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some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -
"Soyez un écrivain mineur, cela vous rajeunira." 
Dominique Noguez

"Cette femme était si belle
Qu'elle me faisait peur."
 Guillaume Apollinaire

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky

Certaines choses

Nous entourent « et les voir

Equivaut à se connaître »

George Oppen



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro
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livres et lagaffe

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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard

"Savoir que nous ignorons tant de choses suffit à mon bonheur." George Oppen

______________________________________________

 

20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 13:05

 

14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 17:03

à la vie : que suis-je modeste ou inapte ?

 

 

12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 15:14

LE GRAND COMBAT

 

 


Il l'emparouille et l'endosque contre terre ;
Il le rague et le roupéte jusqu'à son drâle ;
Il le pratéle et le libucque et lui baroufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l'écorcobalisse.


L'autre hésite, s'espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C'en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s'emmargine... mais en vain
Le cerceau tombe qui a tant roulé.


Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !


Fouille, fouille, fouille,
Dans la marmite de son ventre est un grand secret.
Mégères alentours qui pleurez dans vos mouchoirs; 
On s'étonne, on s'étonne, on s'étonne
Et on vous regarde,
On cherche aussi, nous autres le Grand Secret.

 

"Qui je fus", 1927, Gallimard

12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 09:30

    Aragon bien sûr est un monument, j'ai beaucoup lu de ce Louis-là, romans et surtout poésies, de cette poésie multiple, métrique ou non, toujours lyrique, toujours puissante.
    Voici un de mes poèmes préférés :
 "Medjoûn" :


Et je suis là debout
Dans ce qui somme toute
Ne fut que ce qui fut
Près d’une fontaine au coin d’une rue
Ou dans un jardin délaissé
Je ne serai que ce que je suis
Je n’aurais jamais été que ce que je fus
Rien d’autre seul
Inutilement seul et déchiré de mon rêve

Oh si cela pouvait saigner un rêve où se fait la déchirure
Mais non cela vous est emporté
Sans qu’on puisse dire où se fait le mal
Sans qu’on puisse avec son doigt
Vérifier la blessure et le sang

Va-t-en comme si l’on t’avait arraché la langue
Et les membres
Et pourtant tu marches tu parles tu sembles n’avoir en rien changé
Les autres ne voyant ton infirmité te bousculent sans ménagement
Tu as si mal
Que tu ne peux crier ni pleurer ni gémir
Si mal
Que tu te conduits comme tous les passants
Retombe dans le monde machinal
Où tout semble n’avoir que son but apparent
Limité médiocre
Et ce sera l’heure de manger ou celle de dormir ou celle

A la fin qu’elle vienne
Qu’elle vienne à la fin
Qu’elle vienne
Ah ce retard d’elle à venir m’égorge
Je suis la bête où le couteau pénètre inexorablement
Mais si lentement
N’aurez-vous pas l’humanité au moins de le repasser ce couteau
Qui coupe si mal ébréché sans doute
Aiguisez je vous en supplie un peu le couteau pour mieux m’achever
On ne me fera donc grâce d’aucun détail de la douleur
D’aucune cruauté de l’acier
La peau les muscles les nerfs le cartilage
Vous me tuez ignoblement vous me tuez à petit feu
Vous me laissez pourquoi me laissez-vous le temps de repenser
A cette femme qui m’est enlevée
Comme si vous nous aviez surpris saisi départi dans l’amour
l’un de l’autre
et je vous crie ô bourreau je vous crie
Attendez au moins que je meure d’elle que je meure en elle
Comme une clameur

Louis Aragon

 

 


    Ce poème était lu magistralement par Marc Ogeret dans le 33 tours "Ogeret chante Aragon", VOGUE SLVLX 675. Ogeret sur ce microsillon disait 4 poésies toutes retirées (??) de la version CD que l'on trouve maintenant. Bien dommage.

Commentaire d'alex Costloulas, Athènes :
Un chant grandiose a une histoire particulière, celle de L'Espagne Arabo-Andalouse. A travers ces pages défilent les thèmes comme L'histoire, la poésie sous diverses formes, la philosophie Arabo-andalouse, L'épopée du dernier grand roi Maure (Mohamed XI dit Le Boabdil)et surtout L'Amour Fou( C'est si peu dire que JE T'AIME). Cet Amour pour la Ville de Grenade (La veille où Grenade fut prise) mais surtout la celebration amoureuse à celle qui naitra quatre siecles après: Elsa Triolet (Je nomme Present ta presence). Le poète, ici en troubadour-prophète a des visions de la femme parfaite. Il est donc nommé Medjoûn (C'est à dire fou) par son entourage car il s'aventure à écrire des chants d'amours alors que ses compatriotes n'entendent plus rien à l'Amour-Passion, puisque Grenade est en train de vivre ses derniers jours de gloire. Aragon utilise là plusieurs procédés poétiques dont la prose, le verset et le style des chants de l'époque (Les Zadjals). Un Aragon géant à ne pas manquer. Un des sommets de la poésie française!



