aimais tous 
mais surtout toi 
toi je t’aimais, Barbara 
en 1982, en 1983 
depuis longtemps 
je t’aimais Barbara 

jamais jamais su Barbara 
si tu m’aimais Barbara 
J’ai jamais su 
Jamais su si toi tu m’aimais 
Barbara en 1982 en 1983 
J’ai jamais su si tu m’aimais rien qu’un peu toi. 

 


Pascal Bouaziz (Groupe Mendelson)

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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 18:43
 
La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont 
Un coin de ciel brûlait
La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Et la nuit peu à peu
Et le temps arrêté 
 
Et mon cheval boueux
Et mon corps fatigué
Et la nuit bleu à bleu
Et l´eau d´une fontaine
Et quelques cris de haine
Versés par quelques vieux
Sur de plus vieilles qu´eux
Dont le corps s’ensommeille 

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Et mon cheval qui boit
Et moi qui le regarde
Et ma soif qui prend garde
Qu´elle ne se voit pas 
Et la fontaine chante
Et la fatigue plante
Son couteau dans mes reins
Et je fais celui-là
Qui est son souverain
On m´attend quelque part
Comme on attend le roi
Mais on ne m´attend point
Je sais depuis déjà
Que l´on meurt de hasard  
En allongeant le pas 

 

La ville s´endormait 
 
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait
La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom 

 

Il est vrai que parfois près du soir
Les oiseaux ressemblent à des vagues
Et les vagues aux oiseaux 
Et les hommes aux rires
Et les rires aux sanglots
Il est vrai que souvent 
 
La mer se désenchante
Je veux dire en cela
Qu´elle chante
D´autres chants
Que ceux que la mer chante
Dans les livres d’enfant
Mais les femmes toujours
Ne ressemblent qu´aux femmes
Et d´entre elles les connes
Ne ressemblent qu´aux connes
Et je ne suis pas bien sûr
Comme chante un certain
Qu´elles soient l´avenir de l´homme

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait 
 

 

La ville s´endormait
Et j´en oublie le nom
Et vous êtes passée
Demoiselle inconnue 
A deux doigts d’être nue 
Sous le lin qui dansait.
La ville s'endormait / Jacques Brel
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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 08:49

Je suis un gars ben ordinaire 
Des fois j'ai pu l'goût de rien faire 
J'fumerais du pot, j'boirais de la bière 
J'ferais de la musique avec le gros Pierre 
Mais faut que j'pense à ma carrière 
Je suis un chanteur populaire 

Vous voulez que je sois un Dieu 
Si vous saviez comme j'me sens vieux 
J'peux pu dormir, j'suis trop nerveux 
Quand je chante, ça va un peu mieux 
Mais ce métier-là, c'est dangereux 
Plus on en donne plus l'monde en veut 

Quand j'serai fini pis dans la rue 
Mon gros public je l'aurai pu 
C'est là que je m'r'trouverai tout nu 
Le jour où moi, j'en pourrai pu 
Y en aura d'autres, plus jeunes, plus fous 
Pour faire danser les boogaloos 
 

J'aime mon prochain, j'aime mon public 
Tout ce que je veux c'est que ça clique 
J'me fous pas mal des critiques 
Ce sont des ratés sympathiques 
J'suis pas un clown psychédélique 
Ma vie à moi c'est la musique 

Si je chante c'est pour qu'on m'entende 
Quand je crie c'est pour me défendre 
J'aimerais bien me faire comprendre 
J'voudrais faire le tour de la terre 
Avant de mourir et qu'on m'enterre 
Voir de quoi l'reste du monde a l'air 

Autour de moi il y a la guerre 
Le peur, la faim et la misère 
J'voudrais qu'on soit tous des frères 
C'est pour ça qu'on est sur la terre 
J'suis pas un chanteur populaire 
Je suis rien qu'un gars ben ordinaire
Ordinaire...

 

Paroles : Mouffe

Musique : Robert Charlebois

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 10:25

Vasca / quand j'écris une chanson...
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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 19:30

Jean Vasca est mort dans la nuit du solstice d'hiver à 76 ans, là en 2016...

Lui qui utilisait Cocteau pour définir la poésie...

(https://www.youtube.com/watch?v=kTBpZuJrOsc)

"Demandez à un poète de définir de poésie, c'est un peu comme si vous demandiez à une fleur de parler d'horticulture..."

Un des bons amis de Jacques Bertin, ce dernier consacrant un beau CD au "club des cinq"...

Jacques Bertin est le dernier de cette bande de joyeux zouaves qui cherchait à inventer "une autre chanson", loin du showbiz et des médias.En pleine amitié. 

 

Jean Vasca laisse une trentaine de CD, une dizaine de recueils de poésies. Il est le seul avec Jacques Bertin a avoir eu de son vivant un CD de la célèbre collection "POETES & CHANSONS" (chants Vasca et Ogeret)(EPM 2005©)

Bref un "poète-chanteur" lui aussi d'une force peu commune et si ignoré du grand public...
Il a également travaillé avec des arrangeurs de génie : Michel Devy, Robert Suhas ou Rosso (Brassens).
Comme Bertin, la rencontre avec Luc Bérimont fut déterminante. 

