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  • : mes poésies et petits textes, mes coups de coeur : livres, poésies, chansons poétiques, artistes divers...
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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
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ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 20:54

Cette chanson, il a commencé à l’écrire au début des années 60 dans une version comportant 55 strophes de 8 octosyllabes. Ferré en modifia sans cesse le nom et les paroles d’abord appelée Les chants de la Fureur puis Ma Bretagne à Moi, la chanson sortira finalement sous le titre La mémoire et la Mer comportant seulement 10 strophes. Les chansons La Mer Noire, Géométriquement Tien (1976), Des mots (1979), FLB (1980) et La Marge, Christie (1981) sont composées des strophes abandonnées pour La Mémoire et la Mer. La mélodie très simple de cette chanson, un triolet ressemblant à celui d’Avec le Temps, mêlé à la voix nostalgique de Ferré sur des paroles envoûtantes, lyriques en font une œuvre magnifique et émouvante, bien qu’un peu hermétique. Il n’est pas étonnant de la voir reprise par de nombreux artistes ou citée comme référence, à l’image d’un autre grand de la chanson française, Hubert Felix Thifeaine qui a déclaré que « La Mémoire et la Mer est unique, c’est une révolution dans la chanson »

EN BLEU TEXTE DE Jacques LAYANI 

 Cette version "complète" a été aussi "dite à voix nue" par le grand ami de Léo Richard Martin à Marseille...

 

la mémoire et la mer

Le dernier cahier d'études paru sur Ferré (le N°11) ne parle quasiment que de ce "poème-fondateur"

Pendant 16 ans Ferré travaillera ce texte dont un des titres est "Guesclin 1" du nom de l'île du Guesclin où il habita (pas loin de St Malo et Cancale) ; finalement voici 55 strophes, chacune de huit octosyllabes ; chef d'oeuvre de poésie surréaliste, chef d'oeuvre de la chanson... C'est un texte hautement autobiographique qui peut sembler bien hermétique. Ce texte lu devient réellement "surréel", les mélanges de sexe, de mer, de mots... Au final, donc, 7 chansons naitront de ce poème-fleuve. L'histoire retiendra essentiellement "La mémoire et la mer" dont même Léo s'étonnera du succès, le texte étant hermétique nettement et compréhensible pour ceux qui ont les clés (en d'autres termes, les gens qui connaissent bien la vie du poète et ses amis). 

 

--------------------------------------------------------------------------

 

Je viens à l'instant de découvrir la version récitée de Jean-Baptiste Mersiol ; cela dure plus de 14 minutes et c'est 14 minutes d'un bonheur intense et magique ; la voix est légèrement monotone, le texte est dit dans une longue mélopée - litanie maritime -, les changements de tons sont rares donnant à l'ensemble une cohérence et une puissance insolite et sublime. 

Je suis heureux de voir que le plus grand poète chanteur de tous les temps puisse être encore interprété avec un tel langage ! Bravo !

A acheter donc urgemment !

 

Ferré-Mersiol

 

Ferré-Mersiol2

 

**************************************    

 

 

Christie quand je t'ai vue plonger

Mes vergues de roc où ça cogne

Des feuilles mortes se peignaient

Quelque part dans la Catalogne

Le rite de mort aperçu

Sous un divan de sapin triste

Je m'en souviens j'étais perdu

La Camarde est ma camériste

 

C'était un peu après-midi

Tu luisais des feux de l'écume

On rentrait dans la chantilly

Avec les psaumes de la brume

La mer en bas disait ton nom

Ce poudrier serti de lames

Où Dieu se refait le chignon

Quand on le prend pour une femme

 

Ô chansons sures des marins

Dans le port nagent des squelettes

Et sur la dune mon destin

Vend du cadavre à la vedette

En croix granit christ bikini

Comme un nègre d'enluminure

Je le regarde réjoui

Porter sur le dos mon carbure

 

Les corbeaux blancs de Monsieur Poe

Géométrisent sur l'aurore

Et l'aube leur laisse le pot

Où gît le homard nevermore

Ces chiffres de plume et de vent

Volent dans la mathématique

Et se parallélisent tant

Que l'horizon joint l'ESThétique

 

L'eau cette glace non posée

Cet immeuble cette mouvance

Cette procédure mouillée

Me fait comme un rat sa cadence

Me dit de rester dans le clan

A mâchonner les reverdures

Sous les neiges de ce printemps

A faire au froid bonne mesure

 