 

 

 

Published by the very famous french peterpan - dans mes poètes et poèmes préférés
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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 14:38

"Comment puis-je commencer quelque chose de nouveau avec tout cet hier à l'intérieur de moi-même ?" 


Leonard Cohen

Published by frenchpeterpan - dans citations
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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 18:29

Il est rare que je relise un livre juste après l'avoir fini. La chute de Camus ou mes deux mondes de Chejfec ou pseudo d'Emile Ajar avaient eu droit à ce traitement, on peut rajouter maintenant l'extraordinaire livre de Mario Benedetti.

Ce dernier (journaliste, poète, romancier, dramaturge et professeur à l'université) est l'un des très grands d'Amérique du Sud (Uruguay) et sa vie pleine de tragédies et d'exil est elle même un roman...

Quién de nosotros est paru à Montevideo en 1953, il s'agit de son premier roman. 

Il s'agit là - encore une fois - de parler des relations d'un couple ; un couple à 3 ? Un sorte de Jules et Jim, mais plus sombre, plus angoissant, plus solitaire, plus introverti. Et de 3 genres littéraires : un journal intime, puis une longue lettre, puis une nouvelle littéraire avec notes - le procédé est intéressant et cerne bien les psychologies des personnages.

1- Miguel parle longtemps - écrit plutôt - car il s'agit d'un journal intime. Son journal dure une bonne moitié du livre : il se trouve incompétent, lâche, manquant d'ambition et donc ne mérite pas l'amour d'Alicia. Amis depuis l'adolescence, finalement Miguel épousera Alicia, mais il juge son mariage durement et ne comprend pas pourquoi Alicia l'a choisi lui, lui le médiocre par rapport au fantasque et brillant Lucas. Finalement il choisira 11 ans plus tard devant cet ennui commun et cet échec de jeter Alicia dans les bras de Lucas estimant que c'est ce qu'il a de mieux à faire. 

 

2- Alicia écrit une lettre qui explique pourquoi elle part avec Lucas. Elle met les choses au point et explique clairement pourquoi elle avait choisi Miguel. Elle ne parle pas d'échec à propos de son mariage mais d'un "succès gaspillé", formule terriblement efficace !

 

3- Lucas est écrivain, visiblement quelqu'un de brillant, mais aussi un introverti, un silencieux, un "intellectuel" rêveur ; lui, c'est par une fiction littéraire extrêmement intellectualisée et bourrée de notes (celles-ci d'ailleurs pourraient être "la vraie vie") qu'il explique les choses et parle de ses deux amis et d'Alicia. 

 

Le procédé du livre est incroyablement génial et réussi ; la prose est parfaite et très moderne. On est fasciné par ces trois approches si différentes et si proches pourtant, reflétant encore une fois les difficultés de compréhension dans le couple et même dans l'amitié qui est bien sûr une autre forme d'amour. Le livre est court (120 pages), il se lit pleinement d'une traite tant on est pris dans ce triangle amoureux mais bancal et dans cette valse des sentiments. Bref il est dur d'aimer, mais bien sûr, nous le savions déjà, Mario Benedetti nous le redit avec habilité, intelligence et grand talent. A lire absolument !

 

Editions Autrement, 2016.

 

Published by frenchpeterpan - dans Livres Coup de coeur
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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 14:00
Gianni Bertini "Baccanale" 1973 report photographique sur toile émulsionnée
Gianni Bertini "Baccanale" 1973 report photographique sur toile émulsionnée

Ma fêlure à moi, c’était mon opulence, augmentée de grilles fermées et donc, ce sentiment d’être chez soi à l’abri de tous, sauf de ceux qui errent ici aussi chez vous, voire même en dedans de vous. Là, où la pervenche avait fleuri blanche, mon pessaire à toi, c’était donc mes doigts en cupule pouvant effleurer, caresser et si c’est d’un pétrel, il ouvre alors grand les ailes ; mon sexe pygmé devient pylône, un radar pour mieux d’empylorer, ma chérie. Le soir on y va vers cette môle essentielle, ce puits, cette geôle. A ton doigt fêlé, cette améthyste pour te ravir, offerte déjà il y a du temps… Tourmaline, c’était moi, j’étais vacciné du charbon, lorsque toi, vacillante comme uns scille bleue et fière et dressée comme une tige végétale, souple et fluide, comme une vigie vigile riante décomplexée, belle en feu en lumière de St Jean, en grande ville, où à l’aube nous enfournerions les pains ronds ; chantant les sittelles, faisant la pipée, tu accourrais fraîche, parfumée et l’air embaumée de tes fessées, une onde moulée à l’âme, immaculée et quasi monogame…

