Dimanche 7 février 2010
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11:09
Et me revoir, ainsi, ces solitaires des cafés, jamais assis, debouts accoudés au zinc, familiers du
patron, discutant, familiers de débats où chacun se retrouve, comme une autre famille, une autre famille
j'étais là ainsi, à siroter quelque boisson de convenance, mon regard allait partout guettant un autre regard sur le mien, j'avais mis
quelques beaux habits me préparant à l'âge adulte
là, je cherchais, je cherchais ainsi ma voie, je cherchais mon humanité dans le regard de quelques inconnus, je cherchais mon frère, je
cherchais l'affection que l'on doit trouver sur cette terre dit-on
je ne cherchais pas forcément l'autre sexe mais un être humain, seulement
rompre cette solitude enfant puis adolescent, jeune adulte et ces difficultés à communiquer, ces manques d'empathie, ces idées
intellectuelles, suicides idéalisés
garder cependant l'âme lycéenne, mais non devenir "sérieux"
alors je ne tintinnabulerai donc plus dans ce monde trop silencieux ?
à 30 ans on décidera de rejeter le syndrome de Peter Pan et de vivre "adulte" ou on se suicidera
et finalement tout passera en ouate, en coton amortisseur
le temps a passé comme un poing serré avec les phalanges blanches de colère, les articulations douloureuses, la peau blanche et
rouge
de tout ceci , il ne savait que faire ; il n'avait jamais su réellement quoi faire...
Comme disait mon ancien ami CRM : " Il n'y a qu'une façon de se retrouver dans ce merdier carré, dans ce square world, c'est le bon
vieux sentier indien, Broadway. Que le grand esprit soit remercié, il existe partout, il suffit de le trouver. Si vous savez comment on déchiffre ainsi sans faute écrivez moi, si je peux lire dans
le noir. "
"Et cependant je continue à chercher
quelqu'un qui ne me comprendrait pas
et que je ne comprendrais pas, car j'ai
un besoin effrayant de fraternité."
Emile Ajar.
Par the very famous french peterpan
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Samedi 6 février 2010
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21:11
Soirée intellectuelle
("L'idée devient femme" - Nietzsche)
J'ai lu beaucoup de textes hindous
ces dernières années
cent ouvrages étudiés à fond
mais quand je le suis trouvé ce soir-là
près de la fille
au sari bleu
alors qu'on attendait de moi
quelque conversation brillante
je n'ai pu penser à rien d'autre
qu'au sari bleu
et à la nudité qu'il couvrait
Kenneth White
Par frenchpeterpan
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Samedi 6 février 2010
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08:49
3ième diction ; bonne écoute :-)
mais-toi.mp3
Mais Toi, quand viendras-tu ?
Un jour, étendant Ta main
Sur le quartier où j’habite,
Au moment mûr où je désespère vraiment ;
Dans une seconde de tonnerre,
M’arrachant avec terreur et souveraineté
De mon corps et du corps croûteux
De mes pensées-images, ridicule univers ;
Lâchant en moi ton épouvantable sonde,
L’effroyable fraiseuse de Ta présence,
Elevant en un instant sur ma diarrhée
Ta droite et insurmontable cathédrale ;
Me projetant non comme homme
Mais comme obus dans la voie verticale,
TU VIENDRAS .
Tu viendras, si tu existes,
Appâté par mon gâchis,
Mon odieuse autonomie ;
Sortant de l’Ether, de n’importe où, de dessous
Mon moi bouleversé peut-être ;
Jetant mon allumette dans Ta démesure,
Et adieu, Michaux.
Ou bien, quoi ?
Jamais ? non ?
Dis ; Gros lot, où veux-tu donc tomber ?
Henri Michaux, LOINTAIN INTERIEUR, 1938
Par the very famous french peterpan
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Vendredi 5 février 2010
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21:40
Entretien avec moi-même
« A quoi sert la poésie ?
- La poésie ne sert à rien.
- - Aquoi sezrt la vie ?
- - La vie ne sert à rien.
- La vie sert à donner vie à la poésie. »
Salah Stétié

Par frenchpeterpan
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Mercredi 3 février 2010
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09:30
I'd like to read
one of the poems
that drove me into poetry
I can't remember one line
or where to look
the same thing
happened with money
girls and late evenigs of talk
Where are the poems
that led me away
from everything I loved
to stand here
naked with the thought of finding thee.
