Marco alias :

quelques photos

mots/maux

"In a place far away from anyone or anywhere, I drifted off for a moment." -- Haruki Murakami --

"Être poète n'est pas une ambition que j'ai. C'est ma façon à moi d'être seul."   -- Fernando Pessoa --

"Ca va tellement mal aujourd'hui que je vais écrire un poème. Je m'en fiche ; n'importe quel poème, ce poème." -- Richard Brautigan --


" LA GRANDE FORCE EST LE DESIR "
(Guillaume Apollinaire)



"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique,
à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti


"Le sens trop précis
rature
ta vague littérature"
Stéphane Mallarmé


" Je ne suis pas moi ni un autre

Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre. "
Mario de Sa-Carneiro

somme des égarés :

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Texte Libre

Chers lecteurs,
vous trouverez un peu de tout ici,
quelques poésies, quelques courtes nouvelles et autres textes à commenter et critiquer...
et puis coups de coeur de lecture : romans et poésies, théâtre et chansons poétiques ... enfin : photographies, peintures, voyages ...


je vous souhaite un bon passage / Marc

"Mais rien de cette nature n'est définitivement acquis. Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement est peut-être notre moteur le plus sûr."
Nicolas Bouvier


écrivez moi si vous le souhaitez :   

Soyez indulgent, je ne suis qu'un petit écrivaillon tentant d'écrivasser

Mai 2008 : "L'apéritif de la neige"
est "paru"

Si vous êtes intéressé : laissez moi un message
(133 pages de poèmes et textes poétiques, pour la plupart ici sur mon blog)

______________________________________________


Vendredi 9 mai 2008

Voici la 4ième de couverture préparée par l'amie Merbel, mais que finalement je n'ai point mis, par crainte qu'on me traite de vaniteux :-)
écrits de 2006/2007 ; alternance de poèmes et de courtes histoires "poétiques"...

« Ce qui lie votre vie aux mots, c'est sans nul doute le temps ! Le temps, avec sa fuite, ses regrets ! Avec vous, grâce à vous, le temps ne s'engloutit pas, vous le réanimez et le passé simple et le plus-que-parfait deviennent dans leur choc, dans leur utilisation décalée, associée au présent, un creuset de sens et une confusion de sentiments....
…/…Je reconnaîtrais maintenant je crois, - les yeux fermés -  votre façon d'essorer les mots, de leur faire rendre tous leurs sens. Votre façon de rapprocher, à une consonne, voyelle près, des mots de sens opposé pour faire naître des images inattendues et pourtant très fortes, très justes. Votre goût enfin à jouer, jouer avec les mots bien sûr, mais jouer avec les décalages de temps, jouer avec nos nerfs, jouer avec les règles, jouer des coudes dans une syntaxe trop académique, jouer avec ces basculements - ce que vous appelez des « hésitations ». Le conditionnel vous va bien, parce qu'il hésite précisément entre ce futur et cet imparfait, association que nous avons tous fait -à tort- pour nous rappeler comment on formait ce drôle de temps que l'on emploie à tout va - logiquement, mais incorrectement - quand on est gosse ! »

signé : Merbel

PS / Envoyez moi un courriel en cas d'intérêt / Merci
par frenchpeterpan publié dans : actualités diverses
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Jeudi 8 mai 2008
après la xième relecture des "Faux-monnayeurs" de Gide, ce grand roman à tiroirs, précurseur du nouveau roman, le seul livre dont Gide dira "en bon artisan" qu'il fut son seul "roman" ... =

Position du romancier : y réfléchir


plus tard je vous parlerai de ce roman admirable
par frenchpeterpan publié dans : pensée spécieuse et inutile de la journée
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Jeudi 8 mai 2008
dans l’ile de moi
isolat en
consentement
éloigné des hommes

je voulus être
ta clairière et arbre
unique en son centre

large membrure de ton corps
ossature puissante
mêmement tes amours

au printemps venant
je me suis éclairci
de mille feuilles douces

au vent scintillantes
miroirs aux oiseaux
des temps passade

à l’automne venant
perdant mes plumes
déséquilibrant

tu ne vins plus sous
mes branches saoule
me laissant isolat
éloigné des hommes


par frenchpeterpan publié dans : spleen "poèmes"
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Lundi 5 mai 2008
à force d'orthographier ton corps

je suis devenu bègue

et ta coiffure aux senteurs de coing

devint ma grande cosse

où en boule "petit pois"

je revisitais notre enfance à

tous les 2

au frais végétal

par frenchpeterpan publié dans : petits "poèmes"
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Dimanche 4 mai 2008
un peu de Raoul Ponchon (1848-1937)


de temps en temps ne fait pas de mal, ce grand adepte de la fée verte, de la môminette ...
Ce membre de l'académie Goncourt savait vider les bonnes bouteilles et se moquer de tout et de ses contemporains !
Il écrivit des milliers de petites pièces de vers
désuettes et souvent charmantes...




