ici :

some words :

"Le poète est un archer qui tire dans le noir." - Salah Stétié -

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --


"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --

"J'écris à cause du feu dans ma tête et de la mort qu'il faut nier."
Jacques Bertin

"O mon passé d'enfance,
pantin qu'on m'a cassé."
Fernando Pessoa


« La mort c’est l’infini des plaines
et la vie la fuite des collines. »
Joseph Brodsky



" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti

"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

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B o n j o u r !

-- je vous souhaite un bon passage... --


"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."  Nicolas Bouvier

« La poésie vient vers nous, on ne sait d’où, et elle nous quitte, allant vers on ne sait quel au-delà. Mais en passant, elle nous laisse des mots et elle nous fait des signes dont l’interprétation est inépuisable. » Gabriel Bounoure

" Avec tes défauts. Pas de hâte. Ne va pas à la légère les corriger. Qu'irais tu mettre à la place ? " Henri Michaux


écrivez moi si vous le souhaitez :    

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

"Le meilleur choix de poèmes est celui que l'on fait pour soi." Paul Eluard
______________________________________________

 

Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 11:29

un très bon cru pour ce numéro de Mars :

lire-mars2012 - l'éditorial souvent sympathique de François Busnel sur le choc qu'il a eu en lisant le dernier roman de Chloé Delaume

- la chronique de frédéric Beigbeder souvent amusante, ici sur la mise au piédestal des écrivains - comme people ou célébrités - alors que plus personne "ne lit" leurs oeuvres...

- le choix des libraires toujours plus intéressant que celui de la FNAC

- une critique intéressante du dernier livre audio de Michel Onfray : faut-il brûler l'art contemporain ? A être trop (bon) pédagogue, le philosophe en oublie parfois l'essentiel...

- le 100% de 5 critiques qui ont tous aimé "à la folie" "Désolation" de R. Panh, témoignage terrifiant d'un survivant du génocide perpétué par les Khmers rouges. 

- l'excellente chronique de Tristan Savin sur des écrits retrouvés de Nicolas Bouvier (un de mes maîtres), ces derniers parlant de son séjour en Indonésie en 1970 ; pays que je connais bien puisque mon frère y vit depuis 30 ans / Quel plaisir d'avoir donc à lire les écrits d'un de mes auteurs préférés à propos d'un pays que j'aime beaucoup (et pour le pays et pour ses habitants)

- l'univers d'un écrivain : toujours intéressant d'aller voir l'intérieur de celui qui écrit, voir son bureau, ce qu'il a punaisé aux murs, l'ambiance, ce mois-ci un grand puisqu'il s'agit de Daniel Pennac

- le spécial JAPON (invité d'honneur du prochain salon du livre) : les écrivains japonais avec ceux d'Amérique du Nord sont ceux que je lis le plus ; donc chronique très attirante, mes deux écrivains prégérés y sont : le fantasque Haruki Murakami et l'inquiétante  Yôko Ogawa et tous les autres sont là, avec en prime le début du nouveau Kawabata et la bibliothèque "idéale" où je retrouve tous les livres que j'ai aimés, même si je n'aurai pas choisi Kafka sur le rivage pour représenter H. Murakami.

- de beaux articles sur les romans français : "les séparées", "en vieillissant les hommes pleurent" et "le rêve de l'homme lucide" dont j'ai parlé ici même sont de bien beaux récits

- romans étrangers : idem

- enfin un entretien très passionnant avec Patrick Chamoiseau, un grand lui aussi, "Je suis devenu écrivain pour survivre au fait que je ne pouvais pas exprimer à l'oral ce qui m'était demandé." = quoi dire d'autre ? 

- on termine par la chronique de Gérard Oberlé toujours charmante et désopilante ; cette fois ci il nous souhaite paix, amour et téquila...