Leonard Cohen
Par the very famous french peterpan
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Mardi 2 février 2010
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14:40
Qu’il est bon ainsi de longer ce fleuve aux dents immenses
froisser les ronces et les herbes, les fleurs, colonies d’insectes vrombissent
Quelques pêcheurs moitié hommes moitié eau
en rondeur leur corps penche vers le point central du fleuve
Une petite sente va gaiement d’un point à l’autre de la source à d’autres mers brille même la nuit d’idées déposées
L’homme brouillon alors qui résonne par ses pas
Prend pour ami ces lieux secrets, il les chante de ses yeux
Il bourdonne
Il aimerait lui-même butiner et voler au creux des vagues et dans l’intime des pétales déclarer sa flamme à ce papillon là
Le chemin est doux et parfumé d’effluves magiques
Eau croupie qui pose, eaux filantes à reflets mercure
Toute chose est vivante protégée nourrie par le fleuve
Le fleuve donne à manger les îlots encerclés, comme un parent
riche de mille précautions
De grands oiseaux hésitent d’un point à l’autre par grappes incertaines
Changeant de cap à tout va et sans prévenir
Par grandes bouffées d’oxygène et de pâleur lunaire, l’homme aussi
Revient parfois sur ses pas, parfois par inquiétude
Parfois par contentement
S’immobilise souvent dans la tiédeur du vent qui amènera la pluie
Tièdes bourrasques enrichissantes et nourrissantes
Un lait du ciel ni amer qui remplit le fleuve encore et de nouveau
Je n’ai rien d’autre à dire, dit l’homme
Affalé de son corps vers les eaux grises
Si ce n’est voir le fond de ces bancs de sable
Y chercher l’emplacement d’un tombeau
Gisant sous-marin sous ces mètres qui filent
J’y serai en grand repos, en toute fin
Espérer peut être là dans le mouvement final
Ces fameux espoirs que certains nous dictent alors que l’on sait (et tous) que la mort au mufle chaud est là derrière, dans ton dos, on y sent cette haleine chaude, humide, animale, précise
Le fleuve est le lieu unique où dissocier ses atomes
Vers un arc-en-ciel naturel
Vers cette nature unique puissamment vivante
D’eaux et d’air, de terre mouillée, prête à enfanter
Où sans cesse la vie renait chaque seconde tant de coups à donner
Tu dis : c’est là ?
Je dis : oui, mon amour, c’est là.
C’est là le lieu où tu disparaitras ?
Oui, mon amour, c’est là, si je disparais de moi-même, où je disparaitrai.
Un grand silence, le lieu fourmille de vie en tout sens
Tu prends ma main, je mouille ta nuque d’un baiser
Dans la fouaille de l’été, nous nous sommes encore rencontrés
Touchant par nos peaux nos moments d’éternité
La couleur couchante du ciel donne des traits uniques
Au grand paysage unique semblant dire et unir les mondes

"Bec du Cher" Août 2008 en
fin de journée
Le Cher (à gauche) se jette dans la Loire
la petite plage ferait une tombe idéale
Par frenchpeterpan
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Dimanche 31 janvier 2010
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16:10
SPLEEN du passé SURREALISTE
AU-DESSUS DE LA MER
à voir
là où je suis, l’estrade vermoulue du monde éteint, sous mes bottes sales ou le repos que je pensais, et nous
contemplons, dos tournés, vaste pays, un passé révolu, lisière et plainte et fracas.
méchants remous de tourbillons gras, papiers sales jaunis.
falaises, océans multiples, mélange familier
l’eau de mer boit, paisible, le sable aux couleurs claires, rejets de vagues, tendre bonne eau, limpide, flux et
reflux
…/…
courtoisie de mes plaintes, odeur de pain chaud dans mes têtes, dossier érodé du monde érodé.