Une de mes chansons préférées

datant de 1970, le temps passe comme on dit...

ici magnifiquement chantée par Marc Ogeret

les youtube de Vasca semblant avoir disparu pour la plupart...

---------------------------------------------------------------------

NOUS N'AVONS DE CHATEAUX

 

Nous n'avons de châteaux qu'engloutis en nous-mêmes

La musique du siècle bourdonne à nos oreilles

Les moteurs de la mort échauffent en nous leurs bielles

Et nous cherchons en vain de nos destins l'emblème

 

Nous n'avons de châteaux qu'en de lointains pays

Entre l'ennui de vivre et les métamorphoses

Etre voleur fu feu ou complice des roses

S'incarner à genoux ou bien n'être qu'un cri

 

Nous n'avons de châteaux qu'en notre solitude

Les hommes sont dehors avec les poings fermés

Et l'amour nous fait signe avec ses yeux crevés

Des ombres des rumeurs sous d'autres latitudes

 

Nous n'aurons de châteaux qu'au delà de nous-mêmes

Dans l'espace gagné où perce enfin réelle

Cette étoile impossible qui nous écartèle

Nous n'aurons de châteaux qu'au delà de nous-mêmes

 

 

 

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 20:54

Cette chanson, il a commencé à l’écrire au début des années 60 dans une version comportant 55 strophes de 8 octosyllabes. Ferré en modifia sans cesse le nom et les paroles d’abord appelée Les chants de la Fureur puis Ma Bretagne à Moi, la chanson sortira finalement sous le titre La mémoire et la Mer comportant seulement 10 strophes. Les chansons La Mer Noire, Géométriquement Tien (1976), Des mots (1979), FLB (1980) et La Marge, Christie (1981) sont composées des strophes abandonnées pour La Mémoire et la Mer. La mélodie très simple de cette chanson, un triolet ressemblant à celui d’Avec le Temps, mêlé à la voix nostalgique de Ferré sur des paroles envoûtantes, lyriques en font une œuvre magnifique et émouvante, bien qu’un peu hermétique. Il n’est pas étonnant de la voir reprise par de nombreux artistes ou citée comme référence, à l’image d’un autre grand de la chanson française, Hubert Felix Thifeaine qui a déclaré que « La Mémoire et la Mer est unique, c’est une révolution dans la chanson »

EN BLEU TEXTE DE Jacques LAYANI 

 Cette version "complète" a été aussi "dite à voix nue" par le grand ami de Léo Richard Martin à Marseille...

 

la mémoire et la mer

Le dernier cahier d'études paru sur Ferré (le N°11) ne parle quasiment que de ce "poème-fondateur"

Pendant 16 ans Ferré travaillera ce texte dont un des titres est "Guesclin 1" du nom de l'île du Guesclin où il habita (pas loin de St Malo et Cancale) ; finalement voici 55 strophes, chacune de huit octosyllabes ; chef d'oeuvre de poésie surréaliste, chef d'oeuvre de la chanson... C'est un texte hautement autobiographique qui peut sembler bien hermétique. Ce texte lu devient réellement "surréel", les mélanges de sexe, de mer, de mots... Au final, donc, 7 chansons naitront de ce poème-fleuve. L'histoire retiendra essentiellement "La mémoire et la mer" dont même Léo s'étonnera du succès, le texte étant hermétique nettement et compréhensible pour ceux qui ont les clés (en d'autres termes, les gens qui connaissent bien la vie du poète et ses amis). 

 

--------------------------------------------------------------------------

 

Je viens à l'instant de découvrir la version récitée de Jean-Baptiste Mersiol ; cela dure plus de 14 minutes et c'est 14 minutes d'un bonheur intense et magique ; la voix est légèrement monotone, le texte est dit dans une longue mélopée - litanie maritime -, les changements de tons sont rares donnant à l'ensemble une cohérence et une puissance insolite et sublime. 

Je suis heureux de voir que le plus grand poète chanteur de tous les temps puisse être encore interprété avec un tel langage ! Bravo !

A acheter donc urgemment !

 

Ferré-Mersiol

 

Ferré-Mersiol2

 

**************************************    

 

 

Christie quand je t'ai vue plonger

Mes vergues de roc où ça cogne

Des feuilles mortes se peignaient

Quelque part dans la Catalogne

Le rite de mort aperçu

Sous un divan de sapin triste

Je m'en souviens j'étais perdu

La Camarde est ma camériste

 

C'était un peu après-midi

Tu luisais des feux de l'écume

On rentrait dans la chantilly

Avec les psaumes de la brume

La mer en bas disait ton nom

Ce poudrier serti de lames

Où Dieu se refait le chignon

Quand on le prend pour une femme

 

Ô chansons sures des marins

Dans le port nagent des squelettes

Et sur la dune mon destin

Vend du cadavre à la vedette

En croix granit christ bikini

Comme un nègre d'enluminure

Je le regarde réjoui

Porter sur le dos mon carbure

 