BONNES  LECTURES

Par frenchpeterpan - Publié dans : magazines
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 18:01

Ben-Gazzara

Ben ,

Un jour je vous vis et tombai amoureux de votre sourire

Et puis je regardai les films de notre ami commun John Cassavetes, et l’autre rigolo à vos côtés le Peter Falk, bref un trio d’amitié profonde dans lequel j’aurais souhaité faire le quatrième

Je me souviens d’une partie de basket qui dure une plombe dans Husbands

En ces temps-là on savait filmer, on savait prendre son temps, qui filmerait ainsi aujourd’hui !?

trio

Et puis dans ce film de Bogdanovich

Où vous suiviez une femme

Là encore vous aviez un sourire plein de charme, celle que son mari faisait suivre finalement tomba amoureux de celui censé la surveiller

Vous aimiez les femmes et là aussi un de vos plus beaux rôles fut dans meurtre d’un bookmaker chinois, vous étiez à l’aise parmi toutes ces belles femmes de votre cabaret

Vous aviez l’élégance des grands

Le plus sourire de tout le cinéma américain et vous fûtes fidèle à vos amis pour préférer le cinéma indépendant aux grosses sirènes d’Hollywood

Aujourd’hui je pleure votre mort

Vous étiez le dernier du trio, vous sembliez éternel

Même ces derniers temps malgré la maladie, vous possédiez encore ce sourire majestueux

Cher ami

J’espère bientôt vous retrouver

Et avec Peter et John on refera une partie de basket

Parce qu’à quatre c’est plus équilibré

Je pleure votre sourire et je vais essayer de l’imiter au mieux

Tchao mon ami

Ben-Gazzara2

Par frenchpeterpan - Publié dans : Film majeur
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Samedi 18 février 2012 6 18 /02 /Fév /2012 16:38

« Incapable de croire en quoi que ce soit, ou pratiquement ; déçu par avance de la politique ; spectateur oisif de la course collective à l’argent ; étranger aux bénéfices de la procréation ; incapable de m’enthousiasmer pour quelque vocation professionnelle irréalisable ; inutile pour le travail en général ; incrédule devant toute option religieuse ; trop timide ou incompétent pour une vie sexuelle enthousiaste ; dépourvu de toutes ces choses, il ne me resta d’autre solution que de marcher. » S.Chejfec

 

mes deux mondes - Chejfec

 

Difficile d’écrire sur « ce » livre, après une lecture éprouvante

où le lecteur que je suis termina abasourdi, anéanti presque :

enfin un roman sur l’absence au monde ou sur son hyperprésence (ce qui revient au même), la marche vu quasiment comme thérapie l’auteur part dans des digressions ahurissantes et compose avec ses yeux des paysages puissants : un roman sur la présence de l’homme au monde dans tout ce qu’elle a d’énigmatique et de singulier...

la marche pour « se perdre » ou « se trouver »… car il s’agit bien de « contemplation » (d’ailleurs le mot est utilisé lors de sa « rencontre » avec des tortues et des carpes), contemplation du monde telle une interface entre l’esprit intelligent et le monde autour qui n’a cesse d’envoyer des signes et des messages. Bref une « contemplation réciproque » que Chejfec semble interpréter comme une « réalité ». Roman profondément existentiel, proche d’un intellectualisme forcené, voire démesuré ? Chaque observation, le reflet d’un gravier, l’irrégularité d’un chemin de terre, la perfection de l’alignement de cygnes-pédalos, est commentée et analysée : on part loin dans les délires de l’âme humaine « analysante ». la marche comme exutoire et comme analyse. Monde intérieur de l’écrivain plein d’inquiétude et de questionnements se reflétant dans le monde qu’on voudrait dire « réel » ; ce sont ces reflets miroitants dont il est question dans ce livre d’une densité absolue. Sens paranoïaque de l'être observé et observant (= orgueil et/ou la suffisance des être vivants), ressentir la quintessence de l’instant présent tout en indolence récurrente...

La lecture du coup en est éprouvante, et quant à moi je l’ai parcouru par petites lampées comme un alcool trop fort ou trop amer.Un Borges plus "moderne". 