Dans ce seing là alors, j’encabanais en rang tes alexandrins très savants

Nous déciderions de faire de la musique du vent étoilé, ou d’asseoir cette grisaille-momie à l’ombre et faire rebondir les joies de vivre et si ce cœur grisonne, la rate en rade, la gnôle qui déglutit, la glotte sonne ; nous déciderions de faire péter le grisou. Blêmes chances, bonheur divan, tes yeux amande, ta poitrine un éventail où dans les forêts fluides et glauques, des volatiles flirteraient, alors culbute cuistre cachés dans les arbres où le gris perroquet de tes jambes cuirassées de ces beaux collants d’automne ; et malgré ma cornaline plein l’âme, toi, fine et longue, moi cob court épais, nous donnerions aux oiseaux divers à manger et tes coups de cuisses à mes joues à pleurer. Ce coeur grisonne et tonne aux feux désunis, volatiles frêles crient des graines amassées à ta peau fêlée, perlée, en pleine magnificence

Dans ce seing là alors, j’encabanais en rang tes alexandrins très savants

Tous trop sexués dans cet asile, on s’asperge de bonne grâce, d’artiste on devient article, et les anguilles et les anchois, moi c’est ton alvin qui frétille et m’invite, c’est tout mon intérêt à ton alysse, tes alizés, affalé, affermi, affamé, le sexe gai ; la cupule cyanosée au bout d’un temps, tu affectionnes ce groom invité à ta cour, et mon groin qui grommelle, et tes reins devenus longue piste cyclable, où moi et d’autres dans ce jardin de libellules viennent déguster quelque petit déjeuner ; quant à moi invaginé dans un coït sombre, je me suis perdu aux cieux ultramarins et c’est invétéré dans ce mal inverti que tu t’es créée : sexe involuté ; plumes bien loties de nos armées volatiles, marina démasquée sans navires aux oreilles, on était tous là aux miradors des âmes à se non-aligner aux coutumes locales, pompier dans tes fesses et trop pris de coups en tout, nous allons mourir dans des coins très doux, fessier chantant, armes rechargées

Dans ce seing là alors, j’encabanais en rang tes alexandrins très savants

5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 13:53
.. de Cioran

" Quand on a usé l'intérêt que l'on prenait à la mort, et qu'on se figure n'avoir plus rien à en tirer, on se replie sur la naissance, on se met à affronter un gouffre autrement inépuisable..."

Emil Cioran

Published by frenchpeterpan - dans citations
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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 14:04


« Celle que j’aime a froid… »  Jacques Bertin





Encore une fois, il y a la sente sombre vers les sombres hivers
Les retours en arrière pour déplaire
là où la solitude et mon mal se réunissent et font la fête
La m é l a n c o l i e de l’être
- dit-on -

Aragon parlait de blondeur des blés pour tes écrins, tes mets, tes vins
Il y aurait tant à dire sur ce chant de ton corps, de leurs corps
Sur les perles, les rosées des chants de coqs , aubades d’or
Cette valse des épidermes quand j’appuie de mon front mes doutes sur ton ventre rond
Partiellement et ta voilure, ta chevelure de lin, tes galions, tes caravelles
Tes bas de laine et ton teint vif, tes mains de lait des doigts qui pèlent
Tes oranges en forme de seins dont j’ai sucé le goût comme un jus peint de blond,

Femme univers
Femme de la rue
Ma belle frangine disait Ferré

Tu es ma copine, dans la rue le soir, je fumais pour faire comme toi, et pour crier sur les toits que je t’aimais, aux amis pigeons éreintés
Dans les ruelles, les noirs chevaux derrière moi se hâtaient pour égaler ma course vers toi, mes déraisons de toi, des fusions pulsantes sur les rythmes de tes danses et j’y croyais
Et ma course était belle
Au ralenti filmée
Déjà la peine germée
Si forte et si cruelle

Toi, ma drôle de fille
Peinte en lune
Toi qui te maquilles avec le bleu de l’eau, le vert de l’herbe, le jaune du soleil
Jupons des aubes automnales
Jupons des capricieux du matin
Tristes réveils à midi avec les bruits de la ville qui travaille, ô nous adorables fainéants
Avoir faim, alors, réveiller, reprendre conscience de nos corps

Poitrine de lait
La mer calmée
N’est-ce pas Léo ?