Et que ferais-je nom de Dieu

Sinon des pull-overs de peine

Sinon de l'abstrait à mes yeux

Comme lorsque je rentre en scène

Sous les casseroles de toc

Sous les perroquets sous les caches

Avec du mauve plein le froc

Et la vie louche sous les taches

 

Cette rumeur qui vient de là

Sous l'arc copain où je m'aveugle

Ces mains qui me font du flafla

Ces mains ruminantes qui meuglent

Cette rumeur qui me suit longtemps

Comme un mendiant sous l'anathème

Comme l'ombre qui perd son temps

A dessiner mon théorème

 

Et sur mon maquillage roux

S'en vient battre comme une porte

Cette rumeur qui va debout

Dans la rue aux musiques mortes

C'est fini la mer c'est fini

Sur la plage le sable bêle

Comme des moutons d'infini

Quand la mer bergère m'appelle

 

Tous ces varechs me jazzent tant

Que j'en ai mal aux symphonies

Sur l'avenue bleue du jusant

Mon appareil mon accalmie

Ma veste verte de vert d'eau

Ouverte à peine vers Jersey

Me gerce l'âme et le carreau

Que ma mouette a dérouillé

 

Laisse passer de ce noroît

À peine un peu d'embrun de sel

Je ne sais rien de ce qu'on croit

Je me crois sur le pont de Kehl

Et vois des hommes vert-de-gris

Qui font la queue dans la mémoire

De ces pierres quand à midi

Leur descend comme France-Soir

 

La lumière du Monseignor

Tout à la nuit tout à la boue

Je mets du bleu dans le décor

Et ma polaire fait la moue

J'ai la leucémie dans la marge

Et je m'endors sur des brisants

Quand mousse la crème du large

Que l'on donne aux marins enfants

 

Quand je me glisse dans le texte

La vague me prend tout mon sang

Je couche alors sur un prétexte

Que j'adultère vaguement

Je suis le sexe de la mer

Qu'un peu de brume désavoue

J'ouvre mon phare et j'y vois clair

Je fais du Wonder à la proue

 

Les coquillages figurants

Sous les sunlights cassés liquides

Jouent de la castagnette tant

Qu'on dirait l'Espagne livide

Je fais les bars américains

Et je mets les squales en laisse

Des chiens aboient dessous ton bien

Ils me laisseront leur adresse

 

Je suis triste comme un paquet

Sémaphorant à la consigne

Quand donnera-t-on le ticket

A cet employé de la guigne

Pour que je parte dans l'hiver

Mon drap bleu collant à ma peau

Manger du toc sous les feux verts

Que la mer allume sous l'eau

 

Avec les yeux d'habitants louches

Qui nagent dur dedans l'espoir

Beaux yeux de nuit comme des bouches

Qui regardent des baisers noirs

Avec mon encre Waterman

Je suis un marin d'algue douce

La mort est comme un policeman

Qui passe sa vie à mes trousses

 

Je lis les nouvelles au sec

Avec un blanc de blanc dans l'arbre

Et le journal pâlit avec

Ses yeux plombé dessous le marbre

J'ai son Jésus dans mon ciré

Son tabernacle sous mon châle

Pourvu qu'on s'en vienne mouiller

Son chalutier sous mon Bengale

 

Je danse ce soir sur le quai

Une rumba toujours cubaine

Ça n'est plus Messieurs les Anglais

Qui tirent leur coup capitaine

Le crépuscule des atouts

Descend de plus en plus vers l'ouest

Quand le général a la toux

C'est nous qui toussons sur un geste

 

Le tyran tire et le mort meurt

Le pape fait l'œcuménique

Avec des mitres de malheur

Chaussant des binettes de biques

Je prendrai le train de marée

Avec le rêve de service

A dix-neuf heures GMT

Vers l'horizon qui pain d'épice

 

O boys du tort et du malheur

O beaux gamins des revoyures

Nous nous reverrons sous les fleurs

Qui là-bas poussent des augures

Les fleurs vertes des pénardos

Les fleurs mauves de la régale

Et puis les noires de ces boss

Qui prennent vos corps pour un châle

 

Nous irons sonner la Raison

A la colle de prétentaine

Réveille-toi pour la saison

C'est la folie qui se ramène

C'est moi le dingue et le filou

Le globetrotteur des chansons tristes

Décravate-toi viens chez nous

Mathieu te mettra sur la piste

 