Enrique Vilas-Matas écrivait déjà :

« Mes deux mondes, c’est l’histoire d’un écrivain en visite dans une ville du Brésil. Parcourant un parc emblématique, il voit dans cet espace à la dérive des signes de sa propre incomplétude, la preuve cosmique que « de même que nous ne choisissons pas le moment de notre naissance, nous ignorons les mondes changeants  que nous allons habiter. » Cette longue promenade, menée par une prose aux phrases parfois ahurissantes,  nous ramène aux souvenirs d’auteurs remarquables comme Sebald, Saer et Aira. Puis nous réalisons que Chejfec ne ressemble à personne, qu’il a choisi son propre chemin, insolite et unique. Il semble appartenir à cette race d’écrivains apparue il y a bien longtemps, au temps où Proust méprisait une littérature réduite à un défilé cinématographiques des choses. »

Sans nul doute : le meilleur livre (du moins le mieux écrit) que j’ai lu ces derniers temps ; en outre ce face à face entre les soucis d’un homme qui a du mal à se définir à travers son espace-temps et les reflets du monde réel cherchant à lui répondre sont au cœur de mon propre mal de vivre, de mes propres questionnements, de mes propres inquiétudes, des recherches de mes diverses altérités ; bref Chejfec un vrai frère humain…

La force aussi de ce livre écrit en petits paragraphes est que vous pouvez l'ouvrir à n'importe quelle page, lire un petit paragraphe et prendre du plaisir dans votre lecture, donc à tout moment tellement c'est dense !

Si la littérature ne doit pas être divertissement, sinon autant regarder la télé (dixit Chloé Delaume), alors ce livre est de la grande littérature !

Vous trouverez sur le net quantité de critiques et d'analyses toutes intéressantes sur ce livre fort énigmatique...

Par frenchpeterpan - Publié dans : Livres Coup de coeur
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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 16:55

Lettre à un jeune poète (extrait)



Une seule chose est nécessaire: la solitude.
La grande solitude intérieure. Aller en soi-même, et ne rencontrer, des heures durant, personne - c'est à cela qu'il faut parvenir.
Être seul comme l'enfant est seul quand les grandes personnes vont et viennent, mêlées à des choses qui semblent grandes à l'enfant et importantes du seul fait que les grandes personnes s'en affairent et que l'enfant ne comprend rien à ce qu'elle font.
S'il n'est pas de communion entre les hommes et vous, essayez d'être prêt des choses: elles ne vous abandonneront pas. Il y a encore des nuits, il y a encore des vents qui agitent les arbres et courent sur les pays.
Dans le monde des choses et celui des bêtes, tout est plein d'évènements auxquels vous pouvez prendre part.
Les enfants sont toujours comme l'enfant que vous fûtes: tristes et heureux; et si vous pensez à votre enfance, vous revivez parmi eux, parmi les enfants secrets. Les grandes personnes ne sont rien, leur dignité ne répond à rien.

in Lettres à un jeune poète, Gallimard


rainer maria rilke

 

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Rilke-rose

Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 17:04

Front posé vitre

de glace

inerte la vie ainsi

posée où la vie fuit

inachevée

construite - déconstruite tous les jours

musique vaine - symphonie en silence

Joue monotone

collée froid carreau

en retrait

   mots instables - mobilier routinier

Si peu pour l'espoir

Si peu au creux des paumes

mains tendues de mes aimées ont reculé mes suicides

 

Décalqués sur elles mes dégoûts

reste : effrayante effroyable solitude du dedans

 

Front posé sur vitre

neige au loin

vitre de glace vie glacée

 

funeste retrait au monde

incomplétude sereine

 

Front posé à la vitre

peau glacée

neige prête près

vie glacée froide vitre

 

cristal-de-glace

Par frenchpeterpan - Publié dans : spleen "poèmes"
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 18:37

" Ne me laissez pas seul parmi des personnes pleines de certitudes parce que c'est terrible."

Antonio Tabucchi

antonio tabucchi

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 11:22

    Simon Vouet (1590-1649), encouragé par son père, brille par ses dessins ; il sera portraitiste très jeune, dès 14 ans, il est invité en Angleterre à ce titre et voyagera très jeune dans toute l’Europe.