saison malade
Au sud de ton sexe vert oh les merveilleux nuages du centre nombrilisant de toi
Oh les vergers que tu promettais, t’en souvient-il de tes pas sur les pavés luisants glissants mouillés
Serrée à moi et nous avions ri
Je marchais comme Dylan avec mes bottes qui me faisaient mal et toi comme Suze Rotolo
On voulait devenir la pochette de « The freewhellin’ »
La devenir entièrement, retrouver cette jeunesse, cet air frais

Fidèles, fidèles excessivement nous étions
Terriblement fiers et jeunes, magnifiquement heureux dans nos parcs à deux
Glissants tels des ombres bleues

Nous étions les bons sergents de cette ville-là, de ce temps-là, de ces espoirs
C’est ta jeunesse qui doit faire crier
Cette jeunesse dans tes yeux et ton corps adolescent maladroit hésitant
Je rêvais de corps à corps violents ou de grands coups en serpette dans les âmes
Et rires de femmes
Et ta jupe, tes robes en résumé de ton féminin
Cette forme absente de ce sexe immense
Ce sexe qui manque au creux de toi qu’il faut combler
Sans cartes pour s’y retrouver
Perdu au cœur du problème
N’y voyant rien dans ce soyeux poème

Ou mensonges, encore ? mensonges affamés
Mensonges faits pour tuer, pour massacrer d’un coup ce château de cartes si patiemment érigé
Sarments savamment mis de côté pour un feu final
Il y a si lointain si longtemps

Puis ce fut le sombre, le noir, le gris sombre que je vis
Et cette absence, cette terrible absence, ce moment terrible ailleurs
ton regard a fui vers d’autres villes, d’autres champs
J’ai perdu ces moissons là dans ce vieillissement tissulaire auprès du lit
- parmi les livres -
(mes compagnons de révolte, mes deuils)
ce grand lit si vide de toi où tu as vécu
laisse des creux où la chaleur se perd
le grand trou qu’il fit en moi
dont je ne pus dire que : pourquoi ?

oh ces anciennes années que je vis maintenant en silence
- inutiles stances -
c’est comme un douloureux héritage
c’est bien demain, les temps bénis ?
oui ! c’est bien pour demain les temps bénis ?



« où tu es bien
parce que on ne nous séparera pas… »  Jacques Bertin



Published by frenchpeterpan - dans spleen "poèmes"
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14 septembre 2016 3 14 /09 /septembre /2016 14:46
Notre vie / Armand Robin

NOTRE VIE

Le délai pour être un homme

Est toujours prolongé plus loin qu'on ne pensait.

Je tends en fou le bol des fontaines

Où tombent le temps, le ciel,la plaine.

Qu'ils tombent, moins lourds qu'un pleur,

Que n'y tombent ni songes, ni peines !

Quand la brume passe en croupe au corps d'un cheval blanc,

Le soleil étonné grandit.

13 septembre 2016 2 13 /09 /septembre /2016 12:16
.. de Valéry

" Le poème est une hésitation prolongée entre le son et le sens."

Paul Valéry

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 17:46
Cuba février 2008

Dans la montagne , au centre de Cuba, je m'arrête acheter des fruits, l'homme est seul, deux enfants accourront après, je leur offrirai leur photo grâce à mon polaroïd magique...

L'homme me parle de Fidel Castro et de poésie ; chaque jour me dit-il lorsqu'un enfant dans le monde meurt, Fidel pleure...

Il me montre des petits carnets noircis de textes poétiques

En partant, je lui donne mon carnet Moleskine sur lequel je n'avais quasi rien écrit,

puis je continuais la route de montagne, nommée "route de la mort" par les cubains chez qui on avait dormi peu avant...

Cuba février 2008
Cuba février 2008
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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 12:10
.. de Paz

" Il n'y a pas de poèmes en soi, mais en toi en moi."

Octavio Paz

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 10:11
Sauf les fleurs / Nicolas Clément
Sauf les fleurs / Nicolas Clément

On lit ce petit livre, non pas tant pour l'histoire, qui est pour moi secondaire (encore qu'aucune histoire ne soit réellement secondaire), et qui est en outre excessivement sombre ; mais on le lit, on le dévore pour le style de l'écrivain, pour l'agencement des mots, les trouvailles linguistiques, les jeux de mots, l'ambiance du total.

 

C'est écrit avec des phrases très courtes, un minimalisme réussi, quasi un long poème en prose. Un condensé d'amour, un tour de force littéraire. Bravo.