Reprends tes dix berges veux-tu

Laisse un peu palabrer les autres

A trop parler on meurt sais-tu

T'a pas plus con que les apôtres

Du silence où tu m'as laissé

Musiquant des feuilles d'automne

Je sais que jamais je n'irai

Fumer la Raison de Sorbonne

 

Mais je suis gras comme l'hiver

Comme un hiver analgésiste

Avec la rime au bout du vers

Cassant la graine d'un artiste

A bientôt Raison à bientôt

Ici quelquefois tu me manques

Viens je serai ton fou gâteau

Je serai ta folie de planque

 

Je suis le prophète bazar

Le Jérémie des roses cuisses

Une crevette sur le dard

Et le dard dans les interstices

Je baliverne mes ennuis

Je dis que je suis à la pêche

Et vers l'automne de mes nuits

Je chandelle encore la chair fraîche

 

Des bibelots des bonbons surs

Des oraisons de bigornades

Des salaisons de dessous mûrs

Quand l'oeil descend sous les oeillades

Regarde bien c'est là qu'il gît

Le vert paradis de l'entraide

Vers l'entre doux de ton doux nid

Si tu me tends le cœur je cède

 

Ça sent l'odeur des cafards doux

Quand le crépuscule pommade

Et que j'enflamme l'amadou

Pour mieux brûler ta chair malade

O ma frégate du palier

Sur l'océan des cartons-pâtes

Ta voilure est dans l'escalier

Reviens vite que je t'empâte

 

Une herbe douce comme un lit

Un lit de taffetas de carne

Une source dans le Midi

Quand l'ombre glisse et me décharne

Un sentiment de rémission

Devant ta violette de Parme

Me voilà soumis comme un pion

Sur l'échiquier que ta main charme

 

Le poète n'est pas régent

De ses propriétés câlines

Il va comme l'apôtre Jean

Dormant un peu sur ta poitrine

Il voit des oiseaux dans la nuit

Il sait que l'amour n'est pas reine

Et que le masculin gémit

Dans la grammaire de tes chaînes

 

Ton corps est comme un vase clos

J'y pressens parfois une jarre

Comme engloutie au fond des eaux

Et qui attend des nageurs rares

Tes bijoux ton blé ton vouloir

Le plan de tes folles prairies

Mes chevaux qui viennent te voir

Au fond des mers quand tu les pries

 

Mon organe qui fait ta voix

Mon pardessus sur ta bronchite

Mon alphabet pour que tu croies

Que je suis là quand tu me quittes

Un violon bleu se profilait

La mer avec Bartok malade

O musique des soirs de lait

Quand la Voie Lactée sérénade

 

Les coquillages incompris

Accrochaient au roc leurs baroques

Kystes de nacre et leurs soucis

De vie perleuse et de breloques

Dieu des granits ayez pitié

De leur vocation de parure

Quand le couteau vient s'immiscer

Dans leurs castagnettes figures

 

Le dessinateur de la mer

Gomme sans trêve des pacages

Ça bêle dur dans ce désert

Les moutons broutent sous les pages

Et la houle les entretient

Leur laine tricote du large

De quoi vêtir les yeux marins

Qui dans de vieux songes déchargent

 

Ô lavandière du jusant

Les galets mouillés que tu laisses

J'y vois comme des culs d'enfants

Qui dessalent tant que tu baisses

Reviens fille verte des fjords

Reviens gorge bleue des suicides

Que je traîne un peu sur tes bords

Cette manie de mort liquide

 

J'ai le vertige des suspects

Sous la question qui les hasarde

Vers le monde des muselés

De la bouche et des mains cafardes

Quand mon ange me fait du pied

Je lui chatouille le complexe

II a des ailes ce pédé

Qui sont plus courtes que mon sexe

 

Je ne suis qu'un oiseau fardé

Un albatros de rémoulade

Une mouche sur une taie

Un oreiller pour sérénade

Et ne sais pourtant d'où je viens

Ni d'où me vient cette malfide

Un peu de l'horizon jasmin

Qui prend son " té" avec Euclide

 

Je suis devenu le mourant

Mourant le galet sur ta plage

Christie je reste au demeurant

Méditerranéen sauvage

La marée je l'ai dans le cœur

Qui me remonte comme un signe

Je meurs de ma petite sœur

De mon enfant et de mon cygne

 

Un bateau ça dépend comment

On l'arrime au port de justesse

Il pleure de mon firmament

Des années-lumière et j'en laisse

Je suis le fantôme Jersey

Celui qui vient les soirs de frime

Te lancer la brume en baisers

Et te ramasser dans ses rimes

 

