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"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
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"Le sens trop précis
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" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
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"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

5 février 2023 7 05 /02 /février /2023 11:25

Et si tu passes

Observée de mille paysages

En somme en retrait de ces espaces

Perdue et clairsemée, ta parole sonnerait

Comme chute de neiges sur ces coussins d’herbes

 

Ou perdue dans ton cercueil

Serrée et immobile

Tu marcherais sur l’herbe gelée et qui craque comme du velours fatigué

Emportez-moi, dirais-tu

Où ?

Dans l’espace entre moi et moi

Dans cette fine couche indéfinie

Cet écartement entre nos deux noces

Qui ouvre et ferme notre vieil amour éreinté

 

 

 

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1 février 2023 3 01 /02 /février /2023 15:25

Si je n’ai mieux à faire

à Georges Banu, toujours proche

 Un jour, je serai trop vieux pour me souvenir

comment j’ai gaspillé ma jeunesse.

Je serai peut-être le vieux Monsieur, celui qui

autrefois écrivait des poèmes, des conventions à l’envers,

subterfuges de l’âge.

Je serai peut-être le sympathique clochard, le maître d’orchestre

de l’armée de pigeons qui hantent ce bourg de province

où année après année l’esprit fut stigmate,

une erreur génétique, un crachat en plein vent

fouettant toujours en plein ton visage.

Je serai l’éclat coloré d’une vitre brisée par une voix tonitruante,

un pauvre alexandrin égaré dans le cirque de l’univers.

Un jour, si je n’ai rien de mieux à faire,

rusé comme un chat qui a volé la voix de l’enfant,

je chanterai dans un registre absolument faux l’hymne de la perdition

et, montant au ciel comme une feuille de journal,

je flotterai encore un instant dans les rêves matinaux des bourgeois

noyés dans les flots dépourvu de magie du dégoût

dans lequel vogue sans but leur vie.

 

La révolution n’a pas eu lieu

 Le masque que je dois retirer tous les jours commence

À m’ennuyer comme une vieille cocotte qui s’agrippe

À ta jeunesse hypocrite. Seulement si tu n’étais pas si innocent,

Pareil à une brique sur laquelle le soleil passe chaque jour pile-poil à l’heure

 

À laquelle un banquier, usé par les affaires, boit le thé coupé d’un nuage

De venin bien que le docteur lui ait prescrit le silence de l’oubli. Que j’apprenne

Des juifs le truc littéraire avec la grandeur de la gloire ante-mortem

Pour qu’au crépuscule je sorte tranquille dans la ruelle bondée de curieux

 

Sifflant un petit chant que j’aurais inventé. Seulement si je comprenais un

Instant plus tôt que je saute d’éclipse en éclipse - un comparatiste

Agacé d’avoir compris : les poètes révolutionnaires finissent dans l’oubli

Et les vieilles cocottes sont accompagnées sur le dernier chemin par un mendiant

 

Auquel elles donnaient un centime après chaque rendez-vous avec le grand amour.

Seulement si je comprenais – et ça c’est un vieux truc littéraire une calamité.

 

 

 

Eté vers la fin du monde

 Plus jeune que je ne le suis, impossible. Toi, à mes côtés

dans un verre de l’esprit – rien ne nous fait vaciller.

Bruns, inspirés, pareils aux glaçons carboniques

sur la langue d’un buveur de cognac. Été, vers la fin du monde.

Le journal de demain nous apprend dans quel siècle nous avons vécu,

le dernier pont sur le Styx tangue dans le vide,

le soleil tombe comme une poupée des bras d’une fillette,

d’une mansarde le saxophone d’un adolescent

fait échouer les gammes

de même que la poésie laisse l’homme compter son argent

le reste étant donné à tout ce que nous payons avec l’âme.

de même qu’une belle femme garde sa grâce dans la peau fine

d’entre nos doigts.

Toi, à mes côtés – un cou de cygne retourné vers la poitrine

d’un poulet mort.

 

 

Versions françaises par Geta Rossier

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - 

Nicolae Coande

Né le 23 septembre 1962. Il vit à Craiova, où il dédie son temps à préserver le goût de la poésie et l'arôme de l'amitié de la ville. Début avec „În margine” (En marge) (Ed. Ramuri, 1995), pour laquelle il reçoit le Prix de l’Union des Écrivains Roumains. 12 livres de poésie publiés, 7 livres d'essais. Certains des livres les plus récents publiés: La mémoire d'un mort est ma mémoire, Edition « Max Blecher », 2019, Je ne suis pas la Bête, Edition « Max Blecher », 2022 (poesie),  Le grenier Europe (Edition Paralela 45,  2019), Le manuel du chasseur de poètes, Edition Hoffman, 2021 (essais). Résidences littéraires en Allemagne, Autriche, Suisse, Espagne. Le Prix Mihai Eminescu de l’Academie Roumaine, 2017, pour poésie.