Published by frenchpeterpan - dans notes rapides de lecture
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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 20:54

Cette chanson, il a commencé à l’écrire au début des années 60 dans une version comportant 55 strophes de 8 octosyllabes. Ferré en modifia sans cesse le nom et les paroles d’abord appelée Les chants de la Fureur puis Ma Bretagne à Moi, la chanson sortira finalement sous le titre La mémoire et la Mer comportant seulement 10 strophes. Les chansons La Mer Noire, Géométriquement Tien (1976), Des mots (1979), FLB (1980) et La Marge, Christie (1981) sont composées des strophes abandonnées pour La Mémoire et la Mer. La mélodie très simple de cette chanson, un triolet ressemblant à celui d’Avec le Temps, mêlé à la voix nostalgique de Ferré sur des paroles envoûtantes, lyriques en font une œuvre magnifique et émouvante, bien qu’un peu hermétique. Il n’est pas étonnant de la voir reprise par de nombreux artistes ou citée comme référence, à l’image d’un autre grand de la chanson française, Hubert Felix Thifeaine qui a déclaré que « La Mémoire et la Mer est unique, c’est une révolution dans la chanson »

EN BLEU TEXTE DE Jacques LAYANI 

 Cette version "complète" a été aussi "dite à voix nue" par le grand ami de Léo Richard Martin à Marseille...

 

la mémoire et la mer

Le dernier cahier d'études paru sur Ferré (le N°11) ne parle quasiment que de ce "poème-fondateur"

Pendant 16 ans Ferré travaillera ce texte dont un des titres est "Guesclin 1" du nom de l'île du Guesclin où il habita (pas loin de St Malo et Cancale) ; finalement voici 55 strophes, chacune de huit octosyllabes ; chef d'oeuvre de poésie surréaliste, chef d'oeuvre de la chanson... C'est un texte hautement autobiographique qui peut sembler bien hermétique. Ce texte lu devient réellement "surréel", les mélanges de sexe, de mer, de mots... Au final, donc, 7 chansons naitront de ce poème-fleuve. L'histoire retiendra essentiellement "La mémoire et la mer" dont même Léo s'étonnera du succès, le texte étant hermétique nettement et compréhensible pour ceux qui ont les clés (en d'autres termes, les gens qui connaissent bien la vie du poète et ses amis). 

 

--------------------------------------------------------------------------

 

Je viens à l'instant de découvrir la version récitée de Jean-Baptiste Mersiol ; cela dure plus de 14 minutes et c'est 14 minutes d'un bonheur intense et magique ; la voix est légèrement monotone, le texte est dit dans une longue mélopée - litanie maritime -, les changements de tons sont rares donnant à l'ensemble une cohérence et une puissance insolite et sublime. 

Je suis heureux de voir que le plus grand poète chanteur de tous les temps puisse être encore interprété avec un tel langage ! Bravo !

A acheter donc urgemment !

 

Ferré-Mersiol

 

Ferré-Mersiol2

 

**************************************    

 

 

Christie quand je t'ai vue plonger

Mes vergues de roc où ça cogne

Des feuilles mortes se peignaient

Quelque part dans la Catalogne

Le rite de mort aperçu

Sous un divan de sapin triste

Je m'en souviens j'étais perdu

La Camarde est ma camériste

 

C'était un peu après-midi

Tu luisais des feux de l'écume

On rentrait dans la chantilly

Avec les psaumes de la brume

La mer en bas disait ton nom

Ce poudrier serti de lames

Où Dieu se refait le chignon

Quand on le prend pour une femme

 

Ô chansons sures des marins

Dans le port nagent des squelettes

Et sur la dune mon destin

Vend du cadavre à la vedette

En croix granit christ bikini

Comme un nègre d'enluminure

Je le regarde réjoui

Porter sur le dos mon carbure

 

Les corbeaux blancs de Monsieur Poe

Géométrisent sur l'aurore

Et l'aube leur laisse le pot

Où gît le homard nevermore

Ces chiffres de plume et de vent

Volent dans la mathématique

Et se parallélisent tant

Que l'horizon joint l'ESThétique

 

L'eau cette glace non posée

Cet immeuble cette mouvance

Cette procédure mouillée

Me fait comme un rat sa cadence

Me dit de rester dans le clan

A mâchonner les reverdures

Sous les neiges de ce printemps

A faire au froid bonne mesure

 

Et que ferais-je nom de Dieu

Sinon des pull-overs de peine

Sinon de l'abstrait à mes yeux

Comme lorsque je rentre en scène

Sous les casseroles de toc

Sous les perroquets sous les caches

Avec du mauve plein le froc

Et la vie louche sous les taches

 

Cette rumeur qui vient de là

Sous l'arc copain où je m'aveugle

Ces mains qui me font du flafla

Ces mains ruminantes qui meuglent

Cette rumeur qui me suit longtemps

Comme un mendiant sous l'anathème

Comme l'ombre qui perd son temps

A dessiner mon théorème

 