Comme le trémail de juillet

Où luisait le loup solitaire

Celui que je voyais briller

Aux doigts du sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer

Que nous libérions sur parole

Et qui gueule dans le désert

Des goémons de nécropole

 

Je suis sûr que la vie est là

Avec ses poumons de flanelle

Quand il pleure de ces temps-là

Le froid tout gris qui nous appelle

Ô l'ange des plaisirs perdus

Ô rumeurs d'une autre habitude

Mes désirs dès lors ne sont plus

Qu'un chagrin de ma solitude

 

Je me souviens des soirs là-bas

Et des sprints gagnés sur l'écume

Cette bave des chevaux ras

Au ras des rocs qui se consument

Et le diable des soirs conquis

Avec ses pâleurs de rescousse

Et le squale des paradis

Dans le milieu mouillé de mousse

 

Ô parfum rare des salants

Dans le poivre feu des gerçures

Quand j'allais géométrisant

Mon âme au creux de ta blessure

Dans le désordre de ton cul

Poissé dans les draps d'aube fine

Je voyais un vitrail de plus

Et toi fille verte de mon spleen

 

Et je voyais ce qu'on pressent

Quand on pressent l'entrevoyure

Entre les persiennes du sang

Et que les globules figurent

Une mathématique bleue

Dans cette mer jamais étale

(D'où nous remonte peu à peu

Cette mémoire des étoiles

 

Ces étoiles qui font de l'œil

A ces astronomes qu'escortent

Des équations dans leur fauteuil

A regarder des flammes mortes

Je prierais Dieu si Dieu priait

Et je coucherais sa compagne

Sur mon grabat d'où chanteraient

Les chanterelles de mon pagne

 

Mais Dieu ne fait pas le détail

Il ne prête qu'à ses Lumières

Quand je renouvelle mon bail

Je lui parlerai de son père

Du fils de l'homme et du chagrin

Quand je descendais sur la grève

Et que dans la mer de satin

Luisaient les lèvres de mes rêves

 

Je ne suis qu'un amas de chair

Un galaxique qui détale

Dans les hôtels du monte-en-l'air

Quand ma psycho se fait la malle

Reviens fille verte des fjords

Reviens violon des violonades

Dans le port fanfarent les cors

Pour le retour des camarades

 

Je vais tout à l'heure fauchant

Des moutons d'iceberg solaire

Avec la Suisse entre leurs dents

A brouter des idées-lumière

Et des chevaux les appelant

De leur pampa et des coursives

Que j'invente à leurs naseaux blancs

Comme le sperme de la rive

 

Arrive marin d'outre temps

Arrive marine d'extase

Quand je m'arrête tu me prends

Comme je te prends dans ta case

Négresse bleue blues d'horizon

Et les poissons que tu dégorges

Depuis ton ventre et tes façons

Quand ton "sexo" joue dans ta gorge

 

Dans cette plaie comme d'un trou

Grouillant de cris comme la vague

Quand les goélands sont jaloux

De l'architecte où s'extravaguent

Des maçons aux dents de velours

Et le ciment de leur salive

A te cimenter pour l'amour

Ton cul calculant la dérive

 

Mes souvenirs s'en vont par deux

Moi le terrien du Pacifique

Je suis métis de mes aveux

Je suis le silence en musique

Le parfum des mondes perdus

Le sourire de la comète

Sous le casque de ta vertu

Quand le coiffeur sèche ta tête

 

Muselle-moi si tu le peux

Toi dans ton ixe où le vacarme

Sonne le glas dans le milieu

Moi planté là avec mon arme

Tu es de tous les continents

Tu m'arrives comme la route

Où s'exténuent dix mille amants

Quand la pluie à ton cul s'égoutte

 

O la mer de mes cent mille ans

Je m'en souviens j'avais dix piges

Et tu bandes ton arc pendant

Que ma liqueur d'alors se fige

Tu es ma glace et moi ton feu

Parmi les algues tu promènes

Cette déraison où je peux

M'embrumer les bronches à ta traîne

 

Et qu'ai-je donc à Iyriser

Cette miction qui me lamente

Dans ton lit j'allais te braquer

Ta culotte sentait la menthe

Et je remontais jusqu'au bord

De ton goémon en soupente

Et mes yeux te prenaient alors

Ce blanc d'écume de l'attente

 