Les corbeaux blancs de Monsieur Poe

Géométrisent sur l'aurore

Et l'aube leur laisse le pot

Où gît le homard nevermore

Ces chiffres de plume et de vent

Volent dans la mathématique

Et se parallélisent tant

Que l'horizon joint l'ESThétique

 

L'eau cette glace non posée

Cet immeuble cette mouvance

Cette procédure mouillée

Me fait comme un rat sa cadence

Me dit de rester dans le clan

A mâchonner les reverdures

Sous les neiges de ce printemps

A faire au froid bonne mesure

 

Et que ferais-je nom de Dieu

Sinon des pull-overs de peine

Sinon de l'abstrait à mes yeux

Comme lorsque je rentre en scène

Sous les casseroles de toc

Sous les perroquets sous les caches

Avec du mauve plein le froc

Et la vie louche sous les taches

 

Cette rumeur qui vient de là

Sous l'arc copain où je m'aveugle

Ces mains qui me font du flafla

Ces mains ruminantes qui meuglent

Cette rumeur qui me suit longtemps

Comme un mendiant sous l'anathème

Comme l'ombre qui perd son temps

A dessiner mon théorème

 

Et sur mon maquillage roux

S'en vient battre comme une porte

Cette rumeur qui va debout

Dans la rue aux musiques mortes

C'est fini la mer c'est fini

Sur la plage le sable bêle

Comme des moutons d'infini

Quand la mer bergère m'appelle

 

Tous ces varechs me jazzent tant

Que j'en ai mal aux symphonies

Sur l'avenue bleue du jusant

Mon appareil mon accalmie

Ma veste verte de vert d'eau

Ouverte à peine vers Jersey

Me gerce l'âme et le carreau

Que ma mouette a dérouillé

 

Laisse passer de ce noroît

À peine un peu d'embrun de sel

Je ne sais rien de ce qu'on croit

Je me crois sur le pont de Kehl

Et vois des hommes vert-de-gris

Qui font la queue dans la mémoire

De ces pierres quand à midi

Leur descend comme France-Soir

 

La lumière du Monseignor

Tout à la nuit tout à la boue

Je mets du bleu dans le décor

Et ma polaire fait la moue

J'ai la leucémie dans la marge

Et je m'endors sur des brisants

Quand mousse la crème du large

Que l'on donne aux marins enfants

 

Quand je me glisse dans le texte

La vague me prend tout mon sang

Je couche alors sur un prétexte

Que j'adultère vaguement

Je suis le sexe de la mer

Qu'un peu de brume désavoue

J'ouvre mon phare et j'y vois clair

Je fais du Wonder à la proue

 

Les coquillages figurants

Sous les sunlights cassés liquides

Jouent de la castagnette tant

Qu'on dirait l'Espagne livide

Je fais les bars américains

Et je mets les squales en laisse

Des chiens aboient dessous ton bien

Ils me laisseront leur adresse

 

Je suis triste comme un paquet

Sémaphorant à la consigne

Quand donnera-t-on le ticket

A cet employé de la guigne

Pour que je parte dans l'hiver

Mon drap bleu collant à ma peau

Manger du toc sous les feux verts

Que la mer allume sous l'eau

 

Avec les yeux d'habitants louches

Qui nagent dur dedans l'espoir

Beaux yeux de nuit comme des bouches

Qui regardent des baisers noirs

Avec mon encre Waterman

Je suis un marin d'algue douce

La mort est comme un policeman

Qui passe sa vie à mes trousses

 

Je lis les nouvelles au sec

Avec un blanc de blanc dans l'arbre

Et le journal pâlit avec

Ses yeux plombé dessous le marbre

J'ai son Jésus dans mon ciré

Son tabernacle sous mon châle

Pourvu qu'on s'en vienne mouiller

Son chalutier sous mon Bengale

 

Je danse ce soir sur le quai

Une rumba toujours cubaine

Ça n'est plus Messieurs les Anglais

Qui tirent leur coup capitaine

Le crépuscule des atouts

Descend de plus en plus vers l'ouest

Quand le général a la toux

C'est nous qui toussons sur un geste

 

Le tyran tire et le mort meurt

Le pape fait l'œcuménique

Avec des mitres de malheur

Chaussant des binettes de biques

Je prendrai le train de marée

Avec le rêve de service

A dix-neuf heures GMT

Vers l'horizon qui pain d'épice

 

O boys du tort et du malheur

O beaux gamins des revoyures

Nous nous reverrons sous les fleurs

Qui là-bas poussent des augures

Les fleurs vertes des pénardos

Les fleurs mauves de la régale

Et puis les noires de ces boss

Qui prennent vos corps pour un châle

 

Nous irons sonner la Raison

A la colle de prétentaine

Réveille-toi pour la saison

C'est la folie qui se ramène

C'est moi le dingue et le filou

Le globetrotteur des chansons tristes

Décravate-toi viens chez nous

Mathieu te mettra sur la piste

 

Reprends tes dix berges veux-tu

Laisse un peu palabrer les autres

A trop parler on meurt sais-tu

T'a pas plus con que les apôtres

Du silence où tu m'as laissé

Musiquant des feuilles d'automne

Je sais que jamais je n'irai

Fumer la Raison de Sorbonne

 