Et sur mon maquillage roux

S'en vient battre comme une porte

Cette rumeur qui va debout

Dans la rue aux musiques mortes

C'est fini la mer c'est fini

Sur la plage le sable bêle

Comme des moutons d'infini

Quand la mer bergère m'appelle

 

Tous ces varechs me jazzent tant

Que j'en ai mal aux symphonies

Sur l'avenue bleue du jusant

Mon appareil mon accalmie

Ma veste verte de vert d'eau

Ouverte à peine vers Jersey

Me gerce l'âme et le carreau

Que ma mouette a dérouillé

 

Laisse passer de ce noroît

À peine un peu d'embrun de sel

Je ne sais rien de ce qu'on croit

Je me crois sur le pont de Kehl

Et vois des hommes vert-de-gris

Qui font la queue dans la mémoire

De ces pierres quand à midi

Leur descend comme France-Soir

 

La lumière du Monseignor

Tout à la nuit tout à la boue

Je mets du bleu dans le décor

Et ma polaire fait la moue

J'ai la leucémie dans la marge

Et je m'endors sur des brisants

Quand mousse la crème du large

Que l'on donne aux marins enfants

 

Quand je me glisse dans le texte

La vague me prend tout mon sang

Je couche alors sur un prétexte

Que j'adultère vaguement

Je suis le sexe de la mer

Qu'un peu de brume désavoue

J'ouvre mon phare et j'y vois clair

Je fais du Wonder à la proue

 

Les coquillages figurants

Sous les sunlights cassés liquides

Jouent de la castagnette tant

Qu'on dirait l'Espagne livide

Je fais les bars américains

Et je mets les squales en laisse

Des chiens aboient dessous ton bien

Ils me laisseront leur adresse

 

Je suis triste comme un paquet

Sémaphorant à la consigne

Quand donnera-t-on le ticket

A cet employé de la guigne

Pour que je parte dans l'hiver

Mon drap bleu collant à ma peau

Manger du toc sous les feux verts

Que la mer allume sous l'eau

 

Avec les yeux d'habitants louches

Qui nagent dur dedans l'espoir

Beaux yeux de nuit comme des bouches

Qui regardent des baisers noirs

Avec mon encre Waterman

Je suis un marin d'algue douce

La mort est comme un policeman

Qui passe sa vie à mes trousses

 

Je lis les nouvelles au sec

Avec un blanc de blanc dans l'arbre

Et le journal pâlit avec

Ses yeux plombé dessous le marbre

J'ai son Jésus dans mon ciré

Son tabernacle sous mon châle

Pourvu qu'on s'en vienne mouiller

Son chalutier sous mon Bengale

 

Je danse ce soir sur le quai

Une rumba toujours cubaine

Ça n'est plus Messieurs les Anglais

Qui tirent leur coup capitaine

Le crépuscule des atouts

Descend de plus en plus vers l'ouest

Quand le général a la toux

C'est nous qui toussons sur un geste

 

Le tyran tire et le mort meurt

Le pape fait l'œcuménique

Avec des mitres de malheur

Chaussant des binettes de biques

Je prendrai le train de marée

Avec le rêve de service

A dix-neuf heures GMT

Vers l'horizon qui pain d'épice

 

O boys du tort et du malheur

O beaux gamins des revoyures

Nous nous reverrons sous les fleurs

Qui là-bas poussent des augures

Les fleurs vertes des pénardos

Les fleurs mauves de la régale

Et puis les noires de ces boss

Qui prennent vos corps pour un châle

 

Nous irons sonner la Raison

A la colle de prétentaine

Réveille-toi pour la saison

C'est la folie qui se ramène

C'est moi le dingue et le filou

Le globetrotteur des chansons tristes

Décravate-toi viens chez nous

Mathieu te mettra sur la piste

 

Reprends tes dix berges veux-tu

Laisse un peu palabrer les autres

A trop parler on meurt sais-tu

T'a pas plus con que les apôtres

Du silence où tu m'as laissé

Musiquant des feuilles d'automne

Je sais que jamais je n'irai

Fumer la Raison de Sorbonne

 

Mais je suis gras comme l'hiver

Comme un hiver analgésiste

Avec la rime au bout du vers

Cassant la graine d'un artiste

A bientôt Raison à bientôt

Ici quelquefois tu me manques

Viens je serai ton fou gâteau

Je serai ta folie de planque

 

Je suis le prophète bazar

Le Jérémie des roses cuisses

Une crevette sur le dard

Et le dard dans les interstices

Je baliverne mes ennuis

Je dis que je suis à la pêche

Et vers l'automne de mes nuits

Je chandelle encore la chair fraîche

 