 

« L’une des voix les plus fortes et les plus clairement définies des années '90. » (Claudiu Komartin, éditeur, poète).

Georges Banu

Ces jours-ci nous sommes tristes en Roumanie, notre bon ami George Banu, le grand critique et homme de théâtre, est décédé le 21 janvier à Paris.

 

 

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16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 12:02

Quelle soie aux baumes de temps
Où la Chimère s’exténue
Vaut la torse et native nue
Que, hors de ton miroir, tu tends !

Les trous de drapeaux méditants
S’exaltent dans notre avenue :
Moi, j’ai ta chevelure nue
Pour enfouir mes yeux contents.

Non ! La bouche ne sera sûre
De rien goûter à sa morsure,
S’il ne fait, ton princier amant,

Dans la considérable touffe
Expirer, comme un diamant,
Le cri des Gloires qu’il étouffe.

 

Toujours, chez Mallarmé, combat entre l'idéal et la réalité...

"moi, j'ai ta chevelure nue

pour enfouir mes yeux contents"

quoi dire de plus...

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30 décembre 2022 5 30 /12 /décembre /2022 21:02

Frenchpeterpan est en vrai ralenti depuis quelques mois... Les réseaux ont tué un peu ce type de blog ; je vous souhaite à tous et toutes une nouvelle année 2023 la meilleure possible !!

 

 

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8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 14:14

Dépression au-dessus du jardin

Ton expression est au chagrin

Tu as lâché ma main

Comme si de rien

N'était de l'été c'est la fin

Les fleurs ont perdu leurs parfums

Qu'emporte un à un Le temps assassin

 

 

Dépression au-dessus du jardin

J'ai l'impression que c'est la fin

Je me sens soudain

Tellement lointain

Tu t'es égaré en chemin

Tu essayes de me faire croire en vain

Que l'amour reviendra l'été prochain

 

https://www.youtube.com/watch?v=yIMI_f-ma5k

https://www.youtube.com/watch?v=yIMI_f-ma5k

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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 18:59
poème de Vasyl Symonenko
 
Le poème est aussi parfaitement et magnifiquement récité par Roman de l’Arche en Ukraine en décembre 2020:  https://youtu.be/mcqKeV_pvhw
 
 
Vasyl Symonenko (Василь Андрійович Симоненко) est un poète Ukrainien né le 8 janvier 1935, décédé le 13 décembre 1963 - âgé de 28 ans. Ses œuvres et sa mort prématurée après avoir été violemment battu par la milice locale de l'URSS ont eu un impact énorme sur la montée du mouvement national démocratique en Ukraine. Voilà le lien Wikipedia anglais: https://en.wikipedia.org/wiki/Vasyl_Symonenk
 

 

You know that you are a human…

 
You know that you are a human.
You know that, or do you not?
That smile of yours is unique to you,
That torment of yours is unique to you,
Your eyes no other person has got.
 
Tomorrow you won’t be here present.
Tomorrow on this blessed land
Others’ll be running and laughing,
Others’ll be feeling and loving;
Good people and bad ones, my friend.
 
Today all the world is for you:
Forests and hills, valleys deep.
So hurry to live, please, hurry!
So hurry to love, please, hurry!
Don’t miss out on it, don’t oversleep!
 
‘Cause you on this Earth are a human.
And whether you want it or not,
That smile of yours is unique to you,
That torment of yours is unique to you,
Your eyes no other person has got.
 
 
 

Tu sais que tu es un humain…

 
Tu sais que tu es un humain.
Tu le sais ou tu ne le sais pas?
Ce sourire est unique pour toi,
Ce tourment est unique pour toi,
Tes yeux qu'aucune autre personne n'a.
 
Demain, tu ne serais pas ici présent.
Demain, sur cette terre bénie,
D’Autres courront et riront,
D’autres ressentiront et aimeront;
Les bons et les mauvais, mon ami.
 