Emme c2 Emme c2

Aime-moi donc ta parallèle

Avec la mienne si tu veux

S'entrianglera sous mes ailes

Humant un peu par le dessous

Je deviendrai ton olfacmouette

Mon bec plongeant dans ton égout

Quand Dieu se vide de ta tête

 

Les vagues les vagues jamais

Ne viendront repeupler le sable

Où je me traîne désormais

Attendant la marée du diable

Ce copain qui nous tient la main

Devant la mer crépusculaire

Depuis que mon coeur dans le tien

Mêle ton astre à ma Lumière

 

Cette matière me parlant

Ce silence troué de formes

Mes chiens qui gisent m'appelant

Mes pas que le sable déforme

Cette cruelle exhalaison

Qui monte des nuits de l'enfance

Quand on respire à reculons

Une goulée de souvenance

 

Cette maison gantée de vent

Avec son fichu de tempête

Quand la vague lui ressemblant

Met du champagne sur sa tête

Ce toit sa tuile et toi sans moi

Cette raison de ME survivre

Entends le bruit qui vient d'en bas

C'est la mer qui ferme son livre

 

Published by frenchpeterpan - dans chanson poétique
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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 20:23



    Henri Roorda est né à Lausanne en 1870, il se suicidera à 55 ans. Professeur de mathématiques, il rédigera des petites essais pédago-philosophiques : « le roseau pensotant », « le débourrage des crânes est-il possible », « le pédagogue n’aime pas les enfants » … Tous ces ouvrages sont bourrés d’humour, d’ironie, et de regards très lucides et sévères sur notre « société » et sur l’enseignement.
    Il laisse à sa mort un livre qu’il voulait intituler initialement « le pessimisme joyeux », qu’il nommera finalement « Mon suicide », il dit dans la préface que ce titre est plus alléchant,  « le public ayant un goût prononcé pour le mélodrame ».



    M’intéressant depuis l’âge de 15 ans au choix du suicide, je possède quantités de livres abordant le sujet. Mais c’est ce livre, celui de Roorda que je réouvre le plus souvent, d’abord parce qu’il est court et très « franc », il aborde en quelques petits paragraphes les vrais problèmes du choix de vivre et expose ses idées clairement et de façon décisive. Ecrit en 1925, ce livre est étonnamment moderne, et en fait puissamment libertaire.

En quelques chapitres très courts :

J’aime la vie facile
Les provisions
L’argent
J’ai mal vécu
C’est une mauvaise action
Le professeur de morale et le physiologiste
L’individu et la société
Les gens rangés, les bons citoyens
Ce qui dure trop
Dernières pensées avant de mourir

Il indique clairement ses choix, ses idées, ses soucis. (tous les textes en VERT sont de lui)

    Après avoir beaucoup travaillé pendant trente-trois ans, je suis fatigué. Et plutôt que de faire attention à mener une vie plus « hygiénique », il préfère s’en aller.

    Les richesses sociales sont limitées en quantité ; le travail est fatiguant ; l’être humain est condamné à vieillir et à s’affaiblir. Cela, on ne le changera pas.
Il souhaitait une société où le travail corvée serait réduit au minimum et où l’on aurait chaque jour, beaucoup d’heures pour aimer, pour jouir de son corps et pour jouer avec son intelligence.

    Quand on me parle des Intérêts supérieurs de l’Humanité, je ne comprends pas. Mais j’aime le râble de chevreuil et le vieux Bourgogne. Et je sais ce qu’il peut y avoir d’adorable dans la poésie, dans la musique et dans le sourire d’une femme.

    Pour que la société dure avec sa structure actuelle*, il faut que les individus se marient et fondent des familles. Mais dans l’immense majorité des cas, le mariage est un lien qui fait souffrir. Deux êtres qui sont faits pour s’entendre ne sont pas nécessairement faits pour vivre ensemble du matin au soir et du soir au matin, 40 ans de suite. Parce qu’ils sont doués de sensibilité et d’imagination, par le simple fait qu’ils sont vivants, l’homme et la femme sont incapables d’obéir au représentant de l’état, qui leur dit : il faut que désormais vos sentiments ne changent plus.
* existera-t-il un jour une société très différente de la nôtre, où les individus pourront plus facilement se rapprocher et se séparer les uns des autres ? (il se rapproche et de beaucoup aux visées hédonistes de Michel Onfray)


    Je n’étais pas fait pour vivre dans un monde où l’on doit consacrer sa jeunesse à la préparation de sa vieillesse.