Des bibelots des bonbons surs

Des oraisons de bigornades

Des salaisons de dessous mûrs

Quand l'oeil descend sous les oeillades

Regarde bien c'est là qu'il gît

Le vert paradis de l'entraide

Vers l'entre doux de ton doux nid

Si tu me tends le cœur je cède

 

Ça sent l'odeur des cafards doux

Quand le crépuscule pommade

Et que j'enflamme l'amadou

Pour mieux brûler ta chair malade

O ma frégate du palier

Sur l'océan des cartons-pâtes

Ta voilure est dans l'escalier

Reviens vite que je t'empâte

 

Une herbe douce comme un lit

Un lit de taffetas de carne

Une source dans le Midi

Quand l'ombre glisse et me décharne

Un sentiment de rémission

Devant ta violette de Parme

Me voilà soumis comme un pion

Sur l'échiquier que ta main charme

 

Le poète n'est pas régent

De ses propriétés câlines

Il va comme l'apôtre Jean

Dormant un peu sur ta poitrine

Il voit des oiseaux dans la nuit

Il sait que l'amour n'est pas reine

Et que le masculin gémit

Dans la grammaire de tes chaînes

 

Ton corps est comme un vase clos

J'y pressens parfois une jarre

Comme engloutie au fond des eaux

Et qui attend des nageurs rares

Tes bijoux ton blé ton vouloir

Le plan de tes folles prairies

Mes chevaux qui viennent te voir

Au fond des mers quand tu les pries

 

Mon organe qui fait ta voix

Mon pardessus sur ta bronchite

Mon alphabet pour que tu croies

Que je suis là quand tu me quittes

Un violon bleu se profilait

La mer avec Bartok malade

O musique des soirs de lait

Quand la Voie Lactée sérénade

 

Les coquillages incompris

Accrochaient au roc leurs baroques

Kystes de nacre et leurs soucis

De vie perleuse et de breloques

Dieu des granits ayez pitié

De leur vocation de parure

Quand le couteau vient s'immiscer

Dans leurs castagnettes figures

 

Le dessinateur de la mer

Gomme sans trêve des pacages

Ça bêle dur dans ce désert

Les moutons broutent sous les pages

Et la houle les entretient

Leur laine tricote du large

De quoi vêtir les yeux marins

Qui dans de vieux songes déchargent

 

Ô lavandière du jusant

Les galets mouillés que tu laisses

J'y vois comme des culs d'enfants

Qui dessalent tant que tu baisses

Reviens fille verte des fjords

Reviens gorge bleue des suicides

Que je traîne un peu sur tes bords

Cette manie de mort liquide

 

J'ai le vertige des suspects

Sous la question qui les hasarde

Vers le monde des muselés

De la bouche et des mains cafardes

Quand mon ange me fait du pied

Je lui chatouille le complexe

II a des ailes ce pédé

Qui sont plus courtes que mon sexe

 

Je ne suis qu'un oiseau fardé

Un albatros de rémoulade

Une mouche sur une taie

Un oreiller pour sérénade

Et ne sais pourtant d'où je viens

Ni d'où me vient cette malfide

Un peu de l'horizon jasmin

Qui prend son " té" avec Euclide

 

Je suis devenu le mourant

Mourant le galet sur ta plage

Christie je reste au demeurant

Méditerranéen sauvage

La marée je l'ai dans le cœur

Qui me remonte comme un signe

Je meurs de ma petite sœur

De mon enfant et de mon cygne

 

Un bateau ça dépend comment

On l'arrime au port de justesse

Il pleure de mon firmament

Des années-lumière et j'en laisse

Je suis le fantôme Jersey

Celui qui vient les soirs de frime

Te lancer la brume en baisers

Et te ramasser dans ses rimes

 

Comme le trémail de juillet

Où luisait le loup solitaire

Celui que je voyais briller

Aux doigts du sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer

Que nous libérions sur parole

Et qui gueule dans le désert

Des goémons de nécropole

 

Je suis sûr que la vie est là

Avec ses poumons de flanelle

Quand il pleure de ces temps-là

Le froid tout gris qui nous appelle

Ô l'ange des plaisirs perdus

Ô rumeurs d'une autre habitude

Mes désirs dès lors ne sont plus

Qu'un chagrin de ma solitude

 

Je me souviens des soirs là-bas

Et des sprints gagnés sur l'écume

Cette bave des chevaux ras

Au ras des rocs qui se consument

Et le diable des soirs conquis

Avec ses pâleurs de rescousse

Et le squale des paradis

Dans le milieu mouillé de mousse

 