    Sa peinture très baroque et très académique plait ou ne plait pas (mélange de baroque italien et de classicisme français), il est reconnu pour avoir utilisé des couleurs vives dans ses allégories et ses peintures religieuses (très influencé par la peinture italienne de l’époque).
   
    Il sera nommé premier peintre du Roi (Louis XIII). Trop bien payé par le Roi, il accepta alors commande sur commande, la qualité disparut un moment, églises et châteaux se remplirent d’oeuvres du peintre.

    Par contre ses dessins me plaisent beaucoup et en particulier j’ai eu le coup de foudre pour ce pastel sur papier de sa fille Angélique (musée du Louvre) portant une colombe symbole de pureté.
    (Le département des Arts Graphiques vient de bénéficier, en 2006, d'une importante dation de quatre pastels, trois de Simon Vouet et un de Louis XIII qui fut l'élève du peintre, comme le raconte Félibien : « Sa Majesté voulut que Vouet lui apprît à dessiner et à peindre de cette manière [le pastel] afin de pouvoir se divertir à faire les portraits de ses plus familiers courtisans ».) Louis XIII était lui aussi grâce à Simon Vouet un habile portraitiste.

Simon Vouet, pastel vers 1635, portrait d'Angélique, sa fille


Par frenchpeterpan - Publié dans : peintures et peintres
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 22:19

le-reve-de-l'homme-lucide

 

 

J’aurais donc loupé ma vie. Moi aussi.

Outre le fait que dans l’année de mes cinquante-cinq ans, je ne possède toujours pas de Rolex, la lecture du dernier livre de Philippe Ségur « Le rêve de l’homme lucide » a remis les points sur les « i » de cette chose bizarre qu’est la vie et la construction-déconstruction de sa propre vie. Je veux parler de sa vie interne, de son langage intérieur, de son moi profond et non pas de soi aux yeux des autres. Ni de la vie sociale ou sociétale, mais bien de la face interne de soi-même.

Lui quitte sa famille, mais outre son métier d’universitaire, il lui reste ses dons d’écrivain (même si, ici aussi il y a double lecture du personnage) ; quant à moi que me resterait-il ? Mes aptitudes de mauvais poète ? Si l’on retire le métier « officiel », il doit rester une (ou plus encore) passion nourricière ; sinon la vie n’est plus ludique, mais vide immense.

Lisons ce qu’écrit Simon Perse le personnage autobiographique du dernier roman de Philippe Ségur :

« Dans un instant, j’aurai la parole. Moi aussi je montrerai que je sais m’emmerder avec des problèmes sans valeur et sans joie, et emmerder les autres en les leur expliquant et combien il est important de bien s’emmerder dans la vie pour la sentir passer. Car, au-delà d’un certain âge, celui des grandes découvertes, de l’entrée dans la vie professionnelle, du mariage, de l’achat de la maison, de la naissance des enfants, des deux trois collections qu’autorise le début d’aisance financière, c’est la grande leçon à tirer de l’existence, qu’elle fasse de vous une huître de téléviseur, une béquille de caddie ou une extension de votre téléphone portable, qu’elle est fondamentalement emmerdante et qu’à défaut de pouvoir demeurer un joyeux gamin irresponsable qui s’esclaffe deux cents fois par jour, il est indispensable d’avoir quelque chose à quoi s’accrocher, une télécommande, une barre de chariot, une coque de téléphone, pour vous donner à l’extérieur l’illusion que quelque  chose en vous bouge encore. »

Qu’y voyons-nous ? A part nous-mêmes ? Comme un large miroir sans complaisance. Dans cette société de consommation et de solitude extrême. La consommation comme seul exutoire, comme seule destination de voyage. Hagard, le consommateur arpente sa vie à la recherche d’une nouvelle de chaussures exotique ou d’un chandail qui fleurerait bon les embruns un caddie à la main. C’est « sa » sortie de la semaine, et cela le « détend ». Une illusion de vie. « On va le dimanche se balader dans les magasins de Plan de Campagne. » disent les enfants de Marseille Nord  à leurs professeurs des écoles, médusés.