    Je ne comprends pas l’indifférence avec laquelle tant de gens supportent chaque jour ces heures vides où ils ne font pas autre chose que d’attendre.

    J’ai besoin d’être ému par les vérités que j’enseigne.

    Je suis un joueur qui ne demanderait pas mieux que de continuer à jouer, mais qui ne veut pas accepter les règles du jeu.

    Henri Roorda était très brillant et sans doute trop exigeant avec lui même.

la lettre qui clot le livre rédigée la veille de sa mort.


«C’était un grand humoriste, désespéré, tolérant, d’une lucidité dévastatrice, gai comme un lapin. Pourquoi est-il à ce point oublié? Peut-être parce qu’il était suisse, et que, cliché aidant, on ne s’attend pas à entendre un grand éclat de rire éclater en Suisse. (…) Pour lui, l’ignorance n’était pas le plus grand des maux: il fallait surtout procéder au «débourrage des crânes». Rien n’a changé. Rien à changer.»
Jean-Luc Porquet, Le Canard Enchaîné, 28 juillet 2004


Henri Roorda, lecteur de l'Emile
Tanguy L'Aminot 1
1 CNRS, University of Paris, Sorbonne

ABSTRACT
Henri Roorda (1870–1925) est aujourd'hui quelque peu oublié dans la liste des théoriciens et réformateurs de l'éducation moderne. Il a pourtant troublé leur univers en publiant en 1917 un livre où il prenait vivement la défense de l'enfant contre les pratiques pédagogiques en cours à l'époque : Le Pédagogue n'aime pas les enfants. Roorda trouva en Rousseau le penseur qui avait ouvert la voie. Proche du mouvement anarchiste, il associa la pensée du Citoyen de Genève à celles des théoriciens libertaires qui, comme Sébastien Faure, Elisée Reclus ou Domela Nieuwenhuis, réfléchissaient alors à la création d'une autre école. Il œuvra toute sa vie au sein du système scolaire pour une approche différente et plus humaine de l'enfant.


Published by frenchpeterpan - dans écrivains en suicide
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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 17:19


PERDANT LES EAUX /
/ le fleuve grimaça /
/ SERRANT LES HANCHES /
il éjacula une mitraille argentée :
  spasme de petits goujons
véhéments et farceurs
le SOLEIL se levait sur l'estuaire en grande forme
LES BERGES ET LES ARBRES se déployaient
en é v e n t a i l
POUR DONNER FORME /
/ MUSICALEMENT /
et en osmose .../...

 - dans le lit de roseaux - l'aube s'éveillait
belle endormie
cheveux en MIKADO
et sexe poissé de poissons


Published by frenchpeterpan - dans Loires
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23 août 2016 2 23 /08 /août /2016 10:43
autoportrait fait de moi il y a peu
je suis sur la planète NRWZ 212
proche de celle du Petit Prince
j'y cherche moi aussi
un renard à apprivoiser

Published by frenchpeterpan - dans préambules
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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 10:28
.. de Lacan
" Aimer, c'est donner quelque chose qu' on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas."
Jacques Lacan
Published by frenchpeterpan - dans citations
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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 13:22
.. de Blanche
"Plus je connais les hommes, plus j'aime les femmes."
Francis Blanche
Published by frenchpeterpan - dans citations
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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 08:07

 

cucuron3

On le dit "étang" / ce grand bassin où il fait bon résonne

l'eau flâne puissamment dans les creux sombres des feuilles / argent et vert somnolent ensemble dans la gaieté des cigales

tout à l'heure j'irai poser ma main sur l'arbre de Mai et prier, moi qui suis athée mais qui possède ma peste personnelle

les courtes ruelles, les vieilles églises, la chaleur assomante ; alors je filmerai le haut des arbres dont le bruissement ravit

ou ces gros cyprinidés qui cherchent des caresses

un temps qui passe, le temps passe, la fin des fracas, le calme de ceux qui désirent la paix

parfois, nous dirions "l'envie de vivre"...