Ô parfum rare des salants

Dans le poivre feu des gerçures

Quand j'allais géométrisant

Mon âme au creux de ta blessure

Dans le désordre de ton cul

Poissé dans les draps d'aube fine

Je voyais un vitrail de plus

Et toi fille verte de mon spleen

 

Et je voyais ce qu'on pressent

Quand on pressent l'entrevoyure

Entre les persiennes du sang

Et que les globules figurent

Une mathématique bleue

Dans cette mer jamais étale

(D'où nous remonte peu à peu

Cette mémoire des étoiles

 

Ces étoiles qui font de l'œil

A ces astronomes qu'escortent

Des équations dans leur fauteuil

A regarder des flammes mortes

Je prierais Dieu si Dieu priait

Et je coucherais sa compagne

Sur mon grabat d'où chanteraient

Les chanterelles de mon pagne

 

Mais Dieu ne fait pas le détail

Il ne prête qu'à ses Lumières

Quand je renouvelle mon bail

Je lui parlerai de son père

Du fils de l'homme et du chagrin

Quand je descendais sur la grève

Et que dans la mer de satin

Luisaient les lèvres de mes rêves

 

Je ne suis qu'un amas de chair

Un galaxique qui détale

Dans les hôtels du monte-en-l'air

Quand ma psycho se fait la malle

Reviens fille verte des fjords

Reviens violon des violonades

Dans le port fanfarent les cors

Pour le retour des camarades

 

Je vais tout à l'heure fauchant

Des moutons d'iceberg solaire

Avec la Suisse entre leurs dents

A brouter des idées-lumière

Et des chevaux les appelant

De leur pampa et des coursives

Que j'invente à leurs naseaux blancs

Comme le sperme de la rive

 

Arrive marin d'outre temps

Arrive marine d'extase

Quand je m'arrête tu me prends

Comme je te prends dans ta case

Négresse bleue blues d'horizon

Et les poissons que tu dégorges

Depuis ton ventre et tes façons

Quand ton "sexo" joue dans ta gorge

 

Dans cette plaie comme d'un trou

Grouillant de cris comme la vague

Quand les goélands sont jaloux

De l'architecte où s'extravaguent

Des maçons aux dents de velours

Et le ciment de leur salive

A te cimenter pour l'amour

Ton cul calculant la dérive

 

Mes souvenirs s'en vont par deux

Moi le terrien du Pacifique

Je suis métis de mes aveux

Je suis le silence en musique

Le parfum des mondes perdus

Le sourire de la comète

Sous le casque de ta vertu

Quand le coiffeur sèche ta tête

 

Muselle-moi si tu le peux

Toi dans ton ixe où le vacarme

Sonne le glas dans le milieu

Moi planté là avec mon arme

Tu es de tous les continents

Tu m'arrives comme la route

Où s'exténuent dix mille amants

Quand la pluie à ton cul s'égoutte

 

O la mer de mes cent mille ans

Je m'en souviens j'avais dix piges

Et tu bandes ton arc pendant

Que ma liqueur d'alors se fige

Tu es ma glace et moi ton feu

Parmi les algues tu promènes

Cette déraison où je peux

M'embrumer les bronches à ta traîne

 

Et qu'ai-je donc à Iyriser

Cette miction qui me lamente

Dans ton lit j'allais te braquer

Ta culotte sentait la menthe

Et je remontais jusqu'au bord

De ton goémon en soupente

Et mes yeux te prenaient alors

Ce blanc d'écume de l'attente

 

Emme c2 Emme c2

Aime-moi donc ta parallèle

Avec la mienne si tu veux

S'entrianglera sous mes ailes

Humant un peu par le dessous

Je deviendrai ton olfacmouette

Mon bec plongeant dans ton égout

Quand Dieu se vide de ta tête

 

Les vagues les vagues jamais

Ne viendront repeupler le sable

Où je me traîne désormais

Attendant la marée du diable

Ce copain qui nous tient la main

Devant la mer crépusculaire

Depuis que mon coeur dans le tien

Mêle ton astre à ma Lumière

 

Cette matière me parlant

Ce silence troué de formes

Mes chiens qui gisent m'appelant

Mes pas que le sable déforme

Cette cruelle exhalaison

Qui monte des nuits de l'enfance

Quand on respire à reculons

Une goulée de souvenance

 

Cette maison gantée de vent

Avec son fichu de tempête

Quand la vague lui ressemblant

Met du champagne sur sa tête

Ce toit sa tuile et toi sans moi

Cette raison de ME survivre

Entends le bruit qui vient d'en bas

C'est la mer qui ferme son livre

 

Published by frenchpeterpan - dans chanson poétique
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