Mais je suis gras comme l'hiver

Comme un hiver analgésiste

Avec la rime au bout du vers

Cassant la graine d'un artiste

A bientôt Raison à bientôt

Ici quelquefois tu me manques

Viens je serai ton fou gâteau

Je serai ta folie de planque

 

Je suis le prophète bazar

Le Jérémie des roses cuisses

Une crevette sur le dard

Et le dard dans les interstices

Je baliverne mes ennuis

Je dis que je suis à la pêche

Et vers l'automne de mes nuits

Je chandelle encore la chair fraîche

 

Des bibelots des bonbons surs

Des oraisons de bigornades

Des salaisons de dessous mûrs

Quand l'oeil descend sous les oeillades

Regarde bien c'est là qu'il gît

Le vert paradis de l'entraide

Vers l'entre doux de ton doux nid

Si tu me tends le cœur je cède

 

Ça sent l'odeur des cafards doux

Quand le crépuscule pommade

Et que j'enflamme l'amadou

Pour mieux brûler ta chair malade

O ma frégate du palier

Sur l'océan des cartons-pâtes

Ta voilure est dans l'escalier

Reviens vite que je t'empâte

 

Une herbe douce comme un lit

Un lit de taffetas de carne

Une source dans le Midi

Quand l'ombre glisse et me décharne

Un sentiment de rémission

Devant ta violette de Parme

Me voilà soumis comme un pion

Sur l'échiquier que ta main charme

 

Le poète n'est pas régent

De ses propriétés câlines

Il va comme l'apôtre Jean

Dormant un peu sur ta poitrine

Il voit des oiseaux dans la nuit

Il sait que l'amour n'est pas reine

Et que le masculin gémit

Dans la grammaire de tes chaînes

 

Ton corps est comme un vase clos

J'y pressens parfois une jarre

Comme engloutie au fond des eaux

Et qui attend des nageurs rares

Tes bijoux ton blé ton vouloir

Le plan de tes folles prairies

Mes chevaux qui viennent te voir

Au fond des mers quand tu les pries

 

Mon organe qui fait ta voix

Mon pardessus sur ta bronchite

Mon alphabet pour que tu croies

Que je suis là quand tu me quittes

Un violon bleu se profilait

La mer avec Bartok malade

O musique des soirs de lait

Quand la Voie Lactée sérénade

 

Les coquillages incompris

Accrochaient au roc leurs baroques

Kystes de nacre et leurs soucis

De vie perleuse et de breloques

Dieu des granits ayez pitié

De leur vocation de parure

Quand le couteau vient s'immiscer

Dans leurs castagnettes figures

 

Le dessinateur de la mer

Gomme sans trêve des pacages

Ça bêle dur dans ce désert

Les moutons broutent sous les pages

Et la houle les entretient

Leur laine tricote du large

De quoi vêtir les yeux marins

Qui dans de vieux songes déchargent

 

Ô lavandière du jusant

Les galets mouillés que tu laisses

J'y vois comme des culs d'enfants

Qui dessalent tant que tu baisses

Reviens fille verte des fjords

Reviens gorge bleue des suicides

Que je traîne un peu sur tes bords

Cette manie de mort liquide

 

J'ai le vertige des suspects

Sous la question qui les hasarde

Vers le monde des muselés

De la bouche et des mains cafardes

Quand mon ange me fait du pied

Je lui chatouille le complexe

II a des ailes ce pédé

Qui sont plus courtes que mon sexe

 

Je ne suis qu'un oiseau fardé

Un albatros de rémoulade

Une mouche sur une taie

Un oreiller pour sérénade

Et ne sais pourtant d'où je viens

Ni d'où me vient cette malfide

Un peu de l'horizon jasmin

Qui prend son " té" avec Euclide

 

Je suis devenu le mourant

Mourant le galet sur ta plage

Christie je reste au demeurant

Méditerranéen sauvage

La marée je l'ai dans le cœur

Qui me remonte comme un signe

Je meurs de ma petite sœur

De mon enfant et de mon cygne

 

Un bateau ça dépend comment

On l'arrime au port de justesse

Il pleure de mon firmament

Des années-lumière et j'en laisse

Je suis le fantôme Jersey

Celui qui vient les soirs de frime

Te lancer la brume en baisers

Et te ramasser dans ses rimes

 

Comme le trémail de juillet

Où luisait le loup solitaire

Celui que je voyais briller

Aux doigts du sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer

Que nous libérions sur parole

Et qui gueule dans le désert

Des goémons de nécropole

 

Je suis sûr que la vie est là

Avec ses poumons de flanelle

Quand il pleure de ces temps-là

Le froid tout gris qui nous appelle

Ô l'ange des plaisirs perdus

Ô rumeurs d'une autre habitude

Mes désirs dès lors ne sont plus

Qu'un chagrin de ma solitude

 

Je me souviens des soirs là-bas

Et des sprints gagnés sur l'écume

Cette bave des chevaux ras

Au ras des rocs qui se consument

Et le diable des soirs conquis

Avec ses pâleurs de rescousse

Et le squale des paradis

Dans le milieu mouillé de mousse

 