Pavillon des joies contre la mort péremptoire, les pays alentours sont à observer scrupuleusement ; seule, cette rigueur pourrait nous y faire croire / les platanes, oh les hauts platanes, épées végétales contre mes désespoirs

Oh vieilles pierres et vos résonnances, vieux bois, vieux volets

qui réchauffent les coeurs

encerclant le village LES GRANDS VERTS protègent depuis toujours les errances humaines

 

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 18:42
(un pas de danse, Gianni Bertini, 2004)


 

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Un beau pas de danse
elle fit

à l'errance de ses hanches
il fut

et futile moment où

ces fragrances sueurs nuitées
En cadence, mes mains sur ses hanches
On fit un léger pas de danse

tard
A l’aube taciturne
 
grise et jaune
Quand balancent ses hanches
Et son buste penche
Mes mains sur ses hanches
Et ses jambes lancent
son corps que j’enlace
Vers ses hanches blanches
Son corps je délace

puis
Son corps déhanche
Mon sexe tout droit
Vers d’autres toits

Juste une préface
Ou que je rêvasse

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(belles de jour, Gianni Bertini, 1974)
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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 13:38
.. de Deleuze
"Dire je t'aime au lieu de dire je te désire, c'est se proposer une tâche infinie."
Gilles Deleuze
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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 10:19
Tout ce que je sais de l'amour / Michela Marzano

en lisant Marzano...

" L'amour, pour Lacan, n'est pas victime de l'échec du narcissisme, comme le pensait Freud, pour qui l'amour de l'autre n'est qu'amour de soi. Comme Narcisse qui, devant le miroir d'eau, contemple son reflet, éperdument amoureux de son visage.

L'amour, d'après Lacan, naît dans la rencontre, quand on espère pouvoir combler le vide que l'on a en soi en le remplissant de l'autre. Même si on découvre ensuite que le vide demeure et que l'autre s'éloigne, nous laissant une trace de notre exil intérieur.

Le vide ne peut jamais être comblé. On peut seulement le traverser avec un autre.

Ensemble, et pourtant toujours seuls."

Michela Marzano

(in "tout ce que je sais de l'amour")

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 11:01

La tige est là comme une comédie

Le ruisseau est hospitalier

L’ennui même là hésite à gagner du terrain

Le beau format du monde cependant et son cortège d’embellissement

 

Toute cette nature ornée

Massive beauté

 

Chaque fleur posée participe au désenclavement

Chaque fouillis chaque enchevêtrement déracinent ce mal humain

 

Même la roche n’est pas froide et donne au dos le repos

L’attirance d’une multitude de formes animales, insectes, araignées et autres

Inocule inonde de la vie en très fond

 

Je culbute dans l’herbe mon mal de vivre

Puis répertorie tout sur 1 m carré

Je latinise, héros de la classification

Même là le bouquetin s’interroge avec son museau bien à propos

 

L’incertitude de vivre – tenace – et les douleurs diverses coulent par spasmes vers le bas, où le sainfoin rose s’en nourrira

Pyrénées 12
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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 08:04

Nicolas Bouvier considère Charles-Albert Cingria comme l'un des plus grands écrivains mondiaux. Voire le plus grand.  De quoi intriguer.

Je viens de lire (et de relire) "Pendeloques alpestres", 1929, paru dans l'excellente petite collection MiniZoé. Petit bijou bien sûr, Nicolas Bouvier ne nous a pas trompé.

Les lectures de Cingria sont très souvent déroutantes par leurs digressions perpétuelles, mais aussi et surtout l'incroyable prose ciselée utilisée... Quelqu'un a parlé de "poétique de l'effacement et de l'apparition", c'est tout-à-fait cela. Très grand styliste, exceptionnel même, bref la Suisse nous donne de sacrés écrivains ! Cingria est unique.

L'auteur décide d'aller voir un ami dans la montagne, il marche dans la vallée, le pays change car change de langue, puis un jeune guide à 6 doigts le conduira au bon lieu. Là-haut, un de ses amis et son fils l'attendent. Ils observeront l'apparition de divers personnages et commenteront. Le propriétaire de la "cantine" (un refuge) est un vieillard poète, il possède un St Bernard dont le rôle dans l'histoire sera prépondérant, en particulier lors de la redescente.

Que veux dire ce livre ? juste un récit ? Ascension puis descension. Un peu de fantastique, un peu d'art baroque, un peu de gastronomie, beaucoup de philosophie. L'intérêt de la marche, de la marche en montagne. "Eloge de l'errance et de la montagne nue".

Etre attentif au monde, encore une fois, et à l'instant présent, puis sublimer : "la poétique est déclarée". Comprendre aussi comment un écrivain (un grand) peut sublimer en quelques mots ou phrases des instants a priori d'une banalité affligeante. Rien n'est banal pour qui sait observer. Et la banalité disparait incroyablement derrière le phrasé du poète écrivain !