Dans l’idéalisation, on se balade, notre cerveau en connivence. Pour être heureux et vivant, en tant que mâle, j’idéalise le corps des femmes (Philippe Ségur fait de même), l’importance de la littérature, la recherche d’autrui comme ami. In fine, je me retrouve comme une huître retirée du ruisseau. Plein d’idées en tête, mais aucune réalisation tangible, « sérieuse ».

Tel le Dr Zennegger, on me dira : « c’est quoi une réalisation « tangible » ou « sérieuse »? Comme Simon Perse, j’hésiterai à répondre. Les mots sont trop forts, on peut s’y perdre.

Pourtant chacun a conscience de cette non-vie ; mais l’accepter provoquerait suicides collectifs ou révolutions stériles, sans finalité. Un gain sans doute, mais une énergie très fatigante, voire même – allons soyons fou ! – ennuyeuse.

Bref la lecture du dernier livre de Philippe Ségur n’est pas sans risque ; la précédente où il relatait un voyage en Albanie ne l’était pas non plus, car derrière un humour ravageur, se cachait notre désespoir à tous, celui d’être seul et inutile et « entre autres » qui plus est. Même en voyageant, même en se déplaçant loin, à la fois dans son espace intérieur et dans le vide du monde étrange. Philippe Ségur continue son imaginaire et ses mondes parallèles ; le monde réel est toujours plus soft et moins dangereux que les mondes d’à côté. Mais ces derniers existent forcément, et notre humanité nous donne envie de les rechercher, et les découvrir, voire les aimer et les désirer… Bravo, l’écrivain !

Par frenchpeterpan - Publié dans : à propos de certains écrivains
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 06:29



Late fragment



And did you get what
You wanted from this life, even so ?
I did
And what did you want ?
To call myself beloved, to fell myself
Beloved on the earth.

( Et quand bien même,
as-tu obtenu ce que tu voulais de cette vie ?
Oui.
Et que voulais-tu ?
Pouvoir me dire aimé, me sentir
Aimé sur la terre. )
Par frenchpeterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 09:57

il y a dans le temps

J’avance


Mes pas imprimés

comme
Un ralenti
Du temps qui passe ou passerait
Presque le souffle d’arrêt d' un tapis roulant

naturellement

où je serais promu immobile
Puis les mondes minéral végétal  animal devant moi défilent

J'observe le monde normal transmettre devant moi

silencieusement

en grande quiétude
Parce que c’est ainsi que

c'est ainsi que
C’est ainsi qu’en moi-même
J’avancerai  moi aussi

 

vraisemblablement

Par frenchpeterpan - Publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 09:20

«La force de ceux qui aiment apaise même les tourments, la tendresse des femmes recèle tant de puissance.» I. F. Annenski




    Le poète symboliste russe Innokenti Fedorovitch ANNENSKI est mort brutalement d’une crise cardiaque à 54 ans en 1909. Son influence demeure encore en son pays très importante, il n’y fut cependant réellement (re)découvert que dans les années 50-60. On le loua pour sa modernité et son originalité, il est, dit on au premier rang de la poésie moderne russe.  Riche érudit (il connaissait une quinzaine de langues), il enseignait la philologie et les langues classiques. De son vivant, ne parut qu’un seul recueil en 1904 ; ses autres livres eurent peu d’échos (traductions, tragédies, articles, essais…). En 1910 paraît « le coffret de cyprès », puis en 1912 « Poèmes posthumes », ces 3 recueils suffiront pour sa notoriété. Il fut aussi un grand traducteur : Mallarmé, Baudelaire, Euripide…

    Longtemps, cet homme demeura une énigme par sa pudeur, son effacement, sa solitude amère, son isolement et par sa vie semble-il fort trop banale ; c’est seulement bien après sa mort que l’on apprit sa souffrance secrète, il fut très amoureux de la femme de son beau-fils, amour partagé, jamais réalisé, sacrifié. Une seule rencontre aux jardins où ils se prirent les mains seulement, ce jour devint le poème « en Mars », puis plus jamais sa vie n’entra dans ses vers… Force d’âme surprenante, grande honnêteté, drame personnel, solitude en embâcle que ses amis et proches ne comprenaient pas. Il s’éloigna des mouvements littéraires du moment pour rester seul dans ses vers. Sa poésie est cependant complexe, un rare poète russe du subconscient. On le surnomma « le Mallarmé russe ».