Aujourd'hui le monde s'offre à toi :
Forêts et collines, vallées profondes.
Alors dépêche-toi! de vivre, s'il te plaît, dépêche-toi!
Alors dépêche-toi d'aimer,  s'il te plaît, dépêche-toi!
N’hésite pas, ne dormez pas trop!
 
Parce que vous sur cette terre tu es un humain.
Et que tu le veuilles ou non,
Ce sourire est unique pour toi,
Ce tourment est unique pour toi,
Tes yeux qu'aucune autre personne n’a.


 

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13 février 2022 7 13 /02 /février /2022 11:31

Quand recevrons-nous des renforts… ? 

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=f3F1vSh8Tlk

 

Quand recevrons-nous des renforts, mon âme ?
Souviens-toi du son des fifres, soudain si beau
Quand la colonne déboucha de la grande ombre des grands
arbres
Les hommes s'embrassaient comme des fous et lançaient leurs chapeaux

Crois-tu que les renforts viendront ? Tu te souviens de
l'embuscade
Où nous avons perdu du monde et nous sauvâmes nos
drapeaux
Un messager aura passé un billet par la palissade
La nuit de la vie est si longue et dure à l'âme le manteau

Manteau de pluies gris et pesant et sale aussi manteau des
peines
Recevrons-nous enfin un signe à travers les lignes, là-bas ?
Un signal, une infime lueur de l'infini où l'amour mène
Reste-t-il un peu d'eau, mon âme, pour la soif ? Ne faiblis
pas !

Les renforts n'arriveront pas et nous fûmes si seuls au monde
Cette nuit-là quand soudain le son des fifres et des tambours,
Au moment qu'on allait lâcher, fit vibrer le ciel comme une onde
Tu te souviendras de cela, mon âme, et tiendras jusqu'au
jour

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2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 22:27

Crois le ou pas

Je suis mort ou c’est tout comme

Tout comme

 

Perdu la forme, devenu informe

Cellules disjointes et poussières d’empreintes

 

Je ne sens plus ce qui tient

Ça brinquebale à tout vent, tour sans fondations « béton armé »

Route sous aide d’impasse

Les bois sont clos, enfermés

Les sexes recousus

Il fume dit-on au coin des bois, des fumées folles de désintérêt

 

Le monde s’en est allé, sifflotant, à regret

Portes fermées

Le monde s’en est allé

 

Je suis seul ainsi dans cette grande page grise

Mon visage de craie est mort d’assez aimer

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8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 21:26

 

 

"C'est une chose étrange à la fin que le monde 
Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit 
Ces moments de bonheur ces midi d'incendie 
La nuit immense et noire aux déchirures blondes

Rien n'est si précieux peut-être qu'on le croit 
D'autres viennent Ils ont le cœur que j'ai moi-même 
Ils savent toucher l'herbe et dire je vous aime 
Et rêver dans le soir où s'éteignent des voix

D'autres qui referont comme moi le voyage 
D'autres qui souriront d'un enfant rencontré 
Qui se retourneront pour leur nom murmuré 
D'autres qui lèveront les yeux vers les nuages

Il y aura toujours un couple frémissant 
Pour qui ce matin-là sera l'aube première 
Il y aura toujours l'eau le vent la lumière 
Rien ne passe après tout si ce n'est le passant

C'est une chose au fond que je ne puis comprendre 
Cette peur de mourir que les gens ont en eux 
Comme si ce n'était pas assez merveilleux 
Que le ciel un moment nous ait paru si tendre

Oui je sais cela peut sembler court un moment 
Nous sommes ainsi faits que la joie et la peine 
Fuient comme un vin menteur de la coupe trop pleine 
Et la mer à nos soifs n'est qu'un commencement

Mais pourtant malgré tout malgré les temps farouches 
Le sac lourd à l'échiné et le cœur dévasté 
Cet impossible choix d'être et d'avoir été 
Et la douleur qui laisse une ride à la bouche

Malgré la guerre et l'injustice et l'insomnie 
Où l'on porte rongeant votre cœur ce renard 
L'amertume et Dieu sait si je l'ai pour ma part 
Porté comme un enfant volé toute ma vie

Malgré la méchanceté des gens et les rires 
Quand on trébuche et les monstrueuses raisons 
Qu'on vous oppose pour vous faire une prison 
De ce qu'on aime et de ce qu'on croit un martyre

Malgré les jours maudits qui sont des puits sans fond 
Malgré ces nuits sans fin à regarder la haine 
Malgré les ennemis les compagnons de chaînes 
Mon Dieu mon Dieu qui ne savent pas ce qu'ils font