Ô parfum rare des salants

Dans le poivre feu des gerçures

Quand j'allais géométrisant

Mon âme au creux de ta blessure

Dans le désordre de ton cul

Poissé dans les draps d'aube fine

Je voyais un vitrail de plus

Et toi fille verte de mon spleen

 

Et je voyais ce qu'on pressent

Quand on pressent l'entrevoyure

Entre les persiennes du sang

Et que les globules figurent

Une mathématique bleue

Dans cette mer jamais étale

(D'où nous remonte peu à peu

Cette mémoire des étoiles

 

Ces étoiles qui font de l'œil

A ces astronomes qu'escortent

Des équations dans leur fauteuil

A regarder des flammes mortes

Je prierais Dieu si Dieu priait

Et je coucherais sa compagne

Sur mon grabat d'où chanteraient

Les chanterelles de mon pagne

 

Mais Dieu ne fait pas le détail

Il ne prête qu'à ses Lumières

Quand je renouvelle mon bail

Je lui parlerai de son père

Du fils de l'homme et du chagrin

Quand je descendais sur la grève

Et que dans la mer de satin

Luisaient les lèvres de mes rêves

 

Je ne suis qu'un amas de chair

Un galaxique qui détale

Dans les hôtels du monte-en-l'air

Quand ma psycho se fait la malle

Reviens fille verte des fjords

Reviens violon des violonades

Dans le port fanfarent les cors

Pour le retour des camarades

 

Je vais tout à l'heure fauchant

Des moutons d'iceberg solaire

Avec la Suisse entre leurs dents

A brouter des idées-lumière

Et des chevaux les appelant

De leur pampa et des coursives

Que j'invente à leurs naseaux blancs

Comme le sperme de la rive

 

Arrive marin d'outre temps

Arrive marine d'extase

Quand je m'arrête tu me prends

Comme je te prends dans ta case

Négresse bleue blues d'horizon

Et les poissons que tu dégorges

Depuis ton ventre et tes façons

Quand ton "sexo" joue dans ta gorge

 

Dans cette plaie comme d'un trou

Grouillant de cris comme la vague

Quand les goélands sont jaloux

De l'architecte où s'extravaguent

Des maçons aux dents de velours

Et le ciment de leur salive

A te cimenter pour l'amour

Ton cul calculant la dérive

 

Mes souvenirs s'en vont par deux

Moi le terrien du Pacifique

Je suis métis de mes aveux

Je suis le silence en musique

Le parfum des mondes perdus

Le sourire de la comète

Sous le casque de ta vertu

Quand le coiffeur sèche ta tête

 

Muselle-moi si tu le peux

Toi dans ton ixe où le vacarme

Sonne le glas dans le milieu

Moi planté là avec mon arme

Tu es de tous les continents

Tu m'arrives comme la route

Où s'exténuent dix mille amants

Quand la pluie à ton cul s'égoutte

 

O la mer de mes cent mille ans

Je m'en souviens j'avais dix piges

Et tu bandes ton arc pendant

Que ma liqueur d'alors se fige

Tu es ma glace et moi ton feu

Parmi les algues tu promènes

Cette déraison où je peux

M'embrumer les bronches à ta traîne

 

Et qu'ai-je donc à Iyriser

Cette miction qui me lamente

Dans ton lit j'allais te braquer

Ta culotte sentait la menthe

Et je remontais jusqu'au bord

De ton goémon en soupente

Et mes yeux te prenaient alors

Ce blanc d'écume de l'attente

 

Emme c2 Emme c2

Aime-moi donc ta parallèle

Avec la mienne si tu veux

S'entrianglera sous mes ailes

Humant un peu par le dessous

Je deviendrai ton olfacmouette

Mon bec plongeant dans ton égout

Quand Dieu se vide de ta tête

 

Les vagues les vagues jamais

Ne viendront repeupler le sable

Où je me traîne désormais

Attendant la marée du diable

Ce copain qui nous tient la main

Devant la mer crépusculaire

Depuis que mon coeur dans le tien

Mêle ton astre à ma Lumière

 

Cette matière me parlant

Ce silence troué de formes

Mes chiens qui gisent m'appelant

Mes pas que le sable déforme

Cette cruelle exhalaison

Qui monte des nuits de l'enfance

Quand on respire à reculons

Une goulée de souvenance

 

Cette maison gantée de vent

Avec son fichu de tempête

Quand la vague lui ressemblant

Met du champagne sur sa tête

Ce toit sa tuile et toi sans moi

Cette raison de ME survivre

Entends le bruit qui vient d'en bas

C'est la mer qui ferme son livre

 

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 19:37
Léo Ferré / Jorge Amat documentaire Arte

Un beau documentaire d'une cinquantaine de minutes de Jorge Amat sur cet homme exceptionnel que fut Léo Ferré

Ce Léo qui continue encore et encore à me nourrir, à m'abreuver ; le documentaire parle très souvent du côté compositeur de l'artiste et c'est très juste ; mais je trouve que très souvent on n'insiste pas assez sur le poète génial qu'il fut, et encore moins sur ses talents de diction et de chanteur que je trouve - quant à moi - proprement hallucinants de justesse...