« Tel est le grand paradoxe du destin poétique d’Annenski : il fut en même temps précurseur et maître, au sens le plus élevé du mot, de tous les plus grands poètes de ce siècle et cependant on peut dire aussi que personne ne marcha dans ses pas ; il alla si loin que tous les chemins poétiques apparurent parallèles au sien. Mais il était et resta unique. Jusqu’à ce jour, il n’y a personne à qui le comparer. » Natacha Strijevskaïa.

« On peut dire qu’Annenski partit sur la route de Rimbaud plus loin que tous les poètes russes. Ses vers sont le résultat de tourment, de nostalgie de « cette beauté cachée là-bas quelque part », tourment de « l’idéal », dernière et unique chance non pas de l’exprimer mais de tenter de l’atteindre, dernière chance de coïncider avec la vie, insaisissable dans sa réalité ; ce n’est pas l’ennui ou le dégoût de l’existence qui meuvent sa plume, mais une recherche frénétique, comme celle de la pierre philosophale, d’un point d’appui pour l’âme, l’incapacité de se tromper soi-même, ni de se résigner à l’apparence de la vie terrestre. » Natacha Strijevskaïa

Anciennement disponible en France (car épuisé à ce jour) : « Trèfles et autres poèmes » dans l’excellente collection « Orphée » / Editions La Différence. 1993, édition bilingue.

Les « trèfles » sont des sortes de triptyques,  la lecture attentive permet de relier ces 3 folioles entre elles.

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TREFLE DE LA TENTATION


1. PAVOTS   

Radieux, le jour brille… parmi les herbes endormies
Flambent partout taches de pavots – comme une impuissance avide
Comme des lèvres pleines de tentation, de poison,
Comme ailes ouvertes de papillons vermeils.

Radieux, le jour brille…Le jardin reste vide et sourd :
Longtemps qu’il en finit avec festin et tentation –
Secs comme tête de vieilles, les pavots sont
Du haut du ciel, illuminés par l’ostensoir brillant.

2. L’ARCHET ET LES CORDES

Quel sombre et lourd délire !
Hauteurs combien troubles-lunaires !
Toucher la viole des années durant, et
A la lumière, ne pas reconnaitre ses cordes !

Qui a besoin de nous ? Qui illumina
Ces deux faces jaunes ; deux, tristes…
L’archer soudain sentit
Quelqu’un les prendre, les réunir…

« Dans les ténèbres depuis quand !
Dis seulement es-tu la même, même ? »
- Sonnant, la viole le câlinait
Et le caressant, palpitait…

« Nous ne nous quitterons plus jamais
N’est-ce pas ? Dis-moi que c’est fini… »
« Oui » - redisait la viole
Mais elle souffrait en son cœur.

L’archet a tout compris, s’est tu,
Dans la viole, le son vibrait toujours…
Et ce qui leur était supplice
Etait musique pour autrui.

Jusqu’à l’aube nul ne souffla
Les bougies… Chantait la viole…
Seul le matin les a trouvés
Sur le velours noir de leur couche.

3. EN MARS

Oublié ce rossignol dans les branches odorantes
Mais non le matin d’amour !
Ni le sein flambant noir de la terre ressuscitée
Sous les feuilles toujours mortes !

Demi-vêtue des lambeaux de sa chemise de neige
Elle ne connut le désir qu’une fois,
Une fois seulement, plus que de vin encore,
Mars l’enivra !