Malgré l'âge et lorsque soudain le cœur vous flanche 
L'entourage prêt à tout croire à donner tort 
Indiffèrent à cette chose qui vous mord 
Simple histoire de prendre sur vous sa revanche

La cruauté générale et les saloperies 
Qu'on vous jette on ne sait trop qui faisant école 
Malgré ce qu'on a pensé souffert les idées folles 
Sans pouvoir soulager d'une injure ou d'un cri

Cet enfer Malgré tout cauchemars et blessures 
Les séparations les deuils les camouflets 
Et tout ce qu'on voulait pourtant ce qu'on voulait 
De toute sa croyance imbécile à l'azur

Malgré tout je vous dis que cette vie fut telle 
Qu'à qui voudra m'entendre à qui je parle ici 
N'ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci 
Je dirai malgré tout que cette vie fut belle"

Louis ARAGON in Les yeux et la mémoire – Chant II – 1954 .
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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 16:41


https://www.youtube.com/watch?v=EcDlwaWGA4I

Au pays de ton corps

Je connais un pays on dirait un jardin
Je peux y vivre nue sans avoir jamais froid
Quand j'y ferme les yeux je trouve sous mes doigts
Tous les chemins
J'ai le fond de tes yeux pour y chercher de l'or
La couleur de ta peau pour lire les saisons
Le creux de ton épaule pour ligne d'horizon
 
Et tout autour de moi tes bras font le décor
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
 
J'y ai vu des prodiges et de plus grands mystères
Que l'été en décembre ou que la neige en mai
A ce qu'il me semble plus je le connais
Plus je me perds
Et s'il mesure à peine 1m80
J'y fais plus de chemin avec un seul baiser
Que ne font dans le ciel les hommes et leurs fusées
 
C'est un pays où l'on voyage avec les mains
Le pays de ton corps
Le pays de ton corps
Le pays de ton corps
 
Je connais un pays on dirait un jardin
Je peux y vivre nue sans avoir jamais froid
Quand j'y ferme les yeux je trouve sous mes doigts
Tous les chemins
J'ai le fond de tes yeux pour y chercher de l'or
La couleur de ta peau pour lire les saisons
Le creux de ton épaule pour ligne d'horizon
 
Quand paresseusement je m'enroule et m'endors
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
Au pays de ton corps
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6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 16:27

 

 

Tous les hommes que tu as connus
Te disaient qu'ils ne voulaient plus
Donner les cartes pris comme dans un piège
C'est dur de retenir la main
D'un homme qui cherche plus loin
Qui veut atteindre le ciel pour se livrer
Et qui veut atteindre le ciel pour se livrer
Puis ramassant les cartes
Qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger
Maintenant un autre étranger
Semble vouloir que tu ignores ses rêves
Comme s'ils étaient le fardeau d'quelqu'un d'autre
Tu as vu cet homme déjà
Donner les cartes avec son bras en or
Mais maintenant tu vois sa main est figée
Oui maintenant tu vois sa main est figée
Mais tu n'aimes pas regarder
Un autre homme fatigué
Déposer toutes ses cartes comme une défaite
Tandis qu'il rêve jusqu'au sommeil
Dans l'ombre tu vois comme une fumée
Une route qui monte derrière sa tête
Une route qui monte derrière sa tête
Tu lui dis d'entrer et de s'asseoir
Et en te retournant tu vois
Que la porte de ta chambre reste ouverte
Et quand tu prends sa main, il dit
N'aie pas peur ma tendre amie
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger
Ce n'est plus moi, oh mon amour, l'étranger
J'ai attendu toujours certain
De te revoir entre les trains
Bientôt il va falloir en prendre un autre
Oh je n'ai jamais eu tu sais
Pas le moindre plan secret
Ni personne pour me conduire
Et tu te demandes ce qu'il cherche à dire
Oui tu te demandes ce qu'il veut dire
En bas au bord du fleuve demain
Je t'attendrai si tu veux bien
Là tout près du pont qu'ils construisent
Puis quitte le quai pour un wagon-lit
Tu sais qu'il cherche un autre abri
Qu'il n'avait jamais été un étranger
Qu'il n'avait jamais été un étranger
Et tu dis d'accord, le pont ou bien ailleurs, je viendrai
Puis ramassant les cartes
Qui sont restées là sur la table
Tu sais qu'il t'a laissé très peu pas même son rire
Comme tous les joueurs il cherchait
La carte qui est si délirante
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Qu'il n'aura plus jamais besoin d'une autre
Un jour penchée à ta fenêtre
Il te dira qu'il veut renaître
Au monde que ta tendresse lui cache
Et sortant de son portefeuille
Un vieil horaire de train, il dit:
Je t'avais prévenue je suis étranger
Je t'avais prévenue je suis étranger...