Léo, tu me manques...

cliquez ICI pour lancer la vidéo ou tout en bas...

 

 

Léo Ferré / Jorge Amat documentaire Arte
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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 17:11

Hélène Martin a magnifiquement mis en musique et chanté les poèmes d'Aragon...

J'ai longtemps hésité entre "Le feu", "Ainsi Prague", "Blond partout" etc...

Finalement c'est "Chanson noire" avec son célèbre "il me reste si peu de temps pour aller au bout de moi-même"...

Bien sûr chef d'oeuvre...

Chanson noire

Mon sombre amour d'orange amère
Ma chanson d'écluse et de vent
Mon quartier d'ombre où vient rêvant
Mourir la mer

Mon doux mois d'août dont le ciel pleut
Des étoiles sur les monts calmes
Ma songerie aux murs de palme
Où l'air est bleu

Mes bras d'or mes faibles merveilles
Renaissent ma soif et ma faim
Collier collier des soirs sans fin
Où le coeur veille

Dire que je puis disparaître
Sans t'avoir tressé tous les joncs
Dispersé l'essaim des pigeons
A ta fenêtre

Sans faire flèche du matin
Flèche du trouble et de la fleur
De l'eau fraîche et de la douleur
Dont tu m'atteins

Est-ce qu'on sait ce qui se passe
C'est peut-être bien ce tantôt
Que l'on jettera le manteau
Dessus ma face

Et tout ce langage perdu
Ce trésor dans la fondrière
Mon cri recouvert de prières
Mon champ vendu

Je ne regrette rien qu'avoir
La bouche pleine de mots tus
Et dressé trop peu de statues
À ta mémoire

Ah tandis encore qu'il bat
Ce coeur usé contre sa cage
Pour Elle qu'un dernier saccage
La mette bas

Coupez ma gorge et les pivoines
Vite apportez mon vin mon sang
Pour lui plaire comme en passant
Font les avoines

Il me reste si peu de temps
Pour aller au bout de moi-même
Et pour crier Dieu que je t'aime
Je t'aime tant

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 14:47
peinture d'Yvon Saillard

peinture d'Yvon Saillard

"A mon enterrement je ne veux que des morts

Des rossignols sans voix des chagrins littéraires

Des peintres sans couleur des acteurs sans décor

Des silences sans bruits des soleils sans lumière

Je veux du noir partout à me crever les yeux"

 

Léo Ferré

à mon enterrement / Léo Ferré / David Bowie / Blackstar
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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 14:42

Chef d'oeuvre de Victor Hugo et chef d'oeuvre de mise en musique par Julos Beaucarne... Qui peut parler aussi bien de l'adolescence et des premiers émois si malhabiles et de ce décalage à cet âge entre les garçons et les jeunes filles ? Hugo nous en donne une exquise esquisse...

Vieille chanson du jeune temps

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: " Après ? "

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l'air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d'un air ingénu,
Son petit pied dans l'eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
" Soit ; n'y pensons plus ! " dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

----------------------------------------------------

VIDEO ICI :

https://www.youtube.com/watch?v=22gRr_6T768

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 12:04

Pierre Perret en dehors de son côté "chansonnier-amuseur" est capable de pondre des petits bijoux de sensibilité, de finesse, de justesse ; bref de la très belle chanson...

Chantée par l'auteur, cela fleure déjà très bon...

 

Pierre-Perret

 


 

 

Reprise par "Les Ogres de Barback" c'est toujours aussi bon...

(ici avec l'auteur)(la voix un peu cassée...)

mais Overblog le refuse, vous pouvez écouter cela en allant ici :

 

https://www.youtube.com/watch?v=Aw-OHD-OMV0

 

 

Enfin l'adaptation récente de Michel Vivoux, chantée par l'excellente Cathy Fernandez est tout bonnement divine...

 

Pause-chansons 

 

Au Café Du Canal

 


Chez la jolie Rosette au café du canal
Sur le tronc du tilleul qui ombrageait le bal
On pouvait lire sous deux coeœurs entrelacés
Ici on peut apporter ses baisers
Moi, mes baisers je les avais perdus
Et je croyais déjà avoir tout embrassé
Mais je ne savais pas que tu étais venue
Et que ta bouche neuve en était tapissée

La chance jusqu'ici ne m'avait pas souri
Sur mon berceau les fées se penchaient pas beaucoup
Et chaque fois que je tombais dans un carré d'orties
Y avait une guêpe qui me piquait dans le cou
Pourtant ma chance aujourd'hui elle est là
Sous la tonnelle verte de tes cils courbés
Quand tu m'as regardé pour la première fois
Ma vieille liberté s'est mise à tituber

On était seul au monde dans ce bal populeux
Et dans une seule main j'emprisonnais ta taille
Tes seins poussaient les plis de ton corsage bleu
Ils ont bien failli gagner le bataille
J'aime le ciel parce qu'il est dans tes yeux
J'aime l'oiseau parce qu'il sait ton nom
J'aime ton rire et tous ces mots curieux
Que tu viens murmurer au col de mon veston