Je lis, je bois pour me détacher des idées de mort, ou de ruines antiques, parfumés d’embruns, d’ocres, algues
pourrissantes, ou triste ou sinistre, la fin morose des vignes sauvages d’où je tenais notre vin
mes vies d’être humain, puis fœtaux membres en déclin…
derrière mon dos, il y a le verger de pommes noires et d’amertume
la vie déprécie, je disais, pour une perte de temps complexe
intimement visage infime dont mes souvenances,
la marée sombre et la robe blanche ont grisonné
au miroitement de l’embarcadère ennuyeux et les
mains entre bouées et balises, en escalier vers chemins et dunes avancées et
naviguer en s’effaçant, refusant déjà les abîmes
plonger blême dans les lieux imparfaits
définir, suivant les marques, les à-coups insatisfaits
les petites morts de trop
qu’il est ridicule le temps d’hier
une danse passée sur la plage mesquine
parcelle irréelle terrasse unique
surplomb où je peux voir « en dessous »
avec le bruit d’un silence infirme
où toute graine sonne mélancolie
oeuvre photographiée (musée Kampa à Prague)
de Magdalena Abakanovic
Par frenchpeterpan
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Samedi 30 janvier 2010
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20:02
Henri Michaux est sans conteste un de mes poètes préférés, quelqu'un de ma parentèle, un frère, un ami,
un père, une borne sur ma route
c'est surtout un poète "à dire", ses poèmes se lisent, se disent, se récitent tout simplement tellement les mots viennent
bien
Michel Bouquet les avait lui même dits avec une perfection divine sur un 33 tours que j'ai écouté des centaines de fois, essayant
d'imiter, de reproduire le grand acteur.
On commence par "dans la nuit" / Plume / Gallimard / 1963
diction :
la-nuit.mp3
Dans la nuit
Dans la nuit
Je me suis uni à la nuit
A la nuit sans limites
A la nuit
Mienne, belle, mienne
Nuit
Nuit de naissance
Qui m'emplit de mon cri
De mes épis.
Toi qui m'envahis
Qui fais houle houle
Qui fais houle tout autour
Et fume, es fort dense
Et mugis
Es la nuit.
Nuit qui gît, nuit implacable.
Et sa fanfare, et sa plage
Sa plage en haut, sa plage partout,
Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie
sous lui
Sous lui, sous plus ténu qu'un fil
Sous la nuit
La Nuit.
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : à propos d'Henri Michaux
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Vendredi 29 janvier 2010
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01:06
Le théâtre m'a apporté beaucoup de satisfaction, soit de belles mises en scène, soit des textes sublimes,
parfois quand les dieux s'accordaient, les deux en même temps. Je me souviens de quelques pièces exceptionnelles, comme "Faut pas payer" de Dario Fo avec un
orchestre de jazz derrière, ou certains spectacles mis en scène par Patrice Chéreau, ou certaines dictions de Terzieff disant Pinter particulièrement, Molière aussi bien sûr.
Mais une pièce qui m'avait réellement scotché sur mon siège tant elle était parfaite, c'est sans nul doute "Jacques et son maître" hommage à Denis Diderot écrit par Milan Kundera
et que j'ai eu la chance de voir au théâtre des Mathurins en 1981, mis en scène par Georges Werler. Les acteurs étaient sublimes, la mise en scène intelligente et astucieuse, le texte merveilleux.
Bref, du pur bonheur à l'état brut. Je me souviens en particulier d'un passage sur les poètes. Le voici, qu'en pensez-vous ?
"Les mauvais poètes" ...
.../...
JACQUES : Monsieur, vous vouliez me dire un mot au sujet de ce poète.
LE MAITRE, encore sous le charme de l'aubergiste : Poète ?
JACQUES : Le jeune poète qui alla trouver notre maître à tous deux?
LE MAITRE : Oui! Un jour, un jeune poète est venu chez notre maître, celui qui nous a inventés. Les poètes venaient souvent l'embêter. Les
jeunes poètes sont toujours légion. Ils s'accroissent d'environ 400.000 chaque année. Rien qu'en France. Et c'est pire chez les nations moins cultivées!
JACQUES : Et qu'en fait-on? On les noie?
LE MAITRE : C'était l'usage autrefois. A Sparte, dans le bon vieux temps. Là-bas, les poètes étaient précipités dans la mer du haut de la roche
aussitôt après leur naissance. Mais en notre siècle éclairé, il est permis à quiconque de vivre jusqu'à la fin de ses jours.
.../...
Donc un jour un jeune poète se présente chez notre maître et tire de sa poche un papier. "mais en voilà une surprise, dit notre maître, ce sont des
vers ! - Oui, des vers, Maître, des vers de mon cru, dit le poète. Je vous prie de me dire la vérité, rien que la vérité. - Et vous avez peur de la vérité dit notre Maître ? - Non ", répondit le
jeune poète d'une voix tremblante. Et notre Maître lui dit : "cher ami, non seulement il m'est démontré que vos vers ne valent pas leur pesant de merde, mais jamais vous n'en ferez de meilleurs! -
C'est fâcheux, dit le jeune poète, il faudra donc que j'en fasse de mauvais toute ma vie. " Et notre Maître de répondre : "Je vous avertis, jeune poète. Ni les dieux, ni les hommes, ni les poteaux
indicateurs n'ont jamais pardonné la médiocrité aux poètes! - Je le sais, dit le poète, mais je n'y peux rien, c'est une impulsion. "
JACQUES : Une quoi ?
