Lundi 4 juillet 2011
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05:07
intestin du monde
dans son décours estival
ces eaux de glaciers
en perte
de grandes raies par moments
obscurcissent surfaces ou nuages
les ragondins mineurs des berges
en plein raffut
râles et poules d'eau marigots
tout en serpentine
en bord de Loire, roi, prince
les blancs peupliers peuples de peupleraies
plumes en hiver phanères dégelés
en larges épurements
épris, avide,
fleuve éploré
biologie des eaux impavides
îlots en amers ensablés
en decubitus latéral
il monte vertical
tout en extatique
mimétisme minéral
le fleuve respire sapide
il monte vertical
minijupe minière
réseau urbain uni
il fuit là à l'horizon
pile poil
il monte vertical
il finit là à l'horizon
pile poil
il monte vertical
Photo © Yann Zickler
Par the very famous french peterpan
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8
Mercredi 2 juin 2010
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13:31
le ciel allongé
dénude les nuages
les champs gras
aux plissures de soie
longue postface de l'aube
des ruisseaux qui remontent
leurs doigts longs à leurs racines
et les maigres arbres isolés
maigres sentinelles en silence
cuisses désarmées du fleuve
ce fleuve armé de très gris
sobre et sillonné de poissons d'or
sombre rugissant en dehors
le soir, les étoiles y fleurissent l'eau étale
morsure du gel dans mon coeur
la Loire oublie l'homme et demeure
photo Michel Lefrère
Par the very famous french peterpan
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8
Mardi 2 février 2010
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14:40
Qu’il est bon ainsi de longer ce fleuve aux dents immenses
froisser les ronces et les herbes, les fleurs, colonies d’insectes vrombissent
Quelques pêcheurs moitié hommes moitié eau
en rondeur leur corps penche vers le point central du fleuve
Une petite sente va gaiement d’un point à l’autre de la source à d’autres mers brille même la nuit d’idées déposées
L’homme brouillon alors qui résonne par ses pas
Prend pour ami ces lieux secrets, il les chante de ses yeux
Il bourdonne
Il aimerait lui-même butiner et voler au creux des vagues et dans l’intime des pétales déclarer sa flamme à ce papillon là
Le chemin est doux et parfumé d’effluves magiques
Eau croupie qui pose, eaux filantes à reflets mercure
Toute chose est vivante protégée nourrie par le fleuve
Le fleuve donne à manger les îlots encerclés, comme un parent
riche de mille précautions
De grands oiseaux hésitent d’un point à l’autre par grappes incertaines
Changeant de cap à tout va et sans prévenir
Par grandes bouffées d’oxygène et de pâleur lunaire, l’homme aussi
Revient parfois sur ses pas, parfois par inquiétude
Parfois par contentement
S’immobilise souvent dans la tiédeur du vent qui amènera la pluie
Tièdes bourrasques enrichissantes et nourrissantes
Un lait du ciel ni amer qui remplit le fleuve encore et de nouveau
Je n’ai rien d’autre à dire, dit l’homme
Affalé de son corps vers les eaux grises
Si ce n’est voir le fond de ces bancs de sable
Y chercher l’emplacement d’un tombeau
Gisant sous-marin sous ces mètres qui filent
J’y serai en grand repos, en toute fin
Espérer peut être là dans le mouvement final
Ces fameux espoirs que certains nous dictent alors que l’on sait (et tous) que la mort au mufle chaud est là derrière, dans ton dos, on y sent cette haleine chaude, humide, animale, précise
Le fleuve est le lieu unique où dissocier ses atomes
Vers un arc-en-ciel naturel
Vers cette nature unique puissamment vivante
D’eaux et d’air, de terre mouillée, prête à enfanter
Où sans cesse la vie renait chaque seconde tant de coups à donner
Tu dis : c’est là ?
Je dis : oui, mon amour, c’est là.
C’est là le lieu où tu disparaitras ?
Oui, mon amour, c’est là, si je disparais de moi-même, où je disparaitrai.
Un grand silence, le lieu fourmille de vie en tout sens
Tu prends ma main, je mouille ta nuque d’un baiser
Dans la fouaille de l’été, nous nous sommes encore rencontrés
Touchant par nos peaux nos moments d’éternité
La couleur couchante du ciel donne des traits uniques
Au grand paysage unique semblant dire et unir les mondes

"Bec du Cher" Août 2008 en
fin de journée
Le Cher (à gauche) se jette dans la Loire
la petite plage ferait une tombe idéale
Par frenchpeterpan
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Jeudi 14 mai 2009
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21:08
J’ai voulu le long des berges faire marche arrière et lutter contre le temps présent.
Mais elle a dit : « tu vis ici et maintenant. ». Alors les bords de Loire m'apparurent différents, et j’ai cru contempler ce grand fleuve avec un regard de touriste.
Même les orties de mon enfance ne piquaient plus. Le ciel bleu était différent et indifférent. L’eau coulait dans le même sens que jadis. Donc c’était ici et maintenant.
Je lui ai dit cependant : « Mais que faire alors ? ». Elle a murmuré « marchons, veux-tu ? » ; et nous avons alors longé les eaux dans le bon axe, vivant nos indécisions à
l’instant présent, estimant, dans la brise fluviale, l’importance du courant. Je sentais à travers son poignet battre son cœur, courant. Je dévisageais, lyrique, mes jouissances d'hier. Fétides,
parfois, leurs effluves.
Le fleuve laissait à l'abandon certaines barques de passage, oubliait les gros anneaux d'autrefois, les escaliers pour les chalands, les saponaires qui servaient de savons. On
mangeait jadis là des fritures de Loire et buvait du Chinon, les Vespa garées non loin.
Brusquement tu lachais ma main, le grand fleuve t'arrachait définitivement très loin, tristesse et détresse sont soeurs siamoises, mon coeur soudain saignait. Incommodé de toi,
je m'enfermais, moi aussi dans les bras et les îles, comme l'ami Jacques.
Plus tard on m'internera pour d'autres hydrothérapies...
Par frenchpeterpan
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Mardi 4 novembre 2008
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18:19
PERDANT LES EAUX /
/ le fleuve grimaça /
/ SERRANT LES HANCHES /
il éjacula une mitraille argentée :
spasme de petits goujons
véhéments et farceurs
le SOLEIL se levait sur l'estuaire en grande forme
LES BERGES ET LES ARBRES se déployaient
en é v e n t a i l
POUR DONNER FORME /
/ MUSICALEMENT /
et en osmose .../...
- dans le lit de roseaux - l'aube s'éveillait
belle endormie
cheveux en MIKADO
et sexe poissé de poissons
Par frenchpeterpan
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6
Lundi 3 novembre 2008
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/11
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13:27
La Loire grasse cache ses bancs de sable
ses détroits de vase
elle les déplace la nuit pour piéger les pêcheurs
elle porte ses jarretières hautes
et fines comme des longs troncs peupliers
aubépines dorées en revers
d'une poitrine généreuse
son sexe est sous les ponts
à l'ombre des petits goujons
saignant parfois le temps d'une inondation
savamment
l'eau de Loire a des goûts
de vase ancienne, de lèvres mortes
reste comme le sable froid
tes parois sèches inégales sans heurt
la maladie de la pluie inonde tes rives
tu ris et te moques
tu es plus forte dans ton bassin de grès
l'eau franchit les ponts mélancoliques
des bois flottants tournent
et passent sous les arches
dans un silence assourdissant
L'Homme reste seul, son regard, partout, absent,
à quoi bon - pensait-il - , peut-être,
il attendrait la prochaine marée basse
locataire de sa propre absence au Monde
Par frenchpeterpan
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