Et je revois tes mains croisées sur ta poitrine
Tes habits jetés sur une chaise au pied du lit
Ton petit cœoeur faisait des petits bonds de sardine
Quand j'ai posé ma tête contre lui

Dieu, tu remercies Dieu ça c'est bien de toi
Mais mon amour pour toi est autrement plus fort
Est-ce que Dieu aurait pu dormir auprès de toi
Pendant toute une nuit sans toucher à ton corps

Chez la jolie Rosette au café du canal
Sur le tronc du tilleul qui ombrageait le bal
On pouvait lire sous deux cœurs entrelacés
Ici on peut apporter ses baisers
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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 13:52

Il vaut mieux laisser au poète

Le soin de faire des pirouettes

C'est très joli, oui dans les livres

Mais tous ces mots dont tu t'enivres

 

Ces mots sont usés jusqu'à la corde

On voit l'ennui à travers

Et l'ombre des années mortes

Hante le vocabulaire.

 

 

Gainsbourg-1963

 

Les mots sont usés jusqu'à la corde
On voit l'ennui au travers
Et l'ombre des années mortes
Hante le vocabulaire

Par la main
Emmène-moi hors des lieux communs
Et ôte-moi de l'idée que tu ne peux t'exprimer
Que par des clichés

Dans mes rêves tu ne parlais pas
Simplement tu prenais mon bras
Et tu voyais à mon sourire
Qu'il n'était rien besoin de dire

Il vaut mieux laisser au poète
Le soin de faire des pirouettes
C'est très joli, oui dans les livres
Mais tous ces mots dont tu t'enivres

Ces mots sont usés jusqu'à la corde
On voit l'ennui au travers
Et l'ombre des années mortes
Hante le vocabulaire

Refrain

Les mots d'esprit laissent incrédule
Car le cœur est trop animal
Mieux qu'apostrophe et point-virgule
Il a compris le point final

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 10:34

  G. Manset était (est) un formidable auteur, chanteur, compositeur ; il a laissé une grande quantité de titres tout aussi splendides les uns que les autres ; en outre une certaine atypie et un refus des modes du moment (télévision, médias, scène...) le rendaient éminemment sympathique. "Vies monotones" (1984) n'est pas la chanson la plus gaie de l'artiste, mais je l'aime particulièrement, en outre elle est cruelle dans sa lucidité...

 

Manset

 

 

Vies Monotones

Nous avons des vies monotones,
Rien dans le cœoeur, rien dans la main.
Comme on ne dit plus rien à personne,
Personne ne nous dit plus rien.

Nous avons des vies monotones,
Des maisons vides et fermées,
Des portes lourdes et blindées
Que n'ouvriront plus jamais personne.

Mais comme il faut bien qu'on vive,
S'asseoir avec le même convive,
C'est pas le festin qu'on croyait,
Pas de fusée, pas de vin, pas de sorbet,
Y a plus qu'à tirer la nappe à soi,
Continuer chacun pour soi.

Nous avons des vies monotones,
Rien dans le coeœur, rien dans la main,
Comme on n'attend rien de personne,
On n'a plus réponse à rien.

Nous avons des vies monotones,
Entourés d'hommes et de chiens,
Ceux qui mangent dans notre main,
Ce sont ceux-là qu'on abandonne

Mais comme il faut bien qu'on vive
Ce soir avec le même convive,
C'est pas la fête qu'on croyait
Où sont les lumières qui brillaient.
Y a plus qu'à tirer la nappe à soi,
Continuer chacun pour soi.

Nous avons des vies sans mélange
Qui s'en iront de tous côtés,
Raides et droites comme une planche
Sur l'océan de pauvreté

© Gérard Manset
---------------------------------------
(en cliquant sur les vignettes : les vidéos)


Vies-monotones-Manset

Et ici chanté divinement par la grande interprète Catherine Ribeiro (Théâtre des Bouffes du Nord, 1995)

Catherine-Ribeiro
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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 10:42

Ah ! l’ami Ferré, on y reviendra ! Ne serait-ce que pour parler de quelques chansons uniques, comme « la vie d’artiste » ou « ni dieu, ni maître » et puis tant d’autres …Personne ne pourra remplacer cet artiste exceptionnel, écrivain et poète de talent, musicien génial, interprète d’exception !

 
    On commencera par « la mémoire et la mer » - d’ailleurs repris par son fils Mathieu comme titre de ses éditions - , quoi dire sur ce chef d’œuvre de la chanson française ? Que c’est la plus belle « chanson » poétique jamais écrite et interprétée, qu’écoutée 1000 fois, on garde encore la chair de poule, on écoute encore comme si du neuf allait surgir ! Il y a tout dans cette chanson, la mélancolie, l’énigmatique, l’inspiration rare d’un moment rare, le transcendantal, la verve, le lyrisme. Les interprétations de Lavilliers, de Ribeiro ou de Léotard sont plutôt réussies – et ce n’est pas simple de chanter Ferré, mais je préfère encore l’original…

    « Un jour je te dirai pourquoi j’écris. La poésie s’arrange toujours ; il suffit d’être là, truelle en main et sueur suintant au soir, devant la soupe, comme un maçon… » Léo Ferré (préface du testament phonographe, 1980.)