Quand mon verre est vide
Je le plains,
Quand mon verre est plein
Je le vide


ou encore :

Si les femmes étaient sans fesses,
Qu'est-ce
Que nous ferions de nos mains
Pauvres humains ?



retouvez d'autres petites pièces de vers sur ce très beau site dédié au poète :

cliquez sur le tableau d'Edgar Degas

"Absinthe" Edgar Degas (1873)
par frenchpeterpan publié dans : mes poètes et poèmes préférés
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Mercredi 30 avril 2008
Lui :

    en 1916 à Paris à 26 ans après a priori une seule aventure amoureuse avec une jeune parisienne, expérience qui le bouleversa profondément ;

s’habille chic en smoking, s’allonge sur un lit dans un hôtel et avale de la strychnine, et attend la mort. Il laissera un roman, deux recueils de nouvelles et de nombreuses poésies. La mort par strychnine est une mort épouvantable (convulsions).

    Il est connu aussi pour avoir été un grand ami de Pessoa, le génial lisboète. C’est grâce à lui que Pessoa s’est mis à écrire de la poésie, c’est grâce à lui que Pessoa a pu penser un moment qu’il pouvait avoir du talent.
    Il écrivit beaucoup de lettres à Pessoa, pour lui c’était un second père ; il annonca régulièrement sa mort par ses lettres à ses amis, à son père. Un jour, il passa à l’acte. Pessoa avait commencé une longue lettre – restée inachevée – en réponse, le jour même de la mort de son ami. C’est grâce enfin à Pessoa que tous les textes de de Sa-Carneiro ont pu paraître.
« Mário de Sá-Carneiro n’eut pas de biographie, il n’eut que du génie », écrivit Fernando Pessoa. Ils furent tous deux parmi les « modernistes » du Portugal. Symboliste avant tout on parla à propos de lui de "l'école du désenchantement" ; son œuvre poétique porte la marque de diverses influences, entre le décadentisme lyrique et nostalgique de Jules Laforgue et les tentatives modernistes de Blaise Cendrars.



    Ses poésies sont les traces de cette quête de soi, de cette poursuite d'un Absolu impossible à étreindre et ses lettres à Fernando Pessoa constituent un document exceptionnel. « Dans La Confession de Lucio, parue en 1914, ses peurs, ses exaltations et son homosexualité apparaissent clairement à travers le récit fantastique. Son œuvre, prose et poésie, ressasse le thème de la crise de la personnalité, l'impossible réconciliation avec lui-même. Ces thèmes sont également présents dans le recueil de nouvelles paru en 1915, Ciel en feu. Si, à Paris, le futurisme, le cubisme, le simultanéisme le passionnent, il n'en reste pas moins un poète essentiellement influencé par le symbolisme. Sans doute fut-il un être trop souffrant pour avoir pu développer pleinement l'œuvre que laissent imaginer certains de ses plus beaux poèmes. » (Françoise Beaucamp).

Eu não sou eu nem sou o outro,
Sou qualquer coisa de intermédio :
Pilar da ponte de tédio_
Que vai de mim para o outro.

Je ne suis pas moi ni un autre
Je suis quelque chose d’intermédiaire :
Un pilier du pont d’ennui
qui s’étend de moi vers l’autre


(poème et traduction trouvés sur l’excellent blog de Philippe Aigrain
http://paigrain.debatpublic.net/

Lire aussi le bel article paru dans le Magazine littéraire n°291, septembre 1991 par Urbano Tavares Rodrigues_
 http://www.magazine-litteraire.com/archives/ar_385_2.htm

«Comme on pleure un amant,
 Je me pleure moi-même :
 J'ai été l'amant inconstant qui s'est trahi lui-même.»

----------------------

crise lamentable

j'aimerais tant me débrouiller dans la vie,
pouvoir y goûter en restant qui je suis...
mais rien à faire : plus je m'éloigne,
plus grande est l'angoisse de la retenir.

vivre chez soi comme tout un chacun,
être extravagant dans mes livres - mais
arriver à la fin de chaque mois avec
des factures religieusement honorées.

ne pas craindre d'aborder les filles
avec l'intention de les sauter -
ouvrir les fenêtres de ma tour d'ivoire
bref, ne plus faire de scènes.

avoir la force un jour d'enrayer
cet engrenage qui sur moi se resserre.
- ne plus envoyer de télégrammes à mon père
- cesser de flâner dans Paris en bayant aux corneilles.

me lever et sortir dans la rue - sans passer
une heure et demie à me préparer
- mettre un terme à cette vie dans la lune,
- me défaire de la frousse des courants d'air.

cesser d'être distrait, de briser des objets
chez les amis que je fréquente -
ne plus m'embarquer dans des histoires filandreuses
qui sont le seul fruit de mon invention.

car tout en moi est invention ailée,
un crime ou un bienfait jamais réalisé :
et toujours l'or se change en plomb
sur mon infortune ou sur la sueur de mes orages...