4ième de couverture : Dans ce texte libre et renversant, la montagne et la plaine, le réel et le fantastique, les inquiétantes hauteurs et la plaine étale, rassurante et stable, l'homme et le chien, le vivant et le mort se répondent, se complètent et échangent leurs voix. Monter et descendre représentent, dans l'œuvre de Cingria (1883-1954), la fusion jubilatoire des contraires, l'extraordinaire équilibre de l'univers, tout ce qui sonne juste, tout ce qui est, comme la montagne, joyau du monde.

"Les êtres et les choses sont constamment en rapport avec l'espace.../... mais ce qu'il aime plus que tout, ce sont les oppositions, qui permettent de voir le monde de façon nouvelle. L'élan incessant du très bas vers le très haut doit impérativement être suivi par la joie de la descente. La montagne ne va pas sans la plaine ni la plaine sans la montagne : c'est leur association qui rend le monde "exquis", qui lui donne le mouvement et l'unité sans lesquels il ressemble au tombeau." Anne Marie Jaton (dans la postface)

 

 

 

Pendeloques alpestres / Charles-Albert Cingria

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 17:53
L'amant / Marguerite Duras
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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 17:03
.. de Leclerc

"Ce n'est pas parce que je suis un vieux pommier, que je donne de vieilles pommes."

Felix Leclerc

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 10:04

Mots gentils de Lysiane Rakotoson poète et professeur agrégée de lettres à propos de mon passage sur France Culture et sur les difficultés pour se faire publier en poésie...

Faut-il écrire sur Internet ? Qui achète de la poésie ? Faut-il "à tout prix" se faire publier ? Le livre-papier est-il encore un don ?

MERCI à elle...

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Toile poétique: Marc Laumonier

La poésie est une aventure solitaire mais il est possible de la faire partager : internet est une des voies qui permet de s'ouvrir au monde entier. Samedi dernier, un poète et bloggeur, Marc Laumonier faisait un bref passage dans l'émission de Sophie Nauleau, "ça rime à quoi?". Cet amoureux de poésie tient un blog où il rassemble à la fois ses propres textes et ceux des autres. Son travail est d'une très grande générosité, il affirme même que "les autres" sont plus intéressants que lui. Cette modestie et ce patient travail loin des éditeurs doivent cependant être récompensés : "frenchpeterpan" (c'est le nom du blog) contient de beaux textes qui valent la lecture, des notes poétiques d'une très grande justesse. Marc Laumonier publie l'apéritif de la neige, un recueil qui rassemble les textes publiés sur son blog. Partager ses textes sur un blog permet certes de multiplier les lecteurs, mais comme l'auteur le dit si bien lui-même, ne permet pas d'offrir le poème. Le papier permet de faire don de ce que l'on a produit. Cette aventure illustre parfaitement un des problèmes majeurs de la poésie aujourd'hui, celui de sa diffusion. Faut-il tenter de se faire publier? Faut -il livrer ses textes aux multiples routes de la toile? Travail de création solitaire et possibilité de le rendre disponible à tous sir internet: le paradoxe interroge en tout cas. Marc Laumonier prétend ne pas être un grand poète, dans ses libellés, il met le mot "poèmes" entre guillemets. Ce sont bien des poèmes sans guillemets qu'il nous donne pourtant à lire. Construire un lectorat sur internet n'est pas une chose facile, il a su le faire et c'est déjà un grand mérite. Les petits éditeurs n'ont pas les moyens de publier. Et chez les grands éditeurs, la poésie n'est pas maîtresse : il est impossible de demander à un auteur de produire une oeuvre tous les deux, trois ans. L'écriture est une expérience avec sa propre temporalité, ses propres espaces. Errance ou tourbillon, travail laborieux ou état de grâce, qu'importe, les mécanismes des circuits de consommation sont fermés aux artistes. Écrire de la poésie devient alors un véritable choix de vie, une aventure plus solitaire encore. Il faut trouver les moyens de donner à voir et à entendre par d'autres moyens. Internet est un chemin utile, une voie de passage merveilleuse. Depuis quelques années, la poésie circule aussi par ce biais-là (je parlerai bientôt de facebook et des revues de poésie que j'aime). Mais il serait dommage que le livre ne prenne pas le relais de toutes ces belles initiatives poétiques sur le web. A bon entendeur...

Lysiane Rakotoson (Diffuseur poétique)

Le site de Marc Laumonier: http://www.frenchpeterpan.com/

L'émission de samedi "ça rime à quoi" est téléchargeable pendant une semaine: http://www.franceculture.com/podcast/1233661

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