 

-------------------------------------------------------
La marée, je l'ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur
De mon enfant et de mon cygne
Un bateau ça dépend comment
On l'arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années-lumière et j'en laisse
Je suis le fantôme Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baisers
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi le chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps-là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l'écume
Cette bave des chevaux ras
Au ras des rocs qui se consument
Ô l'ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d'une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu'un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j'allais géométrisant
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d'aube fine
Je voyais un vitrail de plus
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurants
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu'on dirait l'Espagne livide
Dieu des granits ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s'immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu'on pressent
Quand on pressent l'entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue
Sur cette mer jamais étale
D'où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l'arc copain où je m'aveugle
Ces mains qui me font du flafla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l'anathème
Comme l'ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S'en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue aux musiques mortes
C'est fini la mer c'est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d'infini
Quand la mer bergère m'appelle

Léo Ferré, La mémoire et la mer.©


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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 10:07

   

  
    Pierre Barouh, né à Paris en 1934, sait tout faire. Ancien journaliste sportif et grand sportif lui-même, il découvre la musique brésilienne et sympathise avec Baden Powell. Puis il est assistant réalisateur, acteur, auteur de chansons. En 1966 il devient célèbre en tant qu’acteur et auteur de la bande originale d’ « un homme et une femme » de Claude Lelouch. Il profite de se succès pour créer son propre label Saravah et édite certains auteurs compositeurs interprètes peu connus à l’époque : Jacques Higelin, Areski, Brigitte Fontaine, Pierre Akendengué, David Mac Neil et certains autres… Un groupe d’amis est né. Et Saravah, une sacrée marque de qualité. Il s’occupe de théâtre aussi et crée l’opéra « le Kabaret de la chance ». Il vit maintenant entre le Japon et la France.

    Un petit mot ici sur le Barouh auteur et interprète de chansons. Son premier disque date de 1966 et son dernier de 2007. Il compose régulièrement à l’abri des modes et des télévisions. Je possède beaucoup de ses disques et les aime ; c’est une chanson de qualité, agréable à écouter, sans histoire, j’écoute régulièrement « le Kabaret de la dernière chance » quand j’ai le moral dans les baskets et ça fonctionne très bien.
    Mais je voudrais signaler un disque que j’aime particulièrement, il s’agit de « ça va ça vient », il date de 1971 et c’est avec ce disque que j’ai découvert le Barouh « chanteur ». Une idée des musiciens d’abord : Jacques Higelin au piano, accordéon, banjo ; Areski aux percussions ; et plein d’autres ; les photos du disque sont de David Mac Neil ; cet album est magique, hors temps.
Les compositeurs : Jérôme Savary, Pierre Barouh, Francis Lai, David Mac Neil,…





    Une chanson a ma grande préférence, d’abord pour le texte, mais aussi pour l’interprétation quasi nonchalante de Barouh, l’accordéon lancinant d’Higelin au fond et la grande tristesse de tout l’ensemble ; la chanson s’appelle : « le courage d’aimer », musique de Francis Lai.


    La réédition en CD nous offre deux chansons supplémentaires.


Non, je n'ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l'écho de mon « je t'aime »
Non, je n'ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J'ai trop mimé ces gestes qu'il faut sublimer
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer

Toi qui m'offres aujourd'hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude dans mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l'aime bien l'amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J'ai peur qu'il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n'aurai plus jamais le courage d'aimer

Pourtant si tu voulais, si tu prenais patience
Avec toi je pourrais retrouver l'insouciance
Cette manie que j'ai de conjuguer l'amour
Se tournant à nouveau au futur de mes jours
Alors me reviendraient du fond de mon enfance
Les élans, les frissons des amours sans défense
Sans lesquels il m'est impossible d'espérer
Retrouver à jamais le courage d'aimer.


    Dans le film de Lelouch, la chanson a été retravaillée , la voici : (je préfère l'original, bien sûr)


La fleur d’amour est bien fanée
Mon cœur va-t-il me pardonner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

Non, je n’ai plus le goût de me flatter moi-même
En cherchant ardemment l’écho de mon je t’aime
Non, je n’ai plus le cœur à déchirer mon cœur
En parodiant des jeux que je connais par cœur
Non, je ne veux plus croire en cette mascarade
Où plus faible est celui qui connaît la parade
J’ai trop mimé ces gestes qu’il faut sublimer
je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

Toi qui m’offres aujourd’hui le plus beau des spectacles
Avec tant de beauté, tu pouvais faire obstacle
À cette lassitude en mon cœur tout autour
Car je ne le fuis pas, je l’aime bien l’amour
Mais je ne vois plus rien de tout son beau mystère
J’ai peur qu’il ne soit rien que je craigne ou espère
Car malgré tout le rêve en mon âme enfermé
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer

À tout ce que tu es, je demande indulgence
Avec toi j’avais cru retrouver l’insouciance
Il est un rêve en moi que je dois condamner
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
Je n’aurai plus jamais le courage d’aimer
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Published by frenchpeterpan - dans chanson poétique
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