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Poésies complètes parues chez Minos & La Différence, 1987, 2007



par the very famous french peterpan publié dans : écrivains en suicide
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Mardi 29 avril 2008
" N'oublie jamais : tu n'es pas l'autre. "
Louis Jouvet 

par frenchpeterpan publié dans : citations
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Mardi 29 avril 2008
    Il y aurait la Tristesse et sa Grande Falaise
et la Femme par un désastre gravitationnel,
le tout basculerait dans de grandes obliques et grandes gesticulations

En grande panique du dieu Pan

    Banales, la Femme et la Tristesse glisseraient ensemble dans des éclats pulsés de lumière très éblouissante en flashs puissants comme des saccades spermatiques
Je ne sais laquelle chuterait la première sous un ciel totalement bleu sans croche de nuages
Un ciel de peintures, un camaïeu

    Ou c’est moi qui glisse - je file - ou je tombe -
dans mes culpabilités humaines

Fildefériste gesticulant dans de grands éclats de quartz ne sachant ni où commencer ni où finir ma vie
Recommençant le chemin pourtant épuisé du désespoir et de l’incertain
Ce chemin là même qui forme une boucle et revient sur lui-même
En friche mélancolique en silence en bruits de broussailles
En piétinements, en revirements, élongations, crispations, longues chutes de falaises
Monticules en butoir
Plus haut que le sommet on ne monte plus
D’autres disent que ces escalades ne riment à rien
rimes pauvres

La douce camarde est au bout
sexy
habillée de noire
trouvant mon déhanchement appétissant
elle déhale mon corps
loin des eaux dangereuses
les tourbillons des flaques mornes
et des ennuis elliptiques

donc,
on attendra donc,


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par the very famous french peterpan publié dans : spleen "poèmes"
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Dimanche 27 avril 2008


    Ma jeune amie Clara se réveille

L’œil fixe, absent, l’anesthésie aidant
Elle aimerait sans doute me dire :
Je veux partir, retrouver les joies des arbres, des nids dans les branches, de la vie en bande, des fruits sauvages et des hautes herbes riches en sucres, surveiller mes enfants :
vivre en communauté. Me retrouver chimpanzé.
    Je veux quitter cette prison avec tous ces barreaux de fer, ne plus manger ces croquettes amères et ces mauvais fruits qui n’ont pas de goût.
Pourquoi un jour, petite, m’a-t-on attrapée ? Le plus souvent en tuant ma mère ?
Pourquoi me chasse-t-on ? Pourquoi mon espèce disparaît ?
Pourquoi les hommes encore aujourd’hui tuent tant d’animaux ?

    Tu sais Clara : j’ai vu en Afrique des blancs faire des cendriers avec des mains de gorille ou des pieds d’éléphants, offrir encore des objets sculptés en ivoire, chasser de petites antilopes protégées, et rire avec obscénité et racisme. Je me suis éloigné de ces gens-là ; et même parfois des gens tout court ; on me dit misanthrope maintenant, je confirme, je le suis. Et j’aimerais te libérer. Mais je suis lâche comme beaucoup, je suis parti, j’ai quitté cette grande Afrique, ce continent tant aimé, ma maison est décorée d’objets africains, masques, statues, totem, marionnettes, reliquaires et objets magiques…mais l’Afrique n’est pas là. Et il y a ta photo encore là au-dessus du bureau et tes yeux malins ; je me rappelle bien comment tu me curais les ongles, comment tu aimais me montrer comment tu fumais, ton contentement à mon arrivée. Je pense à toi, tu n’es peut-être pas morte à l’heure qu’il est. Tu auras vécu une drôle de vie même si tes conditions de détention auraient pu être pires ; tu es à 97-99% comme moi, et des deux primates qui se regardaient, j’étais sans doute le plus étonné. Ton génome l’année dernière a été complètement séquencé. Tu es encore plus proche de l’humain qu’imaginé. 46 chromosomes contre 48, c’est peut-être tout.

    Je n’aime pas mon espèce. Mais je suis ainsi né. Je pense à toi dans cette vie aseptisée, et je pense aussi à l’Afrique qu’on a tous abandonnée.
par the very famous french peterpan publié dans : mes photographies
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Jeudi 24 avril 2008
"Quand je dis « je », je désigne par là une chose absolument unique, à ne pas confondre avec une autre."
Ugo Betti


par frenchpeterpan publié dans : citations
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