LE MAITRE : Une impulsion. "C'est une formidable impulsion qui me pousse à écrire de mauvais vers. - Encore une fois, je vous avertis!" s'écria
notre maître ; et le jeune poète lui répondit : "Je sais, Maître, que vous êtes le grand Diderot, et que je suis un mauvais poète, mais nous autres les mauvais poètes, nous sommes les plus
nombreux, nous aurons toujours la majorité! L'humanité toute entière n'est composée que de mauvais poètes! Et le public, par l'esprit, par le goût, le sentiment n'est qu'une assemblée de mauvais
poètes! Comment pensez-vous que de mauvais poètes pourraient offenser d'autres mauvais poètes ? Les mauvais poètes qui sont le genre humain sont fous de mauvais vers! C'est justement parce que
j'écris de mauvais vers que je deviendrai un jour un grand poète consacré!"
.../...
Par the very famous french peterpan
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Mercredi 27 janvier 2010
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21:14
Elle :
Née en 1940 au centre de la Bretagne.
A 21 ans renonce à l’école Normale où elle venait d’être reçue.
Elle s’engage dans un réseau de soutien au FLN. Difficultés pour vivre en France.
Rencontre Natalino Andolfato, sculpteur Italien, 15 ans suivront. Elle quittera son ami en 1976, 2 ans avant sa mort.
A 24 ans elle fait paraître « meurtre » chez Gallimard, livre défendu par Queneau.
Commence à voyager, toujours seule, aime la Crète, est subjuguée par un séjour en Indonésie mais révoltée aussi (c’est l’époque des massacres de communistes).
Un jour après la mort de son grand père, elle s’effondre et dit : « Je ne veux pas aller dans la terre. ».
En 1968 adhère à l’Union des Ecrivains. Elle se trouve en Tchécoslovaquie au moment où les chars soviétiques envahissent le pays.
Ecrit des pièces radiophoniques, voyage beaucoup comme des « épuisements » : Asie, puis Amérique du Sud, puis Etats-Unis, elle vend son studio parisien pour continuer à voyager : Europe,
Egypte, Crète, Hollande, Grèce…
Part à New York en juin, revient en France en Juillet.
Elle se donne la mort le 23, jour de son anniversaire,
dans un hôtel de la rue Dauphine.
Elle a juste 38 ans.
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« Elle a, dès les premières pages, fait de l’absence la raison même de son écriture. » Françoise Morvan.
Je ne peux plus dire mon nom.
Et je dois me défendre. Contre tout. Je m’agglomère aux gens du matin.
Je ne sais que faire, quel chemin prendre.
Chaque jour, je prends la forme d’un départ, il n’y a pas de préparatifs à faire.
Je décide seulement. Je me lève de l’endroit où je me trouve, je traverse la ville dans toute sa
largeur. J’arrive aux faubourgs. Je dois aller encore plus loin, le long des murs gris, des eaux glauques, des palissades noircies.
J’ai pris l’habitude de vivre la nuit. Le début de la nuit m’apporte toujours une sorte d’étrange
sérénité.
J’ai l’impression de vivre une mort.
Je dis fin, je dis que c’est fini, bien fini cette fois. Je ne dirai plus rien, je ne répèterai plus
sans cesse. Je suis dans la pièce toute noire, toute sombre de cette nuit épaisse ; parce que je souhaite toujours cette épaisseur là mais rarement le monde. Elle pousse une porte. Il y a une
lumière très faible quelque part. Elle monte. Je suis en bas. J’attends. C’est convenu. Puis je monte aussi. Je suis essoufflée, je crois. La porte est ouverte. Elle est sur le lit, en imperméable,
les yeux fixes. Je la regarde. Il faut que je parte. Elle est morte.
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« J’ai une mer intérieure, pas bien grande, mais elle m’emplit tout entier. Ce n’est pas une eau
tranquille, dormante, comme on dit. Suivant les jours, les heures, elle se gonfle, me secoue. Elle suit le rythme des marées, les miennes. Les vagues montent et roulent dans ma tête. Elle se rue
sur mes digues. »
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La totalité des oeuvres de Danielle Collobert est disponible chez P.O.L. (2004-2005)
(oeuvres I et II)
Par the very famous french peterpan
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Publié dans : écrivains en suicide
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