Une fois seulement nous n’avons su lever
Nos yeux de la terre gonflée… Une fois seulement,
Avons tressé nos mains froides, tremblants, le jardin aussitôt quitté
Cette fois… Cette fois seulement…

Par the very famous french peterpan - Publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 17:54

" L'amour est la forme la plus exquise de l'inconfort de vivre. "

Frédéric Schiffter

frederic-schiffter


Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 20:43

repas-de-vendanges

Repas de vendanges du peintre André Verger


pour souhaiter à mes 200 lecteurs quotidiens (ce chiffre me surprend toujours vu le nombre de commentaires)

une bien excellente année 2012

j'avais hâte que 2011 se termine, c'est enfin fait, j'espère que la nouvelle année apportera plein de bonnes choses à vous tous et toutes

N'oubliez pas les 4 choses les plus importantes dans la vie, indispensables... (ce n'est pas moi qui le dis, mais je ne sais plus quel psychologue célèbre...)

- manger et boire

- dormir

- avoir des émotions

- avoir une bonne libido

Donc pour 2012 , je vous souhaite de faire l'amour le plus souvent possible, de bonnes nuits profondes et calines riches de rêves étranges, des repas riches et variés, gouteux, liquoreux et plein d'émotions devant des paysages, des oeuvres d'art, des films, des écrits, des enfants, des sourires d'êtres humains etc / bref / bonne vie !

signé : frenchpeterpan

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Par frenchpeterpan - Publié dans : actualités diverses
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 11:49

clipart objets 160

 

La TVA sur les livres va passer de 5,5% à 7% demain.

Pour tous les grands circuits de distribution, ce n’est pas un problème ; pour le libraire indépendant, si.

Le syndicat de la librairie française (SLF) avait déjà mentionné dès octobre le danger de cette augmentation.

La rentabilité de ce type de commerce (librairie indépendante) est faible : estimée en moyenne à 0,3% du CA . Si tout le stock de livres doit passer à 7¨%, ceci va faire baisser la valeur du stock de 1,5%, et le bénéfice sera tout juste alors de 0,2% !

Une majorité de libraires pourrait de plus pouvoir tenir et déposer le bilan.

Le marché (CA des libraires indépendants) est en net déclin : - 5,4% entre 2003 et 2010 avec un net décrochage en 2009 et 2010. Ceci est dû :

à la force d’internet (11% du marché en 2010)

à la « migration » vers les temples de la consommation : hypermarchés et grandes surfaces culturelles ont gagné 7 points du marché entre 2000 et 2010.

La mainmise du commerce sous enseigne : outre les grandes surfaces culturelles (FNAC, Virgin…), au sein même de la librairie avec les réseaux de dimension nationale (Gibert, Chapitre…) ou régionale (Decitre, Furet du Nord…)

L’émergence récente du livre numérique : insignifiant en 2008, représente plus de 1% du CA des éditeurs actuellement ; de par son caratère dématérialisé il pourrait constituer une menace à moyen terme (comme le téléchargement de musique sur les ventes de disques et la disparition des disquaires)

Ainsi l’absence de croissance va gêner considérablement le libraire indépendant, les dépenses d’exploitation augmentant de 2-3% chaque année. (en particulier hausse des loyers commerciaux en centre ville et envolée du coût des transports, idem pour les frais de personnel).

Bref, il est urgent d’acheter vos livres exclusivement chez les petits libraires !

Sinon bientôt c’est à Carrefour, Leclerc ou dans les halls de gare que vous les achèterez et il n’y aura personne pour vous conseiller. 

 

(article fortement inspiré et pour une bonne part recopié d'après l'article de Nasser Negrouche "Menaces sur les librairies indépendantes" dans CGA Contact n°87 nov-déc 2011)


Livre

Par frenchpeterpan - Publié dans : Coup de gueule !
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 13:34

" Je rêve. Parfois, je pense que c'est la seule chose à faire. "

Haruki Murakami

haruki-Murakami

Par frenchpeterpan - Publié dans : citations
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