Paroles : Léonard Cohen (traduction G. Allwright)

 

https://www.youtube.com/watch?v=MIix2hHt9qk

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 09:30
SOMEONE / Dennis O'Driscoll




someone is dressing up for death today, a change of skirt or tie
eating a final feast of buttered sliced pan, tea
scarcely having noticed the erection that was his last
shaving his face to marble for the icy laying out
spraying with deodorant her coarse armpit grass
someone today is leaving home on business
saluting, terminally, the neighbours who will join in the cortege
someone is paring his nails for the last time, a precious moment
someone’s waist will not be marked with elastic in the future
someone is putting out milkbottles for a day that will not come
someone’s fresh breath is about to be taken clean away
someone is writing a cheque that will be rejected as ‘drawer deceased’
someone is circling posthumous dates on a calendar
someone is listening to an irrelevant weather forecast
someone is making rash promises to friends
someone’s coffin is being sanded, laminated, shined
who feels this morning quite as well as ever
someone if asked would find nothing remarkable in today’s date
perfume and goodbyes her final will and testament
someone today is seeing the world for the last time
as innocently as he had seen it first

------------------------------------------------------------

quelqu'un s'habille pour la mort aujourd'hui, un changement de jupe ou de cravate

mange un dernier festin de pain-de-mie beurré, du thé

à peine remarque l'érection qui fut sa dernière

rase son visage au marbre pour l'aménagement glacial

vaporise avec du déodorant son herbe rêche des aisselles

quelqu'un aujourd'hui quitte la maison pour le travail

saluant, définitivement, les voisins qui se joindront au cortège

quelqu'un s'épile pour la dernière fois, un moment précieux

la taille de quelqu'un ne sera plus marquée avec un élastique dans l'avenir

quelqu'un sort des bouteilles de lait pour un jour qui ne viendra pas

l'haleine fraîche de quelqu'un est sur le point d'être proprement emportée

quelqu'un rédige un chèque qui sera refusé pour "tireur décédé"

quelqu'un entoure des dates posthumes sur un calendrier

quelqu'un écoute des prévisions météorologiques non pertinentes

quelqu'un fait des promesses irréfléchies à des amis

le cercueil de quelqu'un est poncé, laminé, poli

qui se sent ce matin aussi bien que jamais

quelqu'un tant demandé ne trouverait rien de remarquable dans la date d'aujourd'hui

parfum et adieux sa dernière volonté et testament

quelqu'un aujourd'hui voit le monde pour la dernière fois

aussi innocemment comme il l'avait vu la première fois

 

 

 

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 12:03
La mâle mort
 
 
J'aimerais ça qu'on me fusille
La mitraillade des baisers
Tambours battants talons aiguilles
Drapeaux et rires déployés
 
J'aimerais que la joie des filles
Me piétine au front des armées
Et qu'en formation d'escadrille
Elles m'attaquent en piqué
 
J'aimerais mourir d'une salve
De lèvres, me faire abolir
Que me lève un commando suave
Ou une escouade de désirs
 
D'un coup de sang d'un coup d'aurore
Un coup de vous, arquebusé
Mourir en ayant abusé
Usé le coeur jusqu'à la corde
 
Et dans la dernière embuscade
De tes seins les beaux grenadiers
Mourir de ton assassinade
Et par la poudre et les fusées
 
Mourir moi de ma mâle mort
Celle que demain ! par ton corps
Et parfaite comme un accord
Par ta main et de mille morts
 
Mourir de toi, de vous, encore !"
 
Jacques Bertin.
 
 

 

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25 avril 2021 7 25 /04 /avril /2021 09:36

Le troisième livre est disponible

il est ici :

https://www.thebookedition.com/fr/etiages-et-eaux-melees

 

 

 

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 14:03

"The Flower"


I think I grow tensions
like flowers
in a wood where
nobody goes.

Each wound is perfect,
encloses itself in a tiny
imperceptible blossom,
making pain.

Pain is a flower like that one,
like this one,
like that one,
like this one.

 

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